Vaccin : définition, calendrier de vaccination, principe

La vaccination évite de contracter de nombreuses maladies, difficiles à traiter ou à risque de complications mortelles comme la diphtérie, le tétanos, la rougeole ou la coqueluche. Quand se faire vacciner ? A quel âge faire les rappels ? Quels sont les effets secondaires ? Principe et calendrier âge par âge.

Vaccin : définition, calendrier de vaccination, principe
© choreograph - 123RF

Les vaccins sont souvent utilisés en prévention pour éviter de développer une maladie, mais ils peuvent également être utilisés une fois que la pathologie est déclarée, afin d'orienter la réponse immunitaire contre l'agent infectieux. L'injection représente la voie d'administration la plus courante, mais certains vaccins peuvent être administrés par voie orale ou par pulvérisation nasale. Quelle est la composition d'un vaccin ? Son principe de fonctionnement ? Lesquels sont obligatoires chez le nouveau-né ? L'enfant ? L'adulte ? Et pour voyager ? Quels sont les possibles effets secondaires ? Calendrier vaccinal âge par âge et conseils.

Actualités sur les vaccins Covid-19 et la vaccination en pratique :

Définition : qu'est-ce qu'un vaccin ?

Un vaccin est une substance contenant des micro-organismes - autrement dit des agents infectieux présents sous une forme inoffensive et donc qui ne rendent pas malade - que l'on administre aux enfants ou aux adultes pour les immuniser contre une maladie. L'agent infectieux est alors mémorisé par le système immunitaire qui, en cas de contamination ultérieure, va plus rapidement s'activer et produire des anticorps, des protéines responsables de la défense active de l'organisme. Et ces anticorps vont aider à neutraliser et à éliminer l'agent infectieux avant qu'il puisse nous rendre malade. A savoir que chaque vaccin est spécifique d'une maladie. 

Il existe deux grands types de vaccins : 

► Les vaccins vivants atténués qui sont constitués de germes (virus, bactérie) vivants qui ont été modifiés pour qu'ils perdent leur pouvoir infectieux tout en gardant  leur capacité à protéger. Ils sont contre-indiqués chez la femme enceinte et chez les personnes immunodéprimées.

► Les vaccins inactivés qui ne contiennent pas d'agents infectieux vivants. Ils peuvent contenir :

  • un fragment de l'agent infectieux (paroi ou toxine). C'est le cas des vaccins contre l'hépatite B et le tétanos. 
  • la totalité de l'agent infectieux inactivé. C'est le cas du vaccin contre la coqueluche.
  • une toute petite partie du virus (protéine, ARN ou ADN). C'est le cas du vaccin contre le Covid-19. 

Quelle est la composition d'un vaccin ?

Les vaccins sont composés "d'antigènes vaccinaux", des substances actives d'origine biologique qui sont issues de bactéries ou de virus. Un adjuvant, qui est généralement un sel d'aluminium, est souvent combiné à l'antigène vaccinal pour rendre le vaccin plus efficace. Pour empêcher la contamination microbienne du vaccin, on a recours à des conservateurs antimicrobiens. Enfin, des stabilisants (lactose, sorbitol) peuvent être employés pour maintenir la qualité du vaccin.

Principe, rôle : à quoi sert un vaccin ?

Un vaccin sert à éviter un très grand nombre de maladies et d'épidémies. Il permet de se protéger et de protéger les autres, notamment les personnes les plus fragiles comme celles qui souffrent de maladies chroniques, les nouveau-nés (enfant moins de 28 jours) ou encore les femmes enceintes.

Où sont fabriqués les vaccins ?

En moyenne, il faut entre 6 et 36 mois pour produire un vaccin, c'est un processus long et complexe. Ce qui distingue les vaccins des autres médicaments, c'est l'origine biologique de leurs substances actives qui ne peuvent être synthétisées chimiquement. À chaque étape de la fabrication, des contrôles de qualité et de sécurité sont effectués, ce qui peut prendre du temps. Le vaccin doit être testé sur les animaux, puis sur les humains et ce, à chaque étape de son processus de fabrication.

Phases de développement d'un vaccin

Essais pré-cliniques Sur des animaux  
Essai clinique phase 1 Sur quelques dizaines de volontaires (même si le vaccin est destiné au nourrisson, la 1ère administration d'un nouvel antigène a toujours lieu chez l'adulte) Observation des effets secondaires indésirables, déterminer la tolérance du vaccin, mesurer les anticorps des volontaires...
Essai clinique phase 2 Sur plusieurs centaines de volontaires, dans plusieurs centres cliniques différents, sur plusieurs mois. Etoffer les connaissances : observer l'évolution des anticorps dans le sang des volontaires, étudier la réponse immunitaire, les effets secondaires, définition de la dose à administrer, doses de rappel, du calendrier.
Essai clinique phase 3 Sur plusieurs milliers de volontaires. Observer si le vaccin protège contre l'infection au bout de plusieurs semaines/mois après la vaccination, déceler d'éventuels effets secondaires rares, déterminer l'efficacité du vaccin selon le profil des volontaires (âge...), sa balance bénéfice/risque..
Essai clinique phase 4 Après la commercialisation du vaccin. Observer si des effets secondaires indésirables rares, graves surviennent chez des millions de personnes vaccinées. Repréciser et réadapter l'utilisation du vaccin selon les populations.

Calendrier vaccinal du bébé (0-2 ans)

  2 mois 4 mois 5 mois 11 mois 12 mois 16-18 mois
Diphtérie - Tétanos - Poliomyélite 1ère injection 2e injection   Rappel    
Coqueluche 1ère injection 2e injection   Rappel    
Haemophilius influenzae B 1ère injection 2e injection   Rappel    
Hépatite B 1ère injection 2e injection   Rappel    
Pneumocoque 1ère injection 2e injection   Rappel    
Méningocoque C     1 dose   1 dose  
Rougeole-Oreillon-Rubéole         1ère injection 2e injection

Calendrier vaccinal de l'enfant (6-13 ans)

  6 ans 11-13 ans
Diphtérie - Tétanos - Poliomyélite Rappel recommandé Rappel recommandé
Coqueluche Rappel recommandé Rappel recommandé
Papillomavirus humain (recommandé)   2 injections (espacées de 6 mois)

Calendrier vaccinal de l'adulte

  25 ans 45 ans 65 ans et +
Diphtérie - Tétanos - Poliomyélite Rappel Rappel Tous les 10 ans (à 65, 75, 85, 95, 105 ans...)
Coqueluche Rappel    
Grippe (recommandé pour les personnes à risque)     Tous les ans

Rappel de vaccin : quand les faire ?

Il est indispensable de mettre à jour ses vaccins tout au long de sa vie, selon les recommandations du calendrier vaccinal. C'est ce qu'on appelle un rappel. Les rappels servent à réactiver la protection conférée par les vaccins car elle ne dure pas forcément toute la vie. Il est important de faire des rappels selon le calendrier suivant :

Nom du vaccin 1er rappel 2e rappel 3e rappel 4e rappel 5e rappel

Diphtérie 

11 mois 6 ans 25 ans 45 ans 65 ans et tous les 10 ans
Tétanos 11 mois 6 ans 25 ans 45 ans 65 ans et tous les 10 ans
Poliomyélite 11 mois 6 ans 25 ans 45 ans 65 ans et tous les 10 ans
Coqueluche 11 mois 6 ans 25 ans (sauf si 3e rappel fait il y a moins de 5 ans)    
Haemophilius influenza B 11 mois        
Hépatite B 11 mois        
Pneumocoque 11 mois        

Vaccin et grossesse : lesquels faire ?

Avant la grossesse, plusieurs vaccins sont recommandés : la coqueluche, la rubéole, la rougeole, et la varicelle (en l'absence d'antécédent de varicelle maladie). En dehors de la vaccination contre la coqueluche qui peut éventuellement être effectuée pendant la grossesse, ces vaccinations doivent être évitées durant la grossesse. "De manière générale, les vaccins " vivants atténués " (ROR, varicelle, zona, BCG) sont contre-indiqués chez les personnes immunodéprimées et pendant la grossesse. Toutefois une vaccination par un vaccin vivant réalisée par inadvertance chez une femme enceinte n'est pas un motif d'interruption de grossesse. En revanche, la vaccination contre la grippe saisonnière est recommandée chez la femme enceinte et ce, quel que soit le trimestre de grossesse" précise le Pr Vincent Dubée, spécialiste en médecine interne à Angers et du comité d'éthique en infectiologie. 

Liste des vaccins obligatoires

Pour les bébés nés après le 1er janvier 2018, onze vaccins sont obligatoires, contre seulement trois vaccins auparavant (huit d'entre eux étaient jusqu'alors recommandés). L'objectif ? Enrayer certaines maladies infectieuses, comme la rougeole par exemple et augmenter la couverture vaccinale en France, Concrètement, ces onze vaccins consistent à réaliser dix injections étalées sur deux ans. A noter qu'en Guyane française, le vaccin contre la fièvre jaune est obligatoire pour les résidents. 

► Le vaccin contre l'Haemophilius Influenza B (Hib) : la bactérie Haemophilius Influenza B (appelée couramment Hib) peut être transmise par les gouttelettes de salive des personnes infectées et provoquer des infections locales comme une otite, une infection du larynx, une septicémie ou une méningite. La vaccination contre l'Haemophilus influenzae B permet de protéger les nourrissons et enfants des formes graves de l'infection, particulièrement les méningites. 

► Le vaccin contre la coqueluche : il s'agit d'une infection respiratoire due à une bactérie (Bordetella pertussis) très contagieuse. Elle se transmet de personne à personne, en particulier par les gouttelettes de salive émises lors de la toux.

Liste des vaccins recommandés

Certains vaccins sont recommandés par la commission technique des vaccinations (CTV) composée d'experts infectiologues, pédiatres, microbiologistes, immunologues, épidémiologistes, médecins généralistes... Ces recommandations sont relayées par le Ministère de la Santé. Les vaccins recommandés sont contre : hépatite A, leptospirose, Infections invasives à méningocoque (IMM), infections à papillomavirus humains (HPV), rage, typhoïde, varicelle, zona, tuberculose... 

Les vaccins avant de partir en voyage

Quel vaccin faire avant de partir en Afrique, en Inde ou encore au Brésil ? Dans tous les cas, il est conseillé d'être à jour dans ses vaccins obligatoires et recommandés en France, mais aussi d'être vacciné contre les maladies infectieuses qui circulent dans la destination choisie. D'une manière générale, le vaccin contre l'hépatite A est fortement préconisée dans les pays avec un niveau sanitaire bas. Certains pays nécessitent une protection contre la rage, la diphtérie ou la typhoïde.

Précautions et contre-indications

La Haute Autorité de Santé rappelle que les contre-indications définitives à la vaccination sont extrêmement rares. Elles peuvent varier selon le vaccin et sont mentionnées sur la notice de chaque vaccin. Les principales contre-indications sont :

► Une allergie grave connue à l'un des composants du vaccin

► Une réaction allergique grave lors d'une précédente injection du vaccin

Les vaccins dits "atténués" comme le vaccin ROR, BCG, contre les infections à rotavirus, contre la varicelle, contre le zona ou la fièvre jaune, sont contre-indiqués en cas d'immunodépression congénitale ou acquise tant que l'immunodépression persiste et sauf cas particuliers. 

Effets secondaires des vaccins

Un vaccin comme tout médicament peut être responsable d'effets secondaires bénins ou graves. C'est dans cet intérêt que sont réalisés des essais cliniques pour vérifier l'efficacité du vaccin mais aussi observer ses potentiels effets secondaires. "Rougeur, gonflement, durcissement ou douleur au site d'injection, les effets indésirables sont bénins dans la grande majorité des cas et disparaissent spontanément en quelques jours", indique le site Covireivac. L'injection d'un vaccin peut également entraîner de la fièvre, un malaise, des douleurs musculaires ou des maux de tête. Ces réactions apparaissent généralement dans les heures qui suivent l'administration et guérissent rapidement. Néanmoins, elles peuvent conduire à des différés de quelques jours. Les effets indésirables graves sont beaucoup plus rares (réactions allergiques graves de type anaphylactique par exemple). 

Prix et remboursement

Lorsqu'ils sont prescrits par un médecin, certains vaccins sont remboursés par l'Assurance maladie. Lesquels ? A noter que généralement, le montant restant est remboursé par les mutuelles (complémentaires santé). 

Nom du vaccin Remboursement 
Diphtérie - Tétanos-Poliomyélite Pris en charge à 65 %
Coqueluche Pris en charge à 65 %
Hépatite B Pris en charge à 65 %
Pneumocoque Pris en charge à 65 %
Méningocoque C Pris en charge à 65 %
Rougeole - Oreillons - Rubéole (ROR) Pris en charge à 65 % et à 100 % pour les enfants de 1 à 17 ans révolus
Haemophilus influenza B (Hib) Pris en charge à 65 %
Grippe saisonnière Pris en charge à 65 % et à 100 % pour les personnes à risque
Hépatite A Pris en charge à 65 % pour les personnes présentant certaines maladies chroniques
Papillomavirus humain (HPV) Pris en charge à 65 %
Tuberculose Pris en charge à 65 %
Varicelle Pris en charge à 65 %
Fièvre jaune Non pris en charge

Comment est contrôlé un vaccin ?

 "Le contrôle qualité occupe 70 % du temps de production d'un vaccin" explique le LEEM. Les industriels réalisent des contrôles relatifs à la qualité, l'efficacité et la sécurité du produit (présence de la substance active dans les quantités attendues, pureté, vérification de l'élimination des produits intervenant dans la fabrication, etc…) à chaque étape de production. "Les conditions de mise sur le marché des vaccins sont renforcées par rapport à celles des autres médicaments" précise aussi le LEEM. La réglementation européenne impose un contrôle qualité de 100% des lots de vaccins avant leur mise sur le marché européen par le laboratoire officiel qui en est chargé. Ces contrôles portent par exemple sur l'activité du vaccin en laboratoire ou chez l'animal, sur la stabilité de ses composants, sur l'absence de contamination par des micro-organismes étrangers.