Vaccin contre le papillomavirus : âge, effets secondaires, risques

Vaccin contre le papillomavirus : âge, effets secondaires, risques

Les papillomavirus sont des virus sexuellement transmissibles responsables de près de 6 400 cancers en France chaque année. Le vaccin pourrait prévenir jusqu'à 90% des infections par HPV à l'origine des cancers.

On entend de plus en plus parler des papillomavirus (HPV en anglais). Ces virus sexuellement transmissibles (par voie orale, anale et vaginale) infectent 80% des femmes et des hommes (généralement au début de la vie sexuelle). Il en existe près de 200 différents, dont 12 sont cancérogènes. Les papillomavirus seraient ainsi responsables de près de 6400 cancers chaque année en France, rappelle l'Inca. La vaccination recommandée dès l'âge de 11 ans pourrait prévenir "jusqu'à 90% des infections par HPV à l'origine des cancers" poursuit l'autorité. Comment faire concrètement ? 

A quel âge se faire vacciner contre le papillomavirus ?

La vaccination est recommandée (non obligatoire) pour les filles et les garçons âgés de 11 à 14 ans avec un schéma à 2 doses à six mois d'intervalle (M0-M6). Pour ceux qui n'ont pas été vaccinés à 14 ans, il est possible de se faire vacciner entre 15 et 19 ans inclus avec trois doses de vaccins. La vaccination est aussi recommandée pour les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes jusqu'à 26 ans révolus (27 ans moins 1 jour).

Vaccin contre le papillomavirus et cancers

Sur 200 papillomavirus, 12 sont cancérogènes chez la femme et chez l'homme. Le vaccin protège contre 9 types de HPV en cause dans 90% des cancers du col de l'utérus, 80% des cancers de l'anus et 90% des verrues ano-génitales (condylomes). Le vaccin est ainsi recommandé contre :

  • les lésions précancéreuses et/ou les cancers du col de l'utérus, de la vulve du vagin et de l'anus ;
  • les verrues génitales ou condylomes (lésions bénignes mais invalidantes et douloureuses qui apparaissent sur la peau et les muqueuses de l'anus et de la région génitales à cause du HPV).
Nombre de maladies HPV-induites chez les femmes et les hommes en France en 2015
Types de cancers Hommes  Femmes
Cancers du pénis / Cancers de la vulve et du vagin 100 200
Cancers de l'anus 400 1100
Cancers de l'oropharynx (bouche, gorge...) 1300 400
Cancers du col de l'utérus   2900
Lésions précancéreuses de la vulve, du vagin, de l'anus 130 2500 à 3000
Lésions précancéreuses du col de l'utérus (CIN 2+)   environ 30 000
Verrues anogénitales environ 50 000 environ 50 000

Vaccin contre les papillomavirus chez la femme

Le vaccin contre les papillomavirus humains protège les personnes vaccinées contre plusieurs souches d'HPV et notamment les types 16 et 18, les deux plus dangereux. Ce vaccin est recommandé et remboursé chez les jeunes filles de 11 à 14 ans, mais aussi dans le cadre du rattrapage vaccinal, chez les jeunes femmes entre 15 et 19 ans révolus, c'est-à-dire jusqu'à la veille de l'anniversaire des 19 ans. La vaccination ne protège pas contre tous les HPV liés au cancer du col de l'utérus. C'est la raison pour laquelle le dépistage par frottis doit être réalisé chez la femme tous les trois ans de 25 ans à 65 ans, qu'elle soit vaccinée ou non.

Vaccin contre les papillomavirus chez l'homme

L'intérêt de la vaccination contre le papillomavirus chez les hommes est de les protéger de la survenue de verrues anogénitales récidivantes (environ 50 000 cas/an en France), de cancers de l'oropharynx (bouche, gorge... environ 1300 cas/an en France), de cancers du pénis et de l'anus. Les garçons peuvent se faire vacciner dès l'âge de 11 ans et jusqu'à 19 ans. Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes sont invités à se faire vacciner jusqu'à leur 26 ans révolus.

Quelles sont les conditions de remboursement du vaccin ?

La vaccination contre les HPV est remboursée à 100% quand elle est réalisé aux collèges. Dans les autres cas, elle est remboursée à hauteur de 65% par l'Assurance Maladie (le montant restant est généralement remboursé par les complémentaires santé (mutuelles)).

Quel est le nom des vaccins contre les papillomavirus ?

Deux vaccins sont disponibles :

  • Le vaccin Gardasil 9® protège contre les HPV 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58, et doit être utilisé pour toute nouvelle vaccination.
  • Uniquement chez les filles : Le vaccin Cervarix® protège contre les HPV 16 et 18.

Quel est le schéma vaccinal du vaccin contre les papillomavirus ?

Toute nouvelle vaccination doit être commencée avec le vaccin Gardasil 9® pour les personnes non antérieurement vaccinées. En cas de retard, il est inutile de tout recommencer, il suffit de compléter avec la ou les doses manquantes. Les vaccins ne sont pas interchangeables et toute vaccination débutée avec l'un doit être continuée avec le même vaccin. La vaccination doit être différée en cas de maladie aiguë avec fièvre.

Nom du vaccin Protège contre... Âge de la vaccination Schéma vaccinal
Gardasil 9® HPV 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58 entre 11 et 14 ans révolus  2 doses espacées de 6 mois (jusqu'à 13 mois)
    entre 15 et 19 ans révolus 3 doses administrées selon un schéma : 0, 2 et 6
    Pour les hommes ayant des relations avec les hommes jusqu'à 26 ans révolus 3 doses administrées selon un schéma : 0, 2 et 6
Cervarix® (uniquement chez les filles) HPV 16 et 18 Vaccination initiée entre 11 et 14 ans révolus 2 doses espacées de 6 mois
    Vaccination initiée entre 15 et 19 ans révolus 3 doses administrées selon un schéma 0, 1 et 6 mois

Quelle est l'efficacité du vaccin contre les papillomavirus ?

La vaccination ne protège pas contre tous les types d'HPV et sa durée d'action n'est pas encore exactement connue mais ce qui est confirmé par les autorités sanitaires est que si la vaccination est effectuée avant le début de la vie sexuelle, sa protection est proche de 100%Après le début de la vie sexuelle, la protection est moindre, car le vaccin ne protège pas contre les infections antérieures à HPV (le virus peut infecter au début de la vie sexuelle et rester dormant plusieurs années avant de se manifester sous forme de verrues ou de cancers).

La vaccination ne dispense pas les jeunes femmes de faire des frottis réguliers.

► Une étude publiée dans The New England Journal of Medecine et relayée par la Société Française de Colposcopie et de Pathologie Cervico-Vaginale (SFCPCV) a mis en évidence en octobre 2020 la capacité du vaccin anti-HPV à éviter la survenue d'un cancer du col de l'utérus. L'étude a été réalisée en Suède et s'est basée sur l'analyse de 600 000 femmes. Les chercheurs sont parvenus à montrer une diminution de près de 50 % du risque de cancer du col de l'utérus parmi les femmes vaccinées. Le vaccin était d'autant plus efficace s'il avait été réalisé à un jeune âge (90% de réduction du risque de cancer du col de l'utérus chez les femmes vaccinées avant 17 ans). La vaccination contre les HPV ne remplace pas le dépistage du cancer du col de l'utérus par frottis cervico-utérin qui reste primordial à partir de 25 ans, que l'on soit vaccinée ou non. Seul le frottis permet de détecter la présence d'une anomalie au niveau du col de l'utérus après une infection par les virus HPV et de la prendre en charge rapidement.

Quels sont les effets secondaires ?

Comme pour tous les vaccins, il existe un risque d'effets indésirables. Selon l'Agence du médicament, les effets indésirables les plus fréquemment observés avec les vaccins Gardasil 9 et Cervarix, au cours des études cliniques sont :

  • des réactions au site d'injection (rougeurs, douleurs et/ou inflammation),
  • des maux de tête.

Ces effets indésirables sont en général d'intensité légère ou modérée et de courte durée. Les autres effets indésirables fréquemment rencontrés sont :

  • des sensations de vertige,
  • des troubles gastro-intestinaux (nausées, diarrhées, douleurs abdominales),
  • de la fièvre,
  • de la fatigue.

Ces effets apparaissent rapidement après la vaccination et durent peu de temps. Des réactions allergiques très rares mais graves, peuvent survenir après la vaccination. Si vous présentez un des symptômes décrits ci-dessous, contacter immédiatement un médecin ou les urgences médicales :

  • une éruption cutanée pouvant s'accompagner de démangeaisons ou de bulles ;
  • un gonflement des yeux et du visage ;
  • une difficulté à respirer ou à avaler ;
  • un malaise brutal pouvant aller jusqu'à la perte de connaissance.

Quels sont les risques du vaccin contre le HPV ?

Depuis plus de 10 ans, plus de 6 millions de doses ont été prescrites en France et plus de 300 millions dans le monde, a rappelé l'Inca en septembre 2023. "Les surveillances mises en place au niveau international et les résultats d'études spécifiques ont confirmé que ces vaccins sont très sûrs".

► Des rares syndromes de Guillain-Barré ont été rapportés après utilisation de ces vaccins. Une étude pharmaco-épidémiologique française (Cnam/ANSM) en 2015 a mis en évidence un sur risque de l'ordre de 1 à 2 cas supplémentaires de syndrome de Guillain-Barré pour 100 000 jeunes filles vaccinées. "A ce jour, en effet, aucune autre étude dans le monde n'a retrouvé un tel sur risque" indique l'ANSM.

► En 2013, des médecins ont fait le "lien entre les deux injections de Gardasil (version précédente au Gardasil 9, ndlr) et la survenue" d'une sclérose en plaques chez une adolescente de 15 ans, informait Le Monde. Pour l'Inca, "la coïncidence temporelle de la survenue d'une maladie après vaccination ne peut être assimilée à un lien de causalité". Et de souligner que l'étude française de 2015 menée sur plus de 2 millions de jeune filles "a confirmé que la vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) par Gardasil® ou Cervarix® n'entrainait pas de sur-risque de maladies auto-immunes (MAI), ni de sclérose en plaques". 

  • Vaccination Info Service, Infections à papillomavirus humains, 26 septembre 2023
  • Comprendre la vaccination contre les HPV ou papillomavirus humains, Inca, septembre 2023
  • "Faciliter l'accès au vaccin contre les HPV pour tous les enfants dès 11 ans : la vaccination proposée gratuitement aux élèves de 5e", Communiqué de presse, Institut National du Cancer, 4 septembre 2023