Symptômes du coronavirus : les premiers, comment savoir, que faire ?

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"Symptômes du coronavirus : les premiers, comment savoir, que faire ?"

Plus de la moitié des cas positifs au Covid-19 ont des symptômes : digestifs (diarrhée) ou un mal de gorge, une grosse fatigue, de la fièvre, parfois, des problèmes de peau (boutons). Comment savoir si on a le Covid-19 ? Quels sont les premiers signes ? Que faire s'ils persistent ?

[Mise à jour le mercredi 16 septembre à 10h21] Plus de la moitié des personnes positives au Covid-19 (53%) présentent des symptômes, indique Santé publique France dans son bulletin épidémiologique du 10 septembre. Toux, fièvre, perte de goût ou de l'odorat, fatigue, mal de tête, diarrhées, éruptions de la peau... Les symptômes du coronavirus sont de plus en plus connus, même s'ils varient d'une personne à une autre. Ils sont aussi souvent absents. Santé Publique France indique que 76% des gens qui se font testés n'en ont pas. Parmi les nouveaux symptômes, plus rares, recensés par Santé publique France, il y a : une tachycardie inexpliquée, des malaises inexpliqués, une altération soudaine de l'état mental (troubles de l'inattention...), une diminution brutale de la tension artérielle, une hypoxie (diminution de la quantité d'oxygène que le sang distribue aux tissus), des chutes ou encore, des frissons. Comment savoir si on a le Covid- 19 ? Quand faire un dépistage ? Dans quel ordre les symptômes apparaissent-ils ? Sont-ils les mêmes chez l'homme que chez la femme ? Que faire quand ils durent ou reviennent plusieurs semaines après (syndrome post-Covid) ? Réponses.

Quels sont les symptômes les plus courants ?

Dans une étude européenne publiée en avril 2020 par une cinquantaine de médecins ORL et chercheurs sur 1420 patients atteints d'une infection légère ou modérée au COVID-19,  les symptômes les plus couramment observés sont : les céphalées (70,3 %), la perte de l'odorat (70,2 %), l'obstruction nasale (67,8 %), la toux (63,2 %), l'asthénie (63,3 %), les myalgies (62,5 %), la rhinorrhée (60,1 %), la dysfonction gustative (54,2 %), les maux de gorge (52,9 %). La fièvre a quant à elle été signalée par 45,4% des patients.

Symptômes hommes-femmes et différences selon l'âge

Les auteurs de l'étude européenne confirme que la prévalence des symptômes varie selon l'âge et le sexe. Parmi leurs patients, 962 étaient des femmes (67,7%) et 459 des hommes (32,3%). 

Les patients jeunes présentent plus souvent des troubles ORL (oreille, du nez et de la gorge).

Les patients âgés présentent souvent de la fièvre, de la fatigue et une perte d'appétit.

Les hommes souffrent plus fréquemment de toux et de fièvre.

• La perte d'odorat, les maux de tête, l'obstruction nasale et la fatigue sont plus fréquents chez les femmes.

Quel est l'ordre d'apparition des symptômes ?

En premier, une fièvre et une toux, suivies de douleurs musculaires, de nausées et enfin, de diarrhées. 

Des chercheurs de l'Université de la Californie du Sud (USC) ont tenté de définir l'ordre d'apparition des symptômes du Covid-19. Pour parvenir à leurs résultats, ils ont analysé les données de plus de 56 000 personnes ayant eu le Covid-19 en Chine, collectées du 16 au 24 février 2020 par l'Organisation Mondiale de la Santé. Ils se sont concentrés sur les symptômes les plus objectifs (toux, fièvre...) et ont exclu les symptômes plus subjectifs comme les effets neurologiques ou la perte d'odorat. Au terme de leur étude publiée le 13 août 2020 dans la revue Science Daily, ils ont établi l'ordre probable d'apparition des symptômes du Covid-19 : en premier, une fièvre, une toux, puis des douleurs musculaires, des nausées et/ou des vomissements et enfin, des diarrhées. "Connaître l'ordre des symptômes du COVID-19 peut aider les patients à se faire soigner rapidement ou à décider le plus tôt possible de s'auto-isoler. Cela peut également aider les médecins à exclure d'autres maladies", expliquent les chercheurs. 

Un rhume, une angine, ou un état grippal

"Dans plus de 80% des cas, les signes (d'une infection par le coronavirus) sont mineurs. Ce sont des angines ou des rhinopharyngites" constatait le Pr Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, en mars 2020. Les premiers malades du coronavirus ont effectivement décrit les symptômes du rhume (nez qui coule, fatigue...) mais aussi un état grippal qui peut être "puissant" comme nous l'expliquait Olivier Sadou, infecté par le coronavirus, au mois de mars. Des courbatures et une sensation d'abattement général font aussi partie des symptômes de l'infection.

Certains malades testés positifs au Covid-19 n'ont pas de fièvre.

Avec ou sans fièvre

La fièvre peut être présente lors d'une infection par le Covid-19 sans être forcément très élevée. Dans un rapport de l'OMS publié en février, relayant une étude sur 55 924 malades chinois testés positifs au coronavirus, la fièvre était rapportée par 88% des sondés. Alors que dans l'étude européenne menée sur des formes légères à modérées de Covid-19, elle ne concernait que 45% des sujets. Elle peut monter à 37,5-38°. Elle peut aussi être absente ce qui ne veut pas dire qu'une infection par le coronavirus est exclue. Certains malades testés positifs au Covid-19 n'ont pas de fièvre.

Des maux de tête parfois intenses

Le virus Sars-CoV-2 est souvent associé à des maux de tête. Dans les formes plus sévères, ces maux de tête peuvent être très intenses. Dans l'étude chinoise citée plus haut, 14% des malades avaient mal à la tête. Olivier Sadou nous avait rapporté des maux de tête "violents" comme rarement il avait eu.

Des symptômes dermatologiques, plusieurs jours après le début de l'infection

Urticaire, engelures... Les atteintes dermatologiques sont des manifestations décrites en avril chez des malades du coronavirus. Les dermatologues ont d'abord été alertés par la survenue de taches rouges (érythème) sur le visage de patients infectés par le Covid-19. Dans un communiqué du 6 avril, le Syndicat national des dermatologues-vénérologues (SNDV) précise : "Il s'agit d'acrosyndromes (aspect de pseudo-engelures des extrémités), apparition subite de rougeurs persistantes parfois douloureuses, et des lésions d'urticaire passagères". Le 8 avril, la Société française de dermatologie (SFD) a expliqué que ces symptômes "surviennent plutôt tard dans l'infection, pouvant ainsi suggérer un mécanisme d'origine immunologique". Cette autorité estime qu'il faut davantage de preuve "pour affirmer qu'il s'agit d'un signe précoce du Covid-19 devant conduire à suspecter fortement le diagnostic (comme peut l'être l'anosmie) et conduire à l'isolement du patient"

Chaque personne présentant des symptômes évocateurs de COVID-19 doit réaliser un test diagnostique et respecter les mesures d'isolement.

Que faire ? Les patients qui ont des problèmes cutanés de ce type doivent consulter un dermatologue afin de s'assurer que celles-ci sont associées à un syndrome Covid-19 positif. "Il faut être attentif à ces signes cutanés et rechercher dans le contexte, d'autres signes cliniques, mais il faut aussi rester prudent, car toute engelure n'est pas obligatoirement un signe de Covid, les engelures étant quand même une dermatose assez fréquente. rappelle la SFD.

Les précisions du docteur Pierrick Hordé :

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"Santé médecine : Les autres symptômes du coronavirus"

Des symptômes digestifs : diarrhée, vomissements...

Des troubles digestifs (diarrhées, vomissements...) peuvent survenir en cas de contamination par le coronavirus. Une étude américaine publiée en mars sur des patients atteints du coronavirus en Chine montre que sur 107 hommes et 97 femmes âgés en moyenne de 54,9 ans, près de la moitié (48,5%) s'est rendue à l'hôpital pour des troubles digestifs tels que de la diarrhée (29,3%), des vomissements (8%) ou des douleurs abdominales (4%). Ces symptômes étaient plus prédominants quand les sujets présentaient une forme grave de l'infection. Parmi les sujets atteints de troubles digestifs, sept n'avaient aucun signe d'atteinte respiratoire. En France, la Direction générale de la Santé indiquait le 22 mars que "des formes avec symptomatologie digestive (notamment diarrhée), état confusionnel, initialement non fébriles sont souvent au premier plan chez les personnes âgées". Parmi les hypothèses envisagées par les chercheurs : le SARS-CoV-2 infecterait les cellules dotées à leur surface d'un récepteur appelé "ACE2". Ce récepteur est présent dans les cellules du système respiratoire mais aussi dans celles du tube digestif. Voilà pourquoi le nouveau coronavirus pourrait modifier le transit. Il pourrait aussi provoquer des atteintes au niveau du foie et perturber le microbiote intestinal.

Un mal de gorge, comme une angine

Une infection à coronavirus peut entraîner un mal de gorge. Comme le rappelait (plus haut) le Pr Lacombe, parmi ses signes, des malades rapportent des angines.

"Les femmes étaient nettement plus atteintes par cette anosmie".

La perte du goût et de l'odorat surtout chez les jeunes

C'était un symptôme inattendu. Plusieurs ORL et infectiologues français ont constaté la survenue de perte brutale de l'odorat (appelée aussi "anosmie") souvent associée à une perte du goût (agueusie) mais sans obstruction nasale, chez des patients suspects ou confirmés COVID-19. Souvent chez des malades"plutôt jeunes" et ayant des formes "peu sévères" de la maladie, rapportait le Pr Jérôme Salomon, Directeur général de la santé dans un point de situation de l'épidémie fin mars. Ce qu'a confirmé une étude européenne publiée en mai 2020 : "Les patients jeunes présentent plus souvent des troubles ORL (oreille, du nez et de la gorge)." Et de constater aussi que "les femmes étaient nettement plus atteintes par cette anosmie". Pour eux, la perte d'odorat était un symptôme clé chez les patients atteints de Covid-19 légère à modérée. Elle n'était pas associée ni à une obstruction nasale, ni à une rhinorrhée (nez qui coule) parmi leurs sujets.

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Que faire en cas de symptômes du Covid-19 ? © Ministère de la Santé

Pourquoi une perte de l'odorat ? "Le coronavirus s'attaque aux cellules du système nerveux central, c'est comme ça qu'il va perturber le goût et l'odorat du malade", expliquait le Pr Karine Lacombe le 28 mars. Plusieurs études ont émis l'hypothèse que le virus infectait les nerfs olfactifs dans le nez. Mais des chercheurs d'INRAE, en collaboration avec l'Anses, ont démontré, chez le hamster, que le virus infecte d'autres cellules de la muqueuse nasale, mais pas les nerfs olfactifs. "Le SARS-CoV-2 entre dans les cellules par un récepteur spécifique, appelé ACE2. Les neurones olfactifs présents dans le nez sont entourés de cellules de soutien dites sustentaculaires qui ont ce récepteur spécifique ACE2", expliquent ces chercheurs dans un communiqué du 8 juillet. Leurs travaux ont montré que le SARS-CoV-2 infecte massivement ces cellules sustentaculaires mais pas les neurones olfactifs. Ils ont constaté qu'en plus de l'infection des cellules de soutien, il y avait une desquamation de la muqueuse nasale, ce qui pourrait expliquer la perte d'odorat. La desquamation de la muqueuse nasale entraîne une perte des neurones olfactifs responsables de la détection des odeurs. Si le même mécanisme se déroule chez l'Homme, il pourrait être à l'origine de l'anosmie observée.

Combien de temps ça dure ? Dans leurs expériences, les chercheurs ont observé une récupération de 50% de la structure initiale de la muqueuse nasale, 14 jours après le début de l'infection. Ils soulignent que la muqueuse nasale est capable de se régénérer tout au long de la vie grâce à des cellules pluripotentes.

Que faire ? Consulter un médecin traitant ou ORL si le trouble persiste et ne pas s'auto-médiquer. Le Syndicat national des médecins spécialistes en ORL et chirurgie cervico-faciale (SNORL) recommandait par ailleurs aux médecins, lors du pic épidémique de ne pas prescrire de corticoïdes par voie générale ou locale devant tout tableau clinique comportant une anosmie ou une dysgueusie aiguës. "On ne sait pas si les lavages de nez sont à risque de dissémination virale le long des voies aériennes. Il est donc recommandé de ne pas en prescrire, ce d'autant que ces anosmies ne sont pas habituellement accompagnées d'une obstruction nasale invalidante" ajoutaient ces experts.

Dyspnée et détresse respiratoire : les signes plus graves

L'OMS distingue plusieurs syndromes cliniques associés au SARS-CoV-2 : la maladie non compliquée, la pneumonie non sévère, la pneumonie sévère, le SDRA (syndrome de détresse respiratoire aigue), le sepsis et le choc septique. Une dyspnée voire une détresse respiratoire sont les premiers signes graves d'une infection Covid-19. Et ils touchent "environ une personne sur six contractant la maladie", indique l'OMS. La dyspnée correspond à des difficultés respiratoires. Concrètement "ce sont des signes de pneumonie donc d'infection du poumon. C'est globalement un taux d'oxygène qui va baisser et un syndrome infectieux qui va augmenter, de la fièvre qui augmente, des difficultés respiratoires, on cherche de l'air, on s'étouffe un peu de l'intérieur, la fréquence respiratoire augmente, les ongles sont un peu bleutés" décrit le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste à l'Hôtel-Dieu. On parle alors de SDRA ou Syndrome de Détresse Respiratoire Aigue. C'est une urgence vitale.

→ Ressentir un essoufflement dans des activités simples chez soi est un signe qui doit alerter", a rappelé le Pr Jérôme Salomon le 27 mars. Il ne faut pas attendre que cela empire. Ce symptôme nécessite une téléconsultation ou un appel au 15.

Coronavirus ou allergie ?

Les personnes allergiques ont une sensibilité accrue aux infections virales respiratoires, ce qui en font des patients plus fragiles. Par ailleurs, certains symptômes du coronavirus comme la toux, le nez qui coule ou la fatigue peuvent faire penser à une allergie au pollen. Comment faire la différence ? Quelles recommandations ?

Un quart des infections par le SARS-CoV-2 restent asymptomatiques.

Un virus asymptomatique chez beaucoup de malades

Les autorités et scientifiques le disent depuis le début de l'épidémie, le coronavirus peut infecté une personne sans entraîner de symptômes. La personne est dite "asymptomatique" mais est quand même contagieuse. Selon le bulletin national du 10 septembre de Santé publique France, 47% des personnes positives au coronavirus sont asymptomatiques, c'est-à-dire qu'elles présentent aucun symptôme. Du 31 août au 6 septembre, l'augmentation du nombre de cas était plus importante pour les cas symptomatiques (+28,7% par rapport à la semaine précédente) que chez les asymptomatiques (+12%).

Quelle est la durée des symptômes ?

Se remettre d'une infection au coronavirus est assez long. Des malades ont rapporté une fatigue prolongée et une perte de goût et de l'odorat pouvant s'étaler sur 8 à 10 jours. D'après l'étude européenne la durée moyenne des symptômes est de 11 +/- 5 jours. Durant cette quinzaine de jours, de nouveaux symptômes peuvent apparaître quand d'autres partent, comme nous l'expliquait Olivier Sadou "les symptômes changent et arrivent différemment". La guérison est spontanée "sauf quand il y a une forme grave et qu'on se retrouve en réanimation"

Que faire en cas de symptômes ?

Depuis le mois de juillet, toutes personnes qu'elles présentent ou non des symptômes évocateurs du Covid-19 peuvent aller se faire tester, en contactant au préalable un laboratoire pour convenir d'un rendez-vous (et sans ordonnance). Depuis le début du mois de septembre, face à l'afflux de personnes dans les centres de dépistage, le ministère de la Santé a priorisé la réalisation de tests. Les personnes qui ont des symptômes évocateurs sont les plus prioritaires.

Chaque personne présentant des symptômes évocateurs de COVID-19 doit réaliser dans les plus brefs délais un test de recherche du virus. Dans l'attente des résultats, les personnes doivent s'isoler et réduire leurs contacts au strict minimum.

Sources :

• Avis n°8 du Conseil scientifique COVID-19 27 juillet 2020 Se préparer maintenant pour anticiper un retour du virus à l'automne. 27 juillet 2020.

COVID-19 : point épidémiologique du 23 juillet 2020, Santé Publique France.

• Part des formes asymptomatiques et transmission du Sars-CoV-2 en phase pré-symptomatique, Santé Publique France, 8 juillet 2020.

• Sia, S.F., Yan, L.M., Chin, A.W.H., Fung, K., Choy, K.T., Wong, A.Y.L., Kaewpreedee, P., Perera, R., Poon, L.L.M., Nicholls, J.M., Peiris, M., Yen, H.L., 2020. Pathogenesis and transmission of SARS-CoV-2 in golden hamsters. Nature.

• Romoli, M., Jelcic, I., Bernard-Valnet, R., Garcia Azorin, D., Mancinelli, L., Akhvlediani, T., Monaco, S., Taba, P., Sellner, J., 2020. A systematic review of neurological manifestations of SARS-CoV-2 infection: the devil is hidden in the details. European journal of neurology

• Chien JR et al. Olfactory and Gustatory Dysfunctions as a Clinical Presentation of Mild to Moderate forms of the Coronavirus Disease (COVID-19): A Multicenter European Study. Eur Arch Otorhinolaryngol. 2020 Apr 6. doi: 10.1007/s00405-020-05965-1.

• Covid-19: identifying and isolating asymptomatic people helped eliminate virus in Italian village. BMJ 2020.

• Covid-19 et lésions cutanées : la Société Française de Dermatologie appelle à la vigilance mais également à la prudence. Société française de dermatologie, 8 avril 2020.

• Communiqué de presse SNDV, COVID et Peau. 6 avril 2020.

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