Variant Covid : indien, anglais, sud-africain, symptômes, en France...

Après le variant anglais, le variant sud-africain et le variant brésilien, la France compte des cas de variant indien B.1.617, classé depuis le 12 mai comme "préoccupant". Quelle est la définition d'un variant ? Combien de cas en France ? Quelles différences entre chaque ? Quels symptômes ? Dangers ? Quelle contagiosité ? Infos.

Variant Covid : indien, anglais, sud-africain, symptômes, en France...
© Carte des pourcentage de test criblés parmi les tests PCR et antigéniques positifs du 4 au 10 mai. GEODES

[Mise à jour le vendredi 14 mai à 12h03] De nombreux variants du coronavirus SARS-CoV-2 circulent aujourd'hui sur le territoire français. Le dernier en date : le variant indien dont les premiers cas en France sont confirmés le 29 avril par le ministère de la Santé. Ce variant appelé "B.1.617", variant "indien" est considéré comme comme "préoccupant" (VOC) depuis le 11 mai par l'OMS et le 12 mai 2021 par l'analyse de risque conjointe CNR/SpF. Il rejoint ainsi les variants anglais, sud-africain et brésilien présents dans l'Hexagone. Les "variants préoccupants" ont un impact (sur le plan de la transmissibilité, de la virulence ou de l'échappement immunitaire potentiel) qui justifie la mise en place d'une surveillance et de mesures de gestion spécifiques au niveau national, dans l'objectif de contenir leur progression. Selon les dernières analyses de Santé Publique France, la circulation de ces variants est devenue plus homogène. Quel est la part de variant anglais, sud-africain et brésilien parmi les tests positifs Covid en France ? Que sait-on d'eux ? Quelles différences ? Que sait-on de leurs symptômes ? Leur transmission ? Infos à date.

C'est quoi un virus variant ?

Tous les virus, y compris le Sars-CoV-2, évoluent au fil du temps et mutent. Le potentiel de mutation des virus augmente avec la fréquence des infections (humaines et animales). La plupart des mutations passent inaperçues et ne modifient en rien les effets du virus. Il peut même être moins contagieux. L'émergence de nouvelles variantes des virus n'est donc pas inattendue des scientifiques mais elles inquiètent dès lors qu'elles confèrent au virus une augmentation de sa transmissibilité ou une capacité à échapper à la réponse immunitaire de l'hôte, expliquait l'ECDC dans un document publié le 29 décembre 2020. Ces nouvelles souches ou "variantes" sont alors analysées et suivies de près. 

VOC, VOI, VUM : comment sont classés les variants ?

Les variants sont classés en trois catégories selon leurs risques :

  • Variant préoccupant, ou VOC (" variant of concern " en anglais) : variant pour lequel il a été démontré en comparant avec un/plusieurs virus de référence : Une augmentation de la transmissibilité ou un impact défavorable sur l'épidémiologie du COVID-19, comme par exemple un échappement à l'immunité naturelle post-infection ; Une augmentation de la gravité ou un changement de présentation clinique ; Une diminution de l'efficacité des mesures de contrôle et de prévention mises en place (tests diagnostiques, vaccins, molécules thérapeutiques).
  • Variant à suivre, ou VOI (" variant under investigation " ou " variant of interest " en anglais) : variant caractérisé par un changement phénotypique par rapport à un virus de référence ou des mutations qui conduisent à des changements en acides aminés associés à des implications phénotypiques confirmées ou suspectées ET Responsable d'une transmission communautaire ou multiples cas confirmés ou clusters, ou a été détecté dans de multiples pays.
  • Variant en cours d'évaluation, ou VUM (" variant under monitoring ") : absence d'éléments virologiques, épidémiologiques ou cliniques probants en faveur d'un impact en santé publique en France ou à l'international, malgré la présence de mutations partagées avec un ou plusieurs variants préoccupant(s) / à suivre.

Classement au 21 avril 2021 (source : Santé Publique France)

VOC VOI VUM
  • 20I/501Y.V1 (lignage B.1.1.7) = variant anglais détecté en sept 2020 (83% des séquences)
  • 20H/501Y.V2 (lignage B.1.351) = variant sud-africain (6.6% des séquences)
  • 20J/501Y.V3 (lignage P.1) = variant brésilien (0.4% des séquences)
  • 20I/501Y.V1 ayant acquis la mutation E484K (VOC 202102/02) = variant anglais détecté en janv 2021.
  • variant B.1.617 = variant indien : au 11/05, 24
    épisodes impliquant au moins un cas de variant du lignage B.1.617 ont été rapportés. Ce variant a été détecté pour la première fois en Inde.
  • variant A.27 (19B/501Y) détecté dans le cadre de clusters dans différentes régions en France = variant "Henri Mondor" (1% des séquences)
  • variant 20C/H655Y (B.1.616) = variant breton
  • variants B.1.427 et B.1.429  (4 cas en France), qui ont émergé aux Etats-Unis.
  • variant B.1.525, détecté initialement au Nigéria et aux Etats-Unis et détecté sporadiquement en France 1.3% des séquences).
  • variant B.1.526 + E484K ou S477N, a été détecté initialement aux Etats-Unis. Deux cas de ce variant avec la mutation S477N ont été détectés en France (AuvergneRhône-Alpes) à ce jour.
  • variant P.2, qui a émergé du Brésil dès avril 2020. 22 cas ont été détectés en France métropolitaine.
  • variant P.3 qui aurait émergé aux Philippines, il n'a pas été détecté en France à ce jour.
  • variant B.1.214.2 qui a été récemment décrit en Belgique. 1.4% des séquences en France.
  • variant A.28 (19B/501T), une détection en France.
  • variant N.9, qui aurait émergé au Brésil, non détecté en France à date.
  • variant B.1.526.1. Ce variant a été détecté dans un foyer de cas intrafamilial en France, en Guadeloupe.
  • 20A/484K (B.1) Non détecté en France 0,3% des séquences.
  • 20A/484K (B.1.177). 0,2% des séquences.

La diffusion des variants est devenue plus homogène.

Combien de cas en France ?

Les variants sont présents dans dans toutes les régions métropolitaines. Le plus présent, le variant anglais, est responsable de troisième vague observée en France en mars-avril 2021. Dans le bulletin du 13 mai, Santé Publique France confirme une prédominance nette de la proportion de suspicions de variant préoccupant 20I/501Y.V1 (anglais), qui représentait 79,5% des tests criblés en semaine 18 (3 au 9 mai) en France. La proportion de suspicions de variant 20H/501Y.V2 (sud-africain) ou 20J/501Y.V3 (brésilien) était de 5,6% au niveau national, avec, cependant des hétérogénéités départementales à suivre avec la plus grande attention dans les prochaines semaines. 

→ En semaine 18, neuf départements avaient une proportion de suspicions de variant 20H/501Y.V2 (sud-africain) ou 20J/501Y.V3 (brésilien) entre 10% et 20% (vs 12 départements en S17).

Le premier cas associé au variant anglais en France a été confirmé par les autorités françaises le 25 décembre, à Tours. Il s'agissait d'un homme de nationalité française résidant en Angleterre. Arrivé de Londres le 19 décembre, il a été pris en charge au CHU le 21 et détecté positif. Le résultat du test faisant évoquer le variant circulant au Royaume-Uni, un séquençage a été demandé au Centre national de référence des virus des infections respiratoires, qui a confirmé l'infection au variant VOC 202012/01. La personne, asymptomatique pour la Covid19, a été isolée à son domicile et se porte bien. 

Le premier cas associé au variant sud-africain en France a été confirmé dans un communiqué du 31 décembre.  "Il s'agit d'un homme résidant dans le département du Haut-Rhin à proximité de la frontière avec la Suisse. Après un séjour en Afrique du Sud, à la suite de symptômes évocateurs de la Covid19 apparus quelques jours après son retour, il a réalisé un prélèvement RT-PCR en Suisse, qui s'est révélé positif" précise le communiqué. La personne s'est immédiatement isolée à son domicile dès l'apparition des symptômes et est guérie.

Les enfants sont-ils plus touchés ?

Selon une étude de l'Imperial College de Londres rapportée par la BBC, il semblait qu'au Royaume-Uni, les enfants soient davantage contaminés par la variante anglaise. Ce qui pouvait expliquer pourquoi le Premier ministre anglais avait décidé de ne pas rouvrir les écoles après les fêtes de fin d'année. En France, l'enquête Flash du 30 mars montre que la circulation des trois variants principaux sur le territoire est plus homogène. Le variant anglais représentait plus de 70% des résultats quelle que soit la classe d'âge. Le variant préoccupant sud-africain a également été identifié de façon homogène dans toutes les classes d'âge.

Proportion de suspicions de variant d'intérêt parmi les tests de criblage positifs 20I/501Y.V1 (UK), 20H/501Y.V2 (ZA) ou 20J/501Y.V3 (BR), en fonction des classes d'âge, France (données au 12 mai 2021) (source : Santé Publique France)

   Tests criblés positifs  Variant anglais Variant sud-africain ou brésilien
0-9 ans 60.8 % 78.1% 4.2%
10-19 ans 57.4% 80.1% 4.9%
20-29 ans 53.7% 78.8% 6.3%

Quels sont leurs dangers ?

La mutation d'un virus ne signifie pas forcément qu'il soit plus dangereux. Une mutation peut rendre un virus plus contagieux donc faire plus de malades sans être plus graves pour les personnes contaminées. Cependant, plus il y a de cas, plus la pression hospitalière est forte et plus la mortalité s'élève. Le 11 mars, Olivier Véran a confirmé que "les variants étaient plus contagieux et plus dangereux".  Une étude anglaise publiée, mercredi 10 mars, a indiqué que le variant anglais était 64 % plus mortel que le coronavirus classique. Pour 1 000 cas détectés, il provoque 4,1 morts, contre 2,5 pour le coronavirus classique, ont indiqué les auteurs dont les résultats ont été publiés dans la revue British Medical Journal (BMJ)" La probabilité que le risque de mortalité soit augmenté par l'infection par VOC-202012/01 est élevée. L'infection par VOC-202012/1 a le potentiel de provoquer une mortalité supplémentaire substantielle par rapport aux variantes précédemment en circulation.

Données sur les variants du Covid - Santé Publique France - 21 avril 2021
Nom Impact en santé publique
Variant anglais 20l/501.Y.V1 (B.1.1.7)

Transmissibilité : +43-90%

Taux d'attaque secondaire : +11%

Augmentation probable du risque d'hospitalisation : +40-64%

Augmentation probable du risque de décès : +30-70%

Pas d'impact significatif sur l'échappement immunitaire post-infection ou post-vaccinal, P681H mais données en faveur d'une efficacité réduite du vaccin AstraZeneca

Eléments préliminaires en faveur d'une charge virale plus élevée et d'une détection prolongée dans les voies respiratoires supérieures

Variant sud-africain 20H/501.V2 (B.1.351)

Transmissibilité : +50%

Augmentation probable de la mortalité hospitalière : +20%

Impact significatif sur l'échappement immunitaire post-infection et post-vaccinal

Possible augmentation de la charge virale

Variant brésilien 20J/501Y.V3 (P.1)

Eléments préliminaires en faveur d'une augmentation de la transmissibilité : +40-120%

Impact limité décrit sur la sévérité de l'infection, en cours d'investigation

Impact sur l'échappement immunitaire post-infection et post-vaccinal

Variant indien 20A/484Q (B.1.617)

Risque d'augmentation de la transmissibilité du virus

Impact significatif possible en termes d'échappement immunitaire (post-infection et post-vaccinal) mais pas encore formellement démontré à ce stade.

Quelle est la contagiosité des variants du Covid ?

Dans une analyse de risque liée aux variants émergents de SARS-CoV-2 réalisée avec le CNR des virus des infections respiratoires, Santé publique France indique le 21 avril 2021 les risques de transmissibilité des variants Covid préoccupants par rapport à la souche initiale. 

  Variant anglais 20l/501.Y.V1 (B.1.1.7) Variant sud-africain 20H/501.V2 (B.1.351) Variant brésilien 20J/501Y.V3 (P.1)
Augmentation de la transmissibilité par rapport à la souche initiale +43-90% +50% +40-120%

Que sait-on des variants anglais ?

Deux variants venus d'Angleterre sont présents en France. Un premier identifié en septembre 2020 et annoncé par l'Angleterre le 14 décembre. Ce variant appelé 20I/501Y.V1 est classé comme "préoccupant" tout comme sa version identifiée en janvier 2021 et baptisée VOC 202102/02.

Que sait-on du variant sud-africain ?

Les autorités sud-africaines ont indiqué le 18 décembre 2020 qu'une nouvelle souche de Covid-19, plus contagieuse, circulait à grande échelle dans le pays. Les résultats des séquençages génétiques indiquent la présence de ce variant en Afrique du Sud depuis novembre. Aujourd'hui, ce variant est responsable de la majorité des cas dans le pays. La version mutée du virus Sars-CoV-2 repérée en Afrique du Sud est nommée "501.V2" du fait d'une mutation N501Y sur la protéine S du virus. Ce virus est différent du variant anglais. Des études préliminaires suggèrent que ce variant est associé à une transmissibilité plus élevée de 50% et un risque plus élevé d'échappement immunitaire et de réinfection. Certaines recherches indiquent un risque accru de décès à l'hôpital (20%).

Que sait-on du variant brésilien ?

Le 9 janvier 2021, le ministère de la Santé japonais notifiait à l'OMS la détection d'un nouveau variant, différent de ceux repérés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud, chez 4 voyageurs en provenance du Brésil : le variant avec lignage B.1.1.2.8. Après étude du génome, l'Institut japonais de recherche sur les maladies infectieuses a indiqué qu'il présentait des similitudes avec les variants découverts au Royaume-Uni et en Afrique du Sud. Ce variant comporte deux mutations biologiquement importantes : la mutation E484K, retrouvée sur le variant anglais VOC 202012/01, et la mutation N501Y, retrouvée sur le variant sud-africain 501Y.V2. Plusieurs études montrent une transmissibilité plus importante par rapport aux souches autres que variantes (40-120%). De plus, ce variant aurait la capacité d'échapper à la réponse immunitaire induite par un premier contact avec des souches d'origine, et pourrait par conséquent accroître le risque de réinfection. L'impact de la vaccination sur ce variant est en cours d'étude.

Que sait-on du variant indien ?

Les premiers cas d'un variant venu d'Inde, le B.1.617, ou communément appelé le "variant indien" sont confirmés en France le 29 avril. Ce variant est un mutant détecté pour la première fois en octobre 2020 dans l'Etat de Maharashtra au centre du pays. Il serait porteur de deux mutations particulièrement puissantes et résistantes aux vaccins, d'où le nom de "double mutant". Des cas confirmés du variant B.1.617 ont également été signalés dans plusieurs pays d'Europe (Allemagne, Belgique, Italie, Espagne, Suisse, Irlande). Le variant B.1.617 représenterait, au 14 avril 2021, 61% des échantillons séquencés dans l'Etat du Maharastra où il a été découvert. Mais l'Inde séquence moins de 1% des prélèvements positifs et jusque récemment seuls les variants 20I/501Y.V1 et le 20H/501Y.V2 étaient recherchés.

Que sait-on du variant breton ?

Un variant de la Covid-19 a été détecté au centre hospitalier de Lannion, en Bretagne. Baptisé "VOI 20C/H655Y" (lignage B.1.616) , il a été classé comme variant à suivre le 14/03/2021. Au 7 avril, 25 cas confirmés d'infection ont été rapportés en France, dont 22 en Bretagne et 3 dans d'autres régions chez des personnes ayant un lien avec la zone de circulation du virus en Bretagne (actuellement constituée par plusieurs communautés d'agglomération autour de Lannion, Guingamp, Saint-Brieuc, Paimpol). Les cas sont principalement survenus chez des patients âgés et ayant des comorbidités. Douze décès ont été rapportés, majoritairement chez des personnes âgées ou avec des comorbidités.

C'est quoi le variant Henri Mondor ?

Le variant "Henri Mondor" n'est pas nouveau du moins il est apparu avant mars 2021. Dans un Avis du 12 février 2021, le Conseil scientifique du Covid en France en parlait déjà : "Un nouveau variant du clade 19B a été identifié à Henri Mondor, baptisé HMN.19B, porteur de 8 mutations dans Spike, responsable d'un cluster de 4 personnes dans un hôpital, dont a priori 2 réinfections (personnel soignant et compagnon). L'acquisition récente de nouvelles substitutions sur la protéine Spike (y compris N501Y et L452R), qui sont présentes sur le variant HMN.19B isolé à Henri Mondor, améliore l'interaction de la protéine Spike avec le récepteur ACE-2, ce qui pourrait permettre une meilleure transmissibilité de ce variant et pourrait expliquer la réapparition de ce clade en France et en Europe." Les virus SARS CoV-2 du clade 19B ont été rarement détectés après la première vague en Europe et ont pratiquement disparu au dernier trimestre 2020, car ils ont été dépassés par les virus de clades 20A, 20B et 20C (qui portent la mutation D614G, cette mutation améliorant la transmissibilité virale). Aujourd'hui, "il circule activement en France" explique l'AP-HP. "Dans les quatre semaines qui ont suivi sa découverte, le nouveau variant Henri-Mondor a été trouvé chez 29 patients d'origine géographiques diverses (Ile-de-France, Sud-Est et Sud-Ouest de la France). Dans l'enquête Flash du 2 mars 2021, le variant représentait 1.8% des souches séquencées sur le territoire national."

Que sait-on du variant californien ?

Un nouveau variant de la Covid-19 aurait été pour la première fois détecté aux Etats-Unis, plus précisément en Californie du Sud, une fois en juillet 2020 puis fréquemment en octobre. Au 22 janvier 2021, le variant californien représentait 44% des cas positifs à la Covid-19 dans le sud de la Californie. Ce variant californien se serait répandu dans de nombreux états américains. Mais aussi en France. En Alsace, dans le Grand Est, plusieurs personnes auraient été contaminées par cette nouvelle souche de la Covid-19. Que sait-on de cette nouvelle variante ?

Carte des variants en France

Selon l'enquête Flash du 30 mars rapportée par Santé Publique France, le variant anglais reste particulièrement présent en Occitanie et Centre-Val de Loire (> 90% des séquences interprétables) et le variant sud-africain est plus présent en Île-de-France (12,6%), dans le Grand Est (10,8%) et en Bourgogne-Franche-Comté (9,5%). "Ces résultats par région sont à interpréter avec prudence : à ce jour, tous les départements ne sont pas encore représentés au sein de certaines régions, ce qui peut biaiser les résultats" prévient l'agence.

Carte du variant anglais : dans quelles régions ?

Carte du variant sud-africain ou brésilien : dans quelles régions ?

Quels sont les symptômes ?

Pour l'heure, selon les observations, les signes cliniques observés chez les personnes positives au variant anglais VUI-202012/01 sont exactement les mêmes que lors d'une infection par le Sars-CoV-2 (fièvre, toux, perte du gout et de l'odorat, difficultés respiratoires, etc…). Pas de signes spécifiques non plus pour les deux autres variants.

Comment savoir si on est contaminé par un variant ?

Le dépistage des variants de la Covid est recherché lors d'un test positif au coronavirus Sars-CoV-2. A compter du 22 février, la durée d'isolement des cas confirmés ou probables de SARS-CoV2 est harmonisée à 10 jours qu'il s'agisse du virus initial ou des variants. La fin de l'isolement des cas symptomatiques et asymptomatiques n'est pas conditionnée à la réalisation d'un test de sortie d'isolement, même pour les variants.

Que faire si on est cas contact ?

L'ensemble des cas contacts à risque identifiés autour des porteurs de variants sont contactés par l'Assurance maladie et doivent se faire tester comme tous cas contacts à risque d'une personne positive à la Covid-19. La durée de la quarantaine pour les contacts à risque reste à 7 jours après le dernier contact avec le cas confirmé ou probable qu'il s'agisse du virus ou des variantes. Ils doivent prévenir eux-mêmes (contact-warning) les personnes avec qui elles ont été en contact à risque (sans masque...). Ces personnes doivent : 

  • Renforcer l'application des mesures barrières et notamment le port du masque grand public filtration supérieure à 90% ou du masque chirurgical en présence d'autres personnes.
  • Télétravailler dès lors que cela est possible.
  • Réduire volontairement ses contacts sociaux durant les 7 jours suivant.
  • Réaliser un test diagnostic sans délai au 1er symptôme.

Les contacts à risque des personnes porteuses d'une variante sud-africaine ou brésilienne doivent faire un test PCR dès l'identification de la souche chez le porteur qui les a peut-être contaminés.

  • En cas de résultat positif, le criblage par une RT-PCR de seconde intention est réalisé.
  • En cas de test négatif, il faut respecter la période de quarantaine de 7 jours depuis le dernier contact à risque et réaliser un test RT-PCR au 7e jour, à l'issue de cette période.

Peuvent-ils remettre en cause l'efficacité des vaccins ?

Selon le Conseil scientifique du Covid en France "les vaccins à ARNm (comme Pfizer et Moderna) semblent être actifs de façon comparable contre le variant VOC (anglais)". Par contre, les variants sud-africain et brésilien semblent être plus résistants. Dans son analyse de risque du 21 avril, Santé Publique France indique que des données récentes suggèrent un impact différent en termes d'échappement immunitaire (post-infection et post-vaccinal) entre les deux VOC V2 (sud-africain) et V3 (brésilien) qui sont porteurs de la mutation E484K. Les vaccins seraient moins efficaces sur le variant sud-africain que sur le variant brésilien. 

Quelles sont les nouvelles conditions de voyage ?

Afin de limiter la diffusion de variants sur le territoire national, des mesures de protection supplémentaires ont été prises depuis samedi 24 avril pour les voyageurs arrivant d'Inde, du Brésil, d'Argentine, du Chili et d'Afrique du Sud où la présence de variants d'intérêt est observée. Le dispositif de test avant l'embarquement a été renforcé, avec l'obligation d'un test PCR négatif de moins de 36h ou un résultat de test PCR négatif de moins de 72h accompagné d'un test antigénique négatif de moins de 24h. De plus, la réalisation d'un test antigénique a été rendue systématique à l'arrivée en France, avant de quitter l'aéroport. Enfin, chaque personne en provenance de ces pays fait dorénavant l'objet d'une mise en quarantaine obligatoire et contrôlée pour 10 jours, décidée par arrêté préfectoral. Un test PCR négatif au 9ème jour permet de sortir de la quarantaine le 10ème jour.

DATES CLES

A la fin du mois de janvier 2020, l'OMS a été prévenue d'une mutation du virus Sars-CoV-2 appelée D614G, ayant une infectiosité et une transmissibilité accrues. "Sur une période de plusieurs mois, il a remplacé la souche initiale du SARS-CoV-2 identifiée en Chine et est devenu en juin 2020 le virus dominant en circulation dans le monde" explique l'OMS sur son site.

En août et septembre 2020, un variant du Sars-CoV-2 lié à l'infection de visons d'élevage et transmis ensuite à l'homme a été identifié au Danemark. "Ce variant, appelé "Cluster 5" par les autorités danoises, présentait une combinaison de mutations jamais observée auparavant" indique l'OMS. Au 31 décembre 2020, les autorités danoises avaient identifié 12 cas humains du variant et sa propagation semblait "limitée".

Le 14 décembre 2020, les autorités du Royaume-Uni ont notifié à l'OMS un variant qu'elles ont désigné sous le nom de "VOC 202012/01", désigné aujourd'hui comme le "variant anglais". 

Le 18 décembre, les autorités nationales sud-africaines ont annoncé avoir détecté un nouveau variant du Sars-CoV-2 qui se propage rapidement dans trois provinces du pays. Il s'agit du variant désigné aujourd'hui comme le "variant sud-africain". 

Le 9 janvier 2021, le ministère de la Santé japonais notifiait à l'OMS la détection d'un nouveau variant, différent de ceux repérés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud, chez 4 voyageurs en provenance du Brésil : le variant avec lignage B.1.1.2.8. Celui que l'on appelle aujourd'hui "variant brésilien".

Le 15 mars 2021, la Direction générale de la Santé déclare l'identification d'un nouveau variant (dérivé du Clade 20C) dans le cadre d'un cluster au centre hospitalier de Lannion, dans les Côtes d'Armor. Le 13 mars, 79 cas ont été identifiés, dont 8 cas porteurs du variant, confirmés par séquençage.

Le 29 avril, le ministère de la Santé confirme les premiers cas de variant indien en France.

Sources

Premières détections de cas de contamination au variant B.1.617 du SARS-CoV-2, ministère de la Santé, 30 avril 2021.

Variants du SARS-CoV-2. Bulletin d'information sur les flambées épidémiques. 31 décembre 2020. OMS

COVID-19 : point épidémiologique du 25 février 2021. Santé Publique France.

Stratégie de freinage de la propagation des variantes du Sars-CoV-2 : renforcement spécifique sur les variantes d'intérêt 20H/501Y.V2 ET 20J/501Y.V3. DGS. 7 février 2021.

Avis du Conseil scientifique Covid-19 "Entre vaccins et variants : une course contre la montre". 12 janvier 2021.

COVID-19 : point épidémiologique du 14 janvier 2021. Santé Publique France. 14 janvier 2021.

Report 42 - Transmission of SARS-CoV-2 Lineage B.1.1.7 in England: insights from linking epidemiological and genetic data. Imperial College London. 31 décembre 2020.

The 2nd Covid-19 wave in South Africa:Transmissibility & a 501.V2 variant Ministerial Briefing, 18 décembre 2020.

Covid-19: New coronavirus variant is identified in UK. BMJ 2020; 371. 16 décembre 2020.

Tracking Changes in SARS-CoV-2 Spike: Evidence that D614G Increases Infectivity of the COVID19 Virus. Cell. 20 août 2020.

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