Cabines UV : le risque de cancer de la peau est avéré

Jusqu'à présent, les gouvernements successifs se sont contentés de durcir la réglementation vis-à-vis des cabines de bronzage. Pourtant, les professionnels de santé, preuves scientifiques à l'appui, réclament depuis 2015 leur interdiction.

Cabines UV : le risque de cancer de la peau est avéré
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Le saviez-vous ? Une séance dans une cabine de bronzage UV correspond à une exposition de même durée au soleil de midi sur une plage des Caraïbes sans protection solaire ! Aussi, cette pratique qui peut sembler anodine, comporte de réels risques pour la santé, comme le rappelle l'Agence sanitaire de l'environnement (Anses). Il existe "un risque avéré de cancer de la peau". affirme-t-elle dans un avis publié le 10 octobre 2018. Elle recommande de "prendre toute mesure de nature à faire cesser l'exposition de la population aux UV artificiels". Ce n'est pas la première fois que l'Anses interpelle les pouvoirs publics à ce sujet : dès 2005, elle recommandait de ne pas s'exposer aux UV artificiels. Par la suite, preuves scientifiques à l'appui, elle avait publié plusieurs expertises pour rappeler leur dangerosité. En 2012, l'Anses prônait à terme, l'arrêt de tout usage commercial et de la vente d'appareils délivrant des UV artificiels à visée esthétique. Aujourd'hui, "on ne peut plus attendre", souligne au Parisien Olivier Merckel, chef de l'unité d'évaluation des risques aux agents physiques à l'Agence, qui a suivi l'expertise. "Les données scientifiques s'accumulent, il n'y a plus de doute, on a des preuves solides, le risque de cancer est avéré, on a des données chiffrées sur les risques pour les jeunes, pour toute la population, maintenant on recommande une action des pouvoirs publics".

Pourquoi le bronzage en cabine est-il dangereux ?

Le problème, c'est que les rayonnements émis par les cabines de bronzage se cumulent à ceux reçus naturellement et provoquent des dommages de l'ADN, qui augmentent le risque de cancers cutanés. Il faut savoir que les rayonnements UV artificiels sont classés cancérogènes certains pour l'Homme par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) depuis 2009. En outre, de nombreuses expertises ont démontré l'augmentation significative du risque de cancer, notamment de mélanome cutané, associé à l'utilisation du bronzage en cabine. L'Anses soulignait, en 2014, que ce risque est fonction de l'âge : les personnes ayant eu recours au moins une fois aux cabines de bronzage avant l'âge de 35 ans augmentent de 59 % le risque de développer un mélanome cutané. De plus, il a été estimé que 43 % des cas de mélanomes chez les jeunes pouvaient être attribués à une utilisation des cabines de bronzage avant l'âge de 30 ans. Depuis de nombreuses années, les connaissances scientifiques ont permis de documenter les effets sur la santé des rayonnements UV. Des dangers pointés par l'Académie de medecine et confortés par des études scientifiques. "Deux études épidémiologiques récentes réalisées aux États-Unis et en Norvège ont conforté le niveau de preuve du risque cancérigène lié à l'utilisation des appareils de bronzage", souligne l'Anses.

Ce n'est pas tout. L'exposition aux UV artificiels entraîne également d'autres effets délétères, tels que le vieillissement accéléré de la peau, estimé quatre fois plus rapide avec les lampes de bronzage qu'avec le soleil. Rappelons encore que l'exposition aux UV artificiels ne prépare pas la peau à l'exposition solaire et ne protège pas des coups de soleil. De même que l'utilisation de cabines de bronzage ne permet pas d'améliorer significativement l'apport en vitamine D.

Quelle réglementation ?

En 2015, des sénateurs avaient déposé un amendement visant à interdire purement et simplement les cabines à bronzage à UV. Mais le gouvernement, coincé entre les arguments des dermatologues et de ceux du bronzage, avait préféré durcir la réglementation, plutôt que de les interdire. Pour l'heure, les cabines de bronzage sont donc soumises à une réglementation stricte (renforcée en 2013, 2014 et 2016) afin de s'assurer de la conformité du matériel et de limiter les risques pour la santé lors de son utilisation. En particulier, les cabines sont interdites aux mineurs, un message d'avertissement sanitaire doit accompagner toute publicité pour les appareils de bronzage, des lunettes de protection doivent être obligatoirement fournies. La DGCCRF mène régulièrement des enquêtes pour s'assurer du respect de cette réglementation par les professionnels du secteur.

En attendant, une éventuelle interdiction, voici les précautions à respecter pour limiter les risques : 

  • Prenez connaissance des avertissements et des précautions affichés dans les établissements offrant cette prestation et respectez les mises en garde.
  • Portez systématiquement les lunettes de protection fournies.
  • Enlevez les cosmétiques bien avant l'exposition et n'appliquez aucun produit sur la peau avant la séance de bronzage.
  • Evitez de vous exposer en cas de prise de médicaments susceptibles d'être photo-sensibilisants (en cas de doute, consultez votre médecin).
  • Ne dépassez pas la durée d'exposition prévue en fonction de votre type de peau.
  • Respectez un délai de 48 heures minimum entre les deux premières séances.
  • Ne vous exposez pas au soleil et aux lampes d'un appareil de bronzage le même jour.
  • Consultez un médecin si des cloques persistantes, des blessures ou des rougeurs se développent sur la peau, ou en cas d'antécédents de pathologie cutanée. En savoir plus : Bronzage en institut, les précautions d'usage

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