Covid-19 : incubation, prévention, mutation, que sait-on du virus ?

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"Covid-19 : incubation, prévention, mutation, que sait-on du virus ?"

La maladie Covid-19 continue de faire des nouvelles victimes dans le monde alors que moins de 5% seulement des Français auraient été infectés. Symptômes, temps d'incubation, mutation, traitements... Point sur les connaissances à date sur ce virus très contagieux.

[Mise à jour le mercredi 5 août à 11h36] Fin 2019, des cas groupés de pneumonies survenaient en Chine dont certains étaient mortels. Le 9 janvier, le virus responsable est identifié, il s'agit d'un nouveau coronavirus appelé Sars-CoV-2. A date, ce virus très contagieux s'est répandu sur les 5 continents de la Terre et a contaminé plus de 18 millions de personnes dans plus de 188 pays, sur 198 au total, faisant plus de 700 000 morts selon l'Université John Hopkins. Et la pandémie n'est toujours pas terminée. En France, des premiers cas de coronavirus auraient été recensés en novembre 2019 en France à Colmar selon un communiqué de la Fondation de la maison du Diaconat de Mulhouse. 4.4% de la population française aurait été infectée par le SARS-CoV-2 à l'issue de la première vague épidémique, avec des incidences cumulatives atteignant 9.9% en Ile-de-France et 9.1% dans le Grand-Est, régions les plus touchées, rapporte le Conseil scientifique du Covid-19 dans un Avis du 27 juillet. Selon l'Organisation mondiale de la Santé, le Covid-19 serait 10 fois plus mortel que le H1N1, virus responsable de la pandémie de grippe en 2009. Symptômes, délai d'incubation, contagion, mutation, personnes à risque... Le point sur les connaissances actuelles.

Pourquoi "Covid-19" ?

Après avoir été baptisé nCoV-2019 dans un premier temps, ce nouveau coronavirus a été appelé SARS-CoV-2 (SARS pour "Syndrome Aigu Respiratoire Sévère" et CoV pour "COronaVirus"). Sa maladie a été nommée Covid-19 le 11 février 2020 par l'OMS pour signifier :

  • "Co" signifie "corona",
  • "vi" pour "virus" et
  • "D" pour " disease" ("maladie" en anglais).

Le chiffre 19 indique l'année de son apparition : 2019. "Nous avons dû trouver un nom qui ne faisait pas référence à un lieu géographique, à un animal, à un individu ou à un groupe de personnes" détaillait le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour éviter toute stigmatisation de la maladie. 

Quelle est l'origine du virus ?

pangolin animal chine coronavirus
Le pangolin possible hôte intermédiaire du coronavirus © 123RF- Rahmat Nugroho

Le SARS-CoV-2 appartient à la famille des coronavirus (comptant un grand nombre de virus) qui peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme comme un rhume et des pathologies plus graves comme le Sras. Depuis le début de l'épidémie, la piste d'une contamination animale est la plus plausible selon les scientifiques. L'épidémie est partie d'un marché local de Wuhan en Chine où étaient vendus des animaux sauvages. Actuellement, on ne sait toujours pas avec certitude quel animal en est responsable. Il pourrait s'agir de la chauve-souris où a été détecté un virus très proche du Sars-CoV-2. Le 7 février 2020, des scientifiques de l'Université d'agriculture du sud de la Chine ont identifié le pangolin comme un "possible hôte intermédiaire" soupçonné d'avoir transmis le coronavirus à l'homme. Ce petit mammifère consommé dans le sud de la Chine pourrait être impliqué comme hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l'homme. Le pangolin est un mammifère couvert d'écailles menacé d'extinction, dont la chair délicate est très prisée dans la gastronomie chinoise et vietnamienne. Dans un communiqué, les scientifiques expliquent qu'un animal peut être porteur d'un virus sans pour autant être malade et le transmettre à d'autres espèces comme l'homme. Après l'analyse de 1 000 échantillons, les scientifiques ont pu montrer que les génomes de séquences de virus prélevés sur les pangolins étaient à 99 % identiques aux virus retrouvés sur des personnes atteintes du nCoV, indique Chine Nouvelle. Rappelons que lors de l'épidémie de Sras de 2002-2003, l'hôte intermédiaire du virus était la civette, un petit animal au pelage gris dont la viande est consommée en Chine. La chauve-souris a, elle aussi, été à l'origine de transmission de virus à l'homme dont le Sras, le MERS en Arabie Saoudite mais aussi Ebola. Cependant, le 17 avril, le Pr Luc Montagnier, Prix Nobel de médecine en 2008, interrogé par Pourquoi Docteur réfute cette hypothèse de contamination. Selon lui, le nouveau coronavirus a été fabriqué dans des laboratoires de Wuhan : "Le laboratoire de la ville de Wuhan s'est spécialisé sur les coronavirus depuis très longtemps (...) ils ont une expertise dans ce domaine" rappelle-t-il. Le Pr Montagnier s'est penché sur la description du génome du coronavirus : "Le génome complet de ce nouveau coronavirus avait des séquences d'un autre virus qui est le VIH, le virus du Sida. Ceci a été publié par des chercheurs indiens qui ont été obligés de se rétracter. Il y a une énorme pression pour que la vérité fasse jour." Pour insérer une séquence de VIH dans le génome il faut avoir des outils moléculaires, ça ne peut pas être lié à une mutation naturelle, explique le scientifique. "L'hypothèse c'est que ce virus sort du laboratoire de Wuhan, (...) l'histoire du marché aux poissons est une belle légendeestime-t-il. Les Etats-Unis ont affirmé le 5 mai détenir des "preuves" qu'il provenait d'un laboratoire de Wuhan, et le président Donald Trump a menacé Pékin de "taxes douanières punitives". Mais l'OMS reste prudente : "Nous n'avons reçu aucune donnée ni preuve spécifique du gouvernement américain concernant l'origine présumée du virus, donc pour nous cela reste spéculatif", a déclaré Michael Ryan, directeur des programmes d'urgence de l'OMS, lors d'une conférence de presse virtuelle. Le 1er mai, l'OMS avait assuré que le nouveau coronavirus était "d'origine naturelle", selon de nombreux scientifiques, et non pas fabriqué par l'homme. Un avis partagé par le Dr Olivier Schwartz de l'Institut Pasteur : "En laboratoire, on peut manipuler certains virus pour modifier certains de leurs composants mais on ne peut pas créer un nouveau virus en mélangeant deux virus d'espèces différentes. On ne peut pas créer un coronavirus en prenant un élément du VIH et un autre virus" avait-il déclaré sur RTL*.

Quels sont les facteurs de risque ? 

L'âge apparaît comme un facteur de risque de formes graves de COVID-19 avec des taux de létalité pour les formes cliniques de l'infection proches de 15% chez les personnes de plus de 80 ans alors qu'il serait de 3/1000 (0.3%) chez les moins de 60 ans, indique le Conseil Scientifique Covid-19 dans un Avis du 2 juin. En France, parmi les patients hospitalisés, le risque de survenue de formes graves (admission en réanimation et/ou le décès) étaient 3 fois plus élevées chez les personnes de plus de 65 ans (données non publiées de Cohorte FrenchCOVID).

Le sexe : L'homme est plus à risque de survenue de forme grave (5 fois plus à risque de survenue de formes graves dans la Cohorte FrenchCOVID).

La présence de comorbidités est un autre facteur de risque de formes sévères. Les principales comorbidités sont l'hypertension artérielle, le diabète, une maladie coronarienne, et l'obésité.

La précarité est un autre facteur de risque documenté plus récemment par une étude britannique. En Ile-de-France, le taux de surmortalité observé était le plus élevé en Seine-Saint-Denis, département où les indicateurs témoignent des taux de précarité les plus importants. Ce point nécessiterait d'être précisé par des études épidémiologiques ad hoc car il est encore sous-estimé au niveau des décisions publiques.

Qui sont les personnes à risque de formes graves ?

Les populations à risques de formes graves ou de décès sont mieux connues : l'âge et certaines comorbidités apparaissent comme des facteurs de risque de formes graves de COVID-19 avec des taux de létalité importants. La précarité est un autre facteur de risque documenté plus récemment dans plusieurs pays et retrouvé en Ile de France.

La liste des personnes à risque de forme grave de Covid-19 a été définie dans l'avis du 31 mars 2020 et mise à jour dans l'avis du 20 avril.

  • les personnes âgées de 65 ans et plus (même si les personnes âgées de 50 ans à 65 ans doivent être surveillées de façon plus rapprochée) : Les personnes âgées de 65 ans et plus représentent 58% des patients hospitalisés en réanimation et plus de 76% des décès. 
  • les personnes avec antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d'accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV* ;

"Une nouvelle version du virus a commencé à circuler par l'Europe, suivie de l'Amérique du Nord et de l'Océanie, puis de l'Asie"

  • les diabétiques insulinodépendants ou présentant des complications secondaires à leur pathologie. Chez les diabétiques, la Société francophone du diabète explique que les symptômes du Covid-19 ne diffèrent pas : toux, fièvre, courbatures, fatigue mais aussi parfois signes digestifs. En revanche, l'infection aura tendance à déséquilibrer le diabète (tout comme lors d'une grippe). En présence d'une toux et d'une fébricule chez une personne ayant un diabète, l'absence de déséquilibre important du diabète est un élément rassurant allant plutôt contre COVID-19 – mais imposant, en situation d'épidémie, de rester chez soi. En cas de déséquilibre du diabète, il y a un risque important de décompensation cétosique ;
  • les personnes ayant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d'une infection virale (broncho pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d'apnées du sommeil, mucoviscidose notamment) ;
  • les patients ayant une insuffisance rénale chronique dialysée ;
  • les malades atteints de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
  • les personnes présentant une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm-2) ;
  • les personnes avec une immunodépression congénitale ou acquise (médicamenteuse : chimiothérapie anti cancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ; infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 <200/mm3 ; consécutive à une greffe d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ; liée à une hémopathie maligne en cours de traitement) ;*
  • les malades atteints de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;
  • les personnes présentant un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;
  • les femmes enceintes, au troisième trimestre de la grossesse, compte tenu des données disponibles et considérant qu'elles sont très limitées.

A-t-il muté ?

Le 30 avril, le Pr Arnaud Fontanet expliquait que "le virus (Sars-CoV-2) ne mute pas beaucoup de façon surprenante alors qu'il vient d'émerger chez l'homme". Les choses sembleraient avoir changé. Selon une étude américaine publiée dans la revue Cell le 26 juin 2020, une variante du virus tel qu'il est apparu en Chine en décembre 2019 serait "devenue la forme dominante à l'échelle mondiale du SRAS-CoV-2". "Le passage du D614 (version intiale) au G614 (virus circulant maintenant) s'est produit de manière asynchrone dans différentes régions du monde, à commencer par l'Europe, suivie de l'Amérique du Nord et de l'Océanie, puis de l'Asie" expliquent les chercheurs. Cette nouvelle "version" du coronavirus serait plus contagieuse que l'initiale. "Le G614 est associé à des charges virales potentiellement plus élevées chez les patients COVID-19 mais pas à une maladie plus grave" poursuivent-ils après avoir analysé les données de 999 patients atteints du Covid-19.

A savoir :  Si la mutation du virus inquiète, le Dr Gérard Kierzek nous rappelle qu'elle n'est pas forcément plus dangereuse pour l'homme : "La mutation peut aller dans les deux sens, vers plus de virulence ou moins de virulence, plus de contagiosité, moins de contagiosité."

Quels sont les symptômes d'une infection au Covid-19 ?

Les manifestations d'une infection à SARS-COV2 sont maintenant bien reconnues ; elles concernent notamment le poumon, le rein, le système nerveux (y compris manifestations psychiatriques), le coeur, la peau, l'appareil digestif et la sphère ORL. Contrairement à la grippe qui s'installe brutalement, une infection par le coronavirus "se fait progressivement sur plusieurs jours" indique l'Institut Pasteur. Des malades rapportent des symptômes qui apparaissent sur une semaine et un temps de guérison assez long. "Dans plus de 80% des cas, les signes sont tout à fait mineurs. Ce sont des angines ou des rhinopharyngites" indiquait le Pr Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, lors d'un point de presse à la télévision le 28 mars 2020. "Nous découvrons aussi, des symptômes ou des syndromes non associés à la symptomatologie initiale comme les signes neurologiques, cardiovasculaires, rhumatologiques. Des cas de symptomes dysimmunitaires (Kawasaki-like, péricardites, myocardites ..) ont été aussi rapportés" rappelle le Conseil scientifique Covid-19 le 27 juillet.

Quels signes de gravité ?

L'OMS distingue plusieurs syndromes cliniques associés au SARS-CoV-2 : la maladie non compliquée, la pneumonie non sévère, la pneumonie sévère, le SDRA (syndrome de détresse respiratoire aigue), le sepsis et le choc septique. Dans les cas les plus graves de Covid-19, qui nécessitent une prise en charge médicale : des signes respiratoires (difficultés à respirer pouvant conduire à un syndrome de détresse respiratoire aiguë c'est-à-dire une défaillance des fonctions respiratoires).

Chez les enfants : toux ou difficultés respiratoires associées à l'un des signes suivants : cyanose, détresse respiratoire aiguë (geignement), signes de pneumonie avec un signe d'alarme : prise de boisson ou allaitement impossible, perte de connaissance ou convulsions. Plusieurs cas de syndromes inflammatoires ont été signalés à Paris fin avril-début mai, avec des symptômes proches de la maladie de Kawasaki, chez des enfants ayant été infectés environ un mois plus tôt par le Covid-19.

La période de contagiosité serait maximale de 2 à 3 jours avant, et jusqu'à 8 jours après le début de symptômes.

Quel est le délai d'incubation de la maladie ?

La durée moyenne d'incubation est de 4 jours avec une durée maximale de 12 à 14 jours

Quand est-on contagieux ?

A l'inverse du Sras, du virus Mers ou de celui de la grippe, le virus Sars-Cov-2 est contagieux avant même l'apparition des symptômes. Selon une synthèse de plusieurs études publiée par Santé Publique France le 8 juillet, la période de contagiosité serait maximale de 2 à 3 jours avant, et jusqu'à 8 jours après le début de symptômes. De plus, environ 50 % des transmissions surviendraient durant la phase pré-symptomatique du patient source. Une fois contaminé, le malade peut le rester plusieurs semaines. Sur le Collectif Inter-réanimation sur Facebook, des soignants indiquent que des patients "sont encore positifs après plus de 3 semaines de réanimation".

→ Un virus plus contagieux que la grippe : la transmissibilité du SARS-CoV-2 est supérieure à celle de la grippe saisonnière. Le R0 (nombre moyen de personnes auxquelles un malade risque de transmettre la maladie) se situe autour de 3 pour ce nouveau coronavirus quand il n'est que d'1 pour la grippe saisonnière. Le nouveau coronavirus est aussi très contagieux car il est nouveau et que la population française n'y a jamais été confrontée.

Combien de temps dure la maladie ?

Selon le Dr Gérald Kierzek, "au bout d'une quinzaine de jours quand on a des symptômes bénins. La guérison est spontanée sauf quand il y a une forme grave et qu'on se retrouve en réanimation où on a besoin d'oxygène, où on a une pneumonie et là on a besoin d'avoir des médicaments. Les malades de réanimation restent longtemps hospitalisés, c'est plus de 20 jours". L'infection à SARS-COV2 peut aussi provoquer des symptômes persistants ou survenant tardivement, au-delà de 3 semaines après les premières manifestations cliniques. L'asthénie peut persister longtemps.

Est-on immunisé quand on l'a eu ?

Sans certitude. "Après avoir rencontré un virus, notre organisme développe des défenses immunitaires appelées anticorps, lui permettant de se défendre contre ce virus. Après l'infection au coronavirus, nous ne savons pas encore si ces anticorps sont efficaces et pour combien de temps. Bien que nous soyons encore à un stade précoce pour se prononcer sur cette question, de l'avis des scientifiques les premières données semblent rassurantes, car ce jour, aucun cas réellement confirmé de re-contamination ne semble avoir eu lieu" explique le gouvernement français sur son site. Ce que confirme le directeur général de la santé en France, Jérôme Salomon, le 23 avril lors d'une audition devant l'Assemblée nationale : "Une, deux, trois semaines après une infection confirmée par un test PCR positif, apparaissent progressivement des anticorps, c'est le cas dans 99% des personnes qui ont été testées dans différents milieux professionnels ou dans des protocoles de recherche. Ces anticorps sont protecteurs ce qui est rassurant".

Comment se fait le dépistage du virus ?

Il y a deux types de tests pour diagnostiquer le Covid-19 :

• le test dit "par PCR" : pour repérer l'infection en phase aigue du coronavirus. Il est réalisé actuellement par une technique de laboratoire spécifique sur un écouvillonnage nasopharyngé dont le résultat peut être obtenu généralement en 4 heures. Aucun test commercial n'est disponible. Il y a :

  • un prélèvement systématique des voies respiratoires hautes (naso-pharyngé /écouvillons Virocult® ou aspirations)
  • un prélèvement des voies respiratoires basses (crachats, LBA, ATB) en cas d'atteinte parenchymateuse.

• le test sérologique : qui dépiste des anticorps du Covid-19 dans le sang et peut dire si vous avez été infecté dans le passé. Ces tests permettent de détecter dans le sérum la présence d'anticorps de classes IgM et IgG spécifiques du Sars-CoV-2. Ils utilisent la méthode ELISA (enzyme linked immunosorbent assay) applicable sur des automates à haut débit capables d'effectuer des centaines de tests par jour.

• les tests rapides : Il existe aussi des tests rapides d'orientation diagnostique (TRODs) présentés sous un format unitaire, détectant les anticorps à partir d'une simple goutte de sang en quelques minutes.  

Quels sont les traitements ?

Aucun traitement avec une activité virale directe n'a fait la preuve scientifique de son efficacité pour combattre le SARS-CoV-2. "Ceci n'est pas étonnant puisque toutes les molécules utilisées existaient déjà avant la pandémie et n'avaient pas été spécifiquement conçues contre le SARSCoV-2" argue le Conseil scientifique du Covid-19 dans l'Avis du 27 juillet. Par contre la prise en charge des formes sévères et graves s'est améliorée avec deux types de médicaments qui régulent positivement l'état inflammatoire majeur associé à ces formes.De nombreux essais cliniques testant l'efficacité de médicaments contre le coronavirus sont en cours.

  • Dans les formes légères de la maladie qui ne nécessitent pas d'hospitalisation : en cas de fièvre, il est conseillé de prendre du paracétamol et non des anti-inflammatoires qui peuvent faire flamber l'infection. Il faut surveiller l'évolution des symptômes et en cas d'aggravation avec difficultés à respirer, appeler le 15.
  • Pour les formes sévères lors d'une hospitalisation, en dehors d'un service de réanimation : .ces patients nécessitent un support en oxygène et parfois un support ventilatoire mais les scientifiques recommandent de retarder l'utilisation de la ventilation mécanique invasive via l'intubation.

→ utilisation de corticoïdes (dexaméthasone), traitement anti-inflammatoire qui permet de diminuer la mortalité chez les patients nécessitant un support en oxygène selon l'essai clinique randomisé contrôlé Recovery

→  utilisation de tocilizumab (traitement anti récepteur de l'interleukine-6) qui semblerait efficace chez les patients nécessitant plus de 3 litres/minute d'oxygène.

​​​​​​​→ une anticoagulation par héparine qui permet de diminuer le risque de thrombose et d'embolie

​​​​​​​→ En ce qui concerne le traitement antiviral Remdesivir : "Il semble accélérer le temps de récupération mais il n'a à ce jour pas montré d'impact sur la mortalité chez les patients traités par rapport aux patients non traités par remdesivir. Ce traitement est toujours en évaluation dans des essais cliniques malgré une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) conditionnelle de l'European Medicines Agency (EMA)" indique le Conseil scientifique Covid-19 le 27 juillet.

  • Pour les formes sévères en réanimation : recours à une ventilation mécanique invasive (intubation), voire à une oxygénation extra-corporelle dans les formes les plus sévères et reprise des trois thérapeutiques citées ci-dessus (corticoïdes, tocilizumab et héparine).

Traitements écartés à ce jour :

  • Antibiotiques : dans un Avis du 6 juin 2020, le HCSP déconseille la prise d'antibiotiques chez un patient présentant des symptômes rattachés à un Covid-19 confirmé (en dehors d'un autre foyer infectieux) "du fait du caractère exceptionnel de la co-infection bactérienne". L'antibiotique Azithromycine a notamment été administré à plusieurs patients Covid-19 dès le début de l'épidémie. Dans l'attente de la confirmation du diagnostic virologique de Covid-19 et en cas de doute avec une infection bactérienne, le HCSP indique qu'il peut y avoir une prescription d'amoxicilline.
  • Hydroxychloroquine : "Après les observations initiales de cohortes non randomisées suggérant une efficacité de l'hydroxychloroquine, seule ou en association, l'immense majorité des essais randomisés réalisés en France, eu Europe, aux Etats-Unis, au Brésil ou dans l'essai OMS, n'a pas retrouvé cet effet" explique le Conseil scientifique Covid-19.
  • Lopinavir/ritonavir : Chez des patients hospitalisés avec une forme sévère ou critique de la maladie, 4 essais randomisés contrôlés n'ont pas retrouvé d'efficacité de l'administration lopinavir/ritonavir.
  • Sarilumab : le médicament a été testé aux Etats-Unis. Les firmes ont arrêté leur essai du fait de l'absence d'efficacité du médicament retrouvée et d'effets indésirables sévères plus fréquents.

Une transmission majorée dans les espaces confinés.

Comment se transmet le virus ?

Le nouveau coronavirus se transmet entre les humains essentiellement par la salive, les gouttelettes (toux, éternuements), par contacts rapproché (poignées de mains...). "Il est beaucoup plus manuporté qu'on l'a imaginé au début" a reconnu le Pr Fontanet le 30 avril.  Il peut aussi se transmettre par des surfaces contaminées (les coronavirus survivent jusqu'à 3 heures sur des surfaces inertes sèches et jusqu'à 6 jours en milieu humide). Un lavage de mains régulier (toutes les heures environ) et le port de masques participent à la réduction de la transmission du virus. "Pour ralentir la progression du virus dans la population, il nous faut donc éviter au maximum toute proximité et tout contact avec autrui, installer une barrière virtuelle entre les individus, se référer scrupuleusement aux consignes de gestes-barrière : respect de la distance entre les individus, lavage fréquent des mains au savon ou au gel hydro-alcoolique. C'est l'unique façon à ce jour de lutter individuellement contre la progression de l'épidémie", prévient le Dr Patrick Aubé, médecin généraliste. Pour suivre la transmission du virus en France, les autorités sanitaires observent l'indicateur R0.

Transmission majorée dans des espaces confinés : dans un Avis du 2 juin 2020, le Conseil scientifique Covid-19 insiste sur le fait que le nouveau coronavirus se transmet encore plus dans des espaces confinés. Dans ces espaces, des particules de très petite taille (<30 m) formées à partir de l'évaporation des gouttelettes émises lors de la parole et pouvant théoriquement contenir un ou des virions peuvent rester en suspension. Cette donnée a certainement poussé les autorités à rendre le port du masque obligatoire dans les lieux clos à partir du 20 juillet en France.

Transmission par l'air : les sécrétions respiratoires qu'on émet quand on tousse, éternue ou parle peuvent atteindre une personne à proximité (<1 mètre) ou se fixer sur une surface, comme les mains ou les mouchoirs. Ce sont les individus qui transportent le coronavirus pas l'air. C'est pour cela qu'il est important de respecter les gestes barrières et les mesures de distanciation sociale.

Transmission via les selles : Comme l'indique le Haut Conseil de la Santé Publique dans un Avis rendu le 5 mars "le SARS-CoV-2 peut être retrouvé dans les liquides biologiques dont les selles. Toutefois, le caractère infectieux du virus détecté dans les selles chez certains cas n'est pas avéré et le risque de transmission fécale n'a pas été documenté". 

Transmission par les animaux : A l'heure actuelle, rien ne prouve que les animaux domestiques comme les chiens et les chats peuvent propager le virus et/ou être infectés par l'homme. 

Transmission par l'eau : A ce jour, il n'a pas été rapporté de contamination par l'eau. "Cette maladie est à transmission respiratoire et probablement de l'animal à l'homme, mais la source n'est pas encore identifiée" explique le gouvernement français.

Prévention : les gestes barrières à appliquer partout

Le Covid-19 est une maladie très contagieuse. En l'absence de traitements vraiment efficaces pour la contrer, la prévention consiste à respecter plusieurs gestes barrières. 

A quand un vaccin ?

Dès le début de l'épidémie de coronavirus en France, les chercheurs se sont affairés à mettre au point un vaccin contre ce virus très contagieux. Selon l'Agence européenne du médicament (EMA), un tel vaccin ne devrait pas être disponible avant 2021.

 Parmi les pistes envisagées, produire un vaccin à partir de celui de la rougeole ou du BCG (tuberculose). 

Source : Avis n°8 du Conseil scientifique COVID-19 27 juillet 2020 Se préparer maintenant pour anticiper un retour du virus à l'automne. 27 juillet 2020.