Victimes du Covid en France : profil, âge des cas, des décès

La pandémie de Covid, particulièrement virulente en France, a évolué par vagues. Quel est le profil des victimes du Covid ? Qui a été hospitalisé ? A quel âge ? Les hommes ? Les femmes ? Les plus jeunes ? Qui est décédé ? Courbes, âge et profil des victimes.

Victimes du Covid en France : profil, âge des cas, des décès
© grispb - 123RF

La pandémie de Covid a fait des dizaines de milliers de victimes en France. Quelles sont les personnes les plus touchées ? Qui en meurt le plus ? Les hommes ? Les femmes ? A quel âge ? Les plus de 60 ans ou les plus jeunes ? Les enfants sont-ils touchés ? Âge, sexe, facteurs de risque, comorbidités… Profil des victimes du Covid et bilan par vague. 

Quel est le profil des victimes du Covid ?

Une étude menée par la Drees (Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques) publiée en mars 2022 s'est intéressée aux caractéristiques socioéconomiques des individus aux formes sévères de Covid-19 au fil des vagues épidémiques, s'appuyant sur les données relatives à plus de 67 millions d'individus, dont près de 382 000 individus hospitalisés atteints de Covid-19. Principaux constats :

  • A mesure que le niveau de vie décroît, le risque d'hospitalisation augmente, ce qui peut s'expliquer par des contrastes d'exposition au virus et d'état de santé. 57 % des individus hospitalisés ont un niveau de vie inférieur à la médiane
  • L'effet du surpeuplement dans le logement, qui favorise l'exposition au virus, est également un résultat notable : le risque d'hospitalisation augmente à mesure que diminue la surface disponible du logement rapportée au nombre d'occupants, ce encore davantage pour les occupants du parc social. 21 % des individus hospitalisés résident dans un logement social
  • Le risque d'hospitalisation est plus important pour certaines populations nées à l'étranger, notamment en Afrique (Maghreb et Afrique subsaharienne) et en Asie. : 26 % de la population hospitalisée de 35 ans ou plus est née à l'étranger, contre 17 % de l'ensemble de la population de 35 ans ou plus. Cette surreprésentation des personnes nées à l'étranger se retrouve au sein de toutes les tranches d'âge. Cette corrélation entre pays de naissance et risque d'hospitalisation peut s'expliquer comme la corrélation entre niveau de vie et risque d'hospitalisation : état de santé moins bon, comorbidités plus fréquentes, conditions de logement dégradées et exercice de métiers plus exposés. Elle peut également être liée au fait que certains territoires comprenant une part élevée d'individus nés à l'étranger ont été fortement touchés par l'épidémie (notamment la Seine-Saint-Denis).
  • Le risque de décéder à l'hôpital est légèrement moins élevé chez les personnes aux plus hauts revenus, ce qui reflète notamment une distribution inégale des comorbidités associées à des formes sévères de Covid-19.
  • L'analyse par vague souligne, enfin, l'originalité de la quatrième vague par rapport aux précédentes : le gradient de risque d'hospitalisation en fonction de l'âge devient moins prononcé, tandis que le gradient en fonction du niveau de vie se renforce, ce qui pourrait s'expliquer par une inégale répartition de la vaccination, donc de ses effets protecteurs, au sein de la population (recours à la vaccination croissant avec l'âge et le niveau de vie).

Dans quelles régions y a-t-il eu le plus d'hospitalisations ?

La période d'étude a été décomposée en quatre vagues correspondant aux différentes phases de l'épidémie. Les vagues sont définies comme se succédant sans période intermédiaire.

  • Première vague, qui s'étend du 1er mars 2020 au 5 juillet 2020, 60 942 individus ont été hospitalisés. Cette vague a été principalement localisée dans les régions Grand Est et Île-de-France.
  • Deuxième vague, qui s'étend du 6 juillet 2020 au 3 janvier 2021, 121 972 individus ont été hospitalisés. La répartition de cette vague sur le territoire est plus uniforme, même si l'ouest de la France a été globalement moins touché que le reste de la France métropolitaine.
  • Troisième vague, qui s'étend entre le 4 janvier et le 4 juillet 2021 est la plus importante, avec 158 353 individus hospitalisés. Celle-ci a également concerné l'ensemble du territoire avec une incidence plus marquée dans certaines régions de l'est de la France.
  • Quatrième vague, qui s'étend entre le 5 juillet et le 10 novembre 2021, est celle dont le pic est le moins marqué (32 585 hospitalisations). Sa spécificité est que les DROM y sont beaucoup plus représentés qu'au cours des autres vagues.
 Dynamique des nouvelles hospitalisations au cours des quatre vagues
Dynamique des nouvelles hospitalisations au cours des quatre vagues © Drees
Nombre d’hospitalisations pour 10 000 habitants, par département et par vague
Nombre d’hospitalisations pour 10 000 habitants, par département et par vague © Drees

Quel est l'âge des personnes hospitalisées pour un Covid ?

L'âge est le facteur prépondérant de risque de développer une forme sévère de Covid-19, ce fait se retrouve dans l'étude de la Drees :

  • 72 % des individus hospitalisés ont 60 ans ou plus,
  • 52 % des individus hospitalisés de plus de 60 ans sont des hommes.

Selon Santé publique France, l'âge médian des patients est de 72 ans et 52% sont des hommes ;

Pourcentage de personnes hospitalisées et en réanimation pour COVID-19 depuis le 1er mars 2020

Classe d'âge (an) Hospitalisations (%) Dont soins critiques (%)
0-14 <1 <1
15-44 6 9

45-64

23 40
65-74 26 38
+ de 75 44 12

Remarque : il existe de valeurs manquantes pour l'ensemble des variables recueillies. Les pourcentages sont arrondis au nombre entier la plus proche, d'où l'éventualité que la total des pourcentages des tableaux soit parfois différent de 100%.

 

Quel est l'âge des personnes admises en soins critiques ?

L'âge médian des individus hospitalisés en soins critiques est de 71 ans. 23 % de la population hospitalisée a 85 ans ou plus. 53% des personnes admises en soins critiques sont des hommes. La proportion de personnes admises en soins critiques augmente avec l'âge jusqu'à 72 ans où elle atteint son maximum, du fait de l'augmentation physiologique du risque de forme sévère avec l'âge. Au delà de 72 ans, la proportion de personnes admises en soins critiques diminue). Cette baisse est le reflet de pratiques médicales différenciées selon l'âge et non d'une moindre gravité de la maladie chez les patients âgés : la ventilation et l'intubation sont en effet des pratiques invasives à risque, à la suite desquelles la question du sevrage des machines est délicate

Quel est l'âge des personnes décédées du Covid ?

La proportion de personnes décédées durant leur séjour à l'hôpital s'élève à environ 20 % sur l'ensemble des vagues. Ce taux de mortalité à l'hôpital est stable pour les trois premières vagues avec une proportion de 20 %, 20 % et 18 % respectivement, pour les première, deuxième et troisième vagues, puis chute à 14 % au cours de la quatrième vague.

  • L'âge médian des personnes décédées est de 82 ans,
  • 60 % de l'ensemble des décès en soins intensifs ont lieu chez les plus de 80 ans,
  • Le taux de mortalité passe de 3 % chez les 35-50 ans à 13 % chez les 60-70 ans et à 32 % chez les 80 ans ou plus.
  • La mortalité hospitalière est plus élevée chez les hommes (12 %) que chez les femmes (8 %). Elle atteint 42 % chez les hommes de 80 ans ou plus

Quel est le bilan de la première vague de Covid ?

Publiée le 9 février 2022, une vaste étude menée par l'ANSM, l'Assurance maladie et Epi-Phare sur un peu plus de 87 800 personnes qui ont été hospitalisées à cause de la Covid-19, dont 15 660 en sont décédées à l'hôpital, apporte des éléments sur les facteurs de risque de la Covid-19. 

► Les personnes âgées sont de loin les plus fragiles face à la Covid-19. Les risques d'être hospitalisé ou de décéder des suites de ce virus augmentent de façon exponentielle avec l'âge. Par rapport aux 40-44 ans, le risque d'hospitalisation est doublé chez les 60-64 ans, triplé chez les 70-74 ans, multiplié par 6 chez les 80-84 ans et par 12 chez les 90 ans et plus.

► Les hommes sont plus à risque d'hospitalisation et de décès pour Covid-19 que les femmes, multiplié respectivement par 1,4 et 2,1.

► Le risque de forme grave de Covid-19 est fort chez les personnes de moins de 80 ans, avec un risque de décès multiplié par deux chez les plus défavorisés par rapport aux plus favorisés. D'après l'analyse des données issues des séjours hospitaliers en France, les patients atteints de Covid-19 présentent, comparativement aux 18 à 49 ans, environ :

Âge Risques de décès
50 à 64 ans 3 plus de risque
65 à 74 ans 7 fois plus de risque
75 à 80 ans 10 fois plus de risque
Au delà de 80 ans 16 fois plus de risque

Quel est le bilan de la deuxième vague de Covid ?

Une étude Epi-Phare, publiée le 23 juillet 2021 sur l'ANSM, montre à pathologie, âge et sexe identiques une diminution globale de la mortalité hospitalière entre la 1ère et la 2ème vague. Cette baisse, qui confirme l'amélioration des soins à l'hôpital pour Covid-19, est observée dans toutes les tranches d'âges. La diminution de la mortalité à l'hôpital était particulièrement importante chez les patients plus jeunes. Elle était ainsi de :

  • 40% pour les 30-59 ans,
  • 30% pour les 60-64 ans,
  • 25% pour les 65-69 ans,
  • 17% pour les 70-74 ans,
  • 14% pour les 75-79 ans
  • 9% pour les 80-84 ans.

Les personnes hospitalisées lors de la 2ème vague étaient nettement plus âgées que celles admises à l'hôpital au cours de la 1ère vague, témoignant probablement d'un meilleur accès à l'hospitalisation et d'une meilleure identification des facteurs de risque à l'admission : les 75 ans et plus représentaient 47 % des patients hospitalisés durant la 2ème vague, contre 39 % pendant la 1ère. Inversement, les 30 - 59 ans représentaient 21 % des hospitalisations lors de la 2ème vague contre 30 % durant la 1ère.

Les patients les plus vulnérables face à ce virus sont ceux souffrant d'une des sept pathologies suivantes :

Pathologies Risque d'hospitalisation Risque de décès
Trisomie 21 10 fois plus de risque 28 fois plus de risque
Retard mental 4 fois plus de risque 6 fois plus de risque
Mucoviscidose 2,5 fois plus de risque 6 fois plus de risque
Insuffisance rénale chronique terminale sous dialyse 3,5 fois plus de risque 3 fois plus de risque
Cancer actif du poumon 2,5 fois plus de risque 3 fois plus de risque
Transplantation rénale 5 fois plus de risque 6 fois plus de risque
Transplantation du poumon 4 fois plus de risque 12 fois plus de risque

D'une façon générale, les patients atteints de divers troubles mentaux sévères restaient particulièrement à risque d'hospitalisation et de décès à structure d'âge égale (troubles psychotiques –schizophrénie… : risque d'hospitalisation multiplié par 2,2 et décès par 1,6 et pour les troubles névrotiques et de l'humeur, risque d'hospitalisation multiplié par 1,7 et décès par 1,3).

Qui sont les victimes les plus jeunes ?

Les enfants sont très peu représentés chez les patients hospitalisés pour COVID-19 et parmi les décès (moins de 1%). Une surveillance des cas de syndromes inflammatoires multi-systémiques pédiatriques (PIMS) permet d'estimer l'incidence de ces cas en lien avec la COVID-19. L'âge médian des cas est de 7 ans.

Quels sont les maladies à risque ?

Certaines maladies sous-jacentes augmentent le risque de présenter une forme grave d'infection au Covid-19. On appelle cela des comorbidités. Le Haut Conseil de Santé publique a listé ces pathologies à risque :

Répartition des décès selon les comorbidités
Répartition des décès selon les comorbidités © Journal des Femmes
  • Maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle compliquée, accident vasculaire cérébral, coronaropathie, antécédents de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV) 
  • Diabète (diabétiques insulinodépendants non équilibrés ou présentant des complications secondaires à leur pathologie)
  • Maladies chroniques respiratoires (asthme, mucoviscidose...) 
  • Insuffisance rénale chronique
  • Cancers (personnes sous traitement)
  • Cirrhose au stade B au moins
  • Infection à VIH non contrôlée
  • Obésité
  • cancers et maladies hématologiques malignes actifs et de moins de 3 ans,
  • transplantation d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques
  • trisomie 21.
  • les maladies hépatiques chroniques et en particulier la cirrhose (reconnues depuis le 2 mars 2021) ;
  • les troubles psychiatriques  (reconnus depuis le 2 mars 2021) ;
  • la démence (reconnue depuis le 2 mars 2021) ;
  • les personnes présentant un antécédent d'accident vasculaire cérébral (reconnues depuis le 2 mars 2021).

Qui sont les victimes célèbres du Covid ?

L'épidémie a fait de nombreuses victimes de nationalité française, dont des personnalités médiatiques comme (liste non exhaustive) :

  • Nicolas Alfonsi, le 16 mars 2020 : ancien sénateur et maire de Piana
  • Jean Leber, le 18 mars 2020, violoniste
  • Jacques Oudin, le 20 mars 2020, ancien sénateur
  • Marie-Thérèse de Bourbon-Parme, le 26 mars 2020, princesse
  • David Méresse, le 8 avril 2020, joueur de football, entraîneur et dirigeant.
  • Christophe, le 16 avril 2020, chanteur et compositeur
  • Philippe Nahon, le 19 avril 2020, acteur
  • Claude Evrard, le 20 avril 2020, acteur
  • Daniel Cauchy, le 7 mai 2020, acteur, producteur et scénariste
  • Claude Goasguen, le 28 mai 2020, homme politique et député
  • Jean-Pierre Vincent, le 4 novembre 2020, metteur en scène et directeur de théâtre français.
  • Nelly Kaplan, le 12 novembre 2020, écrivaine et réalisatrice.
  • Jean-Louis Servan Schreiber, le 28 novembre 2020, journaliste, patron de presse et essayiste.
  • Valéry Giscard D'Estaing, le 2 décembre 2020, Président de la République Française (1974-1981)
  • Jean Panisse, le 1er janvier 2021, acteur français. 
  • Etienne Draber, le 11 janvier 2021, acteur français.
  • Marcel Uderzo, le 24 janvier 2021, dessinateur français de BD, frère d'Albert Uderzo (à l'origine de 24 albums d'Astérix)
  • Yvon Douis, le 29 janvier 2021, footballeur français. 
  • Lucien Gourong, le 15 février 2021, conteur et écrivain français.
  • Raymond Cauchetier, le 22 février 2021, photographe.

Sources :

- Point épidémiologique hebdomadaire de Santé Publique France. Ce bilan est basé sur les données épidémiologiques de surveillance du COVID-19 (SARS-CoV-2) rapportées à Santé publique France

- Caractéristiques socioéconomiques des individus aux formes sévères de Covid-19 au fil des vagues épidémiques, Etude de la Drees, Mars 2022

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