Endométriose : la cure thermale peut soulager les douleurs

Grâce à ses vertus anti-inflammatoires et cicatrisantes, l'eau thermale peut apaiser les douleurs pelviennes et les lésions liées à l'endométriose. Bienfaits de l'eau sulfureuse, déroulement de la cure, indications... Eclairage d'Elisabeth Girod, sage-femme aux Thermes de Challes-les-Eaux.

Endométriose : la cure thermale peut soulager les douleurs
© Chaîne Thermale Challes-les-Eaux

Anti-inflammatoire, rééquilibrante et cicatrisante. Voilà les trois principales qualités d'une eau sulfureuse, autrement dit une eau contenant un composé de soufre, le sulfure d'hydrogène. Cette eau thermale riche en oligo-éléments est particulièrement indiquée dans le traitement des voies respiratoires et des rhumatismes (arthrose, spondylarthrite ankylosante, fibromyalgie...), mais aussi des atteintes gynécologiques (mycoses ou sécheresse vaginale, inflammations, endométriose. post-cancer gynécologique..), après un accouchement ou en post ou pré-ménopause. "On ne le sait pas toujours, mais l'eau thermale peut avoir une action immédiate sur les lésions liées à l'endométriose et soulager les douleurs pelviennes jusqu'à 7 mois après la cure", indique Sophie Theaude, directrice des Thermes de Challes-les-Eaux, en Savoie. "En plus des vertus incroyables de l'eau thermale, les curistes trouvent ici une véritable écoute et de la bienveillance, non seulement de la part des professionnels de santé, mais aussi des autres curistes. Elles arrivent souvent stressées, dans une impasse thérapeutique, et repartent écoutées et un peu plus soulagées", se réjouit Elisabeth Girod, sage-femme au sein de l'établissement. Rencontre. 

Déroulé de la cure thermale spéciale "endométriose"

La cure thermale spéciale endométriose repose sur une prise en charge pluridisciplinaire : médecin, sage-femme, sophrologue, osthéopathe, kinésithérapeute et diététicien-nutritionniste en partenariat avec l'association "Ensemble contre l'endométriose" travaillent ensemble pour proposer une solution personnalisée et concrète à chaque patiente.

  • Chaque cure thermale comprend un atelier "anatomie" de 45 minutes dispensé par une sage-femme. L'objectif pour la patiente ? Mieux comprendre le fonctionnement des muscles de la zone du bassin et de son périnée pour pouvoir travailler sur leur mobilité et leurs interactions. C'est également l'occasion d'échanger sur l'hygiène intime, les douleurs pendant les rapports sexuels ou sur d'autres questions liées à l'intimité. 
  • Chaque jour (sauf les dimanches), 4 soins individuels (deux soins en bain dont une irrigation, une pulvérisation et une douche) sont effectués par une sage-femme qui est à l'écoute et prête à répondre aux questions de la curiste sur sa sexualité, ses envies de grossesse, les gênes par rapport à son corps, la gestion de la douleur...
  • Une conférence "nutrithérapie" est également proposé. Pendant cette conférence, la curiste comprend et analyse les liens entre l'alimentation et l'endométriose et bénéficie de conseils de la part d'un diététicien-nutritionniste à appliquer au quotidien. 
  • Une séance de sophrologie collective (1 heure) et une séance d'hypnose ericksonienne individuelle (1 heure) permettent d'apprendre à mieux gérer son stress et mieux utiliser son diaphragme, de s'initier à la visualisation et à la méditation. On y apprend la respiration diaphragmatique qui est plus lente et plus profonde que la respiration thoracique (une respiration qui utilise la partie supérieure de la poitrine et plus propice aux tensions musculaires). Elle permet une plus grande détente musculaire et respiratoire, et contribue à une meilleure oxygénation du sang, une augmentation de l'activité du système digestif et une diminution du stress. 
  • Une séance de yoga et une séance de yoga du son (2 fois 1 heure), une séance d'osthéopathie (1 heure), ainsi que des ateliers "féminité" peuvent compléter la prise en charge. Des séances de hammam sont également préconisées. 

Irrigation, pulvérisation... Zoom sur les soins gynécologiques

Bain à bulles et irrigation

Dans une cabine individuelle, la curiste est installée dans une baignoire remplie d'eau de la ville (la température est adaptée selon la patiente). "Il s'agit d'un bain à bulles qui permet de relaxer la curiste et de masser son corps en douceur, particulièrement la zone intestinale", explique Elisabeth Girod. Pendant qu'elle est dans ce bain à bulles, la curiste reçoit son premier soin à l'eau thermale. "Il s'agit d'une irrigation vaginale : au-dessus de la baignoire se trouve un flacon en verre contenant 7L d'eau thermale auquel est relié un tuyau. Au bout de ce tuyau est placée une canule qui permet le passage de l'eau thermale avec une très légère pression. La patiente, dans la position qu'elle estime la plus confortable, introduit la canule dans son vagin et l'oriente à sa guise". L'eau thermale s'écoule ensuite dans la baignoire dans laquelle est installée la curiste. Ce double-soin dure quinze minutes.

Pulvérisation vaginale

Dans la même cabine, la curiste est installée sur une sorte de sommier fixé au mur et posé sur la baignoire. Plusieurs coussins permettent de caler la patiente pour qu'elle soit en position gynécologique (cuisses fléchies et mollets légèrement surélevés par des coussins). Cette position permet d'avoir une très bonne ouverture et une détente maximale au niveau de la vulve. "Peut alors commencer la pulvérisation vulvaire (ou vaginale) : un soin indolore et très doux qui consiste à pulvériser de l'air et de l'eau thermale en micro-gouttelettes en direction du vagin. L'eau thermale pénètre alors les muqueuses génitales", décrit la sage-femme. 

Le premier jour, ce soin est réalisé pendant 5 minutes et sans spéculum. Lors de la première visite médicale, le médecin décidera ou non, en fonction des symptômes et de la volonté de la patiente, de prescrire la pose d'un spéculum (petit instrument médical en plastique) qui permet d'ouvrir le vagin et de pulvériser plus en profondeur. Puis, la pulvérisation vaginale est programmée pendant 10 minutes. La deuxième semaine, c'est pendant 15 minutes et enfin, la troisième semaine, le soin s'étend à 20 minutes.

Douche au jet

Le quatrième et dernier soin est une douche au jet avec un réglage de la température et de la pression à la convenance de la curiste. "C'est un véritable massage de tout le corps d'une durée de 3 à 5 minutes : on commence par un massage de la voûte plantaire, de l'arrière des deux jambes, du dos, des épaules, du ventre (particulièrement au niveau du côlon et des intestins) et du thorax, puis on termine par un jet d'eau froide sur les jambes", détaille notre interlocutrice. Un espace tisanerie est à disposition pour les patientes qui souhaitent s'y relaxer, avant ou après les soins. A Challes-les-Eaux, ces soins sont dispensés par des sages-femmes, ce qui est unique en France dans le domaine du thermalisme. Ces 4 soins sont effectués 6 jours/7 (sauf le dimanche) pendant trois semaines. A noter que ces soins peuvent être effectués sans aucun souci pendant la période de règles.

Les bienfaits de l'eau thermale sur l'endométriose

Grâce à sa haute teneur en soufre, l'eau thermale (appelée aussi "sulfureuse" ou "sulfurée") a une action anti-inflammatoire et cicatrisante. "La pulvérisation à l'eau thermale étant directement orientée vers les zones vulvaire, vaginale et urinaire, elle calme les inflammations et aide à la cicatrisation des lésions", explique Elisabeth Girod. Elle permet également de soulager les douleurs pelviennes, de calmer les spasmes, d'éviter les récidives, de rééquilibrer les muqueuses et la flore vaginale et d'agir sur la sécheresse vaginale. Les bienfaits peuvent être visibles dès le début de la cure ou quelques mois après. La cure thermale peut être renouvelée chaque année pour entretenir les résultats obtenus.

Prix, remboursement et infos pratiques

Pour bénéficier d'une prise en charge auprès de la Caisse d'Assurance Maladie, la cure thermale doit être prescrite par un médecin traitant et suivie au minimum pendant 18 jours de traitements effectifs. La cure "endométriose" se compose du programme gynécologique (à partir de 474.44 euros, remboursé à hauteur de 65% par l'Assurance Maladie ou 100% si vous justifiez d'une ALD) et du module spécifique endométriose (185 euros) qui lui n'est pas pris en charge par l'Assurance Maladie. 

→ Station thermale à Challes-les-Eaux (73190) : ouverture du 1er avril au 26 octobre 2019. A partir de 474.44 euros pour une durée de 18 jours (en fonction d'une prescription d'une deuxième orientation thérapeutique)

© DR - Chaîne Thermale Challes-les-Eaux
L'endométriose est une pathologie chronique de l'endomètre -tissu qui tapisse l'utérus- causée par la présence de cellules endométriales en dehors de l'utérus qui vont former un tissu. Ce tissu peut provoquer des lésions, des adhérences et des kystes ovariens. En France, on estime qu'une femme sur dix en âge de procréer est touchée par cette maladie féminine. 

Merci à Sophie Theaude, directrice des Thermes de Challes-les-Eaux (groupe Chaîne Thermale du Soleil) et à Elisabeth Girod, sage-femme dans le même établissement..

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