Qu'est-ce que l'endométriose ?

L'endométriose est une pathologie chronique de l'endomètre. Les principaux symptômes de cette maladie sont des douleurs pelviennes, mais aussi des douleurs pendant les règles, pendant les rapports sexuels, des difficultés pour uriner... Causes, facteurs de risque, complications, traitements... On fait le point sur l'endométriose.

Définition : c'est quoi l'endométriose ?

L'endométriose est caractérisée par une présence de fragments d'endomètre anormale. En temps normal, quand l'ovule n'est pas fécondé, l'endomètre est éliminé pendant les règles et renouvelé par la suite, mais quand ce tissu poursuit son développement hors de l'utérus, il ne peut alors pas être évacué. Les localisations les plus fréquente de l'endométriose sont les ovaires avec le formation de kystes, les trompes, le péritoine, les zones situées entre la vessie, l'utérus et le vagin et celles situées entre le vagin et le rectum. Il existe différentes sortes d'endométriose. 

Endométriose digestive

Lorsque l'endométriose touche les organes digestifs, tels que le rectum, on parle d'endométriose digestive. L'atteinte du tube digestif reste plus rare. A noter que l'atteinte digestive est majoritairement associée à une endométriose sévère. Cette forme d'endométriose toucherait 9% des femmes présentant une endométriose pelvienne profonde.

Endométriose pulmonaire

Lorsque l'endomètre impacte les poumons et la plèvre, on parle d'endométriose pulmonaire. Ce phénomène reste très rare. Également qualifiée d'endométriose thoracique, cette forme d'endométriose se manifeste majoritairement par un pneumothorax cataménial qui survient au cours des règles. Le blocage de l'action des œstrogènes sur l'endomètre constitue le principal traitement médical de l'endométriose.

Endométriose vésicale

Lorsque l'endomètre colonise la vessie au cours du cycle menstruel, on parle d'endométriose vésicale. Cette forme d'endométriose est relativement rare mais provoque néanmoins des lésions vésicales. Le traitement préconisé est souvent la cystectomie partielle. Pratiquée par cœlioscopie, l'intervention chirurgicale permet de supprimer les parties de la vessie trop impactées par l'endométriose. 

Endométriose profonde

Lorsque ces lésions touchent la paroi des organes pelviens en profondeur, l'endométriose est qualifiée de profonde. C'est d'ailleurs l'une des formes les plus graves de l'endométriose. L'endométriose est responsable d'infertilité. Un traitement chirurgical peut être envisagé si elle provoque des douleurs ou si la femme souhaite avoir des enfants.

Symptômes de l'endométriose : douleurs, troubles digestifs, fatigue, infertilité...

L'origine de cette affection reste inexpliquée.

Elle se caractérise par la présence de segments d'endomètre (ou muqueuse utérine) qui viennent se greffer en dehors de l'utérus, sur des organes génitaux comme le corps de l'utérus ou les ovaires, mais également non génitaux comme le péritoine, membrane tapissant la paroi abdominale ou le rectum.

Parmi les signes cliniques de l'endométriose, il y a :

  • les douleurs abdominales basses et des saignements d'origine génitaux,
  • les douleurs lors des rapports sexuels (dyspareunie),
  • les douleurs avant et pendant les règles qui peuvent être hémorragiques,
  • les troubles digestifs et urinaires (diarrhées, constipation, douleurs lors de la défécation, des rectorragies, des douleurs ou brûlures lors de la miction, des difficultés à vider la vessie ou encore une hématurie...),
  • des épisodes de fatigue chronique,
  • la survenue de nausées, de vomissements, de vertiges et parfois, de douleurs pulmonaire ou thoraciques survenant au cours des règles et situées droite ou d'une toux,
  • l'incapacité à tomber enceinte.
  • Dans le cas de l'endométriose légère, les fragments se fixent sur l'utérus, les ovaires, les trompes de Fallope.
  • Dans une forme plus sévère, des kystes (endométriomes) se forment dans la cavité utérine ou sur l'ovaire et des adhérences accolent les organes.

Certaines femmes ne présentent aucune manifestation et l'endométriose est découverte fortuitement au cours d'un bilan d'infertilité ou lors d'une coeloscopie effectuée pour une autre raison. Aucune des manifestations douloureuses n'est spécifique à l'endométriose. Les douleurs pelviennes chronique sont localisées au niveau du bas ventre et peuvent toucher également la jambe ou le bas du dos. La présence de douleurs pelviennes sévères et persistante depuis plusieurs semaines ou mois peut évoquer la présence d'une endométriose. Une perte de connaissance peut être constatée en cas de forte douleur.

Endométriose : à quel âge ?

L'endométriose concerne les femmes en âge de procréer, généralement entre 25 et 50 ans, même si les adolescentes peuvent également être concernées par cette maladie. Elle touche surtout les femmes jeunes jusqu'à 35 ans. L'endomètre étant sous influence des hormones du cycle sexuel, l'endométriose sera également soumise à ces changements, ce qui explique une partie des symptômes. 

Stades

L'étendue des lésions chez chaque patient permet de définit un score de gravité de la maladie. Le stade peut être d'1 à 4.

Causes et facteurs de risque

L'origine de cette affection reste inexpliquée. La maladie disparaît de façon spontanée après la ménopause. L'exposition in utero au distilbène représente un facteur de risque.  "Le distilben n'est plus prescrit en France depuis 1977, les femmes actuellement âgées de moins de 42 ans n'ont donc jamais été soumises à ce produit", souligne le Dr Philippe Mironneau, gynécologue et obstétricien à Dijon. Des femmes peuvent présenter beaucoup plus rarement une endométriose après la ménopause. Une prédisposition familiale au premier degré peut représenter un facteur de risque. La présence de douleurs pelviennes chez une femme dont la mère présente une endométriose doit alerter. Les règles précoces, abondantes, douloureuses, ainsi que des cycles courts peuvent représenter des facteurs de risque. L'association hypofertilité endométriose est fréquente. Le tabagisme représente un autre facteur de risque de l'endométriose. Les antécédents gynécologiques tels que malformations obstructives congénitales, curetages utérins, électrocoagulation du col ou recours à un stérilet peuvent représenter un facteur de risque.

© designua - 123RF

Légende : 1 : Ovaire, 2 : Utérus, 3 : Vagin, 4 : Endomètre, 5 : Canal cervical, 6 : Ligament large, 7 : Trompes de Fallopes 

Complications : risque d'infertilité, douleurs pendant les rapports ?

Infertilité

Le risque d'infertilité est une des complications majeures de la maladie. En effet, l'endométriose peut perturber la fertilité de la femme atteinte car les tissus présents en excédent dans la maladie empêchent le bon fonctionnement des ovaires. Un pourcentage non négligeable de femmes éprouvant des difficultés à mener une grossesse est atteint d'une endométriose.

Douleurs pendant les rapports sexuels

Les douleurs provoquées par l'endométriose peuvent empêcher ou diminuer les relations sexuelles. D'autre part, le tissu utérin déplacé peut perturber la nidation de l'ovule fécondé ou former des empêcher la fécondation de se faire en raison de la présence d'un kyste. La présence d'adhérences peut empêcher la libération de l'ovule ou en entraver son passage vers l'utérus. 

Problèmes urinaires, problèmes rectaux; kyste...

Les atteintes urinaires peuvent entraîner la présence de sang dans les urines ou des épisodes de colique néphrétique pouvant représenter une urgence.  Les atteintes rectales ou intestinales peuvent provoquer des rectorragies, des épisodes de constipations rebelles. Des épisodes d'occlusion intestinale et de péritonite peuvent survenir dans de rares cas. Une rupture d'un kyste peut être à l'origine de violentes douleurs et nécessite un avis médical en urgence. 

Diagnostic : quel spécialiste, faire une IRM...

Le diagnostic de l'endométriose repose sur un examen gynécologique approfondi ; une échographie dont le but est de déceler les endométriomes, parfois, une IRM (imagerie par résonance magnétique), une laparoscopie ou cœlioscopie qui consiste à examiner la cavité abdominale à l'aide d'un endoscope. La laparoscopie ou la cœlioscopie présentent deux avantages considérables : l'identification formelle de l'endométriose et la possibilité d'éliminer les foyers d'endométriose au cours de l'exploration. Le délai entre le début des manifestations de l'endométriose et son diagnostic est de plusieurs années.

Traitement : comment soigner l'endométriose ?

Le traitement de l'endométriose est indiqué chez les femmes sans enfant ou ayant des problèmes de fertilité, et en cas de douleurs importantes. L'abstention de traitement est préconisée chez les jeunes femmes (moins de 35 ans), chez qui l'endométriose est minime et sans effet sur les trompes ni les ovaires. Même si aucun traitement n'est prescrit, un suivi médical régulier reste nécessaire. Le traitement de l'endométriose a pour principal but de diminuer ce tissu indésirable. Compte tenu de l'influence hormonale, des médicaments ayant des effets contraires à la prolifération de ces tissus sont prescrits. La cœlioscopie ou laparoscopie qui fait le diagnostic a également comme intérêt de permettre une intervention en enlevant un éventuel endometriome ou les adhérences entre organes.

Traitement hormonal

Le traitement hormonal est généralement prescrit en première intention. Il repose sur des médicaments anti-œstrogènes, destinés à réduire les saignements et les lésions : contraceptifs oraux combinés ou stérilet. Pendant longtemps, le traitement hormonal progestatif a été la première indication de traitement. En deuxième intention, des cures de ménopause artificielle sont proposées au moyen d'injections mensuelles d'analogues de la GnRH. Ce traitement a pour effet d'arrêter le cycle. Celui-ci reprend normalement dans les deux à trois mois suivant l'arrêt du traitement. Un traitement d'anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) peut également être prescrit dans le cadre d'une prise en charge des douleurs liées à l'endométriose.

Traitement chirurgical

En cas d'échec du traitement médicamenteux et selon les désirs de grossesse de la patiente, le recours à la chirurgie est envisagé. L'intervention chirurgicale se réalise parfois au laser et vise à éliminer les lésions. Il s'agit la plupart du temps de chirurgie conservatrice, surtout chez les femmes de moins de 40 ans ayant un désir d'enfant. Dans le cas les plus sévères, une hystérectomie (ablation de l'utérus) peut s'avérer nécessaire surtout en présence d'un adenomyose.

Merci au Dr Philippe Mironneau, gynécologue et obstétricien à Dijon.

Qu'est-ce que l'endométriose ?
Qu'est-ce que l'endométriose ?

Sommaire Définition • Endométriose digestive • Endométriose pulmonaire • Endométriose vésicale • Endométriose profonde Symptômes Âge Stades Causes Complications Diagnostic Traitements • Hormonal •...