Covid-19 : symptômes, traitement, que sait-on de cette maladie ?

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"Covid-19 : symptômes, traitement, que sait-on de cette maladie ?"

Apparue fin 2019, la maladie Covid-19 est responsable d'une épidémie mondiale qu'aucun vaccin ni traitement n'a encore réussi à arrêter. Origine du nom, symptômes, durée de contagion, d'incubation, personnes à risque... Que sait-on de cette nouvelle maladie infectieuse ?

Fin 2019, des cas groupés de pneumonies survenaient en Chine dont certains étaient mortels. Le 9 janvier, le virus responsable est identifié, il s'agit d'un nouveau coronavirus appelé Sars-CoV-2 responsable d'une maladie baptisée Covid-19. Symptômes, délai d'incubation, de contagion, personnes à risque... Connaissances actuelles de cette nouvelle maladie infectieuse.

Définition : pourquoi Covid-19 ?

Covid-19 est le nom donné par l'OMS le 11 février 2020 à une nouvelle maladie infectieuse respiratoire apparue en décembre 2019, en Chine, et causée par le coronavirus SARS-CoV-2.

  • "Co" pour "corona",
  • "vi" pour "virus"
  • "D" pour " disease" ("maladie" en anglais).
  • 19 pour l'année de son apparition : 2019. 

"Nous avons dû trouver un nom qui ne faisait pas référence à un lieu géographique, à un animal, à un individu ou à un groupe de personnes" détaillait le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour éviter toute stigmatisation de la maladie. Cette maladie aurait été transmise à l'homme suite à la consommation de viandes contaminées - chauve-souris ou pangolin sont les deux hypothèses les plus avancées- vendues sur un marché local de Wuhan en Chine.

En savoir plus sur le virus :

Quels sont les symptômes de l'infection Covid-19 ?

Les manifestations de la maladie Covid-19 sont maintenant bien reconnues ; elles concernent notamment le poumon, le rein, le système nerveux (y compris manifestations psychiatriques), le coeur, la peau, l'appareil digestif et la sphère ORL. Contrairement à la grippe qui s'installe brutalement, une infection par le coronavirus "se fait progressivement sur plusieurs jours" indique l'Institut Pasteur. Des malades rapportent des symptômes qui apparaissent sur une semaine et un temps de guérison assez long. 

Quelles complications peut-elle entraîner ?

En France, on compte près de 15% de formes graves du Covid-19. D'après les travaux d'une équipe franco-américaine publiés par l'Inserm, ces malades auraient tous un défaut d'activité des interférons de type I, des molécules du système immunitaire qui ont normalement une puissante activité antivirale. Le principal danger de l'infection Covid-19 réside dans ses complications pulmonaires. Des syndromes inflammatoires ont aussi été rapportés chez quelques enfants ayant nécessité des hospitalisations.

Qui sont les personnes plus à risque ?

La maladie Covid-19 est plus grave selon l'âge (les plus de 65 ans sont sur-représentés parmi les décès), le sexe (l'homme est plus à risque de survenue de forme grave et le taux de décès est supérieur chez l'homme) et la présence de comorbidités. Les trois comorbidités les plus à risque en France de formes graves du Covid-19 sont l'HTA, les pathologies cardiaques et le diabèteLa précarité est un autre facteur de risque documenté.

Quel est le délai d'incubation de la maladie ?

La durée moyenne d'incubation est de 5 jours avec une durée maximale de 12 à 14 jours

Quand est-on contagieux ?

Une personne atteinte du Covid-19 est contagieuse 2 à 3 jours avant l'apparition des symptômes et jusqu'à 8 jours après, montre une synthèse publiée par Santé Publique France le 8 juillet. De plus, environ 50% des transmissions surviendraient durant la phase pré-symptomatique du patient source. Une fois contaminé, le malade peut le rester plusieurs semaines. Sur le Collectif Inter-réanimation sur Facebook, des soignants indiquent que des patients "sont encore positifs après plus de 3 semaines de réanimation".

Combien de temps dure la maladie ?

Selon le Dr Gérald Kierzek, "la guérison survient au bout d'une quinzaine de jours quand on a des symptômes bénins. Elle est spontanée sauf quand il y a une forme grave et qu'on se retrouve en réanimation où on a besoin d'oxygène, où on a une pneumonie et là on a besoin d'avoir des médicaments.". L'infection à SARS-COV2 peut aussi provoquer des symptômes persistants, au-delà de 3 semaines après les premières manifestations cliniques (syndrome post-covid). L'asthénie peut persister longtemps.

Comment dépiste-t-on la maladie Covid-19 ?

Plusieurs tests sont disponibles en France pour dépister la maladie Covid-19. Celui de référence étant le test RT-PCR qui se fait dans le nez. Les personnes présentant des symptômes sont prioritaires.

Comment la soigner ?

Aucun traitement avec une activité virale directe n'a fait la preuve scientifique de son efficacité pour combattre le SARS-CoV-2. 

  • Dans les formes légères de la maladie qui ne nécessitent pas d'hospitalisation : en cas de fièvre, il est conseillé de prendre du paracétamol et non des anti-inflammatoires qui peuvent faire flamber l'infection. Il faut surveiller l'évolution des symptômes et en cas d'aggravation avec difficultés à respirer, appeler le 15.
  • Pour les formes sévères lors d'une hospitalisation, en dehors d'un service de réanimation : .support en oxygène, support ventilatoire et :

→ utilisation de corticoïdes (dexaméthasone), traitement anti-inflammatoire qui permet de diminuer la mortalité chez les patients nécessitant un support en oxygène selon l'essai clinique randomisé contrôlé Recovery

→  utilisation de tocilizumab (traitement anti récepteur de l'interleukine-6) qui semblerait efficace chez les patients nécessitant plus de 3 litres/minute d'oxygène.

une anticoagulation par héparine qui permet de diminuer le risque de thrombose et d'embolie

→ Remdesivir : le médicament a été validé par l'Agence européenne du médicament, pas encore au niveau de la France. 

  • Pour les formes sévères en réanimation : recours à une ventilation mécanique invasive (intubation), voire à une oxygénation extra-corporelle dans les formes les plus sévères et reprise des trois thérapeutiques citées ci-dessus (corticoïdes, tocilizumab et héparine).

Traitements écartés :

  • Antibiotiques : dans un Avis du 6 juin 2020, le HCSP déconseille la prise d'antibiotiques chez un patient présentant des symptômes rattachés à un Covid-19 confirmé (en dehors d'un autre foyer infectieux) "du fait du caractère exceptionnel de la co-infection bactérienne". L'antibiotique Azithromycine a été administré à plusieurs patients Covid-19 dès le début de l'épidémie. Dans l'attente de la confirmation du diagnostic virologique de Covid-19 et en cas de doute avec une infection bactérienne, le HCSP indique qu'il peut y avoir une prescription d'amoxicilline.
  • Hydroxychloroquine : "Après les observations initiales de cohortes non randomisées suggérant une efficacité de l'hydroxychloroquine, seule ou en association, l'immense majorité des essais randomisés réalisés en France, eu Europe, aux Etats-Unis, au Brésil ou dans l'essai OMS, n'a pas retrouvé cet effet" explique le Conseil scientifique Covid-19.
  • Lopinavir/ritonavir : Chez des patients hospitalisés avec une forme sévère ou critique de la maladie, 4 essais randomisés contrôlés n'ont pas retrouvé d'efficacité de l'administration lopinavir/ritonavir.
  • Sarilumab : le médicament a été testé aux Etats-Unis. Les firmes ont arrêté leur essai du fait de l'absence d'efficacité du médicament retrouvée et d'effets indésirables sévères plus fréquents.

> Plus d'informations sur les traitements et vaccins du Covid-19

Est-on immunisé quand on l'a eu ?

Sans certitude. "La plupart des personnes infectées développent une réponse immunitaire au cours des premières semaines, mais nous ne savons pas si elle est forte, combien de temps elle dure, ni ‎comment elle se manifeste selon les personnes. Des cas de réinfection ont également été signalés" indique l'Organisation mondiale de la Santé le 15 octobre qui s'oppose au principe de l'immunité collective comme moyen de lutte contre l'épidémie Covid-19. "Tant que nous ne comprendrons pas mieux l'immunité au virus de la COVID-19, il ne sera pas possible de savoir quelle proportion d'une population est immunisée et combien de temps cette immunité dure, et encore moins de faire des prévisions pour l'avenir. Ces interrogations devraient exclure toute idée visant à renforcer l'immunité au sein d'une population en laissant le virus se propager."

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