Vaccin Pfizer : efficacité, effet secondaire, qui est éligible ?

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"Vaccin Pfizer : efficacité, effet secondaire, qui est éligible ?"

Le vaccin contre la Covid-19 "Comirnaty" mis au point par Pfizer-BioNtech est le plus administré en Europe (et en France). La deuxième dose peut désormais être administré à 42 jours. Efficacité après la première dose, sur les variants, rappel, effets secondaires, éligibilité... Infos sur le vaccin Pfizer du Covid.

[Mise à jour le mardi 13 avril à 15h13] Le Royaume-Uni a été le premier pays dans le monde à autoriser le déploiement du vaccin anti Covid-19 COMIRNATY® né de l'alliance entre Pfizer et BioNTech, et à lancer une campagne de vaccination le 8 décembre 2020. Puis, les États-Unis ont emboîté le pas après que l'Agence américaine des médicaments (FDA) a autorisé sa mise sur le marché le 11 décembre. De son côté, l'Agence européenne des médicaments (EMA) a donné son feu vert pour la mise sur le marché du vaccin au sein de l'UE le 21 décembre. Des contrats de commandes de 600 millions de doses ont été signés par l'Europe. La HAS a quant à elle autorisé l'utilisation du vaccin en France le 24 décembre et la campagne a débuté 3 jours plus tard, le 27 décembre 2020. Il est administré dans le pays uniquement en centre de vaccination pour les plus de 70 ans sans conditions, et les personnes ayant des comorbidités ou souffrant d'une maladie à haut risque de formes graves de la Covid. Selon le dernier point de situation du 9 avril, l'ANSM indique que depuis le début de la vaccination, 13 485 cas d'effets indésirables ont été analysés en France sur plus de 8,5 millions d'injections. "La majorité des effets indésirables sont attendus et non graves" indique l'ANSM. Tout savoir.

Quel est son nom ?

Le nom du vaccin anti-covid développé par Pfizer/BioNTech est COMIRNATY®, également connu sous l'appellation BNT162b2.

Quelle est son origine ?

Dès le mois de mars 2020, le laboratoire américain Pfizer a pris la décision de développer un vaccin avec son partenaire allemand BioNTech, avec lequel il travaille depuis 2018 sur un programme de recherche pour un vaccin contre la grippe. Pfizer a rapidement identifié le potentiel d'une technologie innovante développée par BioNTech, l'ARN messager. Développer un vaccin en moins d'un an semblait impossible puisque, en temps normal, la fabrication s'effectue de manière séquentielle, chaque étape ne démarrant qu'après la fin de la précédente. Face à l'urgence de la situation, Pfizer a lancé plusieurs étapes en même temps, mais Comirnaty répond aux mêmes normes de qualité, de sécurité et d'efficacité que les autres vaccins.

Où est-il fabriqué ?

Le vaccin Pfizer-BioNTech est produit dans les sites de fabrication de Pfizer en Belgique (à Puurs) et aux Etats-Unis ainsi que par BioNTech à Marburg en Allemagne. L'usine du français Delpharm basée en Eure-et-Loir produira aussi le vaccin Pfizer à partir d'avril 2021.

Quelles sont les indications validées de ce vaccin ?

Le vaccin Comirnaty® est indiqué pour l'immunisation active pour la prévention de la Covid-19 causée par le virus SARS-CoV-2, chez les personnes âgées de 16 ans et plus. À ce stade, les données de tolérance étant insuffisantes, la HAS déconseille l'administration du vaccin pendant la grossesse et l'allaitement car on ne sait pas si le vaccin est excrété dans le lait maternel "sauf si un risque élevé de forme grave a été identifié lors de la consultation pré-vaccinale." 

En France : le vaccin Pfizer-BioNTech est réservé aux personnes à risque de formes graves de Covid-19 (comorbidités, maladies spécifiques) et aux plus de 70 ans, sans conditions. Il est administré uniquement en centre de vaccination.

Que contient-il ?  

Le médicament est fourni dans un flacon multidose et doit être dilué avant utilisation. Un flacon (0,45 ml) contient 5 doses de 0,3 ml après dilution. 1 dose (0,3 ml) contient 30 microgrammes de vaccin à ARNm contre la COVID-19 (encapsulé dans des nanoparticules lipidiques). Comirnaty ne contient pas le virus. Liste des excipients : 

  • ((4-hydroxybutyl)azanediyl)bis(hexane-6,1-diyl)bis(2-hexyldécanoate) (ALC-0315)
  • 2-[(polyéthylène glycol)-2000]-N,N-ditétradécylacétamide (ALC-0159)
  • 1,2-distéaroyl-sn-glycéro-3-phosphocholine (DSPC)
  • cholestérol
  • chlorure de potassium
  • phosphate monoatomique
  • chlorure de sodium
  • phosphate disodique dihydraté
  • saccharose
  • eau pour préparations injectables

Quel est son principe d'action ?

Le vaccin Pfizer/BioNTech est un vaccin à ARN messager.  C'est une technologie nouvelle, qui n'a pas fait ses preuves contre d'autres virus jusqu'ici. Concrètement, les chercheurs utilisent une séquence génétique du coronavirus (ARNm) et l'injectent à l'intérieur de la cellule humaine. Cette cellule va l'utiliser pour produire la protéine virale associée qui va faire réagir le système immunitaire. Dans le cas du virus Sars-CoV-2, cette protéine est appelée "Spike". Les vaccins à ARNm ont le même objectif que les vaccins traditionnels, à savoir déclencher une réponse immunitaire pour que l'organisme puisse se défendre. 

Quelles différences avec le vaccin de Moderna ou d'Astrazeneca ?

⇒ Le mode d'action : les vaccins de Pfizer/BioNTech et de Moderna (mRNA-1273) utilisent la même technologie dite à ARNm. Le vaccin AstraZeneca (AZD1222) emploie quant à lui un vecteur adénoviral. Il utilise un autre virus (un adénovirus de chimpanzé) recombiné pour exprimer la protéine Spike du Sars-CoV-2.

⇒ L'efficacité : Pfizer/BioNTech revendique une performance de 95% alors que Moderna garantit 94,1%. La performance de celui d'AstraZeneca est estimée en moyenne à 70,4%.

⇒ Le mode de conservation : COMIRNATY® nécessite une conservation à -70°C (plus ou moins 10 degrés) pendant le transport tandis que celui de Moderna peut être conservé "pendant 6 mois à - 20°C, y compris jusqu'à 30 jours dans des conditions normales de réfrigération (soit de 2 à 8°C) après décongélation" indiquait le laboratoire dans un communiqué de novembre 2020. Celui d'AstraZeneca  peut être conservé, transporté et manipulé dans des conditions réfrigérées classiques (entre 2 et 8 °C) pendant au moins six mois.

⇒ La composition : le vaccin du laboratoire Moderna est plus concentré puisqu'il renferme 100 µg d'ARNm dans 0,5 ml de solution saline contre 30 µg dans 0,3 ml de solution saline pour celui de Pfizer. 

⇒ L'intervalle entre les deux injections : 21 jours pour Pfizer/BioNTech contre 28 jours d'écart pour Moderna et AstraZeneca.

Quelle efficacité ?

Comme pour tout vaccin, 3 grandes phases d'études cliniques ont été nécessaires à l'évaluation du vaccin Pfizer/BioNTech par les autorités sanitaires. Les résultats de l'essai clinique de phase 3 débuté le 27 juillet 2020 ont été publiés dans le "New England Journal of Medicine"  le 10 décembre dernier. "Réalisée auprès de 43 548 participants âgés de 18 à 85 ans randomisés, dont 43 448 ont reçu des injections : 21 720 avec le BNT162b2 et 21 728 avec un placebo. Au total, 8 cas de Covid-19 sont apparus au moins 7 jours après la deuxième dose chez les participants ayant reçu du BNT162b2 et 162 cas parmi ceux ayant reçu un placebo", rapporte la revue scientifique. Dix cas graves de COVID-19 ont été observés durant l'essai, neuf cas étant survenus dans le groupe placebo et un dans le groupe ayant reçu le candidat-vaccin BNT162b2. Cette étude a montré que COMIRNATY® avait un taux d'efficacité de 95% chez les participants sans infection antérieure par SARS-CoV-2 (premier objectif primaire) ainsi que chez les participants avec et sans infection antérieure par SARS-CoV-2 (second objectif primaire), mesuré à compter de 7 jours après l'administration de la deuxième dose (J21). Dans sa stratégie de vaccination contre la Covid-19, la HAS précise que "cette efficacité semble similaire, quels que soient l'âge des sujets (avec notamment une efficacité chez les personnes de 65 ans ou plus de 94,7%), leur sexe, leur IMC et la présence ou non de comorbidités associées."  L'efficacité de Comirnaty peut être diminuée chez les sujets immunodéprimés. le fabricant prévient aussi que "comme avec tout vaccin, il est possible que les personnes vaccinées par Comirnaty ne soient pas toutes protégées". Un délai de 7 jours après la seconde dose du vaccin peut être nécessaire avant que les personnes vaccinées soient protégées de façon optimale. 

→ Prévention des formes asymptomatiques : Une étude américaine du CDC publiée le 29 mars 2021 et menée sur 3950 professionnels de santé du pays montre qu'après la deuxième dose d'un vaccin à ARN (Pfizer ou Moderna), le risque d'infection était réduit de 90% deux semaines ou plus après la vaccination. Après une dose unique de l'un ou l'autre vaccin, le risque d'infection était réduit de 80%. Il faut environ 2 semaines après chaque dose de vaccin pour que le corps produise des anticorps qui protègent contre l'infection, indiquent les auteurs. En conséquence, les personnes sont considérées comme "partiellement vaccinées" deux semaines après leur première dose de vaccin à ARNm et "complètement vaccinées" deux semaines après leur deuxième dose. Ces nouveaux résultats d'efficacité des vaccins sont cohérents avec ceux des essais cliniques de phase 3 menés avec les vaccins avant qu'ils ne reçoivent les autorisations d'utilisation. L'étude démontre que ces deux vaccins à ARNm peuvent réduire le risque de toutes les infections par le SRAS-CoV-2, pas seulement les infections symptomatiques.

Chez les enfants : Dans un communiqué publié le 31 mars, le laboratoire Pfizer annonce que son vaccin anti Covid-19 a démontré une efficacité de 100% et des réponses anticorps robustes chez les participants âgés de 12 à 15 ans, dépassant celles rapportées dans l'essai de participants vaccinés âgés de 16 à 25 ans, et a été bien toléré. "Nous prévoyons de soumettre ces données à la FDA dans les semaines à venir et à d'autres organismes de réglementation à travers le monde, dans l'espoir de commencer à vacciner ce groupe d'âge avant le début de la prochaine année scolaire" a déclaré Albert Bourla, président-directeur général de Pfizer. 

Quelle efficacité contre les variants ? 

"Sur le variant anglais, sur le variant sud-africain, notre vaccin maintient son efficacité" a assuré David Lepoittevin, directeur de l'activité vaccins au sein de la filiale française du laboratoire américain Pfizer, sur FranceInfo le 4 février 2021. Dans une étude publiée fin mars dans la revue Nature Medicine, des chercheurs de l'Institut Pasteur ont étudié la sensibilité des variants anglais et sud-africain aux anticorps par rapport à la souche de référence circulant en France (appelée D614G). Parmi les volontaires à l'étude, les équipes de recherche se sont intéressées aux sérums (sang) d'individus vaccinés avec COMIRNATY de Pfizer-BioNTech. Quatre semaines après la première injection du vaccin, ce qui correspond à une semaine après la seconde injection, les sérums d'individus vaccinés sont presque aussi efficaces contre le variant anglais que contre le virus de référence (D614G) mais restent moins efficaces contre le variant sud-africain. 80% des sérums sont neutralisants pour D614G et B.1.1.7 (souche anglaise), et 60% des sérums sont neutralisants pour le variant B.1.351 (souche sud-africaine). Contre le variant sud-africain, plus à risque d'échapper à une réponse immunitaire en cas de vaccination, le vaccin de Pfizer comme celui de Moderna sont recommandés (par rapport à AstraZeneca) par le Conseil d'Orientation de la Stratégie Vaccinale en France car "ils permettent l'induction rapide d'une réponse immune, en se fondant sur une vaccination avec deux doses à 21 ou 28 jours d'intervalle". 

Quelle protection après 1 dose ?

Des études menées au Royaume-Uni et en Israël ont montré qu'une dose était respectivement efficace à environ 70% et 60% contre l'infection par le SRAS-CoV-2. Les résultats américains du CDC en mars 2021 confirment que les gens commencent à développer une protection contre le vaccin deux semaines après leur première dose à hauteur de 80%. Mais la plus grande protection (90%) a été observée chez ceux qui avaient reçu les deux doses recommandées du vaccin.

"On sait qu'à plus de 6 mois après la deuxième injection, on est toujours sur des niveaux d'efficacité supérieurs à 90%."

Quelle est sa durée de protection ?

Dans la notice du vaccin, le fabricant précise que "la durée de protection conférée par le vaccin n'est pas établie et est toujours en cours d'évaluation dans les essais cliniques". Interrogé par France 3 Nouvelle-Aquitaine en janvier 2021, le professeur Denis Malvy, infectiologue au CHU de Bordeaux et membre du Conseil scientifique Covid-19, expliquait que "le vaccin est d'abord déployé chez les personnes vulnérables, dont font partie les personnes âgées et très âgées, afin de les protéger pendant une durée d'au moins 6 mois, voire au-delà". Ce qu'a confirmé David Lepoittevin, Responsable de Pfizer France sur BFM-TV le 9 avril : "On sait qu'à plus de 6 mois après la deuxième injection, on est toujours sur des niveaux d'efficacité supérieurs à 90%." A la question d'une troisième dose pour faire durer plus longtemps cette protection, celui-ci a indiqué que des essais étaient en cours aux Etats-Unis.

Quelle est la posologie du vaccin ?

Comirnaty® est administré après dilution sous la forme d'une injection de 0,3 ml par voie intramusculaire, de préférence dans le muscle deltoïde de la partie supérieure du bras. 2 injections, pour que la vaccination soit complète. 

 Les personnes ayant fait une infection datée et avérée par le SARS-CoV-2 (symptomatique ou non) doivent être considérées comme protégées pendant au moins 3 mois mais plus probablement 6 mois, contre l'infection par le SARSCoV-2 par l'immunité post-infectieuse. Il leur est recommandé de réaliser leur vaccination au-delà de ce délai de 3 mois après l'infection, de préférence avec un délai proche de 6 mois avec une seule injection de vaccin.

  • Les personnes présentant une immunodépression avérée (en particulier celles qui reçoivent un traitement immunosuppresseur) et les personnes âgées hébergées en établissement (EHPAD, USLD) doivent, après un délai de 3 mois après le début de l'infection par le SARS-CoV-2, être vaccinées par le schéma à deux doses;
  • Les personnes qui ont reçu une première dose de vaccin et qui présentent une infection par le SARSCoV2 avec PCR positive dans les jours qui suivent cette première vaccination ne doivent pas recevoir la seconde dose dans les délais habituels, mais dans un délai de 3 à 6 mois après l'infection.

Combien de temps entre les 2 injections ?

Selon les recommandations du fabricant, la deuxième injection du vaccin Pfizer-BioNTech doit survenir 3 semaines après la première. Ce délai peut aller jusqu'à 4 semaines. 

A compter du mercredi 14 avril, "et du fait de la baisse de l'âge moyen des personnes vaccinées", les nouveaux RDV de vaccination en vaccins à ARN messager (Pfizer et Moderna) devront respecter un espacement maximal de 6 semaines (42 jours), a informé la Direction générale de la Santé. Cela ne concerne pas les RDV pris avant cette date. Les systèmes de prise de RDV en ligne seront paramétrés pour que l'écart entre deux RDV en centre de vaccination respecte un espacement maximal de 42 jours. S'agissant des personnes sévèrement immunodéprimées, il appartient au médecin supervisant la vaccination de déterminer si un délai de 28 jours doit être maintenu.

3e dose : pour qui ?

Conformément à l'avis du 6 avril 2021 du Conseil d'orientation de la stratégie vaccinale, l'injection d'une troisième dose de vaccin à ARNm est nécessaire pour les personnes sévèrement immunodéprimées (transplantés d'organes solides, transplantés récents de moelle osseuse, patients dialysés, patients atteints de maladies auto-immunes sous traitement immunosuppresseur fort de type anti-CD20 ou anti-métabolites), indique la DGS le 11 avril 2021. Cette troisième injection doit intervenir 4 semaines au moins après la deuxième dose, ou dès que possible pour les personnes qui auraient déjà dépassé ce délai.

Comment se conserve-t-il ?

La particularité du vaccin mis au point par Pfizer et BioNTech est sa conservation à très basses températures (entre -60 et -80 degrés) ce qui a obligé la France à se doter de congélateurs répartis sur l'ensemble du territoire pour faire des stocks de vaccin. Pfizer a mis au point un contenant thermique spécialement conçu pour garantir la sécurité de son vaccin pendant le transport et le stockage. Celui-ci peut maintenir la température pendant 10 jours sans être ouvert. Dans un communiqué du 20 novembre 2020, le laboratoire explique qu'une fois ouvert, trois options de stockage s'offrent aux centres de vaccination : 

"Un congélateur à très basse température, disponible dans le commerce et pouvant prolonger la durée de conservation jusqu'à six mois ."

"Utiliser les conteneurs d'expédition Pfizer spécialement conçus comme solution temporaire pour maintenir les conditions de stockage recommandées jusqu'à 30 jours, avec réapprovisionnement de la carboglace tous les cinq jours." 

"Une fois décongelé, le vaccin peut être conservé en toute sécurité pendant 5 jours maximum dans une unité de réfrigération (2-8°C) disponible dans les hôpitaux."

Quels sont les effets secondaires ?

Depuis le début de la vaccination en France, 13 485 cas d'effets indésirables ont été analysés en France, indique l'ANSM. Plus de 8 513 000 injections ont été réalisées au 1er avril 2021. "La majorité des effets indésirables sont attendus et non graves" précise l'agence. 3 117 cas effets graves ont été recensés. "Concernant les cas de décès déclarés, les données actuelles ne permettent pas de conclure qu'ils sont liés à la vaccination. Ces événements continueront de faire l'objet d'une surveillance spécifique." Sur la période du 26 mars au 1er avril, l'agence rapporte :

  • un cas de thrombose cérébrale. Ce cas ne correspond pas dans ses caractéristiques aux tableaux décrits avec le vaccin Astra Zeneca. Aucune thrombopénie n'était rapportée ; l'événement est survenu chez une personne de 80 à 89 ans ; le délai de survenue était de plus d'un mois après la réalisation d'une 2ème injection. Ce cas n'apporte pas d'information en faveur d'un rôle potentiel du vaccin.
  • la notification de deux nouveaux cas de syndrome de Guillain-Barré.

Invité sur BFM-TV le 9 avril, David Lepoittevin, responsable de Pfizer France a indiqué qu'il n'y avait "pas d'effets indésirables inattendus" rapportés avec le vaccin à date, et "pas de signal lié aux thromboses". La sécurité de Comirnaty a été évaluée par Pfizer chez les personnes âgées de 16 ans et plus ayant participé à 2 études cliniques qui ont inclus 21 744 participants ayant reçu au moins une dose de Comirnaty. Un total de 20 519 participants âgés de 16 ans et plus ont reçu 2 doses de Comirnaty. Sur le résumé des caractéristiques du produit (RCP), le fabricant indique que les effets indésirables les plus fréquents, chez les participants âgés de 16 ans et plus, étaient une douleur au site d'injection (> 80 %), une fatigue (> 60 %), des céphalées (> 50 %), des myalgies et des frissons (> 30 %), des arthralgies (> 20 %), une fièvre et un gonflement au site d'injection (> 10 %). Ces effets ont été généralement d'intensité légère ou modérée et se sont résolus en quelques jours après la vaccination. Les taux d'événements indésirables graves étaient similaires entre les groupes vaccin et placebo (0,6% et 0,5%) et il n'y a eu aucun décès lié au Covid-19, rapportait Pfizer le 10 décembre lors de la publication des conclusions de la phase 3.

Lnotice du vaccin indique :

Effets indésirables très fréquents : peuvent toucher plus de 1 personne sur 10 

  • site d'injection : douleur, gonflement
  • fatigue
  • maux de tête
  • douleurs musculaires
  • douleurs articulaires
  • frissons, fièvre

Effets indésirables fréquents : peuvent toucher jusqu'à 1 personne sur 10

  • rougeur au site d'injection
  • nausées

Effets indésirables peu fréquents : peuvent toucher jusqu'à 1 personne sur 100 

  • gonflement des ganglions lymphatiques
  • sensation de malaise
  • douleur dans les membres
  • insomnies
  • démangeaisons au site d'injection

Effets indésirables rares : peuvent toucher jusqu'à 1 personne sur 1 000

  • paralysie soudaine et temporaire des muscles d'un côté du visage entrainant un affaissement

Effets indésirables de fréquence indéterminée (ne peut être estimée sur la base des données disponibles)

  • réaction allergique sévère

Y-a-t-il des risques de paralysie ?

La paralysie de Bell est la plus fréquente des paralysies faciales. De survenue brutale, elle est extrêmement rare et bénigne. La plupart du temps, elle disparaît très rapidement avec des anti-inflammatoires. Dans le point de situation du 29 mars, l'ANSM totalise 43 cas de paralysie faciale observés depuis le début de la vaccination en France avec le vaccin Pfizer. Il n'existe pas, pour l'heure, de base claire permettant de conclure à une relation causale. 

Quelles précautions d'emploi et contre-indications ?

La seule contre-indication du vaccin indiqué par le fabricant est l'hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients mentionnés cités plus haut. Parmi les précautions d'emploi recommandées : 

  • Il est recommandé de surveiller attentivement les sujets vaccinés pendant au moins 15 minutes après la vaccination. La seconde dose du vaccin ne doit pas être administrée chez les personnes ayant présenté une réaction anaphylactique après la première dose de Comirnaty.
  • Des réactions liées à l'anxiété, dont des réactions vasovagales (syncope), une hyperventilation ou des réactions liées au stress peuvent survenir lors de la vaccination, reflétant une réaction psychogène à l'injection via l'aiguille. Il est important que des précautions soient prises afin d'éviter toute blessure en cas d'évanouissement.
  • La vaccination doit être reportée chez les personnes présentant une affection fébrile sévère aiguë ou une infection aiguë. La présence d'une infection mineure et/ou d'une fièvre peu élevée ne doit pas retarder la vaccination.
  • Comme pour les autres injections intramusculaires, le vaccin devra être administré avec prudence chez les personnes recevant un traitement anticoagulant ou présentant une thrombopénie ou tout autre 3 trouble de la coagulation (hémophilie, par exemple) car un saignement ou une ecchymose peut survenir après administration intramusculaire chez ces personnes.
  • Chez la femme enceinte : la Haute Autorité de Santé a rappelé le 2 mars que, malgré l'absence de données suffisantes au cours de la grossesse, l'administration des vaccins contre la Covid-19 chez la femme enceinte n'est pas contre-indiquée mais doit être envisagée si les bénéfices potentiels l'emportent sur les risques pour la mère et le fœtus. En particulier, les femmes enceintes de plus de 35 ans ou celles présentant d'autres comorbidités comme l'obésité, le diabète ou les maladies cardiovasculaires, ou les femmes enceintes susceptibles d'être en contact avec des personnes infectées du fait de leur activité professionnelle pourraient se voir proposer la vaccination. Par mesure de précaution, la HAS et l'ANSM recommandent de privilégier chez la femme enceinte les vaccins à ARNm comme Comirnaty® de Pfizer pour lequel les études animales n'ont pas montré de conséquence sur le développement du fœtus.

Quel est le prix ?

  • Pfizer/BioNTech : 19,52 euros (9,76 euros la dose) ;
  • Moderna : 29,3 euros la vaccination (14,65 euros par injection).
  • AstraZeneca : 2,50 euros l'unité, soit 5 euros la vaccination.

Est-il remboursé ?

La volonté de Pfizer est que ce vaccin soit accessible au plus grand nombre. Au sein de l'Union européenne, un tarif unique, commun à l'ensemble des pays a été fixé pour garantir cet accès. En France, il est gratuit pour les citoyens car entièrement pris en charge par l'Assurance maladie. 

Sources

Sensitivity of infectious SARS-CoV-2 B.1.1.7 and B.1.351 variants to neutralizing antibodies, Nature Medicine, 26 mars 2021

CDC Real-World Study Confirms Protective Benefits of mRNA COVID-19 Vaccines. CDC. 29 mars 2021.

Vaccination contre la Covid-19 : la HAS définit la stratégie d'utilisation du vaccin Comirnaty ®, HAS, 24 décembre 2020

Stratégie de vaccination contre le SARS-CoV-2 - Place du vaccin à ARNm COMIRNATY®, HAS, 24 décembre 2020

Premier point de situation sur la surveillance des vaccins contre la COVID-19, ANSM, 31 décembre 2020

Communiqué Moderna, 16 novembre 2020

Communiqué Pfizer, 20 novembre 2020

Pfizer et BioNTech ont finalisé l'évaluation des critères primaires d'efficacité de l'étude de Phase 3 sur leur candidat-vaccin contre la COVID-19, 2020

Communiqué Europeans Medecines Agency, 23 décembre 2020

Safety and Efficacy of the BNT162b2 mRNA Covid-19 Vaccine, NEJM, 31 décembre 2020

Avis de l'ANSM concernant la seconde dose du vaccin Comirnaty de Pfizer-BioNTech, ANSM, 7 janvier 2021

Traitements et vaccins