Test coronavirus : PCR, sérologique, prix, ordonnance, en pharmacie ?

Plusieurs tests de dépistage Covid-19 existent en France : virologiques par PCR (nasal), sérologiques (dans le sang) et rapides (TROD). Certains peuvent être réalisés sans ordonnance et sans présenter de symptômes. Lesquels ? Comment se faire dépister ? Est-ce payant ? Quel est le délai pour avoir les résultats ? Marche à suivre.

Test coronavirus : PCR, sérologique, prix, ordonnance, en pharmacie ?
©  ALLILI MOURAD/SIPA

[Mise à jour le mercredi 5 août à 11h48] La circulation du coronavirus Sars-CoV-2 est en hausse en France. Pour contrôler cette reprise épidémique, les dépistages gratuits et l'isolement des cas contacts se multiplient, surtout pendant cette période estivale propice aux rassemblements, et à la survenue de nouveaux clusters de contamination. Près de 600 000 tests sont réalisés chaque semaine en France avec un taux de positivité à 1,6% selon le ministère de la Santé. Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé samedi 25 juillet qu'il n'y avait plus besoin d'ordonnance pour se faire dépister par PCR et qu'il n'était pas obligatoire de présenter des symptômes. Il faut néanmoins toujours prendre rendez-vous au préalable. Le dépistage de l'infection est réalisé par test PCR (dans le nez) et/ou via des tests sérologiques recherchant des anticorps au virus dans le sang et pouvant signifier une immunisation. Parmi les tests sérologiques, certains "rapides" baptisés TROD sont réalisables dans les pharmacies françaises, depuis le 11 juillet, selon l'arrêté au Journal Officiel. Les tests salivaires sont toujours à l'étude. Quant à la vente d'autotests Covid-19, elle reste interdite en France. Comment se faire tester ? Gratuitement ? Où trouver un centre de dépistage près de chez soi ? Ou de sa location de vacances ? Quel est le prix ? Comment se passe le test ? Faut-il toujours une ordonnance ? Guide.

Dépistage du coronavirus en France

Face à la crainte d'une reprise de l'épidémie de coronavirus en France, les dépistages se multiplient depuis le mois de juillet. Le ministre de la Santé Olivier Véran a même pris la décision de rendre ces tests possibles sans avoir d'ordonnance et sans avoir de symptômes. De plus, un arrêté autorise désormais les aides-soignants, secouristes et étudiants santé à réaliser ces tests afin d'augmenter la capacité de dépistage et de "traquer le Covid-19" a-t-il expliqué sur son compte Twitter le 22 juillet. Comme le confirmait Martin Hirsch, directeur général de l'AP-HP, sur France Inter le 23 juillet, "on nous met la pression, j'étais convoqué par le ministre hier pour qu'on accélère sur les tests, les tests salivaires". La stratégie de dépistage du coronavirus en France a évolué depuis janvier 2020. "Les premiers tests ont été distribués fin janvier-début février aux hôpitaux" rappelait le Pr Arnaud Fontanet, membre du Comité scientifique Covid-19 le 20 avril 2020. Au tout début, il avait été décidé de tester les personnes qui présentaient des symptômes d'atteintes respiratoires (toux, fièvre, essoufflement, syndrome de détresse respiratoire aigue) et s'il y avait eu un contact avec la Chine ou avec une personne revenant de Chine. Mais face à l'augmentation des cas et en pleine épidémie de grippe, tester toutes les personnes présentant de tels symptômes devenait impossible par manque de capacités de tests. Ce manque de tests aurait coûté à la France une flambée épidémique plus importante qu'en Allemagne selon le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil Scientifique Covid-19 : "L'Allemagne a largement utilisé les tests de diagnostic bien avant nous et dès le mois de janvier, dès début février, l'Allemagne utilisait, en gros, autour de 60 000 tests par jour, alors que début mars, quand nous sommes arrivés, il y avait une utilisation de 3 000 tests par jour [en France]", a-t-il expliqué sur France Inter le 5 juin. Jean-François Delfraissy. Le 14 mars quand la France est passée au stade 3 de l'épidémie, seules les personnes à risque étaient testées (soignants...). Le dépistage a été priorisé et étendu aux résidents des Ehpad et aux personnels qui les accompagnent le 6 avril. Le 11 mai, lors du déconfinement, tous les Français qui présentaient des symptômes évocateurs du Covid-19 pouvaient se faire tester. A compter du 25 juillet, les tests peuvent être réalisés même sans symptômes et sans ordonnance.

Pourquoi ne pas avoir testé tout le monde lors du déconfinement ? "Ce n'est pas envisageable et surtout ça n'a pas d'utilité. Il faudrait retester tout le monde 8 jours plus tard et retester encore 15 jours plus tard", a répondu le Pr Delfraissy le 30 avril.

En cas de difficulté à entrer en contact avec un médecin pour être testé, contacter des médecins de garde au 0 800 130 000.

Liste des tests validés en France

Tous les tests de dépistage du coronavirus validés par le Centre national de référence (CNR) en France sont indiqués sur le site du ministère de la Santé. Parmi eux, la liste des 63 tests sérologiques "rapides" validés en France est disponible depuis le 25 mai. Ces tests sont remboursés par la Sécurité sociale et ne sont réalisables à date qu'en laboratoire. Un de ces tests est produit en France par la société AAZ, située en Ile-de-France. Elle a développé le Test Sérologique Rapide COVID-PRESTO.  Ce test a été évalué et validé sur sang capillaire obtenu par piqûre au bout du doigt par le Docteur Thierry Prazuck, Chef de Service des Maladies Infectieuses au CHRU d'Orléans : "Ces tests ont permis d'avérer que 100% des patients se présentant avec des symptômes évocateurs du COVID-19 et testés positifs avec le test moléculaire PCR, étaient immunisés à partir de 16 jours après le début des symptômes. Les résultats sont rapidement tombés, puisqu'il ne faut que 10 minutes par patient pour mettre en évidence une immunisation " explique-t-il dans un communiqué de la société du 25 mai. Le test COVID-PRESTO® différencie deux sortes d'anticorps qui sont, au début de la maladie, les Immunoglobulines M puis au stade de la guérison, les Immunoglobulines G. Le test permet ainsi de distinguer les patients immunisés et donc, à priori, à l'abri d'une nouvelle infection. Sur le site du ministère de la Santé figurent aussi les 54 tests RT-PCR validés par le CNR en France.

Types de tests de détection du coronavirus

Face à la sévérité de la pandémie de coronavirus, les laboratoires et les instituts de recherches ont développé des solutions de diagnostique permettant de détecter le virus SARS-Cov-2, responsable de l'épidémie Covid-19. Parmi les solutions proposées :

Test virologique ou PCR : dans le nez

Au cours de la première phase épidémique de circulation du virus, le dépistage des cas a reposé exclusivement sur les tests virologiques dit RT-PCR. Ce test permet de faire le diagnostic précoce de l'infection. Le test diagnostique dit "virologique" ou "PCR" ("polymerase chain reaction") consiste en un prélèvement naso-pharyngé (gorge, nez, nasopharynx) qui se fait à l'aide d'un petit écouvillon (goupillon) inséré dans le nez. Il s'agit d'un test facile à effectuer, non invasif mais désagréable pour le patient car un peu douloureux. Il est obligatoirement effectué par un médecin ou une infirmière. Le résultat est disponible après 3 à 4 heures. L'échantillon est ensuite analysé par un laboratoire spécialisé afin de rechercher la présence du matériel génétique du coronavirus et ainsi confirmer le diagnostic de l'infection. Une étude chinoise publiée le 19 avril sur le site Clinical Infectious Diseases et rapporté par l'Inserm portant sur 56 patients Covid-19 hospitalisés présentant des symptômes légers à moyens montre que "l'excrétion de virus peut durer jusqu'à 6 semaines après l'apparition des symptômes. Les tests PCR se sont révélés positifs chez la majorité des patients durant les 3 premières semaines, et à partir de la quatrième, le nombre de tests négatifs a augmenté progressivement. Enfin, la durée médiane entre le début des symptômes et la fin de l'excrétion virale a été évaluée à 24 jours. Néanmoins, on ne sait pas si les malades peuvent transmettre le virus durant toute la période d'excrétion virale. L'étude suggère qu'une période d'observation prolongée soit nécessaire pour les patients plus âgés." 

Test sérologique à la recherche des anticorps

La sérologie peut être réalisée au moyen de tests automatisables (de type enzyme-linked immunosorbent assay (ELISA) par exemple) ou de tests rapides. Les tests sérologiques automatisés de type ELISA (enzyme linked immunosorbent assay) et les tests sérologiques unitaires rapides recherchent des anticorps liés au coronavirus dans le sang qui peuvent déterminer si une personne a déjà été infectée par le coronavirus. Par la détection des anticorps (IgG notamment), ces tests permettent de confirmer une infection passée, ces anticorps apparaissant au cours de l'infection (détection possible dès le 6e jour de la maladie, mais parfois qu'après le 28e jour chez les patients ayant des formes cliniques frustres) et se renforçant au cours de la convalescence.

"Un test sérologique positif ne doit pas changer votre comportement, vous pouvez encore contaminer une personne. "

Que disent-ils ? "Ils disent : vous avez été en contact avec le virus mais aujourd'hui on n'est pas en mesure de dire si ce contact avec le virus s'accompagne d'une protection donc si vous pouvez vous considérer protégé d'une réinfection. On ne sait pas si les anticorps que vous avez sont protecteurs. L'autre problème c'est qu'avec les tests disponibles, ils ont encore un taux important de faux-positifs de l'ordre de 5% alors qu'on sait que la proportion de Français infectés sur le territoire est aussi de l'ordre de 5% donc on ne peut pas s'y fier aujourd'hui" explique le Pr Arnaud Fontanet de l'Institut Pasteur. Ce que confirme Olivier Véran le 28 mai : " un test sérologique positif ne doit pas changer votre comportement, vous pouvez encore contaminer une personne, la distanciation sociale s'applique à tous, que le test sérologique soit positif ou négatif. La sérologie ne remplace pas le test PCR".  

C'est quoi la sérologie ? La sérologie est une méthode biologique utilisant le sérum pour établir des diagnostics médicaux. Le sérum est un constituant du plasma sanguin. Lors d'une prise de sang, le biologiste va analyser le sérum. La sérologie permet de poser un diagnostic des maladies infectieuses, des maladies auto-immunes, de déterminer les groupes sanguins, de suivre l'évolution de certaines maladies, de vérifier les vaccinations. 

De début mai à fin juillet, 31 000 patients ont été dépistés par tests diagnostiques et environ 110 000 contacts par le dispositif de traçage.

Test rapide, Test TROD

Quand on parle de dépistage rapide du Covid-19, il s'agit de tests sérologiques recherchant la présence d'anticorps au virus, dans le sang, en quelques minutes. Parmi ces tests : des tests TDR (Test de Diagnostic Rapide), TROD (Test Rapide d'Orientation Diagnostique) et des autotests. "Ces tests ne permettent pas de statuer si la personne est contagieuse ou pas" rappelle la Haute Autorité de Santé dans un Rapport d'évaluation du 14 mai 2020. Au 13 juillet, 51 tests rapides sérologiques ont été validés par le ministère de la Santé pour être utilisés en France (la liste est indiquée sur son site). Selon un arrêté du 11 juillet, les pharmaciens sont désormais autorisés à réaliser des tests TROD. 

Autotests de dépistage du Covid-19

Les autotests de dépistage du coronavirus font partie des tests rapides, en quelques minutes. Le prélèvement, la lecture et l'interprétation des résultats sont réalisés par l'individu lui-même. Ils sont interdits en France.

Test salivaire

test salive cnrs coronavirus
Test salivaire de diagnostic du SARS-CoV-2 EasyCov avec un tube fermé de 0,5 mL contenant l’ensemble des réactifs nécessaires à une révélation de la présence du virus. © SkillCell

De nombreuses équipes dans le monde ont essayé de remplacer le prélèvement naso-pharyngé, mal supporté par certaines personnes, par un prélèvement salivaire plus facile à réaliser. "La salive est un milieu particulier, avec de nombreux enzymes, mais peut être aussi une réaction directe du virus à partir des glandes salivaires" rappelle le Conseil scientifique Covid-19. Les premiers résultats de ces prélèvements salivaires, testés ensuite avec une RT-PCR sont hétérogènes selon les équipes et les pays. Pour l'instant, ces tests restent moins fiables que le test PCR pour dépister le virus Sars-CoV-2 et ne sont pas encore disponibles en France. EasyCov, le test salivaire de dépistage rapide (en 30 minutes) du Covid-19, à lecture simplifié, développé par le laboratoire Sys2Diag (CNRS-Alcediag et SkillCell) devait être disponible "pour un déploiement rapide et massif du test aux personnels de santé dès le mois de mai" avait indiqué le laboratoire. Mais toujours rien à date. 

A quoi sert le dépistage ?

Détecter le coronavirus permet de suivre l'évolution de l'épidémie dans le pays et la circulation du virus particulièrement depuis le déconfinement. "Fin juillet 2020, on constate une augmentation du nombre journaliers de nouveaux cas, indique le Conseil Scientifique du Covid-19. Globalement, depuis le 10 mai, l'ensemble du dispositif de tests diagnostiques et de traçage des patients a permis d'identifier 31 000 patients et environ 110 000 contacts". Plusieurs types de coronavirus sont susceptibles d'entraîner des infections respiratoires dont les manifestations vont du simple rhume à la détresse respiratoire. "Dans les cas les plus sévères, un prélèvement biologique va permettre d'identifier le pathogène responsable. En complément, la réalisation d'un scanner ou d'une radiographie des poumons permet d'évaluer l'étendue des lésions pulmonaires et de déterminer la prise en charge de la personne", précise la spécialiste. Le 28 mai, le ministre de la Santé a indiqué que le taux de positivité des tests Covid-19 était un des quatre indicateurs épidémiques suivis par les autorités sanitaires pour déterminer les zones vertes et orange en France.

En attendant le résultat, le médecin vous demandera de rester chez vous pour ne prendre aucun risque pour vous et votre entourage.

Qui peut faire ce test ?

A partir du 25 juillet, tous les Français qu'ils présentent ou non des symptômes évocateurs d'une infection Covid-19 peuvent se faire tester par PCR. 

Si vous êtes identifié comme "cas contact" d'une personne contaminée (qu'elle présente ou non des symptômes) : vous serez contacté par les services de l'Assurance Maladie qui vous demanderont de rester en "quatorzaine préventive" et vous indiqueront quand réaliser votre test (dans un délai de 24 heures, si vous vivez dans le même foyer que la personne contaminée, ou en observant un délai de 7 jours après votre dernier contact avec cette personne, si vous ne vivez pas avec elle). Vous devrez alors prendre rendez-vous dans un lieu d'examen médical. Aucune prescription médicale ne vous sera demandée.

Pour les tests sérologiques, la HAS recommande qu'il soit fait pour un(e) :

  • Diagnostic initial de patients symptomatiques sans signes de gravité suivis en ville, et de patients symptomatiques graves hospitalisés, en cas de discordance entre le tableau clinique et le résultat du test virologique (par RT-PCR) ;
  • Diagnostic de rattrapage de patients symptomatiques - graves et hospitalisés ou sans signe de gravité et suivis en ville - n'ayant pas pu faire l'objet d'un test virologique dans le délai de sept jours durant lequel il est sensible ;
  • Diagnostic étiologique à distance chez des patients symptomatiques sans signe de gravité diagnostiqués cliniquement mais n'ayant pas fait l'objet d'un test virologique ;
  • Détection d'anticorps chez les professionnels soignants et personnels d'hébergement collectif (EHPAD, prisons etc.) non symptomatiques, lors de dépistage et détection de personnes contact par amplification génique selon les recommandations en vigueur après un test virologique négatif et uniquement à titre individuel.

Pour les tests TROD, selon la HAS :

  • ils sont indiqués en cas d'orientation diagnostique et non du diagnostic, contrairement aux TDR ;
  • pour les patients symptomatiques sans facteur de gravité, le recours aux TROD n'est indiqué que pour les populations ayant des difficultés d'accès à un laboratoire de biologie médicale ;
  • l'orientation diagnostique de rattrapage par TROD est également indiquée pour les personnels soignants et les personnels d'hébergements collectifs symptomatiques sans signe de gravité ;
  • pour la traçabilité des résultats au sein des enquêtes séro-épidémiologiques.

Comment et où se faire dépister ?

Le dépistage du coronavirus peut se faire dans différents lieux, mais toujours sur rendez-vous. Néanmoins "le délai d'accès au test est encore trop long et peut atteindre plusieurs jours", regrette le Conseil scientifique du Covid-19 dans un Avis du 4 août, ce qui est "incompatible avec une maîtrise des nouvelles contaminations". En cause, le nombre de centres de prélèvements insuffisant et des difficultés d'organisation.

Il ne faut en aucun cas se rendre directement dans les laboratoires de biologie, mais les appeler au préalable.

  • Pour les patients diagnostiqués à l'hôpital ou hospitalisés avec signes de gravité, ces tests sont réalisés dans les hôpitaux. Depuis le 22 juillet, les aides-soignants, les secouristes et tous les étudiants en santé peuvent réaliser des tests Covid-19. 
  • Pour les patients ayant des symptômes du Covid-19 et une ordonnance médicale, il est possible d'être testé dans les laboratoires en ville. Il est aussi possible de se faire tester à domicile par des équipes médicales qui se déplaceront si le médecin le juge nécessaire. Des drive de dépistage sont aussi mis en place par les laboratoires.
  • Pour les personnes qui n'ont pas de symptômes et pas d'ordonnance, il est aussi possible d'être testé par PCR dans les laboratoires en ville ou dans les centres de dépistages répartis un peu partout en France.
  • Depuis le 11 juillet, il est de réaliser un test sérologique rapide dit "TROD" en pharmacie. 
  • Pour les personnes identifiées comme ayant été en contact, avec un risque élevé de transmission, avec une personne testée positivement. Vous serez alors contacté par les services de l'Assurance Maladie qui vous demanderont de rester en "quatorzaine préventive" et vous indiqueront quand réaliser votre test (immédiatement si vous vivez dans le même foyer que la personne contaminée, ou en observant un délai de 7 jours après votre dernier contact avec cette personne, si vous ne vivez pas avec elle). Vous devrez alors prendre rendez-vous dans un lieu d'examen médical. Aucune prescription médicale ne vous sera demandée.
  • A certains publics dans le cadre de campagnes spécifiques de dépistage : les personnes vulnérables, résidents de structures d'hébergement collectif et personnels exerçant dans ces structures en cas de premier cas confirmé au sein de la structure.

Une fois que le lieu de dépistage est identifié (le plus proche du domicile du patient), il faut les contacter pour prendre rendez-vous. Si le laboratoire réalise le test sur place, il faut venir avec sa carte d'identité, Carte Vitale et l'ordonnance. Sans oublier de porter un  masque. De retour à la maison, il faut rester confiné en attendant les résultats qui seront communiqués dans les 24 heures. 

→ Trouver un centre de dépistage sur Sante.fr ou sur le site du ministère de la Santé.

Comment ça se passe lors d'un dépistage gratuit ?

Plusieurs régions ou villes de France organisent des dépistages massifs et gratuits à leur population pour en savoir plus sur la circulation du virus parmi les habitants afin de mieux appréhender une possible deuxième vague épidémique cet automne. Par exemple, l'Ile-de-France qui teste plus d'un million d'habitants, la Mayenne, la Normandie, la Gironde ou encore la Bretagne où 63000 Français sont dépistés en juillet. Dans le cadre d'un dépistage massif, les conditions de réalisation du test diffèrent un peu. Ainsi :

  • Les tests ne sont pas obligatoires mais proposés aux habitants qui le souhaitent sur la base du volontariat.
  • Des bons sont envoyés directement aux assurés selon leur régime général.
  • Les porteurs de ces bons même s'ils n'ont pas de symptômes, peuvent se faire dépister gratuitement, sans ordonnance et sans avance de frais dans le laboratoire de leur choix après avoir au préalable pris rendez-vous par téléphone ou internet.
  • Chaque bon de dépistage donne droit à deux tests différents : Un test virologique (test RT-PCR), par prélèvement nasopharyngé, qui permet de savoir si l'on est porteur du Covid-19 au moment du test. Un test sérologique, par prise de sang, qui permet d'identifier la présence d'anticorps et ainsi de savoir si l'on a été porteur du Covid-19 par le passé et si cette infection est récente ou ancienne.
  • Toutes les personnes ayant un test virologique positif – donc porteuses du virus au moment du test – doivent contacter leur médecin et respecter une période d'isolement pour ne pas transmettre le virus, se protéger et protéger les autres.

Faut-il avoir une ordonnance ?

A partir du 25 juillet, les tests PCR peuvent être réalisés sans ordonnance, que vous présentiez des symptômes ou non, y compris pour les personnes dites "cas contacts". Un test sérologique peut aussi être effectué sans ordonnance, explique le ministère de la Santé mais "ne répondra alors à aucune indication médicale et sa signification ne sera pas explicitée par un médecin". Et il ne sera pas remboursé par la Sécurité sociale.

Délai de résultats 

Le délai pour avoir un résultat de test PCR est entre trois et cinq heures au laboratoire. Le résultat de cet examen est rendu au patient dans les 24 heures, et au médecin prescripteur, avec information à la cellule d'intervention de Santé Publique France en région, à l'Agence régionale de santé et au centre de crise de la Direction Générale de la Santé. 

Test positif : que faire après ?

test covid-19 positif ou négatif
Procédure de dépistage envisagée par le gouvernement à partir du 11 mai 2020. © Twitter Ministère de la Santé

Dès lors que la personne a été testée positive, tous les cas contacts sont testés et invités à s'isoler. L'objectif étant d'isoler au plus vite les porteurs pour casser la chaîne de transmission du virus. "Si le test est positif, le médecin vous suivra et alertera l'Assurance maladie pour réaliser une enquête et appeler les cas contacts" a poursuivi le ministre de la Santé. Un isolement à domicile sera mis en place pour une durée de 8 à 10 jours. Si les symptômes s'aggravent, n'attendez pas, appelez le médecin ou le 15.

Si un test TROD est positif, il est nécessaire de réaliser ensuite un prélèvement sanguin dans une laboratoire.

Isolement à domicile

En cas de test positif au coronavirus, vous devez vous isoler. "Si vous partagez votre logement, restez dans une pièce spécifique en évitant les contacts avec les autres personnes du domicile, a détaillé le ministre de la Santé, il ne faut pas toucher les objets touchés par les autres personnes, aérer votre domicile, porter en permanence un masque, les visites sont déconseillées, vous pourrez aller chercher des masques en pharmacie sans ordonnance." Le médecin pourra vous proposer d'effectuer un isolement hors du domicile si besoin, par exemple dans des hôtels prévus pour ce cas de figure. 

Test négatif

Même si le résultat du test est négatif, le patient ne doit avoir aucun contact avec des personnes fragiles pendant une semaine (personnes âgées de 65 ans et plus, porteuses d'une maladie chronique, avec obésité importante ou femme enceintes au 3e trimestre de grossesse). Il sort du domicile en portant systématiquement un masque. Il ne reprend pas le travail sauf en télétravail et ne prend pas les transports en commun. L'Assurance Maladie pourra le cas échéant lui adresser un arrêt de travail pour couvrir la période où il doit rester isoler.

Etes-vous cas contact ?

En fonction des symptômes présentés, un patient peut être suspecté d'avoir le virus Sars-Cov-2, possiblement infecté ou confirmé. 

  • Cas possible : Toute personne présentant des signes cliniques d'infection respiratoire aiguë avec une fièvre ou une sensation de fièvre, ET Ayant voyagé ou séjourné dans une zone d'exposition à risque dans les 14 jours précédant la date de début des signes cliniques.

OU Toute personne, même sans notion de voyage/séjour dans une zone d'exposition à risque ou de contact étroit avec un cas confirmé de COVID-19, présentant une pneumonie pour laquelle une autre étiologie a été préalablement exclue sur la base de critères cliniques, radiologiques et/ou virologiques et dont l'état clinique nécessite une hospitalisation OU des signes de détresse respiratoire aiguë pouvant aller jusqu'au SDRA (Syndrome de détresse respiratoire aiguë) dans un contexte possiblement viral et sans autre étiologie évidente d'emblée.

  • Cas probable : Toute personne présentant des signes cliniques d'infection respiratoire aiguë dans les 14 jours suivant un contact étroit avec un cas confirmé de COVID-19. 
  • Cas confirmé : patients, symptomatique ou non, avec un prélèvement biologique confirmant la présence du SARS-CoV-2..
  • Cas contact : personne ayant été en contact avec un "cas confirmé" avec différents niveaux de risque : négligeable, faible et modéré/élevé. Un contact étroit est une personne qui, à partir de 24h précédant l'apparition des symptômes d'un cas confirmé, a partagé le même lieu de vie (famille, même chambre) ou a eu un contact direct avec lui, en face à face, à moins d'1 mètre du cas et/ou pendant plus de 15 minutes, lors d'une discussion ; flirt ; amis intimes ; voisins de classe ou de bureau ; voisins du cas dans un moyen de transport de manière prolongée ; personne prodiguant des soins à un cas confirmé ou personnel de laboratoire manipulant des prélèvements biologiques d'un cas confirmé, en l'absence de moyens de protection adéquats.

 Si vous êtes cas contact "le plus souvent vous serez contacté par l'Assurance maladie ou l'ARS. Vous devrez éviter les contacts avec votre entourage, prendre votre température deux fois par jour, a indiqué Olivier Véran. Si vous pouvez téletravailler, très bien, sinon un arrêt de travail vous sera adressé. Sept jours après le dernier contact avec la personne malade vous serez testé par PCR. Si le test revient  négatif, le médecin pourra alléger votre isolement mais il devra persister 7 jours supplémentaires."

Quel est le prix des tests et la prise en charge ?

Le coût du test de dépistage du coronavirus par PCR est de 54 euros. A partir du 25 juillet, il est remboursé à 100% par l'Assurance Maladie, même sans avoir d'ordonnance. 

Pour les tests sérologiques et rapides, les prix de référence fixés pour le remboursement de l'acte sont de 12,15 euros pour un test ELISA et de 9,45 euros pour un test de diagnostic rapide.

Sources :

• Avis n°8 du Conseil scientifique COVID-19 27 juillet 2020 Se préparer maintenant pour anticiper un retour du virus à l'automne. 27 juillet 2020.

Sérologie : les réponses à vos questions, 29 mai 2020.

Place des tests sérologiques rapides (TDR, TROD, autotests) dans la stratégie de prise en charge de la maladie COVID19. HAS. 14 mai 2020.

Avis du Conseil scientifique COVID-19 2 avril 2020 Etat des lieux du confinement et critères de sortie.

Publication de l'Institut Pasteur, résultats de tests sérologiques, 23 avril 2020.

Information du Gouvernement, Tests et dépistage, 10 mai 2020.

Merci à Marie-Françoise Gros, Directrice des Affaires Médicales chez bioMérieux, spécialiste français du diagnostic médical. 

Gestion de l'épidémie