Syndrome du choc toxique : symptômes, comment l'éviter ou le soigner ?

Appelé aussi "maladie du tampon", le syndrome du choc toxique menstruel est une maladie infectieuse rare, mais grave. Symptômes, risques d'un tampon oublié, alternatives à la cup, comment l'éviter... Les conseils du Dr Anne Tristan, co-directrice du Centre national de référence staphylocoques.

Syndrome du choc toxique : symptômes, comment l'éviter ou le soigner ?
© Yulia Grogoryeva - 123RF

Définition : qu'est-ce que le syndrome du choc toxique (STC) ?

Le syndrome du choc toxique (STC) est une maladie infectieuse causée par une bactérie : le staphylocoque doré (staphylococcus aureus). Cette bactérie fabrique une toxine, qui pénètre dans la circulation sanguine, avant d’atteindre un ou plusieurs organes. A noter que cette bactérie est naturellement présente dans notre environnement et demeure sans danger si elle reste par exemple sur notre peau. En revanche, lorsqu’elle parvient à introduire sa toxine dans la circulation sanguine, elle peut alors révéler son potentiel pathogène.

Seules les femmes porteuses de la bactérie responsable du STC sont concernées, soit 4%.

Facteurs de risque : quelles femmes sont susceptibles de faire un STC ?

Seules les femmes porteuses de la bactérie qui produit la toxine responsable du STC sont concernées, soit moins de 4 % des femmes françaises. Mais à l’inverse, toutes les femmes porteuses de la bactérie ne font pas nécessairement de choc toxique. "C’est donc qu’il doit exister autre chose, sans doute présent dans la flore vaginale des femmes porteuses de la bactérie, qui provoque le STC. Mais quoi exactement, nous ne savons pas. Nous menons justement des recherches pour en savoir plus", précise Anne Tristan.

Choc toxique et tampon oublié

Le 20 janvier 2020, l'Anses a publié les résultats de son expertise sur la sécurité des protections intimes internes (tampon et cup menstruelle). Ces essais ont révélé la présence de substances chimiques dans les tampons et les coupes menstruelles, mais sans dépassement des seuils sanitaires. Il n'y aurait pas non plus de lien direct entre les propriétés physico-chimiques des matériaux de ces protections intimes et un risque d'augmentation de syndrome du choc toxique. Pour le docteur Tristan, dans tous les cas, c’est une mauvaise utilisation des tampons qui est responsable du choc toxique. De fait, lorsque le tampon est trop absorbant et/ou pas changé régulièrement, les bactéries ont davantage le temps de se multiplier. Alors, faut-il avoir peur des tampons ? Le syndrome du choc toxique demeure très rare comme le confirme Anne Tristan : "Au centre de référence des staphylocoques, nous recensons 20 à 30 cas au maximum chaque année". Et d'ajouter qu' "en temps normal, même si le SCT est grave et nécessite une admission en service de réanimation, l'évolution est toujours favorable et sans séquelle".

 

Alternatives : les serviettes et les cups sont-elles plus fiables ?

Effectivement, le risque est moindre avec des serviettes hygiéniques du fait qu'elles font moins obstacle au flux sanguin comparativement aux tampons et favorisent donc moins le développement des staphylocoques, mais le problème, c'est que les femmes, surtout les plus jeunes, rechignent souvent à en porter. Quant aux coupes menstruelles, elles ne protègent pas du risque de STC. "Nous avons eu des cas de femmes qui en portait", souligne-t-elle. Comme pour les tampons, c'est une mauvaise utilisation qui a déclenché l'infection. Car bien que les coupelles soient naturelles, "il faut respecter les consignes d'utilisation et d'hygiène, à savoir : ne pas les garder trop longtemps et bien les nettoyer." D'autant que comme le souligne notre interlocutrice : "Nous avons moins de recul avec les coupelles."

En cas de symptômes, le retrait du tampon doit être rapide.

Symptômes du syndrome du choc toxique

Le syndrome du choc toxique se caractérise dans un premier temps par des symptômes ressemblant à ceux d'une grippe, associés à des symptômes digestifs :

  • Une impression de malaise et/ou de vertige avec des maux de tête,
  • Des troubles digestifs, tels que des nausées, des diarrhées et des vomissements,
  • Parfois de la fièvre (38.9°C ou plus),
  • Des douleurs musculaires et articulaires,
  • Une éruption cutanée rouge qui ressemble à un coup de soleil.

Dans un second temps :

  • Une tension artérielle très basse
  • Une accélération du cœur
  • Une confusion

Traitement : comment soigner le syndrome du choc toxique ?

En cas de survenue des symptômes, il faut immédiatement retirer le tampon ou la cup et se rendre à l'hôpital. Les médecins pourront vous prendre en charge au plus vite, vous administrer un traitement intraveineux pour maintenir votre pression artérielle, puis envisager la mise en place d'un traitement antibiotique, pour éviter que la toxine ne se propage à des organes vitaux. Dans le cas de Lauren Wasser, mannequin américain amputée des deux jambes en 2012 à la suite d'un choc toxiquela toxine bactérienne avait atteint le cœur et entraîné une gangrène dans les jambes, c’est-à-dire la nécrose des tissus. C’est pourquoi les médecins n’ont eu d’autres choix que de l’amputer.

Prévention : éviter le choc toxique 

Santé publique France a émis ses recommandations pour limiter les risques de choc toxique : 

  • Il est indispensable de changer de tampon ou de coupe menstruelle régulièrement, soit toutes les 4 heures, même la nuit.
  • Pendant la nuit, privilégier les protections externes comme les serviettes hygiéniques
  • Bien adapter le type de tampon à son flux. "Plus le tampon est absorbant, plus il fait obstacle au flux sanguin et plus les bactéries ont la possibilité de se multiplier", souligne Anne Tristan. D’ailleurs si le SCT touche majoritairement les jeunes filles, en moyenne elles ont autour de 20 ans, c’est parce qu’elles portent trop souvent des protections pas adaptées à leur flux. "Elles utilisent des tampons pour flux abondant, de peur d’avoir des fuites, ce qui n’est pas indiqué". 
  • Penser aussi à toujours se laver les mains avec du savon (ou avec une solution hydro-alcoolique) avant d'insérer un tampon ou une cup et de les retirer.
  • Eviter d'utiliser des tampons en cas d'antécédent de choc toxique staphylococcique menstruel.
  • Attendre le début des règles avant d'utiliser un tampon. Ne pas utiliser de tampon par mesure de précaution, même si vous attendez à avoir vos règles, ou pour absorber d'autres pertes. 

Merci au Docteur Anne Tristan, codirectrice du Centre national de référence staphylocoques, une unité rattachée à l'Institut de veille sanitaire (InVS),

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