Pertes marron ou brunes : Quand s'inquiéter ? Et en cas de grossesse ?

Les pertes brunes ou marron correspondent à des écoulements de sang vieilli provenant du vagin, du col utérin et de l'endomètre. A quoi sont-elles dues ? Quand s'inquiéter ? Réponses du Dr Brigitte Raccah-Tebeka, gynécologue-endocrinologue.

Les pertes brunes correspondent à un rejet de vieux sang (un sang qui s'est oxydé et qui a donc bruni) et peuvent survenir dans différents contextes : juste avant ou après les règles, pendant l'ovulation par exemple. Selon le contexte (accompagnées ou non d'autres symptômes) et leur régularité, ces pertes brunes peuvent vous amener à consulter un médecin. Dans quels cas ? Le Dr Brigitte Raccah-Tebeka, gynécologue-endocrinologue, nous répond.  

Définition

Les pertes brunes ou de couleur marron correspondent à l'évacuation de sang ancien par les voies génitales. Mais pourquoi ont-elles cette couleur ? Il s'agit de glaire cervicale mélangée à du vieux sang (qui n'est donc plus rouge, mais brun car il s'est oxydé dans le corps). Chez les femmes sans contraception, il peut s'agir simplement d'un des symptômes de l'ovulation. Chez les femmes utilisant une contraception hormonale, ces pertes brunes peuvent survenir à la suite d'une mauvaise utilisation ou d'un équilibre hormonal non adéquat de cette contraception. Mais selon le contexte dans lequel elles surviennent, elles peuvent également être le signe d'une irritation du col de l'utérus, d'une inflammation pelvienne, d'un polype ou d'une autre pathologie utérine. Après 45 ans, elles peuvent être le signe d'une préménopause. Mais dans ce cas, elles sont parfois accompagnées d'autres symptômes comme des troubles du cycle menstruel, des bouffées de chaleur ou des changements brutaux d'humeur. 

Causes

"Des pertes brunes qui surviennent dans un cycle normal ou sous contraception comme la pilule peuvent simplement révéler un oubli ou un décalage de pilule. Dans ce cas, il s'agit de petits saignements de l'utérus qui se transforment en pertes brunes", précise d'emblée le Dr Raccah-Tebeka. Une pilule mal équilibrée peut également faire apparaître des saignements. Par ailleurs, "des pertes brunes qui surviennent pendant l'ovulation sont plutôt ponctuelles et ne sont pas inquiétantes, mais il s'agira de pertes un peu plus rosées", rassure le Dr Raccah-Tebeka. En revanche, des pertes brunes qui s'accompagnent d'autres symptômes peuvent révéler quelque chose à surveiller comme une infection, la présence d'un kyste ovarien, d'un fibrome utérin ou d'un polype. Dans tous les cas, en présence d'épisodes répétés ou en cas de doute sur l'origine des saignements, un avis médical s'impose. 

Pertes marron pendant la grossesse

Des pertes brunes peuvent apparaître pendant la grossesse, généralement pendant les trois premiers mois. Ces pertes correspondent, tout simplement, à l'élimination du vieux sang, qui résulte d'un léger défaut d'accolement de l'œuf à la paroi utérine. Toutefois, mieux vaut en parler à son gynécologue afin qu'il écarte l'éventualité d'une complication, particulièrement si ces pertes s'accompagnent de douleurs. 

Quand consulter ?

  • Pertes marron sous pilule. "Si les saignements surviennent sous pilule de manière répétée et sans oubli de comprimé, ils peuvent traduire le fait que la pilule ne soit pas vraiment adaptée (trop ou pas assez dosée par exemple) à la patiente qui devra alors en parler à son praticien", conseille le Dr Raccah-Tebeka. Il sera alors utile d'envisager le recours à une autre pilule, voire à une autre contraception pour supprimer ces pertes marrons. 
  • Pertes brunes douloureuses ou malodorantes. Si les pertes brunâtres s'accompagnent d'autres symptômes (des douleurs pelviennes, des brûlures, des odeurs anormales, des démangeaisons...), il faut consulter un médecin car cela peut être un signe d'infection (mycose, vaginose ou autres...), ou de la présence d'une pathologie utérine bénigne (polype ou fibrome par exemple) qui doit être surveillée. L'existence de douleurs associées doivent impérativement faire éliminer une grossesse (souhaitée ou non) car le risque de grossesse extra-utérine, bien que rare, est une urgence médicale. Le médecin devra alors vous examiner, trouver l'origine des pertes brunes et vous proposer un traitement adapté. "Lorsque qu'il y a un retard de règles et que ces dernières sont remplacées par des pertes brunâtres généralement accompagnées de douleurs au bas ventre, on peut soupçonner un risque de grossesse, voire un risque de grossesse extra-utérine. Et dans ce cas, la patiente doit être prise en charge en urgence". 
  • Pertes brunes du col de l'utérus. Enfin, ces pertes brunes peuvent parfois, ne pas provenir de l'utérus, mais du col de l'utérus. Dans ce cas, le col de l'utérus montre des caractéristiques inflammatoires : les muqueuses sont très fragiles et saignent dès qu'elles sont "sollicitées". Le praticien peut réaliser un frottis pour être certain qu'il n'y ait pas de cellules cervicales pathologiques, un prélèvement des sécrétions vaginales pour éliminer une infection et/ou une échographie pelvienne dès qu'il y a le moindre doute. 

Traitement

Le traitement des pertes brunes repose uniquement sur la détermination de leur origine et leur correction. Le mieux est d'en parler à son médecin ou à son gynécologue qui sont les seuls à pouvoir déterminer si la patiente a besoin d'effectuer des examens complémentaires ou de changer de contraception. Au contraire, ils peuvent également la rassurer lorsqu'il n'y a rien d'anormal. Pour résumer, "les pertes brunes peuvent ne pas être inquiétantes, si elles sont sans support pathologique. Mais dans tous les cas, on essaye toujours de trouver une solution pour limiter (voire supprimer) ces pertes brunes, d'autant plus si elles impactent la vie de couple", conclut l'experte. 

Conseil : vous pouvez vous nettoyer avec des lingettes sans parfum et autres substances chimiques, mais uniquement la vulve, c'est-à-dire la partie superficielle du vagin. Evitez les toilettes vaginales qui détruisent la flore normale et favorisent les infections.

Merci au Dr Brigitte Raccah-Tebeka, gynécologue-endocrinologue.