Covid-19 : liste des personnes à risque de formes graves, contagion...

La France est déconfinée mais la maladie Covid-19 est toujours bien présente et toujours aussi dangereuse. Que veut dire Covid-19 ? Qui sont les personnes à risque de formes graves ? Quels sont les symptômes d'alerte ? Quand est-on contagieux ? Comment éviter la transmission à l'enfant ? Quels risques chez la femme enceinte ?

[Mise à jour le lundi 11 mai à 2020 à 12h13] Fin 2019, des cas groupés de pneumonies surviennent en Chine dont certains sont mortels. Le 9 janvier, le virus responsable est identifié, il s'agit d'un nouveau coronavirus appelé Sars-CoV-2. En mai, ce virus très contagieux s'est répandu sur les 5 continents de la Terre et a contaminé plus de 4,1 millions de personnes dans plus de 187 pays, sur 198 au total, faisant 282 000 morts. En France, des premiers cas de coronavirus auraient été recensés le 16 novembre 2019 en France à Colmar selon un communiqué de la Fondation de la maison du Diaconat de Mulhouse. Le dimanche 3 mai sur le plateau de BFMTV, les professeurs Yves Cohen, chef du service réanimation des hôpitaux Avicenne à Bobigny, et Jean Verdier à Bondy, en Seine-Saint-Denis estimaient que le premier cas positif au Covid-19 remontait au 27 décembre 2019. "Il est peut-être le patient zéro, mais peut-être qu'il y en a d'autres dans d'autres régions. Il faut retester toutes les PCR négatives pour les pneumonies. Le virus circulait probablement", précisent-ils. Que sait-on de cette maladie aujourd'hui ?

"Covid-19" : pourquoi 19 ?

Après avoir été baptisé nCoV-2019 dans un premier temps, ce nouveau coronavirus a été appelé SARS-CoV-2 (SARS pour "Syndrome Aigu Respiratoire Sévère" et CoV pour "COronaVirus"). Sa maladie a été nommée Covid-19 le 11 février 2020 par l'OMS pour signifier :

  • "Co" signifie "corona",
  • "vi" pour "virus" et
  • "D" pour " disease" ("maladie" en anglais).

Le chiffre 19 indique l'année de son apparition : 2019. "Nous avons dû trouver un nom qui ne faisait pas référence à un lieu géographique, à un animal, à un individu ou à un groupe de personnes" a précisé le directeur général de l'OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, pour éviter toute stigmatisation de la maladie. Le ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé mardi 21 avril devant l'Assemblée nationale que le Covid-19 serait reconnu de façon "automatique" comme maladie professionnelle pour tout le personnel soignant, quel que soit leur lieu d'exercice, en ville, à l'hôpital ou en Ehpad. 

Son origine : l'animal ? Une fabrication en laboratoire ?

pangolin animal chine coronavirus
Le pangolin possible hôte intermédiaire du coronavirus © 123RF- Rahmat Nugroho

Le SARS-CoV-2 appartient à la famille des coronavirus (comptant un grand nombre de virus) qui peuvent provoquer des maladies bénignes chez l'homme comme un rhume et des pathologies plus graves comme le Sras. Depuis le début de l'épidémie, la piste d'une contamination animale est la plus plausible selon les scientifiques. L'épidémie est partie d'un marché local de Wuhan en Chine où étaient vendus des animaux sauvages. Actuellement, on ne sait toujours pas avec certitude quel animal en est responsable. Il pourrait s'agir de la chauve-souris où a été détecté un virus très proche du Sars-CoV-2. Le 7 février 2020, des scientifiques de l'Université d'agriculture du sud de la Chine ont identifié le pangolin comme un "possible hôte intermédiaire" soupçonné d'avoir transmis le coronavirus à l'homme. Ce petit mammifère consommé dans le sud de la Chine pourrait être impliqué comme hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l'homme. Le pangolin est un mammifère couvert d'écailles menacé d'extinction, dont la chair délicate est très prisée dans la gastronomie chinoise et vietnamienne. Dans un communiqué, les scientifiques expliquent qu'un animal peut être porteur d'un virus sans pour autant être malade et le transmettre à d'autres espèces comme l'homme. Après l'analyse de 1 000 échantillons, les scientifiques ont pu montrer que les génomes de séquences de virus prélevés sur les pangolins étaient à 99 % identiques aux virus retrouvés sur des personnes atteintes du nCoV, indique Chine Nouvelle. Rappelons que lors de l'épidémie de Sras de 2002-2003, l'hôte intermédiaire du virus était la civette, un petit animal au pelage gris dont la viande est consommée en Chine. La chauve-souris a, elle aussi, été à l'origine de transmission de virus à l'homme dont le Sras, le MERS en Arabie Saoudite mais aussi Ebola. Cependant, le 17 avril, le Pr Luc Montagnier, Prix Nobel de médecine en 2008, interrogé par Pourquoi Docteur réfute cette hypothèse de contamination. Selon lui, le nouveau coronavirus a été fabriqué dans des laboratoires de Wuhan : "Le laboratoire de la ville de Wuhan s'est spécialisé sur les coronavirus depuis très longtemps (...) ils ont une expertise dans ce domaine" rappelle-t-il. Le Pr Montagnier s'est penché sur la description du génome du coronavirus : "Le génome complet de ce nouveau coronavirus avait des séquences d'un autre virus qui est le VIH, le virus du Sida. Ceci a été publié par des chercheurs indiens qui ont été obligés de se rétracter. Il y a une énorme pression pour que la vérité fasse jour." Pour insérer une séquence de VIH dans le génome il faut avoir des outils moléculaires, ça ne peut pas être lié à une mutation naturelle, explique le scientifique. "L'hypothèse c'est que ce virus sort du laboratoire de Wuhan, (...) l'histoire du marché aux poissons est une belle légendeestime-t-il. Les Etats-Unis ont affirmé le 5 mai détenir des "preuves" qu'il provenait d'un laboratoire de Wuhan, et le président Donald Trump a menacé Pékin de "taxes douanières punitives". Mais l'OMS reste prudente : "Nous n'avons reçu aucune donnée ni preuve spécifique du gouvernement américain concernant l'origine présumée du virus, donc pour nous cela reste spéculatif", a déclaré Michael Ryan, directeur des programmes d'urgence de l'OMS, lors d'une conférence de presse virtuelle. Le 1er mai, l'OMS avait assuré que le nouveau coronavirus était "d'origine naturelle", selon de nombreux scientifiques, et non pas fabriqué par l'homme. Un avis partagé par le Dr Olivier Schwartz de l'Institut Pasteur : "En laboratoire, on peut manipuler certains virus pour modifier certains de leurs composants mais on ne peut pas créer un nouveau virus en mélangeant deux virus d'espèces différentes. On ne peut pas créer un coronavirus en prenant un élément du VIH et un autre virus" avait-il déclaré sur RTL*

.Personnes les plus à risque de formes graves

Les personnes âgées de 65 ans et plus sont fortement touchées par cette épidémie. Elles représentent 53% des patients hospitalisés en réanimation et plus de 92% des décès. Les patients présentant des comorbidités sont également fortement concernés et représentent 80% des patients hospitalisés en réanimation et au moins 84% des décès.

La liste des personnes à risque de forme grave de Covid-19 a été définie dans l'avis du 31 mars 2020 et mise à jour dans l'avis du 20 avril.

  • les personnes âgées de 65 ans et plus (même si les personnes âgées de 50 ans à 65 ans doivent être surveillées de façon plus rapprochée) ;
  • les personnes avec antécédents (ATCD) cardiovasculaires : hypertension artérielle compliquée (avec complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales), ATCD d'accident vasculaire cérébral ou de coronaropathie, de chirurgie cardiaque, insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV* ;
  • les diabétiques insulinodépendants ou présentant des complications secondaires à leur pathologie. Chez les diabétiques, la Société francophone du diabète explique que les symptômes du Covid-19 ne diffèrent pas : toux, fièvre, courbatures, fatigue mais aussi parfois signes digestifs. En revanche, l'infection aura tendance à déséquilibrer le diabète (tout comme lors d'une grippe). En présence d'une toux et d'une fébricule chez une personne ayant un diabète, l'absence de déséquilibre important du diabète est un élément rassurant allant plutôt contre COVID-19 – mais imposant, en situation d'épidémie, de rester chez soi. En cas de déséquilibre du diabète, il y a un risque important de décompensation cétosique ;
  • les personnes ayant une pathologie chronique respiratoire susceptible de décompenser lors d'une infection virale (broncho pneumopathie obstructive, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d'apnées du sommeil, mucoviscidose notamment) ;
  • les patients ayant une insuffisance rénale chronique dialysée ;
  • les malades atteints de cancer évolutif sous traitement (hors hormonothérapie) ;
  • les personnes présentant une obésité (indice de masse corporelle (IMC) > 30 kgm-2) ;

On a beaucoup d'incertitude aujourd'hui sur le rôle que peuvent jouer les enfants dans la transmission du coronavirus.

En raison d'un risque présumé de Covid-19 grave :

  • les personnes avec une immunodépression congénitale ou acquise (médicamenteuse : chimiothérapie anti cancéreuse, traitement immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive ; infection à VIH non contrôlée ou avec des CD4 <200/mm3 ; consécutive à une greffe d'organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques ; liée à une hémopathie maligne en cours de traitement) ;*
  • les malades atteints de cirrhose au stade B du score de Child Pugh au moins ;
  • les personnes présentant un syndrome drépanocytaire majeur ou ayant un antécédent de splénectomie ;
  • les femmes enceintes, au troisième trimestre de la grossesse, compte tenu des données disponibles et considérant qu'elles sont très limitées.

Comme pour beaucoup de maladies infectieuses, les personnes ayant des comorbidités, souffrant de maladies chroniques (hypertension, diabète), les personnes âgées (plus de 70 ans), immunodéprimées ou fragiles présentent un risque plus élevé. Dans les cas plus sévères, la maladie peut entraîner un décès.

Le coronavirus chez l'enfant

"On a beaucoup d'incertitude aujourd'hui sur le rôle que peuvent jouer les enfants dans la transmission (du coronavirus), ils ont été peu investigués comme ils ne font pas de formes cliniques sévères et n'ont pas été hospitalisés donc il n'y a pas eu d'études. Les quelques informations que l'on a c'est quand on a eu des cas dans les familles. Quand on regarde la présence du virus chez ces enfants sans manifestation clinique, ils ont gardé le virus 6-7 jours dans la gorge, ils ont les mêmes charges virales que les adultes, on ne sait pas s'ils sont aussi contagieux qu'eux" rappelle le Pr Arnaud Fontanet. Pour lui, il faut distinguer les mesures du déconfinement entre les enfants de moins de 10 ans et les adolescents. En Chine, une étude publiée dans le Jama le 24 février 2020 a montré que les enfants de moins 10 ans représentent 1% des cas, ceux de 10 à 19 ans 1% des 72 314 cas chinois. D'autres données internationales et françaises confirment la bénignité de l'infection chez les enfants (les cas graves et les décès sont extrêmement rares mais il ne faut pas omettre les cas de syndromes inflammatoires proches de la maladie de Kawasaki identifiés en Italie, au Royaume-Uni et en France). Les enfants de moins de 15 ans représentent moins de 1% des admissions en réanimation au 5 avril en France et aucun enfant de moins de 15 ans n'est décédé du COVID en France. Un décès est survenu chez une adolescente de 16 ans (Santé Publique France). Sur son site, la Société française de pédiatrie estime que "les enfants semblent très peu touchés par ce virus" mais qu'ils peuvent "transmettre la maladie même s'ils sont peu malades". D'où l'inquiétude de nombreux parents à l'idée de renvoyer leurs enfants à l'école le 11 mai prochain.

Le coronavirus chez la femme enceinte

Deux publications sur Covid-19 concernent les femmes enceintes. L'une publiée dans le Lancet  porte sur 9 femmes, âgées de 26 à 40 ans, avec infection documentée à SARS-CoV-2 au troisième trimestre de grossesse et aucune comorbidité. Elle n'a pas montré de gravité particulière de l'infection en fin de grossesse et d'une transmission au foetus. L'autre concerne aussi 9 femmes enceintes (dont 1 grossesse gémellaire) et rapporte l'absence de différence dans la présentation clinique de l'infection.

Un virus qui ne mute pas beaucoup

La séquence génétique du virus Sars-CoV-2 a été décryptée le 10 janvier. Selon les dernières données scientifiques, il existerait deux souches circulantes du virus (L et S).

  • La souche S serait plus ancienne que la souche L. À ce stade, rien ne permet de confirmer si la mutation a eu lieu chez l'homme ou chez les hôtes intermédiaires (animal).
  • La souche L serait la souche circulante la plus sévère et la plus fréquente (70% des échantillons testés dans l'étude), tandis que la souche S serait moins agressive et moins fréquente (30% des échantillons).

"Grâce aux moyens de détection et aux mesures de lutte contre le coronavirus, la circulation de la souche L, plus sévère et donc plus facilement détectable, tend à diminuer" indique le gouvernement sur son site. Concernant la mutation du virus, les scientifiques ne se montrent pas inquiets. Le 30 avril, le Pr Arnaud Fontanet expliquait que "le virus ne mute pas beaucoup de façon surprenante alors qu'il vient d'émerger chez l'homme et pour l'instant aucune des mutations identifiées ne peut être associée avec une virulence accrue ou avec une transmissibilité accrue".

A savoir :  Si la mutation du virus inquiète, le Dr Gérard Kierzek nous rappelle qu'elle n'est pas forcément plus dangereuse pour l'homme : "La mutation peut aller dans les deux sens, vers plus de virulence ou moins de virulence, plus de contagiosité, moins de contagiosité."

Symptômes : fièvre, diarrhée, urticaire...

Contrairement à la grippe qui s'installe brutalement, une infection par le coronavirus "se fait progressivement sur plusieurs jours" indique l'Institut Pasteur. Des malades rapportent des symptômes qui apparaissent sur une semaine et un temps de guérison assez long. "Dans plus de 80% des cas, les signes sont tout à fait mineurs. Ce sont des angines ou des rhinopharyngites" indiquait le Pr Karine Lacombe, cheffe de service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine à Paris, lors d'un point de presse à la télévision le 28 mars 2020.

Signes de gravité

L'OMS distingue plusieurs syndromes cliniques associés au SARS-CoV-2 : la maladie non compliquée, la pneumonie non sévère, la pneumonie sévère, le SDRA (syndrome de détresse respiratoire aigue), le sepsis et le choc septique. Dans les cas les plus graves de Covid-19, qui nécessitent une prise en charge médicale : des signes respiratoires (difficultés à respirer pouvant conduire à un syndrome de détresse respiratoire aiguë c'est-à-dire une défaillance des fonctions respiratoires).

Chez les enfants : toux ou difficultés respiratoires associées à l'un des signes suivants : cyanose, détresse respiratoire aiguë (geignement), signes de pneumonie avec un signe d'alarme : prise de boisson ou allaitement impossible, perte de connaissance ou convulsions. Plusieurs cas de syndromes inflammatoires ont été signalés à Paris fin avril-début mai, avec des symptômes proches de la maladie de Kawasaki, chez des enfants ayant été infectés environ un mois plus tôt par le Covid-19.

Comment prendre sa température en cas de suspicion ?

Pour surveiller votre température si vous pensez avoir été infecté par le coronavirus, le ministère de la Santé recommande :

  • de prendre votre température tous les jours, matin et soir, à l'aide d'un thermomètre réservé à votre strict usage personnel,
  • puis de noter la date, l'heure de mesure et la température sur la fiche jointe,
  • d'utiliser la même méthode pour mesurer tous les jours votre température.
  • de prendre votre température par voie buccale de la manière suivante : placer le thermomètre sous la langue en assurant un bon contact avec la langue, bien fermer la bouche et respirer doucement par le nez, laisser le thermomètre en place pendant 45 à 90 secondes environ, ou jusqu'à ce que le thermomètre indique que la mesure a été réalisée si vous utilisez un thermomètre électronique (souvent signalé par un bip), noter la température mesurée ainsi que la date et l'heure de la mesure, • nettoyer le thermomètre avec un coton imbibé d'alcool modifié à 90°.

Temps d'incubation de la maladie

La durée moyenne d'incubation est de 4 jours avec une durée maximale de 12 à 14 jours

Quand est-on contagieux ?

La particularité du nouveau coronavirus, en comparaison au Sras, au virus Mers ou à celui de la grippe, c'est sa forte contagion. "Le coronavirus du Sras n'était contagieux que quelques jours après le début des symptômes, 4 jours après. Ce qui laissait le temps de diagnostic et d'isoler les malades avant qu'ils aient contaminé d'autres personnes. Avec le Sras, tous les malades avaient des formes sévères donc ils étaient tous identifiés, on ne passait pas à côté de formes bénignes qui auraient pu être inaperçues. Avec ce coronavirus, la contagion commence avec le début des symptômes et parfois chez des gens qui n'ont pas de symptômesa expliqué le Pr Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l'Institut Pasteur lors d'une table ronde au Sénat le 26 février 2020.

Une contagion pendant plusieurs semaines : Autre fait constaté au fil de l'épidémie par les soignants, la durée de contagion de ce nouveau coronavirus qui peut aller jusqu'à un mois chez certains malades, comme l'indiquent des professionnels sur le Collectif Inter-réanimation sur Facebook. "Certains de nos patients sont encore positifs après plus de 3 semaines de réanimation" déclare l'un de ces soignants.

→ Un virus plus contagieux que la grippe : la transmissibilité du SARS-CoV-2 est supérieure à celle de la grippe saisonnière. Le R0 (nombre moyen de personnes auxquelles un malade risque de transmettre la maladie) se situe autour de 3 pour ce nouveau coronavirus quand il n'est que d'1 pour la grippe saisonnière. "Avec le confinement, on a réussi à réduire ce nombre de reproduction à 0,6 donc chaque patient infecte moins d'une personne ce qui explique que l'épidémie soit en déclin" explique le Pr Fontanet le 30 avril lors d'une nouvelle audition au Sénat. Le nouveau coronavirus est aussi très contagieux car il est nouveau et que la population française n'y a jamais été confrontée.

Combien de temps dure la maladie ?

Selon le Dr Gérald Kierzek, "au bout d'une quinzaine de jours quand on a des symptômes bénins. La guérison est spontanée sauf quand il y a une forme grave et qu'on se retrouve en réanimation où on a besoin d'oxygène, où on a une pneumonie et là on a besoin d'avoir des médicaments. Les malades de réanimation restent longtemps hospitalisés, c'est plus de 20 jours".

Pour les patients Covid-19 ne nécessitant pas d'hospitalisation et qui doivent donc restés confinés à domicile, le Haut Conseil de la Santé publique précise les critères de levée de confinement à savoir : une disparition de la fièvre et d'une éventuelle dyspnée à partir du 8e jour après le début des symptômes. Il est également recommandé de porter un masque pendant 7 jours après cette guérison en cas de contact avec une personne à risque.

Immunisation : des risques de rechute possibles ?

Actuellement, selon le Haut Conseil de la Santé publique, une disparition de la fièvre et d'une éventuelle dyspnée à partir du 8e jour après le début des symptômes confirme la guérison du coronavirus. "Après avoir rencontré un virus, notre organisme développe des défenses immunitaires appelées anticorps, lui permettant de se défendre contre ce virus. Après l'infection au coronavirus, nous ne savons pas encore bien si ces anticorps sont efficaces et pour combien de temps. Bien que nous soyons encore à un stade précoce pour se prononcer sur cette question, de l'avis des scientifiques les premières données semblent rassurantes, car ce jour, aucun cas réellement confirmé de re-contamination ne semble avoir eu lieu" explique le gouvernement français sur son site. Ce que confirme le directeur générale de la santé en France, Jérôme Salomon, le 23 avril lors d'une audition devant l'Assemblée nationale : "Une, deux, trois semaines après une infection confirmée par un test PCR positif, apparaissent progressivement des anticorps, c'est le cas dans 99% des personnes qui ont été testées dans différents milieux professionnels ou dans des protocoles de recherche. Ces anticorps sont protecteurs ce qui est rassurant". Pourtant, hors de France, des rechutes ont été signalées. En Corée du Sud, 91 patients considérés comme guéris du coronavirus ont présenté une rechute et ont été de nouveau testés positifscomme l'a rapporté Bloomberg. Selon le directeur général du KCDC (Centres de contrôle et de prévention des maladies en Corée), Jeong Eun-kyeong, il ne s'agirait pas d'une nouvelle infection mais d'une réactivation du virus chez ces patients diagnostiqués positifs peu après leur sortie de quarantaine. Des virologues et épidémiologistes ont également déclaré que le virus COVID-19 pourrait rester latent dans certaines cellules du corps et attaquer à nouveau les organes respiratoires une fois réactivé. Plusieurs cas de rechutes ont déjà été déclarés au Japon et en Chine.

• Au Japon, c'était une femme d'une quarantaine d'années travaillant à bord d'un bus touristique qui a été diagnostiquée positive au coronavirus Covid-19 pour la deuxième fois, avait annoncé le gouvernement de la préfecture d'Osaka le 27 février 2020.

• En Chine, le site du média local Caixin a rapporté, le 26 février, que 14% des patients sortis des hôpitaux de la ville de Guangdong, dans le sud du pays, avaient été testés positifs au coronavirus à l'occasion de nouveaux examens.

Test de dépistage du Covid-19

Il y a deux types de tests pour diagnostiquer le Covid-19 :

• le test dit "par PCR" : pour repérer l'infection en phase aigue du coronavirus. Il est réalisé actuellement par une technique de laboratoire spécifique sur un écouvillonnage nasopharyngé dont le résultat peut être obtenu généralement en 4 heures. Aucun test commercial n'est disponible. Il y a :

  • un prélèvement systématique des voies respiratoires hautes (naso-pharyngé /écouvillons Virocult® ou aspirations)
  • un prélèvement des voies respiratoires basses (crachats, LBA, ATB) en cas d'atteinte parenchymateuse.

• le test sérologique : qui dépiste des anticorps du Covid-19 dans le sang et peuvent dire si vous avez été infecté dans le passé. Ces tests permettent de détecter dans le sérum la présence d'anticorps de classes IgM et IgG spécifiques du Sars-CoV-2. Ils utilisent la méthode ELISA (enzyme linked immunosorbent assay) applicable sur des automates à haut débit capables d'effectuer des centaines de tests par jour. Ils pourront être pratiqués dans la majorité des laboratoires d'analyse médicale. Il existe aussi des tests rapides d'orientation diagnostique (TRODs) présentés sous un format unitaire, détectant les anticorps à partir d'une simple goutte de sang en quelques minutes.  

Traitements : médicaments donnés aux malades, médicaments à éviter

Aucun traitement n'a prouvé sa totale efficacité pour combattre le SARS-CoV-2. De nombreux essais cliniques testant l'efficacité de médicaments contre le coronavirus sont en cours et recensés par l'OMS.

  • Dans les formes légères de la maladie qui ne nécessitent pas d'hospitalisation : en cas de fièvre, il est conseillé de prendre du paracétamol et non des anti-inflammatoires qui peuvent faire flamber l'infection. Il faut surveiller l'évolution des symptômes et en cas d'aggravation avec difficultés à respirer, appeler le 15.
  • Dès lors que l'infection nécessite un recours à l'oxygénothérapie (y compris à bas débit) l'hospitalisation est nécessaire. En présence de signes de gravité, un traitement peut être envisagé : utilisation d'un médicament antiviral (association lopinavir ritonavir, voire le Remdesivir dans les cas les plus sévères) ou, à défaut de l'hydroxychloroquine comme l'indique le Haut Conseil de la Santé Publique.
  • Dans les formes inflammatoires avec syndrome de détresse respiratoire aigüe (SDRA), les options thérapeutiques doivent être discutées au cas par cas.

L'essai Discovery pour tester 4 associations de médicaments

Un grand essai baptisé Discovery est par ailleurs lancé le 22 mars 2020 sur 3200 Européens atteints du coronavirus dont 800 patients français par l'Inserm pour analyser l'efficacité de cinq formules de traitements :

  • soins standards
  • soins standards plus remdesivir,
  • soins standards plus lopinavir et ritonavir,
  • soins standards plus lopinavir, ritonavir et interféron beta
  • soins standards plus hydroxy-chloroquine.

Cinq hôpitaux français participent au départ (Paris – hôpital Bichat-AP-HP, Lille, Nantes, Strasbourg, Lyon) puis d'autres centres pour arriver au moins à une vingtaine d'établissements participants. Le 11 mai, le ministre de la Santé Olivier Véran a expliqué qu'à date seuls 700 Français avaient été recrutés pour cet essai sur l'ensemble des Européens. Et un patient au Luxembourg. Les premiers résultats devaient survenir le 14 mai, ce qui ne sera probablement pas le cas. En Chine, une vingtaine d'essais cliniques sont en cours pour analyser l'efficacité de cette molécule chez des patients infectés par le SARS-CoV-2. L'hydroxycholoroquine (analogue de la chloroquine) utilisée dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde et du lupus fait également l'objet de deux essais en Chine dans la maladie COVID-19. Par ailleurs, une antibiothérapie est mise en place en cas de pneumonies. 

"Ce virus est plus manuporté qu'on l'a imaginé au début"

Transmission du virus : salive, eau, air...

Le nouveau coronavirus se transmet entre les humains essentiellement par la salive, les gouttelettes (toux, éternuements), par contacts rapprochés avec des malades (poignées de mains...). "Il est beaucoup plus manuporté qu'on l'a imaginé au début" reconnait le Pr Fontanet le 30 avril.  Il peut aussi se transmettre par des surfaces contaminées (les coronavirus survivent jusqu'à 3 heures sur des surfaces inertes sèches et jusqu'à 6 jours en milieu humide). Un lavage de mains régulier (toutes les heures environ) et le port de masques participent à la réduction de la transmission du virus. "Pour ralentir la progression du virus dans la population, il nous faut donc éviter au maximum toute proximité et tout contact avec autrui, installer une barrière virtuelle entre les individus, se référer scrupuleusement aux consignes de gestes-barrière : confinement chez soi, respect de la distance entre les individus, lavage fréquent des mains au savon ou au gel hydro-alcoolique. C'est l'unique façon à ce jour de lutter individuellement contre la progression de l'épidémie. C'est notre devoir de le faire ", prévient le Dr Patrick Aubé, médecin généraliste. Pour suivre la tansmission du virus en France, les autorités sanitaires observent l'indicateur R0.

Transmission par l'air : les sécrétions respiratoires qu'on émet quand on tousse, éternue ou parle peuvent atteindre une personne à proximité (<1 mètre) ou se fixer sur une surface, comme les mains ou les mouchoirs. Ce sont les individus qui transportent le coronavirus pas l'air. C'est pour cela qu'il est important de respecter les gestes barrières et les mesures de distanciation sociale.

Transmission via les selles : Comme l'indique le Haut Conseil de la Santé Publique dans un Avis rendu le 5 mars "le SARS-CoV-2 peut être retrouvé dans les liquides biologiques dont les selles. Toutefois, le caractère infectieux du virus détecté dans les selles chez certains cas n'est pas avéré et le risque de transmission fécale n'a pas été documenté". 

Transmission par les animaux : A l'heure actuelle, rien ne prouve que les animaux domestiques comme les chiens et les chats peuvent propager le virus et/ou être infectés par l'homme. 

Transmission par l'eau : A ce jour, il n'a pas été rapporté de contamination par l'eau. "Cette maladie est à transmission respiratoire et probablement de l'animal à l'homme, mais la source n'est pas encore identifiée" explique le gouvernement français.

Prévention : les gestes barrières à appliquer partout

Le Covid-19 est une maladie très contagieuse. En l'absence de traitements vraiment efficaces pour la contrer, la prévention consiste à respecter plusieurs gestes barrières. 

• Vaccin : délai, pistes de travail...

Dès le début de l'épidémie de coronavirus en France, les chercheurs se sont affairés à mettre au point un vaccin contre ce virus très contagieux. Selon l'Agence européenne du médicament (EMA), un tel vaccin ne devrait pas être disponible avant 2021 Parmi les pistes envisagées, produire un vaccin à partir de celui de la rougeole ou du BCG (tuberculose). 

Mortalité : une maladie mortelle principalement chez les plus âgés

La mortalité du Covid-19 est importante chez les adultesEntre le 1er mars et le 5 mai 2020, 25 561 décès de patients COVID-19 ont été rapportés à Santé publique France ; 16 060 décès sont survenus au cours d'une hospitalisation et 9 501 décès parmi des résidents en Ehpa et autres EMS. 92% des cas de COVID-19 décédés étaient âgés de 65 ans ou plus. L'âge médian au décès était de 84 ans et 91% avaient 65 ans et plus. Les hommes représentaient 55% de ces décès. Des comorbidités étaient renseignées pour 65% des décès avec une mention d'hypertension artérielle dans 25% de ces cas et une mention de pathologies cardiaques pour 39%.

Selon l'Organisation mondiale de la Santé, le Covid-19 serait 10 fois plus mortel que le H1N1, virus responsable de la pandémie de grippe en 2009.