Urgence dentaire : qui appeler la nuit ?
Douleur dentaire en pleine nuit, abcès, dent cassée ou joue qui gonfle… Ces situations laissent souvent les patients démunis. Voici le numéro à composer.
Sans savoir vraiment pourquoi, c'est très souvent la nuit que les douleurs dentaires se réveillent ou empirent brutalement. Malgré la prise de paracétamol, rien ne passe. Dans ce cas, on se dirige souvent sur son téléphone pour trouver un médecin ou un service d'urgence proche de chez soi, en pleine nuit. Or "quand on tape "urgence dentaire la nuit" sur Google, cela renvoie souvent vers des plateformes de prise de rendez-vous", observe le Dr Christophe Lequart, chirurgien-dentiste et vice-président de l'Union française pour la santé bucco-dentaire. Ce qui ne répond pas du tout au soulagement d'une douleur aiguë.
En pratique, l'organisation des soins dentaires reste très limitée en dehors des horaires habituels de jour. "Il n'y a rien d'organisé la nuit" nous confirme le chirurgien dentiste. Les dispositifs de garde existent bien, mais concernent surtout les dimanches et jours fériés, avec une organisation variable selon les départements, le plus souvent en journée. Selon les situations, le patient pourra être dirigé vers un chirurgien-dentiste d'astreinte… ou vers une structure hospitalière. "Vous pouvez avoir des services hospitaliers, plus souvent en chirurgie maxillo-faciale, avec un interne de garde", ajoute-t-il, notamment en cas de traumatisme de la face.
Mais face à une urgence nocturne, le médecin est très clair : le premier réflexe c'est d'appeler le 15. Le SAMU est en mesure d'orienter les patients vers la solution la plus adaptée. "Le 15 a normalement toutes les informations sur les praticiens de garde", explique le Dr Christophe Lequart. Il peut aussi indiquer le service d'urgence dentaire de l'hôpital le plus proche de chez vous. Toutes les douleurs dentaires ne nécessitent pas une prise en charge immédiate dans la nuit. "Ce qui classifie les urgences, c'est la douleur, les traumatismes bien sûr, mais cela peut aussi être des urgences esthétiques", rappelle le Dr Lequart.
Dans les faits, les professionnels constatent "souvent un décalage" entre le ressenti des patients et la réalité médicale. Pour évaluer la situation, plusieurs critères sont pris en compte. "On va regarder si la douleur est continue ou non, si elle cède aux antalgiques, s'il y a un gonflement…", précise le spécialiste. Une douleur très intense, un gonflement important du visage, de la fièvre ou un traumatisme doivent alerter et justifier une orientation rapide.
À l'inverse, certaines douleurs, bien que pénibles, peuvent attendre quelques heures. "Si l'urgence n'est pas si urgente que ça, on renvoie vers le praticien traitant le lendemain", indique-t-il. L'enjeu est donc souvent de faire la part des choses entre inconfort important et véritable urgence médicale. En attendant une prise en charge, certains gestes simples peuvent permettre de soulager la douleur : prise d'antalgiques adaptés (paracétamol à avaler ou à poser sur la dent douloureuse puis à laisser fondre), application de froid sur la joue ou éviction des aliments trop chauds ou sucrés, en attendant un avis médical.
