7 symptômes d'alerte du cancer du poumon chez la femme

En 10 ans, le cancer du poumon est devenu la deuxième cause de décès par cancer chez la femme en France, derrière le cancer du sein. Si la maladie évolue souvent silencieusement, certains signes doivent attirer l'attention. Toux, douleurs... Passage en revue des 7 symptômes d'alerte chez la femme avec le Dr Maurice Pérol, oncologue.

7 symptômes d'alerte du cancer du poumon chez la femme
© Sergey Nivens - 123RF

On pense souvent, à tort, que le cancer du poumon survient principalement chez les hommes. Faux. Depuis 2010, le cancer du poumon augmente fortement chez la femme à cause de la hausse du tabagisme et en tue 10 000 chaque année, d'après l'Institut national du Cancer (InCa). C'est la deuxième cause de décès par cancer chez la femme en France, derrière le cancer du sein. Connaître ses signes aide à le diagnostiquer plus rapidement et augmente les chances de guérison. Quels sont les symptômes possibles chez la femme ? Sont-ils différents par rapport à l'homme ? Le cancer du poumon fait-il mal ? Réponses avec le Dr Maurice Pérol, oncologue médical spécialiste des cancers thoraciques au Centre Léon Bérard à Lyon.

Le cancer du poumon fait-il mal ?

Ce sont souvent la formation de métastases dans d'autres organes qui vont être symptomatiques et révéler la maladie.

"Le poumon est un organe qui a très peu d'innervation pour la douleur, explique d'emblée le Dr Pérol. Une tumeur peut donc se développer dans le poumon, atteindre 5 ou 6 cm, ne pas faire mal et passer longtemps inaperçue" Voilà pourquoi le cancer du poumon est souvent découvert par hasard sur un bilan d'imagerie médicale réalisé pour rechercher une autre pathologie ou détecté à un stade avancé ou métastatique. "Ce sont souvent la formation de métastases dans d'autres organes qui vont être symptomatiques et révéler la maladie", précise notre interlocuteur. Par exemple, des métastases au niveau des os peuvent provoquer des douleurs osseuses ou des cassures des os, des métastases du cerveau peuvent entraîner des maux de tête intenses, une paralysie d'un seul côté du corps ou des troubles de la mémoire...

Quels sont les symptômes évocateurs d'un cancer du poumon chez la femme ?

Au début de la maladie, la tumeur est trop petite et n'entraîne pas de symptômes. Au fur et à mesure qu'elle grossit, la tumeur entraîne généralement des problèmes respiratoires et une altération de l'état de santé général (fatigue inhabituelle et persistante, perte de poids, perte d'appétit...). Lorsqu'ils persistent, certains symptômes peuvent toutefois attirer l'attention :

Une toux nocturne

Une toux qui persiste et qui s'intensifie n'est pas spécifiquement liée au cancer du poumon, mais doit alerter. Surtout, si elle est plus forte la nuit ou le matin, lorsque vous êtes allongée, et si elle est accompagnée d'autres symptômes comme des douleurs à la poitrine ou au thorax, un souffle court, une respiration sifflante, des crachats de sang ou un malaise général (nausées, fatigue, perte d'appétit..). Dans ce cas, il faut consulter sans tarder son médecin qui réalisera un examen clinique et pourra, au besoin, vous orienter vers un spécialiste ou vous prescrire des examens comme une radiographie du thorax si un cancer est suspecté. Cet examen pourra être suivi d'un scanner ou d'une biopsie. 

→ Les fumeuses ont souvent tendance à penser que tousser la nuit ou le matin est normal. Or, ce symptôme n'est pas anodin et doit faire l'objet d'une surveillance médicale. Seul le médecin pourra définir l'origine de votre toux.

Des crachats de sang

"Des expectorations ou des crachats sanguinolents ne sont jamais anodins", prévient l'oncologue. Dans le langage médical, on appelle cela une hémoptysie. Ces crachats de mucus teinté de sang doivent alerter et vous amener à consulter rapidement votre médecin. Si ce symptôme est négligé, la maladie qui en est à l'origine peut progresser et s'aggraver. Cracher du sang n'est pas toujours le signe d'une maladie grave et peut cacher une simple bronchite mais il faut garder en tête qu'il peut également s'agir d'un cancer du poumon ou d'une autre maladie des voies respiratoires (embolie pulmonaire, pneumonie...). Seuls des examens (un examen clinique suivi d'une radio des poumons et d'un examen sanguin) permettront d'orienter le diagnostic. 

→ Cracher du sang quand on est fumeuse doit immédiatement amener à consulter un médecin.

Des douleurs au thorax

"Lorsque la tumeur est volumineuse et atteint la plèvre, elle peut entraîner des douleurs thoraciques qui s'intensifient lorsqu'on tousse ou qu'on respire profondément", indique le Dr Pérol. La plèvre est une membrane accolée au poumon qui est très innervée et qui peut causer de vives douleurs lorsqu'elle est agressée.

Des difficultés à respirer

En l'absence de problèmes cardiaques avérés, un souffle court, un essoufflement inhabituel ou une respiration sifflante peuvent évoquer un cancer du poumon. Si ces symptômes respiratoires, assez banals et non spécifiques au cancer du poumon, persistent, en particulier si vous fumez ou si vous avez fumé (même si vous avez arrêté de fumer depuis de nombreuses années), consultez sans attendre votre médecin.

Des difficultés à avaler

Plus rarement, le cancer du poumon peut entraîner des difficultés à avaler (médicalement appelée une dysphagie). C'est le cas lorsque la tumeur comprime l’œsophage. Ce trouble de la déglutition est parfois associé à des fausses routes alimentaires, c'est-à-dire quand les aliments ou les liquides avalés passent dans les voies respiratoires (la trachée) au lieu de se diriger dans le tube digestif.

L'âge moyen de survenue se situe entre 60 et 65 ans chez la femme, mais un peu plus tard chez l'homme, 67 ans  en moyenne.

Une paralysie d'un seul côté du corps

Lorsque la tumeur se développe et entraîne des métastases dans d'autres organes, d'autres manifestations physiques peuvent survenir. Les symptômes sont différents selon l'organe concerné. Par exemple, des métastases au niveau du cerveau peuvent entraîner des maux de tête intenses, des nausées et des vomissements, des crises d'épilepsie, une confusion mentale, des troubles de l'équilibre, de la mémoire et de la parole et parfois une hémiplégie : une paralysie d'une ou plusieurs parties du corps d'un seul côté, qui peut être totale ou partielle. En premier lieu, il faut consulter un neurologue pour poser un diagnostic et envisager un traitement adapté. Le diagnostic est d'abord clinique puis il est complété par d'autres examens dans le but de préciser la cause de l'hémiplégie (AVC, tumeur...).

Des douleurs au dos

La grande majorité des cancers peuvent se propager aux os. C'est le cas du cancer du poumon, qui lorsqu'il métastase au niveau des os, peut entraîner des douleurs osseuses particulièrement au niveau de la colonne vertébrale, des côtes, des bras et des jambes. Une fois qu'elles sont installées dans l'os, les cellules tumorales "grignotent" l'os, ce qui peut également provoquer un tassement vertébral ou des fractures de l'os. Ces symptômes doivent alerter et vous amener à consulter votre médecin. Ce dernier fera d'abord un bilan de vos symptômes, vous demandera vos antécédents médicaux, vos facteurs de risque et réalisera un examen physique. Ensuite, des examens complémentaires comme une scintigraphie osseuse ou un PET-scan permettront de rechercher la présence d'éventuelles métastases osseuses. 

Des symptômes identiques chez la femme et chez l'homme ?

"Les symptômes du cancer du poumon sont identiques chez l'homme et chez la femme. En revanche, l'âge moyen de survenue se situe entre 60 et 65 ans chez la femme, mais un peu plus tard chez l'homme (67 ans  en moyenne). Autre différence entre hommes et femmes : on constate qu'un certain type de cancer du poumon serait plus fréquent chez la femme que chez l'homme : il s'agit du cancer dû à une altération génétique appelée "mutation" (et donc qui n'est pas lié à une exposition au tabac). On ignore encore pourquoi ce cancer touche plus souvent les femmes que les hommes", conclut l'oncologue. A noter que le cancer dû à une altération génétique entraîne les mêmes symptômes que le cancer lié au tabagisme.

Merci au Dr Maurice Pérol, oncologue médical spécialiste des cancers thoraciques au Centre Léon Bérard de Lyon.

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