Saignée : définition, quand, effets secondaires

Appelée aussi phlébotomie, la saignée consiste à prélever une certaine quantité de sang chez un patient dont la moelle osseuse produit des globules rouges en excès. Quels sont les objectifs d'une saignée ? Quelles maladies sont traitées ? Eclairage avec Serena Battaglini, infirmière libérale à Bastia.

Saignée : définition, quand, effets secondaires
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Définition : qu'est-ce qu'une saignée ? 

Une saignée, de son vrai nom "phlébotomie", désigne un prélèvement d'une certaine quantité de sang, par ponction veineuse, dans le but d'améliorer l'état de santé du patient. Il s'agissait d'un traitement très utilisé aux 16ème et 17ème siècles. 

Pourquoi fait-on une saignée ? 

La saignée a deux objectifs : réduire un excès de globules rouges ou de fer. "Un excès de globules rouges entraîne une viscosité du sang, et donc un risque de thrombose. Le but de la saignée est de diminuer le nombre de globules rouges et ainsi réguler l'hématocrite (qui correspond au volume occupé par les globules rouges dans le sang)", explique Serena Battaglini, infirmière libérale à Bastia. Cet acte permet au sang d'avoir une consistance normale : ni trop épais, ni trop fluide. En diminuant le nombre de globules rouges dans le sang, on diminue également la quantité de fer car le fer est contenu dans les globules rouges. "Ainsi, après une saignée, l'organisme est contraint de produire à nouveau des globules rouges en allant puiser le fer dans les organes surchargés." Cela permet d'éliminer progressivement l'excès de fer et d'éviter à nouveau la surcharge.    

Quelles maladies nécessitent une saignée ?  

La saignée est utilisée dans le traitement des maladies hématologique et hépatique. C'est le cas notamment de l'hémochromatose, une maladie génétique qui se caractérise par l'absorption excessive et toxique de fer dans l'intestin, le foie, le pancréas ou encore le cœur. On traitera également la maladie de Vaquez ou polyglobulie, due à un fonctionnement exacerbé de la moelle osseuse qui produit trop de globules rouges. 

Comment se passe une saignée ? 

Avant la saignée, le professionnel de santé vérifie la tension artérielle du patient pour s'assurer qu'il ne soit pas en hypotension. Le patient est ensuite placé en position allongée ou semi-allongée. Le praticien procède à un nettoyage antiseptique avant de perfuser le patient. Une poche graduée est reliée à la perfusion afin de vérifier la quantité de sang prélevé. L'intervention dure entre 10 et 15 minutes et le prélèvement ne doit pas dépasser les 500 ml. Pour savoir quelle quantité de sang prélever, le médecin procède à ce calcul : poids du patient x 7 ml. "La fréquence des saignées est déterminée par le médecin en fonction du taux d'hématocrite ou de ferritine", souligne l'infirmière libérale. Après le geste, Serena Battaglini conseille au patient de boire au moins la quantité retirée. Enfin, elle surveille le patient une dizaine de minutes et vérifie à nouveau sa tension artérielle. 

Qui peut faire une saignée ? 

Une saignée est pratiquée à l'hôpital, dans établissement français du sang (EFS) ou à domicile avec une infirmière libérale. "En général avant de la faire à domicile, la saignée est d'abord effectuée une ou deux fois à l'hôpital pour savoir si elle est bien tolérée par le patient." 

Quels sont les effets secondaires d'une saignée ?

Les effets secondaires d'une saignée sont rares mais une diminution trop importante du nombre de globules rouges peut entraîner une anémie (carence en fer), une hypovolémie (baisse de la quantité de sang trop rapide) ou une hypotension (chute de la tension artérielle). Des symptômes tels que l'essoufflement, l'asthénie ou la pâleur apparaissent alors chez le patient. 

Merci à Serena Battaglini, infirmière libérale. 

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