Marisque anale : cause, traitement, opération

Les marisques anales correspondent à de petits replis de peau au niveau de l'anus. Comment les reconnaître ? À quoi sont-elles dues ? Quelles sont les indications de la chirurgie ? Réponses avec le Dr Benjamin Darnis, chirurgien viscéral et digestif au Centre Lyonnais de chirurgie digestive

Marisque anale : cause, traitement, opération
© Ulrike Schanz

Définition : qu'est-ce qu'une marisque anale ?

La marisque anale est un repli de peau situé au niveau de la marge anale, à proximité de l'anus, orifice terminal du tube digestif. La marisque est généralement molle et indolore à la palpation. De taille variable et très fréquente, elle doit être différenciée des verrues et des tumeurs de l'anus.

Quelle est la cause ?

Les marisques anales sont secondaires à une maladie hémorroïdaire. "Lorsque les veines hémorroïdaires internes gonflent, elles peuvent sortir de l'anus (prolapsus) puis se thromboser (caillotage). Ces phénomènes sont responsables d'une déformation de la peau de la marge anale et l'apparition d'une séquelle : la marisque", explique le Dr Benjamin Darnis. 

Quels sont les symptômes ? 

Les marisques sont habituellement asymptomatiques. Tout au plus, elles sont responsables d'une gêne à l'hygiène intime, ou une gêne d'ordre esthétique. "En cas de saignement, d'induration ou de douleurs, il est préférable de consulter un spécialiste. Ces symptômes peuvent être en lien avec la maladie hémorroïdaire sous-jacente, ou d'autres pathologies proctologiques associées", indique le chirurgien viscéral et digestif. 

Quels sont les risques ? 

Le Dr Benjamin Darnis se veut rassurant : il n'y a aucun risque évolutif sur les marisques, ni de fissure (fissure anale, ndlr), ni de risque de cancer. 

Quel est le traitement ?

Les marisques anales ne représentant aucun danger pour la santé et n'engendrant le plus souvent aucune douleur, il n'est pas nécessaire de les traiter. Dans de rares cas cependant, essentiellement pour des marisques de grande taille, elles peuvent être responsables d'une gêne ou de démangeaisons auquel cas elles peuvent être enlevées chirurgicalement. "Habituellement, il n'y a pas d'indication opératoire sur les marisques puisqu'il s'agit d'une séquelle d'une crise hémorroïdaire ancienne. Cependant dans certains cas, une chirurgie peut être discutée si le patient ou la patiente éprouve une gêne esthétique ou pour l'hygiène intime", précise le spécialiste.

Chirurgie : en quoi consiste l'opération ? 

Lorsque l'indication opératoire est posée, l'intervention consiste à retirer les marisques et à suturer les plaies. "Dans le même temps, on conseille de traiter la maladie hémorroïdaire sous-jacente, avec une technique adaptée à la symptomatologie (hémorroïdectomie, HAL doppler ou radiofréquence). La peau de la marge anale étant richement innervée, il s'agit d'une intervention douloureuse, qui nécessite une prise d'antalgiques forts pendant 2 à 4 semaines", souligne le Dr Benjamin Danris. Les cicatrices se rouvrent fréquemment et la cicatrisation définitive est obtenue entre 4 et 8 semaines. Les autres risques sont les suintements, de petits saignements, une constipation réflexe à la douleur qui nécessite de prendre des médicaments laxatifs pendant les premières semaines, et la récidive en cas de maladie hémorroïdaire non traitée.

Merci au Dr Benjamin Darnis, chirurgien viscéral au centre lyonnais de chirurgie digestive. 

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