Lexomil : quels effets et précautions prendre ?

Le Lexomil® est un médicament anxiolytique dont la substance active et le bromazépam. Il est généralement utilisé pour traiter l'anxiété chronique. Posologie, conseils d'utilisation, risques d'effets indésirables et de surdosage avec le Dr Gérard Macqueron, psychiatre à Paris.

Indications du Lexomil®

Aujourd'hui, la principale indication du Lexomil® (bromazepam) reste l'anxiété et l'insomnie, deux troubles qui conduisent à des prescriptions sur le long cours. "L'utilisation du Lexomil devrait en fait être restreinte à deux situations :

  • soit à un trouble anxieux avéré en association avec une psychothérapie et/ou un traitement de fond du trouble anxieux. Lequel paradoxalement s'avère être un antidépresseur notamment sérotoninergique type Prozac®.
  • soit ponctuellement quand une crise d'angoisse aiguë survient", souligne le Dr Gérard Macqueron, psychiatre à Paris. 

Lexomil® pour dormir

"En cas d'insomnie, on préférera prescrire une benzodiazepine à demi-vie courte comme Imovane® ou Havlane® pour une très courte période. C'est-à-dire moins de 4 semaines. En effet, contrairement à l'effet anxiolytique, la sédation est soumise à une tolérance rapide puisqu'elle s'atténue en quelques jours de sorte que très rapidement les doses prescrites ne sont plus suffisantes et les patients sont obligés d'augmenter la dose pour obtenir les mêmes effets", explique le psychiatre. 

La durée de prescription du Lexomil® doit être limitée à 12 semaines.

Posologie

Chez l'adulte, la posologie est de : 1,5 mg le matin, 1,5 mg le midi et 1,5 mg le soir. Elle doit ensuite être adaptée en fonction des besoins du patient. Chez l'enfant, le sujet âgé, l'insuffisant rénal ou hépatique, il est recommandé de réduire la posologie de moitié. "Le principal problème des benzodiazépines et du Lexomil® en particulier, étant la très forte dépendance qu'elles induisent, aussi bien sur le plan psychique que physique, leur prescription doit respecter des règles strictes. La durée de prescription du Lexomil® doit être limitée à 12 semaines comprenant l'arrêt progressif pour éviter les effets rebonds et un syndrome de sevrage", commente le Dr Macqueron.

Effets indésirables

Comme tout médicament, le Lexomil® présente des effets indésirables :

  • hypersensibilié,
  • choc anaphylactique,
  • œdème de Quincke,
  • état confusionnel,
  • désorientation,
  • troubles de l'humeur,
  • émotivité,
  • modification de la libido.

Surdosage

Un surdosage de Lexomil® n'engage pas le pronostic vital du sujet s'il est pris seul. Néanmoins, il peut provoquer des signes de confusion mentale, une apnée, des troubles de l'élocution, une hypotension, une hypotonie, une dépression cardio-respiratoire, un coma et de façon exceptionnelle un décès.

Contre-indications

Ce médicament ne doit jamais être utilisé dans les situations suivantes :

  • Hypersensibilité connue aux benzodiazépines, au principe actif ou à l'un de ses constituants
  • Insuffisance respiratoire sévère
  • Insuffisance hépatique sévère, aiguë ou chronique
  • Myasthénie
  • Apnée du sommeil
  • Chez le sujet de plus de 65 ans, il est recommandé de diminuer la posologie des benzodiazépines, car il existe un risque d'accumulation et de surdosage.
  • "Chez le patient toxicomane, le risque de dépendance très fort nous fera éviter au maximum l'utilisation des benzodiazépines", précise le Dr Macqueron.

Lexomil® et grossesse

L'usage du Lexomil® doit être évité au cours du premier trimestre. "Chez la femme enceinte, des malformations, essentiellement des fentes palatines, ont été signalées. Par ailleurs, en fin de grossesse, il existe un risque pour le nouveau né d'être imprégné par les benzodiazepines (troubles respiratoires, apnée, hypothermie et difficulté à la succion) ou de présenter un syndrome de sevrage (agitation, convulsions). C'est pourquoi il est recommandé de ne pas prescrire de benzodiazepine en fin de grossesse. En outre, du fait de leur passage dans le lait maternel et des effets sédatifs, il convient d'arrêter l'allaitement si leur prescription est indispensable", souligne le psychiatre.

Sevrage 

Le Lexomil® est un médicament puissant contre l'angoisse. Mais du fait de la tolérance au traitement (caractérisée par une diminution progressive de l'effet thérapeutique), de l'apparition d'un effet rebond (réapparition des manifestations anxieuses quand les doses du médicament diminuent) et de la présence d'un syndrome de sevrage à l'arrêt du traitement (troubles du sommeil, irritabilité, anxiété, agitation, transpiration, douleurs musculaires, tremblements,…) leur utilisation doit être limitée et il faut respecter des règles de prescription strictes. "En effet, ces réactions peuvent être prévenues en favorisant les doses les moins élevées, la prescription sur une durée limitée et une réduction progressive des doses avant l'arrêt définitif du traitement. Enfin n'oublions pas que des alternatives au Lexomil® et autres Benzodiazépines existent. La méditation, la créativité (musique, dance, peinture…) l'activité sportive sont autant de moyens naturels efficaces pour gérer le stress quotidien. En cas de troubles anxieux avérés les TCC sont des thérapies particulièrement efficaces", poursuit le spécialiste.

  • Génériques du Lexomil® : Bromazépam EG, Bromazépam Mylan, Bromazépam Biogaran, Bromazépam Sandoz, Bromazépam Cristers, Bromazépam Zentiva...

Merci au Dr Gérard Macqueron, psychiatre à Paris. 

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