Faut-il faire un test Covid avant les fêtes, s'auto-confiner ?

De nombreux Français souhaitent faire un test Covid pour se rassurer avant les fêtes de fin d'année. Une bonne idée ? Quelles sont les recommandations des médecins ? Quel est le test le plus fiable ? Faut-il se confiner ? Quelles mesures sanitaires à Noël ? Réponses pour un 24 et un 25 décembre sans risque.

Faut-il faire un test Covid avant les fêtes, s'auto-confiner ?
© Roman Samborskyi - 123RF

Malgré le contexte sanitaire, il est possible de passer les fêtes de fin d'année avec ses proches. Les déplacements entre les régions sont de nouveau autorisés. Le couvre-feu sera exceptionnellement levé pour la nuit du 24 au 25 décembre. Reste que la crainte d'une hausse des contaminations en cette période de rassemblements subsiste. "Ce ne sera pas un Noël comme les autres", martèle le gouvernement. Il faudra donc respecter les préconisations de prudence émises par le Gouvernement pour protéger les plus fragiles et éviter les contaminations. Jean Castex a notamment recommandé aux Français de limiter les repas à 6 adultes à table, notamment au Réveillon et le jour de Noël. A l'approche des fêtes de fin d'année, nombreux sont les Français qui envisagent de se faire tester contre le Covid-19 avant les réunions familiales ou les rassemblements entre amis. Le but ? Prendre ses précautions pour protéger ses proches, particulièrement les personnes les plus vulnérables de son entourage. Est-ce une bonne idée de se faire tester avant les fêtes ? Quelles précautions prendre avant et pendant les fêtes ?

Se faire tester avant les fêtes : les recommandations scientifiques

Un test négatif n'est pas suffisant pour rassurer à 100%

Faire un test n'est pas obligatoire avant de se réunir avec ses proches. Dans une note d'éclairage du 14 décembre, le Conseil scientifique entrevoit 3 cas de figure pour l'utilisation, ou non, des tests avant les fêtes. Quand ils sont préconisés, il est recommandé de réaliser ces tests le mardi, mercredi ou jeudi précédant le réveillon. Le test réalisé le mercredi ou jeudi serait idéal à condition que le résultat du test soit disponible avant le réveillon du 24 ou du 31 décembre.

>> Une personne est symptomatique dans la semaine précédant les jours du 24, 25, 31 décembre et 1er janvier : Elle doit bénéficier d'un test diagnostique et doit s'isoler sans attendre le résultat du test. Un test antigénique peut être réalisé si le début des symptômes est récent (< à 3 jours) et un test RT-PCR si le début des symptômes est plus ancien (⩾4 jours)

>> Une personne est asymptomatique et s'interroge sur la question de passer ou non un test. Deux cas de figures se présentent :

  • Il existe une prise de risque dans la semaine précédant les jours du 24, 25, 31 décembre et 1er janvier en raison d'une multiplication des contacts ou d'un contact positif avéré, un test RT-PCR peut être réalisé, ou à défaut un test antigénique.
  • Il n'existe pas de prise de risque ou un auto-confinement a eu lieu dans la semaine précédant les jours du 24, 25, 31 décembre et 1er janvier, les tests virologiques (RTPCR ou tests antigéniques) n'ont pas, ou peu, d'intérêt. Ils ne sont donc pas recommandés.

Autrement dit, "il faut distinguer les gens qui ont des symptômes, ceux qui toussent, ont de la fièvre… Ceux-là doivent absolument aller voir un médecin. On peut faire à ce moment-là du test antigénique ou du test PCR", explique Francis Blanchecotte, président du syndicat national des biologistes, mardi 8 décembre sur Europe 1. En revanche, "pour tous les gens qui sont asymptomatiques, s'ils ont pris toutes les précautions, ont respecté des mesures barrières, il n'y a pas de raison fondamentale de se faire tester" afin d'éviter un engorgement des laboratoires, poursuit-il. Il ne faut pas qu'on soit submergé par des tests que j'appellerai de confort. Si vous présentez des symptômes, faites-vous tester à une date la plus proche possible de celle des retrouvailles avec sa famille - idéalement, "entre 24h et 48h avant" conseillait François Blanchecotte sur BFMTV - et de respecter scrupuleusement les gestes barrières (peu importe le résultat du test). Pour autant, "[faire un] test antigénique ne doit pas être une façon de se rassurer pour les fêtes", souligne Luc Duquesnel, président du syndicat Les Généralistes-CSMF, dans un article de 20 Minutes. En effet, le dépistage a ses limites et un test négatif n'est pas suffisant pour rassurer à 100%. Et ce, pour trois raisons :

A RETENIR

  • Les personnes symptomatiques (toux, fièvre) doivent consulter un médecin qui prescrira un test PCR ou antigénique.
  • Le personnes asymptomatiques qui n'ont pas respecté les gestes barrière ou qui ont été en contact avec une personne symptomatique peuvent faire un test idéalement entre 48h et 24h avant les retrouvailles avec ses proches.
  • Les personnes asymptomatiques qui ont respecté les gestes barrières ne doivent pas faire de "test de confort" avant les fêtes afin de ne pas surcharger les labos.

>> Dans tous les cas les personnes positives, symptomatiques ou contact non encore testées doivent s'isoler et en aucun cas elles ne doivent participer à un diner de fête.

► Les résultats des tests ne sont valables qu'au moment où on se fait prélever. On peut très bien être testé négatif la veille de Noël ou de Nouvel An et être contaminé entre le prélèvement et le moment de se réunir. 

► Il y a un risque de "faux négatif", autrement dit, le test ne parvient pas à détecter la charge virale dans l'organisme alors que celle-ci est bien présente. Se croyant négatives alors qu'elles sont positives, certaines personnes pourraient faire l'impasse sur les gestes barrières et contaminer d'autres personnes. C'est surtout le cas pour les personnes asymptomatiques qui peuvent transmettre le virus à leur entourage sans même le savoir. On dit que ce sont des "porteurs sains". Pour limiter les risques de faux positifs, l'idéal est de se faire tester à deux reprises, à quelques jours d'intervalle. 

  • Le test PCR a une fiabilité d'environ 95% selon la Haute Autorité de Santé (HAS)
  • Le test antigénique a une fiabilité comprise entre 62% (au moment de l'apparition des symptômes ou pour les asymptomatiques) et 80% (trois jours après l'apparition des symptômes). Le risque de faux négatif serait d'environ 20% pour les personnes symptomatiques et de 38% pour les personnes asymptomatiques, estime une étude menée par des chercheurs de Johns Hopkins.
  • Le test salivaire a une fiabilité comprise entre 50 à 60 % "et il faut que ce soit fait dans les meilleures conditions possibles : le matin, à jeun, sans s'être lavé les dents", précise la HAS.

Enfin, il y a un risque de transmettre le virus pendant la période d'incubation du virus, qui est très variable d'une personne à l'autre (entre 3 et 7 jours). Le risque de faux négatif est plus élevé pendant la période d'incubation.

Quel test choisir ?

Le test PCR, réalisé par prélèvement nasal, est le plus fiable. C'est la technique de référence pour le dépistage de l'infection au Covid-19, selon l'Assurance maladie. Les délais d'attente sont parfois longs et peuvent aller jusqu'à 3 jours dans certains laboratoires. Il est conseillé de le faire entre 24h et 48h avant une réunion familiale, voire même d'en réaliser deux à l'approche de l'échéance pour minimiser le risque de faux négatif. 

► Le test antigénique, également réalisé par prélèvement nasal notamment en pharmacie, apporte un résultat en moins de 30 minutes, mais est moins fiable que le test PCR. Ce test peut être pratiqué sur une personne asymptomatique (hors personne contact ou personne détectée au sein d'un cluster) ou sur une personne symptomatique, seulement si le test antigénique se déroule moins de 4 jours après l'apparition des premiers symptômes. Les personnes à risque privilégieront plutôt le test PCR, plus sensible et plus fiable.

Faut-il faire un auto-confinement avant les fêtes ?

Autre solution : l'auto-confinement préventif. Le Conseil Scientifique recommande l'auto-confinement préventif des personnes qui ont prévu de passer les fêtes de fin d'année avec des personnes à risque (anciens ou personnes fragiles). 

>> Chez les adultes, il s'agit de restreindre au maximum ses contacts une semaine avant le 24 ou le 31 décembre, en particulier pour ceux qui souhaitent passer des fêtes en famille. Ces derniers doivent être encouragés, s'ils le peuvent,

>> Chez les enfants, le gouvernement a indiqué laisser une tolérance aux familles qui le peuvent et qui le souhaitent d'élargir de 2 jours la période des vacances scolaires afin que l'auto-confinement de 1 semaine soit également possible pour les enfants. Il est donc recommandé de ne pas pénaliser les absences scolaires des 17 et 18 décembre.

Quelles mesures anti Covid pendant les fêtes ?

L'objectif est de limiter au maximum les risques de contamination pour les personnes qui vont célébrer ensemble les fêtes de fin d'année avec des membres extérieurs à leur foyer (avec lesquelles elles ne se sont pas confinées). Ainsi, pour réduire les risques de transmission, chaque foyer doit maintenir des règles sanitaires strictes :

  • Respecter les gestes barrières lors des rassemblements entre amis et des réunions familiales, comme maintenir une distance physique d'un mètre lorsque c'est possible, se laver les mains très régulièrement, éviter les embrassades et  la promiscuité pour minimiser les risques. Pas de bises pour se dire bonjour ou se remercier pour les cadeaux donc !
  • Aérer les espaces intérieurs 10 minutes toutes les heures (la durée d'aération dépend du volume de la pièce et du renouvellement de l'air)
  • Adapter le plan de table pour le repas, avec une jauge de 6 adultes maximum (sans compter les enfants), en espaçant les convives avec une distance plus importante pour les personnes présentant le plus de risques du fait de leur âge ou de comorbidités. La règle des 6 personnes est la recommandation du Premier ministre pour limiter les risques de contamination. Cette année, il faudra donc privilégier les repas en petit comité. Par exemple, faire plusieurs "petites" célébrations plutôt qu'une grande réunion familiale. 
  • Porter le masque jusqu'au moment où l'on mange, puis le remettre pour continuer à discuter entre deux plats et à la fin du repas
  • Nettoyer régulièrement les surfaces communes comme les poignées de porte et de tiroirs, les interrupteurs, la table à manger, les robinets et les sanitaires...
  • Préférer les portions individuelles plutôt que les grands plats familiaux et les couverts de service communs. 
  • Éviter de partager des objets : par exemple, mettre des piques sur les toasts pour éviter de les prendre avec la main, ne pas passer les plats mais privilégier le service par une seule personne.
  • Se laver les mains après avoir ouvert les paquets.
  • Réduire le temps passé ensemble et sortir à l'extérieur lorsque cela est possible

Sources : Note d'éclairage du Conseil Scientifique du 14 décembre 2020 // Fêtes de fin d'année : les recommandations sanitaires, Service Public, 10 décembre 2020.