Infarctus du myocarde : symptômes, causes, traitements

L'infarctus fait généralement référence à l'infarctus du myocarde, le muscle du cœur. Néanmoins, un infarctus peut toucher n'importe quel organe vascularisé du corps dès que la circulation artérielle qui "nourrit" les cellules de cet organe est interrompue. Définition, causes, symptômes, bons gestes... Zoom sur l'infarctus.

Qu'est-ce qu'un infarctus du myocarde ?

L'infarctus du myocarde (IDM), ou "crise cardiaque" dans le langage courant, est une mort des cellules du cœur suite à un défaut de vascularisation et donc d'oxygénation de ces cellules. Le plus souvent, un IDM est dû à l'obstruction brutale d'une artère coronaire par un caillot ("thrombus").  

Comment fonctionne le cœur ? Le cœur agit comme une "pompe", au sein de l'organisme. Il propulse le sang à travers l'organisme et joue donc un rôle moteur dans la circulation sanguine. Lors d'un infarctus du myocarde, une ou plusieurs  des artères vascularisant le cœur (artères coronaires) se bouche(nt). Le sang ne passe plus, et la zone du cœur normalement irriguée par cette artère se retrouve alors privée de sang. Si l'artère n'est pas rapidement désoccluse, une partie du tissu du muscle cardiaque "meurt".

Autres types d'infarctus

Infarctus cérébral

On parle ainsi d'infarctus cérébral, autre nom de l'accident vasculaire cérébral ischémique. 

Infarctus mésentérique

On parle d'infarctus mésentérique au niveau intestinal. 

Infarctus pulmonaire

Un infarctus pulmonaire concerne les poumons.

Infarctus osseux

Un infarctus osseux est une lésion au niveau du tissu osseux dont la cause est une obturation de l'artère qui assure son irrigation. 

Symptômes d'alerte d'un infarctus du myocarde

Environ 100 000 infarctus du myocarde surviennent environ chaque année en France. Chaque minute est importante pour pouvoir déboucher la ou les artères obstruées lors d'un infarctus.  Les personnes présentant un fort risque cardiovasculaire et leur entourage doivent avoir le réflexe de composer le 15 ou le 112 sur un portable, lorsque surviennent des symptômes évocateurs d'un infarctus.

La douleur thoracique est la manifestation caractéristique.

L'apparition d'une douleur thoracique représente la manifestation typique de l'infarctus du myocarde. Cette douleur intervient classiquement dans la poitrine, le cou, la mâchoire, l'épaule, le bras ou le dos. Elle apparaît brutalement. Elle ne disparaît pas au repos. Elle provoque l'étrange sensation de recevoir un poids ou une barre dans la poitrine. Elle peut ressembler à un "serrement" ("comme dans un étau") ou une forte pression. Son intensité varie d'un degré minime jusqu'à la violente douleur. 

Parmi les signes d'alerte d'un infarctus :

  • une oppression thoracique,
  • des difficultés à respirer,
  • des palpitations,
  • des troubles digestifs,
  • une fatigue persistante et un essoufflement à l'effort.

• Cas particulier : l'infarctus silencieux

L'infarctus peut aussi survenir sans douleur ou avec des symptômes atypiques (plus souvent le cas chez personnes âgées, en cas de diabète, et chez les femmes).

• Symptômes de l'infarctus chez la femme

Chez la femme, l'infarctus ne se manifeste pas toujours comme chez l'homme. La Fédération française de cardiologie rappelle que près de la moitié des femmes de moins de 60 ans, victimes d'un infarctus du myocarde n'ont pas ressenti de symptômes classiques.

Symptômes d'un arrêt cardiaque

Symptômes d'un malaise cardiaque

Prévalence

"On constate actuellement que la proportion de femmes de moins de 60 ans victimes d'IDM est en nette augmentation. Dans le registre français FAST-MI, elle est passée de 17% en 1995 à 29% en 2015. Ceci est en grande partie lié à l'augmentation des facteurs de risque dans cette population, notamment le tabagisme et l'obésité", détaille Stéphane Boulé, cardiologue spécialisé dans la prise en charge des anomalies du rythme cardiaque et membre de la Fédération Française de Cardiologie.

Diagnostic et prise en charge initiale

L'électrocardiogramme est le premier examen effectué en urgence par le SAMU en cas de suspicion d'infarctus du myocarde. Si celui-ci montre qu'une artère est totalement obstruée, c'est alors une course contre la montre qui s'engage pour la désocclure le plus rapidement possible (transfert immédiat pour effectuer une coronarographie le plus souvent suivie d'une angioplastie coronaire).  

Si l'artère n'est que partiellement obstruée, des médicaments sont administrés et d'autres examens seront effectués dans le service de soins intensifs cardiologiques pour juger du délai de réalisation de la coronarographie. Plus le traitement est débuté précocement, plus l'étendue de l'infarctus sera faible et meilleur sera le pronostic à court et long termes.

En cas de suspicion d'infarctus, il faut contacter en urgence le 15 ou le 112.

Que faire ?

Dès que le diagnostic d'infarctus est suspecté, il convient de contacter en urgence le 15 ou le 112. "C'est une urgence vitale. Plus la prise en charge est précoce, meilleur sera le pronostic. C'est dans les premières minutes que tout se joue", rappelle le Dr Boulé. Grâce à quelques réponses, le médecin régulateur du Samu pourra évaluer l'état médical du patient. Une équipe mobile vient alors sur place pour prendre en charge en urgence le patient et le conduire vers l'hôpital le plus proche.

Après un infarctus du myocarde : traitement à distance

Le traitement après un infarctus du myocarde (après le traitement à la phase aiguë qui vise la revasculariation) débute par un contrôle étroit des facteurs de risque cardio-vasculaires :

  • arrêt du tabagisme,
  • diminution du surpoids,
  • diminution du cholestérol,
  • équilibre strict de la tension artérielle ou du diabète.

Parallèlement, des médicaments sont systématiques : des bêtabloquants, de l'aspirine, une statine pour diminuer le taux de mauvais cholestérol ("LDL-cholestérol"), un inhibiteur de l'enzyme de conversion, et un dérivé nitré en spray à prendre en cas de survenue de nouveaux symptômes : l'éducation du patient est primordiale. Enfin, après l'infarctus, la réadaptation cardiaque est primordiale pour rééduquer le cœur à l'effort.

Complications d'un infarctus

Les complications de l'infarctus du myocarde sont de 2 ordres : celles survenant au moment de l'infarctus et celles survenant à distance, conséquences de la mort cellulaire d'une partie du muscle cardiaque. Au moment de l'infarctus, le risque le plus grave est le décès du sujet. Parallèlement, peuvent survenir des troubles du rythme cardiaque, un choc cardiogénique... Parmi les complications à distance, on retrouve également des troubles du rythme cardiaque, un risque de récidive de l'infarctus, mais surtout une insuffisance cardiaque chronique, complication principale à l'origine du retentissement sur la vie de l'individu. 

Prévention : prévenir un infarctus du myocarde

Afin d'éviter de faire un nouvel infarctus du myocarde, il faut diminuer les facteurs de risque :

  • maintenir une alimentation équilibrée,
  • pratiquer une activité sportive,
  • ne pas fumer,
  • éviter le surpoids,
  • prendre régulièrement ses médicaments,
  • respecter un suivi médical régulier.

"Dans la grande majorité des cas, même s'il s'agit en apparence d'un événement brutal, l'infarctus révèle un encrassement des artères du cœur (artères coronaires), qui s'est constitué très progressivement sur plusieurs années, sous l'influence des facteurs de risque cardiovasculaires", explique le Dr Boulé avant de lister d'autres facteurs de risque : hérédité, âge, hypertension artérielle, sédentarité, cholestérol trop élevé, etc.

Merci au Dr Stéphane Boulé, cardiologue spécialisé dans la prise en charge des anomalies du rythme cardiaque et membre de la Fédération Française de Cardiologie.

Infarctus du myocarde : symptômes, causes, traitements
Infarctus du myocarde : symptômes, causes, traitements

Sommaire Définition : infarctus du myocarde Types d'infarctus • Infarctus cérébral • Infarctus mésentérique • Infarctus pulmonaire • Infarctus osseux Symptômes d'alerte • Infarctus silencieux • Infarctus chez la...