Sédentarité : définition, conséquences, êtes-vous sédentaire ?

La sédentarité s'observe de plus en plus dans notre société : 70 % de la population passe plus de 8 heures par jour en position assise. Quels sont les chiffres en France ? Quelles sont les causes ? Les symptômes ? Comment lutter contre ? Réponses avec Benjamin Larras, chargé d'études à l'Observatoire national de l'activité physique et de la sédentarité.

Sédentarité : définition, conséquences, êtes-vous sédentaire ?
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Définition : qu'est-ce que la sédentarité ?

La sédentarité correspond au temps passé en position assise ou allongée dans la journée, hors temps de sommeil ; que ce soit sur le lieu de travail ou à l'école, lors des déplacements en transports motorisés (automobile, bus, trottinette électrique…), ou lors des loisirs (notamment devant les écrans). "La sédentarité est à différencier de l'inactivité physique : il s'agit du temps cumulé passé assis et/ou allongé en dehors du sommeil. On peut être physiquement actif, c'est-à-dire atteindre le seuil de pratique d'activité physique ou sportive recommandé (30 minutes par jour au moins 5 jours par semaine pour un adulte), mais être sédentaire", précise Benjamin Larras.

Quels sont les chiffres en France ? 

En France, le temps moyen pour un adulte en position assise est de 12 heures pour une journée de travail et de 9 heures pour une journée de repos. Chez les jeunes, les chiffres interpellent : presque tous les enfants et adolescents (77 %) dépassent aujourd'hui les recommandations (pas plus de 2 heures par jour) du temps face aux écrans. En moyenne, ils y passent 4 heures par jour. Cette durée augmente avec l'âge entre 3 et 17 ans, et elle est plus importante les jours sans école. Un chiffre sans doute inférieur à la réalité, les enquêtes étant déclaratives. Le confinement a amplifié ces chiffres déjà énormes. Au total, 62 % des enfants et 69 % des adolescents ont augmenté ce temps d'écrans durant cette période selon une enquête de l'Onaps. La sédentarité est considérée par l'OMS comme un problème de santé publique mondial : elle est le 4e facteur de risque de mortalité et progresse dans nombre de pays avec une incidence majeure sur la santé des populations. 

Quelles sont les causes de la sédentarité ? 

La sédentarité s'est petit à petit intégrée dans le quotidien de toute la population du fait de la place prépondérante des nouveaux outils technologiques et d'internet. De nouveaux modes de vie se sont créés tant dans la sphère professionnelle que personnelle : trajets domicile-travail/établissements scolaires avec une place importante des transports motorisés, travail de bureau, temps de loisirs derrière les écrans (jeux en ligne…).

Quels sont les symptômes de la sédentarité ?

Les signes de la sédentarité sont assez sournois, car les effets sont peu visibles à court terme. La position assise répétée dans la durée peut engendrer un mal de dos, des troubles musculo-squelettiques. Ces premiers signes peuvent alerter. Dans une interview du Pr François Carré, Professeur de physiologie cardiovasculaire et de l'exercice musculaire à la Faculté de médecine de Rennes, suite au Colloque "La Sédentarité dans tous ses états" de l'ONAPS en 2016, ce dernier insistait déjà sur le fait que "le concept de sédentarité est relativement nouveau, puisqu'autant on savait que l'activité physique, c'est bon pour la santé et que l'inactivité, c'est mauvais. Mais indépendamment de l'activité physique, des maladies sont plus fréquentes et sont la conséquence de situations où l'on est trop assis ou mal assis comme les phlébites ou les embolies pulmonaires". 

Quelles sont les conséquences de la sédentarité ? 

"Le seul fait d'être assis plus de 3 heures par jour est déjà responsable de 3,8 % des décès, toutes causes confondues et indépendamment du niveau d'activités physiques. Et le risque de mortalité augmente de façon plus marquée lorsqu'il dépasse 7 heures par jour", souligne Benjamin Larras. La littérature scientifique est assez riche sur le sujet, on constate que la sédentarité augmente le risque de développer de nombreuses pathologies chroniques : diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, cancers des poumons, de l'endomètre (utérus), du côlon… sans évoquer les conséquences sur la santé mentale (isolement, dépression…).

Comment lutter contre la sédentarité ?

L'ONAPS soutient depuis 2016 la réalisation du Report Card sur l'activité physique et la sédentarité de l'enfant et l'adolescent. Ce dernier est réalisé par un collectif national d'experts et il évalue au niveau national l'évolution de la place donnée à l'activité physique et à la lutte contre la sédentarité chez les plus jeunes. Il considère les principaux domaines d'action comme l'école, le rôle des fédérations sportives, l'impact de l'urbanisation et des collectivités. Ce travail permet entre autres de mettre en avant des recommandations sur la sédentarité. "Deux objectifs complémentaires dans ces recommandations : diminuer et fractionner le temps assis/allongé et diminuer le temps consacré aux écrans autant chez l'adulte que chez les enfants. Pour rappel, on recommande d'éviter l'exposition aux écrans chez les enfants de moins de 2 ans, limiter à 1 heure par jour chez les 2-6 ans et 2 heures par jour chez les plus de 6 ans", souligne Benjamin Larras.

Sensibiliser la population aux chiffres clés et aux conséquences de la sédentarité sont les enjeux de la lutte

La sensibilisation de la population aux chiffres clés et leur information sur les conséquences de ces comportements sont les enjeux de la lutte contre la sédentarité tant au niveau des salariés, des parents, des établissements scolaires et des entreprises. "Il faut introduire dans le quotidien des activités pour rompre avec la position assise prolongée (en faisant quelques minutes de marche et d'étirements au moins toutes les heures), en plus des exercices physiques, que ce soit au travail (ou en télétravail), à l'école ou au domicile. Il faut intégrer ces comportements dans une démarche individuelle et collective comme par exemple inciter les déplacements dans les bureaux (photocopieuse au fond d'un couloir, téléphoner en marchant, utiliser si possible des postes de travail actif comme des pédaliers ou encore descendre une station de bus avant celle habituelle pour marcher, faire se déplacer les élèves entre les cours… Bref, il faut augmenter la mise en mouvements dans toutes les situations du quotidien", note Benjamin Larras. L'ONAPS met à disposition sur son site internet des outils de sensibilisation de type posters, infographies ou vidéos. 

Merci à Benjamin Larras, chargé d'études à l'ONAPS (Observatoire national de l'activité physique et de la sédentarité) à Clermont-Ferrand.

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