TMS : causes, exemples, comment les soigner ?

Les troubles musculo-squelettiques (TMS) ont un impact considérable sur la qualité de vie et la performance en entreprise. Quels sont les symptômes ? Les causes ? La prévention ? Éclairage avec le Dr Marc Rozenblat, médecin du sport, président du Syndicat National des Médecins du Sport Santé.

TMS : causes, exemples, comment les soigner ?
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Définition : c'est quoi un TMS ?

Un trouble musculo-squelettique (TMS) est une pathologie concernant les muscles, les articulations et les os d'un individu dont le corps est soumis à une pression, souvent professionnelle, trop importante. Les TMS atteignent les muscles, les tendons, et les nerfs des membres supérieurs et inférieurs au niveau du poignet, des épaules, du coude ou des genoux et provoquent par exemple de nombreuses tendinopathies professionnelles. Les TMS provoquent des douleurs et une gêne dans les mouvements pouvant entraîner un handicap sérieux dans la vie professionnelle et dans la vie privée. Toutes les sociétés sont concernées par ces pathologies. 

Exemples : quels sont les troubles musculo-squelettiques ?

Selon le rapport annuel 2017 de l'Assurance Maladie sur les risques professionnels, 30% des TMS concernent l'épaule, 22% le coude, 38% la main, le poignet et les doigts, 7% le dos, 2% le genou et 0% la cheville et le pied. Les troubles musculo-squelettiques les plus fréquents sont :

  • Le syndrome du canal carpien au poignet (38%)
  • Le syndrome de la coiffe des rotateurs à l'épaule (30%)
  • L'épicondylalgie latérale au coude (22%)
  • Les lombalgies (7%)

Quels sont les chiffres des TMS en France ?

Les TMS représentent la première cause de maladies professionnelles indemnisées en France.

  • 87% des maladies professionnelles sont reconnues par le régime général (44 492 cas en 2019).
  • Le mal de dos représente 20% des accidents de travail.
  • 30% des arrêts de travail sont dus à un TMS et l'arrêt moyen est de 2 mois.
  • 22 millions de journées de travail perdues à cause des TMS et du mal de dos.
  • 7 secteurs représentent plus d'un tiers (35%) des TMS : transport et logistique, commerce, agroalimentaire, bâtiment et travaux publics (BTP), propreté, industrie métallurgique, aide et soins à la personne notamment au sein des Ehpad (Source Ameli.fr).

Quels sont les symptômes d'un TMS ?

Les troubles musculo-squelettiques se définissent par :

  • Des raideurs
  • Des lourdeurs articulaires qui ne sont pas soulagées au repos
  • Une gêne fonctionnelle.

Quelles sont les causes d'un TMS ?

Les TMS résultent d'une hypersollicitation des tissus péri-articulaires, d'un manque d'hydratation et d'un manque de récupération.

Les TMS peuvent être la conséquence de mouvements répétitifs ou réalisés de manière inappropriée par rapport aux capacités de l'individu. Différents facteurs entrent en jeu dans l'apparition des troubles musculo-squelettiques : environnement de travail physique mais aussi ambiance de travail, mauvaises postures répétées, port de charges lourdes, reconnaissance, éléments propres à l'individu (âge, sexe, pathologies associées...). Autrement dit, "les TMS résultent d'une hypersollicitation des tissus péri-articulaires, d'un manque d'hydratation et d'un manque de récupération. Si on n'hydrate pas suffisamment nos tissus et qu'on ne les draine pas, ils vont produire plus facilement des déchets métaboliques qui vont s'accumuler dans le corps, ce qui va entretenir les douleurs tendineuses, musculaires, ligamentaires et articulaires. Pour que l'hydratation soit efficace, il faut boire en petites quantités parce qu'on n'a pas de réservoir : quand on boit trois gorgées d'eau, les deux premières servent à lutter contre les TMS et la troisième ne sert à rien, elle va donc directement être éliminée dans les urines. En pratique, il faut boire deux gorgées d'eau très fréquemment, quasiment toutes les demi-heures, et toutes les dix minutes lorsqu'on pratique une activité sportive", développe le Dr Marc Rozenblat.  

Quels sont les facteurs favorisants les TMS ?

Les facteurs favorisant les TMS sont multiples :

Les facteurs biomécaniques :

  • gestes répétés,
  • travail statique,
  • vibrations fréquentes (notamment chez les routiers et chauffeurs de bus). 

Les facteurs environnementaux :

  • le froid,
  • le bruit
  • un mauvais éclairage

Les facteurs psychosociaux :

  • un travail stressant, insatisfaisant, réalisé dans de mauvaises conditions,
  • de mauvaises relations entre collègues.

Les facteurs individuels :

  • l'âge,
  • la fragilité physique
  • la fragilité psychologique. 

Comment est posé le diagnostic d'un TMS ?

"Le diagnostic d'un TMS repose sur l'interrogatoire du patient et l'examen de l'aspect des tissus. Trois critères doivent être réunis pour parler d'un TMS : une douleur à l'étirement, une douleur à la contraction et une douleur à la palpation de la zone. Si un seul de ces éléments est manquant, alors il ne s'agit pas d'un TMS", indique le médecin du sport.

Quels sont les traitements d'un TMS ?

La plupart des TMS sont soignés par la mise au repos puis, en fonction du diagnostic et de la lésion, par la prescription de médicaments contre la douleur (antalgiques, anti-inflammatoires). Dans certains cas, des infiltrations peuvent être proposées. "La physiothérapie, les massages et la rééducation (notamment avec des ondes de choc) sont souvent préconisées en complément. D'autres traitements aident au processus de cicatrisation. C'est le cas de l'acide hyaluronique utilisé en intra-articulaire et en péri-articulaire, ainsi que des traitements par plasma riche en plaquettes que l'on va déposer sur la zone abimée pour stimuler les cellules du voisinage et les inciter à refaire exactement les mêmes tissus", précise le spécialiste. 

Comment prévenir les TMS ?

La prévention des TMS repose sur la réduction des facteurs favorisants. Cela passe notamment par le fait de veiller à sa posture, d'éviter les gestes répétitifs et de limiter les contraintes exercées sur l'appareil locomoteur. "En parallèle, la pratique d'une activité physique, à raison de trente minutes par jour, permet d'entretenir la souplesse articulaire, d'entretenir la tonicité musculaire, l'intellect et par conséquent, d'éviter les TMS", insiste le Dr Marc Rozenblat. 

Merci au Dr Marc Rozenblat, médecin du sport, président du Syndicat National des Médecins du Sport Santé

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