Arrêt cardiaque : premiers signes, cause, que faire ?

L'arrêt cardiaque (aussi appelé arrêt cardiorespiratoire) est responsable du décès de près de 50 000 personnes chaque année en France. Il est important de connaître les premiers signes. Définition, cause d'un arrêt cardiaque, que faire pour "sauver une personne", chances de survie, séquelles... Tout savoir.

Arrêt cardiaque : premiers signes, cause, que faire ?
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Un arrêt cardiaque (aussi appelé arrêt cardiorespiratoire, arrêt cardio-ventilatoire ou mort subite de l'adulte) correspond à une perte de connaissance immédiate et à un arrêt de la respiration ou des respirations lentes et anarchiques. Sans prise en charge, l'arrêt cardiaque mène au décès en quelques minutes. En France, chaque année, ce sont 50 000 personnes qui meurent prématurément d'un arrêt cardiaque, rapporte la Fédération Française de Cardiologie. La cause principale d'un arrêt cardiaque est une fibrillation ventriculaire, l'une des complications de l'infarctus du myocarde. Mais un arrêt cardiaque peut survenir après un traumatisme (accident de ski par exemple), une overdose, une intoxication alimentaire... Quels sont les premiers signes d'un arrêt cardiaque ? Comment sauver une personne qui fait un arrêt cardiaque ? Quelles sont les chances de survie ?

Définition : qu'appelle-t-on un arrêt cardiaque ?

Un arrêt cardiorespiratoire (AC) ou arrêt cardio-ventilatoire, plus communément appelé arrêt cardiaque, mais également mort subite de l'adulte se manifeste par une perte de connaissance immédiate de la personne qui arrête de respirer ou qui présente des mouvements respiratoires lents, bruyants et anarchiques. Il s'agit d'un dysfonctionnement électrique du rythme cardiaque. Urgence absolue, il nécessite des soins en urgence, notamment une réanimation cardio-pulmonaire. Sans prise en charge immédiate, l'arrêt cardiaque peut être mortel dans 90% des cas. 

Est-ce la même chose qu'une crise cardiaque ?

Dans le langage courant, on entend souvent les deux. Or, ce n'est pas la même chose.

► Une crise cardiaque se produit lorsque l'apport sanguin à une partie du cœur est interrompu par l'obstruction d'une artère coronaire (artère du cœur). Elle survient quand l'artère coronaire se trouve soudainement fermée ou bloquée par un caillot de sang. 

Un arrêt cardiaque est un problème d'origine électro-physiologique : le cœur se contracte de façon anarchique (fibrillation ventriculaire) et ne peut plus pomper correctement le sang. 

Sans prise en charge immédiate, plus de 90 % des arrêts cardiaques sont fatals. 7 fois sur 10, ils surviennent devant témoin, mais moins de 20 % de ces témoins font les gestes de premiers secours.

Quels sont les premiers signes d'un arrêt cardiaque ?

Si la cause est un infarctus du myocarde (cause la plus fréquente), l'arrêt cardiaque se manifeste par des symptômes avant-coureurs relativement spécifiques, qui surviennent dans les jours ou les heures qui précèdent :

  • Une douleur dans la poitrine intense et "en étau", derrière le sternum (sensation d'oppression), qui apparaît lors d'effort, durant une séance de sport ou lors d'une activité de la vie quotidienne ou en montant des escaliers par exemple peut également annoncer la survenue d'un infarctus.
  • Des douleurs intermittentes qui peuvent s'étendre vers le cou, la mâchoire, l'épaule, le bras, le dos
  • Un essoufflement d'effort et des difficultés respiratoires qui s'intensifient de plus en plus jusqu'à l'arrêt cardiaque
  • Des pertes de connaissance ou des étourdissements
  • Parfois, des épisodes de nausées, de hoquet, des sueurs
  • Des palpitations
  • Un malaise général

>> UN ARRET CARDIAQUE PEUT AUSSI SURVENIR BRUTALEMENT, donc sans signes avant-coureurs

Comment reconnaître une personne qui fait un arrêt cardiaque ?

  • La personne perd connaissance et tombe
  • Elle ne réagit pas quand on lui parle ou quand on la stimule.
  • Elle ne respire pas ou les mouvements respiratoires sont inefficaces, lents, bruyants et anarchiques (= gasps).

>> IL FAUT AGIR IMMEDIATEMENT

Quelle est la cause d'un arrêt cardiaque ?

La cause d'un arrêt cardiaque est électro-physiologique : il s'agit d'un dysfonctionnement électrique du rythme cardiaque. Dabs 90% des cas, l'arrêt cardiaque est une fibrillation ventriculaire : lors d'un arrêt cardiaque, les battements cardiaques se désynchronisent. Le cœur ne peut plus assurer son rôle de pompe et n'arrive plus à irriguer correctement les organes vitaux de l'organisme. Il peut être provoqué par plusieurs choses :

Schéma d'un infarctus
Schéma d'un infarctus © maniki - stock.adobe.com
  • Un infarctus du myocarde : L'arrêt cardiaque est dans la majorité des cas dû à un trouble du rythme cardiaque appelé fibrillation ventriculaire. C'est souvent une complication de l'infarctus du myocarde.
  • Un traumatisme
  • Une asphyxie
  • Une noyade
  • Une hypothermie
  • Une électrocution
  • Une intoxication
  • Une overdose
  • Une insuffisance respiratoire aiguë

Quelles sont les personnes les plus à risque de faire un arrêt cardiaque ?

Les personnes qui présentent le plus de risques d'arrêt cardiaques sont :

  • Les personnes qui ont déjà eu une crise cardiaque (infarctus du myocarde)
  • Les personnes qui souffrent d'insuffisance cardiaque
  • Les personnes qui ont survécu à un arrêt cardiorespiratoire antérieur
  • Les personnes qui ont des antécédent familiaux d'arrêt cardiorespiratoire
  • Les personnes qui ont une fraction d'éjection (proportion de sang éjectée du cœur à chaque battement) anormalement basse.

Que faire pour "sauver" une personne victime d'un arrêt cardiaque ?

Gestes en cas d'arrêt cardiaque
Gestes en cas d'arrêt cardiaque © Fédération française de Cardiologie

Sans prise en charge immédiate, plus de 90% des arrêts cardiaques sont fatals. Pris en charge à temps, le cœur peut repartir et l'arrêt cardiaque ne sera pas fatal. 1 minute gagnée, c'est 10 % de chance de survie en plus !

Dès l'apparition des symptômes, il ne faut pas perdre de temps et avant toute chose, placer la victime dans une zone sécurisée, pour elle comme pour vous :

► APPELER LE 15 (SAMU) pour prévenir les secours et bénéficier d'une prise en charge médicale en urgence.

  • Décrire ce qu'on a vu et l'état de la victime : elle est inconsciente, elle ne respire pas...
  • Répondre aux questions qui vous sont posées.
  • Donner l'adresse précise du lieu où se trouve la victime.
  • Dire ce qui a été fait ou ce qui est fait : "on l'a étendue, on a commencé le massage cardiaque"...
  • Ne pas raccrocher avant que l'opérateur du SAMU ne le précise.

MASSER . Commencer immédiatement le massage cardiaque (gestes de premiers secours) : 120 compressions par minute, soit 2 par seconde.

  • Allonger la victime sur le dos et se mettre à genoux contre la victime, sur le côté.
  • Positionner les mains l'une sur l'autre, au milieu du thorax, les bras bien tendus.
  • Appuyer de tout son poids, bien au-dessus : ce ne sont pas les bras ni les mains qui appuient mais tout le corps. Ce sont des pressions fortes : enfoncer les mains de 5 à 6 cm dans la poitrine et relâcher complètement le thorax entre chaque compression.
  • Effectuer les pressions sur un rythme régulier, 2 par seconde (120 par minute). Si vous avez été formé, vous pouvez pratiquer des insufflations (bouche-à-bouche) au rythme de 2 insufflations toutes les 30 compressions.
  • Poursuivre le massage cardiaque jusqu'à ce que le défibrillateur vous ordonne d'arrêter ou jusqu'à l'arrivée des secours.

DEFIBRILLER. Si d'autres personnes sont présentes, leur demander de s'informer : et si un défibrillateur est disponible, il faut aller le chercher sans tarder. Très simple d'utilisation, cet appareil guide vocalement, étape par étape, et garantit une utilisation sans risque.

  • Les défibrillateurs sont disponibles dans plusieurs lieux publics : centres sportifs, galeries commerciales, mairies, places du marché, pharmacies, entreprises...
  • Si on dispose d'un défibrillateur automatisé externe, on l'utilise immédiatement.
  • S'il n'y en a pas à proximité, on masse sans s'arrêter jusqu'à l'arrivée du défibrillateur et/ou des secours.

Ensuite, le SAMU prend le relai et continue la réanimation pendant le transport. La victime est admise dans un service de réanimation ou de soins intensifs en cardiologie. La cause de l'arrêt cardiaque est recherchée grâce à plusieurs tests (électrocardiogramme, échocardiogramme...)

Comment pose-t-on le diagnostic d'un arrêt cardiaque ?

Un électrocardiogramme (ECG) est un test qui étudie le fonctionnement du cœur en mesurant son activité électrique. En cas d'arrêt cardiaque, l'ECG montre un tracé plat, ce qui signifie qu'il n'y a plus d'activité électrique dans le cœur et donc plus de battement cardiaque.

Plusieurs examens permettent de connaître son risque d'arrêt cardiorespiratoire :

  • Electrocardiogramme (ECG)
  • Echocardiogramme
  • Radiographie thoracique
  • Epreuve d'effort

Quelles sont les séquelles d'un arrêt cardiaque ?

Lors d'une fibrillation ventriculaire, le cerveau souffre très rapidement : il n'est pas alimenté en oxygène car le sang ne circule plus. Au-delà de 5 minutes d'arrêt du cœur, si on ne fait rien, les lésions cérébrales sont irréversibles, puis c'est le décès.  Les séquelles après un arrêt cardiaque dépendent en grande partie de la cause de l'arrêt et du délai de prise en charge. Elles concernent principalement des séquelles neurologiques et un risque d'état végétatifs chroniques. Des séquelles traumatiques (cotes cassées) sont aussi fréquentes et dépendent de l'intensité des manœuvres de réanimation. 

Quelles chances de survie après un arrêt cardiaque ?

Il faut savoir que si aucun geste de réanimation n'est pratiqué dans les huit minutes pour faire repartir le cœur, les chances de survie sont quasi nulles. Le taux de survie à un arrêt cardiaque en France est de 5 % ; il est 4 à 5 fois plus élevé dans les pays où les lieux publics sont équipés en défibrillateurs automatisés externes et la population formée aux gestes qui sauvent. Depuis mai 2007, la loi autorise tout citoyen à utiliser un défibrillateur.

Comment prévenir les rechutes d'arrêt cardiaque ?

Faire contrôler régulièrement son cœur par son cardiologue 

► Respecter les traitements prescrits par le médecin contre les facteurs de risque : diabète, obésité, cholestérol, hypertension artérielle...

► Adopter une bonne hygiène de vie  : ne pas fumer, éviter l'alcool, avoir une alimentation équilibrée et pratiquer une activité physique régulière (après l'avis de son médecin).

Encourager sa famille à se faire dépister : en cas d'antécédents familiaux de maladies cardiaques, une surveillance régulière s'impose.

► Adopter le tiercé gagnant pour votre cœur : 0-5-30. C'est-à-dire 0 cigarette, 5 fruits et légumes par jour et 30 minutes d'activité physique au quotidien.