Caillot sanguin : symptômes, en combien de temps il se forme ?

Un caillot sanguin, également appelé thrombus, correspond à un amas de sang coagulé qui interrompt la circulation sanguine dans une partie de l'organisme. Causes, symptômes, complications, traitements... Éclairage avec le Dr Jean-Pierre Laroche, médecin vasculaire.

Caillot sanguin : symptômes, en combien de temps il se forme ?
© peterschreiber.media - stock.ado

Définition : c'est quoi un caillot sanguin ?

Le caillot de sang, caillot sanguin ou thrombus est un petit agglomérat visqueux, essentiellement composé de fibrine (protéine sanguine). En temps normal, le caillot permet de stopper l'hémorragie grâce au processus d'hémostase. Mais il arrive que ce système se déséquilibre et qu'un caillot vienne obstruer une veine ou une artère, entravant la circulation sanguine. Surviennent alors des complications comme l'embolie pulmonaire, la phlébite, l'infarctus du myocarde ou l'AVC. 

Schéma de la formation d'un caillot sanguin
Schéma de la formation d'un caillot sanguin © Alila Medical Media - stock.adobe / Journal des Femmes

En combien de temps un caillot de sang se forme-t-il ?

"Un caillot sanguin se forme en quelques secondes à quelques heures dans une artère périphérique, dans le cœur, notamment chez les patients qui présentent une arythmie ou une fibrillation auriculaire, ou dans une veine suite à la lésion d'un vaisseau sanguin", indique le Dr Jean-Pierre Laroche.

Causes : qu'est-ce qui provoque un caillot de sang ?

Certains facteurs de risque favorisent l'apparition d'un caillot de sang

Généralement, un caillot se forme à la suite d'une plaie grâce au processus de coagulation sanguine. Le caillot sert à colmater la plaie et à stopper l'hémorragie. Une fois son rôle achevé, il est normalement détruit par des enzymes. S'il n'est pas détruit (ex. : enzymes insuffisantes), le caillot peut devenir pathologique. Emporté par la circulation sanguine, il peut obstruer un vaisseau sanguin du corps (on parle de thrombose) et causer des dégâts plus ou moins graves : phlébite, accident vasculaire cérébral (AVC), embolie pulmonaire... Certains facteurs de risque favorisent l'apparition d'un caillot de sang :

  • l'insuffisance veineuse qui se traduit par un mauvais retour veineux et se manifeste le plus souvent par l'apparition de varices et la sensation de jambes lourdes ;
  • une anomalie de la coagulation sanguine appelée thrombophilie ;
  • une immobilité des membres inférieurs (après une intervention, pendant un long voyage) ;
  • la prise de certains médicaments comme la pilule contraceptive ou les corticoïdes ;
  • la grossesse
  • l'obésité
  • le tabagisme.

"Dans tous les cas, il y a toujours un facteur déclenchant qui va favoriser l'apparition du thrombus. La formation d'un thrombus est toujours dangereuse, avec un pronostic qui peut s'avérer grave", commente le spécialiste.

Schéma de formation d'un caillot sanguin
Schéma de formation d'un caillot sanguin © logo3in1 - stock.adobe.com / Journal des Femmes

Quels sont les symptômes d'un caillot sanguin ?

Les symptômes d'un caillot sanguin dépendent de sa localisation :

  • Phlébite : douleur au mollet, œdème, augmentation de la température cutanée, une dilatation des veines superficielles. 
  • Embolie pulmonaire : difficultés à respirer (dyspnée), essoufflement, douleur thoracique qui augmente à l'inspiration.
  • Infarctus du myocarde : une douleur persistante dans la poitrine qui irradie dans le sternum, dans le dos, dans la mâchoire et dans le bras gauche. Chez la femme, les symptômes sont essentiellement digestifs : brûlures d'estomac, nausées, vomissements. 
  • AVC : troubles de la parole, déformation de la bouche, faiblesse d'un côté du corps, maux de tête, troubles de l'équilibre, baisse de vision. 

Quelles sont les conséquences d'un caillot sanguin ?

Une thrombose veineuse non traitée peut se compliquer d'une embolie pulmonaire. Une thrombose artérielle peut quant à elle provoquer un infarctus du myocarde, un accident vasculaire cérébral (AVC) ou une ischémie aigue pouvant contraindre à l'amputation d'un membre lorsqu'elle se produit au niveau des artères des membres inférieurs. "Plus tôt la thrombose est prise en charge, meilleur sera le pronostic. Les patients souffrant d'arythmie sont tous sous anticoagulants parce que le fait de battre irrégulièrement favorise la formation de caillots dans le cœur qui peuvent partir n'importe où, mais surtout dans la tête. La mise en place de ce traitement va permettre d'éviter que le caillot se forme et de prévenir sa migration", tient à préciser le médecin vasculaire.

Quels examens permettent de voir un caillot sanguin ?

Le diagnostic d'une thrombose veineuse ou artérielle est d'abord suspecté à l'examen clinique. Il est confirmé par l'imagerie médicale :

  • un écho-doppler pour une phlébite dans les jambes ;
  • un angioscanner pour une embolie pulmonaire ;
  • un angioscanner ou une IRM cérébrale pour le cerveau ;
  • une échocardiographie ou un angioscanner pour le cœur ;
  • l'écho-doppler ou l'artériographie pour les artères des membres inférieurs.

Comment se débarrasser d'un caillot de sang ?

Le traitement repose sur l'administration d'antiagrégants plaquettaires (Aspirine, Clopidogrel).

Le traitement pour se débarrasser d'un caillot de sang est fonction de sa localisation : dans une veine ou dans une artère. En cas de thrombose veineuse, qui peut conduire à l'embolie pulmonaire, des anticoagulants vont être prescrits. "Contrairement à ce que l'on pourrait penser, les anticoagulants (héparine de bas poids moléculaire, l'héparine, anticoagulants oraux directs (AOD), anti-vitaminiques K) n'ont pas pour vocation de détruire le caillot de sang mais de le fixer pour éviter qu'il ne s'étende et migre vers les poumons", nuance le Dr Jean-Pierre Laroche. Autrement dit, ils stoppent l'évolution du thrombus mais ne le font pas disparaître. En cas de thrombose artérielle, le traitement repose sur l'administration d'antiagrégants plaquettaires (Aspirine, Clopidogrel). "Exceptionnellement, un fibrinolytique peut être prescrit pour détruire le thrombus mais ce médicament est associé à un risque hémorragique majeur. Dans certains cas, une intervention chirurgicale appelée embolectomie peut se révéler nécessaire pour retirer le caillot obstruant le vaisseau sanguin, notamment chez un patient qui présente un trouble du rythme cardiaque", continue-t-il.

Merci au Dr Jean-Pierre Laroche, médecin vasculaire

Veines et Circulation