AVC sylvien : signes, traitement, séquelles

L'AVC sylvien correspond à l'atteinte cérébrale liée à l'obstruction de l'artère sylvienne située dans le cerveau. Compte tenu des séquelles irréversibles qu'il peut entraîner, il s'agit d'une urgence médicale absolue. Causes, symptômes, diagnostic, traitements… Le point avec le Dr Annaik Feve, neurologue.

AVC sylvien : signes, traitement, séquelles
© Rocketclips inc

Définition : qu'est-ce qu'un AVC sylvien ?

Un accident vasculaire cérébral (AVC) désigne un trouble neurologique d'origine vasculaire secondaire à la formation d'un thrombus (caillot). Lorsque l'AVC concerne l'artère sylvienne, qui constitue l'une des principales artères du cerveau, on parle d'AVC sylvien. Il existe deux artères sylviennes, chacune localisée sur un côté du cerveau. Leur rôle consiste à irriguer plusieurs zones cérébrales. "L'artère sylvienne amène à tout un territoire cérébral, on parle de "territoire sylvien". Il faut imaginer une terre qui serait irriguée par un fleuve (l'artère sylvienne). Ce territoire est très important puisqu'il commande à la fois certains mouvements et la parole quand il s'agit de l'hémisphère dominant", commente le Dr Annaik Feve, neurologue.

AVC sylvien gauche ou droit ?

L'AVC sylvien peut toucher l'artère sylvienne gauche ou l'artère sylvienne droite, chacune étant responsable de la motricité du côté opposé du corps. Ainsi, si c'est l'artère gauche chez des patients dont c'est l'hémisphère dominant (droitiers) qui est touchée, les symptômes se manifesteront du côté droit du corps et par un trouble du langage. 

AVC sylvien superficiel ou profond : quelles différences ?

La terminologie AVC sylvien superficiel ou AVC sylvien profond désigne le territoire sylvien qui est atteint : il peut être plus superficiel ou plus profond dans le cerveau. Il s'agit simplement d'une localisation. En réalité, c'est l'importance de l'obstruction et du retentissement sur le cerveau qui détermine la gravité de la situation. "La différence entre ces deux dénominations réside principalement dans les dommages occasionnés. L'accident vasculaire sylvien superficiel entraîne davantage de troubles de la parole puisqu'il se situe dans une zone qui commande la parole. L'accident vasculaire sylvien profond entraîne une perte de force parce que les structures chargées de commander les mouvements dont il est composé vont être coupés", précise la neurologue. 

Quels sont les signes cliniques ?

Un AVC sylvien se manifeste par des troubles de la vision, une hémiplégie (paralysie de la moitié du corps) et une aphasie (trouble du langage). "Comme dans tout accident vasculaire cérébral, l'apparition de signes neurologiques est brutale. Lorsque l'AVC touche l'artère sylvienne, les signes sont caractéristiques de l'atteinte du territoire sylvien, qui est responsable de la motricité du corps de l'autre côté", indique le Dr Annaik Feve. Autrement dit, le territoire sylvien gauche du cerveau est responsable de la partie droite des mouvements du corps, il peut donc y avoir une paralysie du bras droit, de la jambe droite voire du côté droit de la face. Il peut également y avoir une perte de sensibilité dans ces zones-là. Autre particularité liée à l'AVC sylvien, une perte de langage peut survenir puisque le territoire sylvien est en grande partie celui du langage. "Cela ne concerne généralement que l'hémisphère dominant, ce qui signifie qu'une personne droitière qui fait un accident vasculaire sylvien gauche présente un risque d'avoir un trouble de la parole. Lorsque l'AVC sylvien est trop gros, un trouble de la conscience peut apparaître", continue-t-elle. Enfin, de petits AVC transitoires, pendant quelques minutes peuvent survenir et doivent faire consulter en urgence, car ces signes sont précurseurs d'un AVC "constitué" c'est-à-dire avec des signes permanents. 

Quelles sont les causes ?

L'AVC sylvien survient suite à l'obstruction d'un vaisseau. Cette obstruction peut avoir différentes causes : soit c'est un caillot qui est monté du cœur et qui bloque la circulation du cerveau et par conséquent l'artère sylvienne, soit c'est l'artère sylvienne elle-même qui est "encrassée" par des dépôts d'athérome (accumulation de graisse sur la paroi interne des artères). L'obstruction de la carotide peut également entraîner un AVC sylvien puisque l'artère sylvienne est le principal affluent de la carotide, elle va se boucher secondairement. 

Quand et qui consulter ?

Quand on constate un début d'AVC, dès l'apparition du moindre trouble du langage, de faiblesse ou de sensations anormales dans un hémicorps, il est impératif d'appeler le SAMU (15). C'est une urgence neurologique absolue. "Il faut savoir que l'on peut déboucher plus facilement le vaisseau obstrué dans l'heure qui suit la survenue de l'AVC. Au bout de 3 heures, c'est déjà plus compliqué, et au bout de 6 heures cela devient impossible. L'intervention qui consiste à injecter un produit dans les vaisseaux pour dissoudre ce caillot s'appelle une thrombolyse", affirme la spécialiste. 

Quel est le diagnostic ?

En présence de signes évocateurs d'un AVC, le diagnostic est confirmé par l'imagerie cérébrale, scanner ou IRM.  

Quel est le traitement ?

L'AVC sylvien nécessite une prise en charge en urgence. Une thrombolyse est effectuée pour lever le caillot. Dans un deuxième temps, les patients ayant des séquelles vont suivre une rééducation pour essayer de retrouver la marche et la parole. Par la suite, une prévention dite secondaire est instaurée pour éviter une récidive de l'AVC sylvien. "Elle repose sur la prise d'antiagrégants plaquettaires (Aspirine par exemple) qui diminuent le risque de faire des caillots. Des anticoagulants peuvent également être prescrits, cela dépend de l'origine de l'AVC sylvien, à savoir si c'est le cœur qui a envoyé le caillot ou si ce sont les vaisseaux de la tête qui se sont bouchés spontanément. La plupart du temps, des médicaments contre le cholestérol sont aussi administrés, même si les patients n'ont pas d'hypercholestérolémie", détaille la spécialiste. 

Quelles sont les séquelles ?

En dépit du fait que d'autres territoires voisins vont prendre le relais pour reconnecter les informations les unes avec les autres, il y a malheureusement très souvent des séquelles. "Plus la taille de l'AVC est grande, plus le risque de séquelles et de décès est important", souligne le Dr Annaik Feve. Celles-ci peuvent être permanentes ou récupérées au bout de quelques mois voire quelques années. Les principales séquelles sont des déficits moteurs et sensitifs du bras et de la face, des troubles de la parole et des troubles de la vision. 

Merci au Dr Annaik Feve, neurologue.

Neurologie