Variant anglais : en France, symptômes, contagiosité, cas contact...

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"Variant anglais : en France, symptômes, contagiosité, cas contact..."

Le variant anglais représente plus de 80% des tests positifs criblés à la Covid-19 en France. Ce variant est associé possiblement à une forme plus sévère de la maladie, à un plus haut risque d'hospitalisation et à une mortalité plus élevée. Quels symptômes ? Chez les jeunes ? Dans quelles régions est-il surtout présent ? Carte et infos à date.

[Mise à jour le vendredi 9 avril à 16h54] Le variant anglais du nouveau coronavirus, ou VOC 202012/01 ou B.1.1.7, a fait parler de lui pour la première fois le 20 septembre 2020 dans le Kent, en Angleterre. Mais c'est le 14 décembre 2020 que les autorités du Royaume-Uni l'ont notifié à l'OMS. Il est aujourd'hui présent dans toutes les régions de France. L'analyse des résultats des tests de criblage des variants considérés comme "préoccupants" (ce qui est le cas du variant anglais) montre qu'il est présent dans 81.9% des tests positifs Covid en semaine 13 (29 mars-4 avril), toujours en hausse alors que les cas de variants sud-africain et brésilien se stabilisent autour de 4%, indique Santé Publique France le 8 avril. "Ce variant est associé à une transmissibilité accrue (de 36 à 75%) et possiblement à une forme plus sévère de la maladie, à un plus haut risque d'hospitalisation et à une mortalité plus élevée" rappelle-t-elle. La diffusion de ce variant semble devenir plus homogène au sein de la population. Dans le monde, au 30 mars 2021, le variant anglais a été rapporté dans 130 pays par l'OMS. Que sait-on de lui ? Infos.

Variant anglais : quel est son nom ?

Le nom du variant anglais est VOC-202012/01. VOC signifie "Variant of concern", ce qui veut dire que le variant est reconnu mondialement comme étant associé à des changements dans la gravité des symptômes, la réponse des anticorps ou l'efficacité du vaccin aux yeux de l'OMS. Avant de s'appeler VOC-202012/01, le variant anglais était nommé VUI-202012/01. Pourquoi ? VUI signifie "Variant under investigation", c'est-à-dire que les autorités sanitaires le surveillaient mais que son importance n'était pas encore définie. Le variant anglais est aussi appelé B.1.1.7 car il appartient à la "lignée "B.1.1.7". c'est à dire à une branche particulière du virus SARS-CoV-2.

Quelles sont les caractéristiques du variant anglais ? 

Il est né d'une mutation du Sars-Cov-2, le virus de la Covid-19. Son origine n'est pas clairement établie. Il fait partie de la famille des virus ARN, "des virus dont on sait qu'ils varient beaucoup", explique le professeur de virologie Vincent Maréchal, contacté par Le Journal des Femmes. Le virus du Covid-19 est composé d'une séquence génétique de 30 000 nucléotides. Pour infecter de nouvelles cellules, il se réplique, "c'est à ce moment que peuvent survenir les erreurs dans son patrimoine génétique. Comme s'il y avait des fautes de frappe dans une recette de cuisine de 30 000 caractères", image notre expert. Ces erreurs, ce sont les mutations. "Beaucoup de mutations sont silencieuses et ne présentent pas de conséquences sur le fonctionnement du virus, poursuit-il. D'autres sont dites délétères, dans ce cas, la mutation est détruite. Enfin, il y a les mutations qui améliorent le virus.Parmi ces améliorations, le virus peut être plus contagieux, échapper à la réponse immunitaire ou encore être capable de franchir la barrière de l'espèce... Ces mutations rendent le virus plus performant que celui dont il est issu : "C'est ce qui explique pourquoi il prend l'avantage. C'est l'histoire naturelle des virus : les virus les plus contagieux deviennent les virus dominants, poursuit le professeur de virologie. L'augmentation de la contagiosité explique que le virus britannique soit devenu dominant en l'espace de deux mois en Grande-Bretagne. Et c'est la raison pour laquelle on n'empêchera pas ce variant de s'imposer assez rapidement en France." 

Le variant anglais en France 

Le premier cas français du variant anglais a été confirmé à Tours (Indre-et-Loire), le 25 décembre 2020. Il s'agissait d'un Français qui rentrait de Londres.

Pour la semaine 13 (29 mars-4 avril) : 

  • 43% des tests Covid positifs étaient associés à un test de criblage donc à un variant (en baisse par rapport à la semaine précédente).
  • Parmi ces tests positifs criblés, 81.9% correspondaient à une suspicion de variant anglais (contre 79.9% en semaine 12).
  • La proportion de suspicions de variant anglais était comprise entre 74.6% chez les 90 ans et plus et 83.8% chez les 40-49 ans.

Selon l'enquête Flash du 16 mars 2021 menée sur 3000 prélèvements Covid en France, le variant anglais représentait plus de 50% des prélèvements quelle que soit la classe d'âge, avec une présence plus marquée (près de 80%) chez les 0-9 ans. La diffusion de ce variant semble devenir plus homogène au sein de la population.

Carte du variant anglais en France

Combien de cas chez les jeunes ?

Selon le bilan hebdomadaire de Santé Publique France publié le 8 avril, le variant anglais représente :

  • 76.9% des tests positifs criblés chez les 0-9 ans
  • 82.4% chez les 10-19 ans
  • 81.6% chez les 20-29 ans.

Quels sont les symptômes du variant anglais ?

"A ma connaissance, il n'y a pas de signes cliniques majorés pour le variant britannique", explique Vincent Maréchal. Ainsi les symptômes du variant anglais sont identiques à ceux du Covid-19 : toux, perte du goût, de l'odorat, fatigue, maux de tête...

Quelle est sa contagiosité ?

La grosse différence entre ce variant et la forme classique du Sars-Cov-2, c'est son niveau de contagiosité, bien supérieur chez l'anglais. "Il serait de 30 à 70 % plus contagieux. Le variant britannique augmenterait en moyenne le R0, nombre de reproduction de base, de 0,5. On passerait ainsi de 1 à 1,5, la différence est énorme. Ainsi pour un R0 de 1, dix personnes contaminent dix personnes, la diffusion du virus stagne. Dans le cas d'un R0 de 1,5, dix personnes contaminent quinze personnes. C'est vraiment très rapide", commente Vincent Maréchal. Ce que confirme Santé Publique France le 1er avril, rapportant une transmissibilité accrue de 36 à 75%.

Isolement : quelles consignes pour les cas contacts ?

Les consignes pour les cas contacts d'une personne positive à un variant sont les mêmes que pour tous les cas contacts :

  • Isolement de 7 jours sans délai.
  • Réaliser deux tests de dépistage à la Covid-19 : Une première fois immédiatement avec un test antigénique. Une seconde fois à la fin de votre isolement.

Pour les cas contacts de cas contact d'un variant :  

  • renforcer l'application des mesures barrières,
  • télétravailler dès lors que cela est possible,
  • réduire volontairement ses contacts sociaux durant les 7 jours suivant et réaliser un test dès le premier symptôme.

Le variant anglais a-t-il un taux de létalité supérieur au classique ? 

Le 11 mars, Olivier Véran a confirmé que "les variants étaient plus contagieux et plus dangereux".  Une étude anglaise publiée mercredi 10 mars a indiqué que le variant anglais était 64 % plus mortel que le coronavirus classique. Pour 1 000 cas détectés, il provoque 4,1 morts, contre 2,5 pour le coronavirus classique, ont indiqué les auteurs dont les résultats ont été publiés dans la revue British Medical Journal (BMJ)" La probabilité que le risque de mortalité soit augmenté par l'infection par VOC-202012/01 est élevée. L'infection par VOC-202012/1 a le potentiel de provoquer une mortalité supplémentaire substantielle par rapport aux variantes précédemment en circulation. Comme nous le rappelait Vincent Maréchal "le taux de létalité est lié à la capacité du système de santé à prendre en charge les malades" . Les résultats épidémiologiques, de modélisation, phylogénétiques et cliniques préliminaires suggéraient en décembre que le variant anglais n'entraînait pas de changement dans la sévérité de la maladie (mesurée par la durée d'hospitalisation et le taux de létalité à 28 jours), ni dans le taux de réinfection parmi les cas infectés par ce variant, a souligné l'OMS.

Le variant anglais est-il résistant au vaccin ? 

Selon les annonces de Pfizer et de Moderna, ces deux vaccins sont efficaces contre le variant anglais. "Ce qui est très préoccupant, c'est que plus le virus se multiplie – et il se multiplie partout dans le monde aujourd'hui – plus il y aura des mutants et donc des variants qui vont acquérir des propriétés nouvelles. Ce qui est primordial, pour éviter la multiplication des variants, c'est la vaccination de la population mondiale. Certains pays n'ont même pas les ressources pour acheter le vaccin. On a affaire à une pandémie, à l'échelle mondiale donc, et si on n'aide pas ces pays-là à gérer cette problématique, le virus va continuer à y circuler activement. Et plus le virus circule, plus on sera confronté à des variants", développe le scientifique. 

Quel masque pour se protéger ?

Face au variant, les masques artisanaux, de catégorie 2 filtrant à 70 %, ne sont plus recommandés depuis janvier 2021. Les masques FFP2, mais aussi les masques chirurgicaux et les masques en tissu de catégorie 1, filtrant à 90 %, sont les masques recommandés pour se protéger du variant anglais. "Un masque qui filtre à 70 %, filtrera toujours à 70 %  mais s'il y a plus de virus dans la salive, il y a plus de virus qui filtrera à travers le masque. C'est pourquoi on appelle la population à utiliser des masques plus résistants ", explique le professeur à la Sorbonne. 

Quelles protections contre le variant anglais ? 

La question ne doit pas restée cantonnée aux masques. "Face aux variants, c'est l'ensemble des mesures barrières qu'il faut relever d'un cran", poursuit-il. "Il faut bien que les gens aient en tête qu'un variant implique de nouveaux enjeux. Risque d'échappement au vaccin, risque d'échappement à l'immunité, risque de transmission accrue : un variant qui survit est dangereux et il ne faut pas attendre pour agir." 

Merci à Vincent Maréchal, professeur de virologie et Professeur des Universités - Sorbonne Université.

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