Hypotension orthostatique : causes, test, médicament, que faire ?

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"Hypotension orthostatique : causes, test, médicament, que faire ?"

L'hypotension orthostatique correspond à une diminution de la pression artérielle lors du passage de la position allongée ou assise, à la position debout. 7% de la population serait concernée. Définition, mesure, causes, test, traitement et médicaments ... Les conseils du Dr François Paillard, cardiologue au CHU de Rennes.

Définition : qu'est-ce que l'hypotension orthostatique ?

L'hypotension orthostatique correspond à une diminution de la tension artérielle lors du passage de la position assise à la position debout. Cette baisse est consécutive à une anomalie du réflexe naturel d'adaptation de la tension artérielle. La pathologie concernerait 7% de la population, essentiellement des adultes. Elle toucherait à des degrés divers 16 % des patients de plus de 65 ans. "Elle se définit comme une réduction de la pression systolique (la "maxima") d'au moins 20 mmHg et/ou de la pression diastolique (la "minima") d'au moins 10 mmHg après 3 minutes en position debout", détaille le Dr François Paillard, cardiologue au CHU de Rennes et 1er Vice-Président de la Fédération Française de Cardiologie. Sa prévalence augmente avec :

  • l'âge,
  • l'institutionnalisation,
  • les traitements antihypertenseurs,
  • la présence de plusieurs pathologies.

Causes 

Les patients souffrant de maladie de Parkinson sont davantage exposés à l'hypotension orthostatique.

"Les causes sont nombreuses et fréquentes surtout quand on avance en âge", poursuit le spécialiste. On peut citer :

  • Une baisse du volume sanguin (hypovolémie) secondaire à une déshydratation, des vomissements, des diarrhées, une hémorragie ou une insuffisance surrénalienne. 
  • Une insuffisance veineuse des membres inférieurs (varices…).
  • La prise de certains médicaments : les antihypertenseurs dans leur ensemble surtout en association multiple, les antidépresseurs et les antipsychotiques
  • Un alitement prolongé
  • Un handicap physique

Hypotension orthostatique idiopathique 

En temps normal, l'hypotension orthostatique peut être due à la prise de certains médicaments (souvent les anti HTA), une insuffisance veineuse ou une baisse du volume sanguin (voir Causes). Lorsqu'il n'y a pas de cause sous-jacente, on parle alors d'hypotension orthostatique idiopathique (HOI).

Hypotension orthostatique et Parkinson

Les patients souffrant de maladie de Parkinson (maladie du système nerveux) sont davantage exposés à l'hypotension orthostatique. "C'est aussi le cas pour certaines maladies neurodégénératives et les neuropathies périphériques", complète notre interlocuteur.

Symptômes 

L'hypotension orthostatique se caractérise par :

  • des troubles visuels,
  • des vertiges,
  • une sensation de faiblesse,
  • parfois, un malaise associé à une chute pouvant occasionner des blessures. Cette affection concerne principalement les adultes. 

Examens, diagnostic : comment diagnostiquer une hypotension orthostatique ? 

Le diagnostic de l'hypotension orthostatique s'effectue en mesurant la pression artérielle et le pouls, d'abord allongé et au repos depuis plus de 5 minutes, puis lorsque la personne se met debout, puis à 1, 3, 5 et 10 minutes. Chez les patients avec une insuffisance veineuse ou des varices, l'hypotension orthostatique peut apparaître de façon retardée. L'hypotension orthostatique est souvent plus marquée le matin. 

Test pour mesure l'hypotension orthostatique 

Le principal test pour constater une hypotension orthostatique, c'est de mesurer la pression artérielle et le pouls en position couchée puis debout, et à différents intervalles de temps. Dans certains cas, le médecin peut demander des tests complémentaires comme la MAPA (mesure ambulatoire de la pression artérielle) ou le tilt-test (test de la table basculante) mais afin d'identifier d'autres dysfonctionnements lié à une HO : une hypertension artérielle de décubitus, une variabilité tensionnelle exagérée ou une suspicion de dysfonction végétative.

La fludrocortisone ou la midodrine peuvent être utilisés dans des cas particulièrement sévères

Traitement : que faire ? 

Les traitements non médicamenteux constituent l'essentiel du traitement. Il s'agit essentiellement de respecter des conseils sur une bonne hygiène de vie alimentaire et une bonne hydratation. "Néanmoins, des médicaments comme la fludrocortisone ou la midodrine peuvent être utilisés dans des cas particulièrement sévères, complète notre cardiologue. Le réexamen ou la modification du traitement antihypertenseur peut être envisagés par le médecin".

Prévention

Voici les conseils du Dr Paillard, à suivre en cas d'hypotension orthostatique :

  • Eviter le régime trop pauvre en sel et maintenir un apport de boissons de 1,5 à 2 litres/jour.
  • Ne pas se lever brusquement, faire une pause en position assise lors du lever de la position allongée, ne pas rester debout sans bouger.
  • Réaliser des manœuvres de contractions des membres inférieurs durant 2 minutes avant le lever.
  • Porter une ceinture abdominale ou des bas de contention.
  • Faire régulièrement de l'exercice physique, en particulier l'aquagym. 
  • Dans les cas sévères, élever la tête du lit.

Merci au Dr François Paillard, cardiologue au CHU de Rennes et 1er Vice-Président de la Fédération Française de Cardiologie

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