9eme vague de Covid en France : le pic aux fêtes de Noël ?

Les contaminations et hospitalisations progressent en France alors que le mois de décembre approche. Les épidémiologistes craignent une 9e vague épidémique, en pleines fêtes de fin d'année, et en parallèle des épidémies de grippe et de bronchiolite.

9eme vague de Covid en France : le pic aux fêtes de Noël ?
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[Mis à jour le 28 novembre 2022 à 9h56] Après une accalmie de quelques semaines, l'épidémie de Covid semble repartir en France, avec un taux d'incidence, d'hospitalisation et de réanimation en augmentation, indique le bulletin de Santé publique France en date du 24 novembre 2022. Les spécialistes craignent une 9ème vague épidémique, en parallèle d'une épidémie de bronchiolite et de grippe cet automne/hiver. L'épidémie est actuellement caractérisée par une circulation quasi totale de BA. 5 dans notre pays. Dans ce contexte, le Covars, qui remplace le Conseil scientifique a été saisi pour donner ses hypothèses concernant la 8e vague de l'épidémie ainsi que son évolution au cours des prochains mois. En effet, l'épidémie de Covid évolue par vagues. A date, 8 vagues sont enregistrées entre mars 2020 et l'automne 2022, marquées par l'afflux de malades à l'hôpital et en soins intensifsRetour en dates sur les différentes vagues de l'épidémie de Covid en 2020, 2021 et 2022.

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Courbe du taux d'incidence en Franc © Gouvernement.fr

9ème vague du Covid : automne-hiver 2022 ?

Après 4 semaines de baisse, les indicateurs hospitaliers ont augmenté en S46 (14 au 20 novembre), avec 4 210 nouvelles hospitalisations comptabilisées (soit +6%), dont 386 (+9%) en soins critiques. Le nombre de décès à l'hôpital demeurait, quant à lui, en diminution (351, soit -6%), mais de manière moins marquée par rapport aux semaines précédentes. une accalmie de quelques semaines, les chiffres du Covid repartent à la hausse en cet automne 2022. Santé publique France parle donc d'une "une reprise de la circulation du SARS-CoV-2 sur le territoire national" et d'une "hausse des indicateurs hospitaliers" dans son bulletin du 24 novembre 2022Une 9e vague se profilerait en France marquée par :

  • Un taux d'incidence en augmentation
  • Une hausse des taux de positivité
  • Une reprise à la hausse des nouvelles hospitalisations et admissions en soins critiques

► Prévisions à moyen terme : Le COVARS a été saisi en octobre 2022 pour émettre ses hypothèses quant à l'évolution de l'épidémie. Il n'a pas connaissance de scénarios de modélisation COVID-19 pour l'automne-hiver 2022-2023 pour la France, mais des scénarios ont été produits pour d'autres pays, pour les Etats-Unis par exemple. Dans le scénario sans émergence de variants, les modèles n'anticipent pas de rebond majeur des hospitalisations. Dans le scénario avec une émergence de variant, l'impact peut être plus important.

8ème vague : septembre-novembre 2022

Les spécialistes parlent plutôt d'un rebond de la 7e vague plutôt que d'une véritable 8e vague

Une 8ème vague épidémique a démarré en France en septembre 2022. Ce rebond d'incidence en métropole était lié à la reprise des contacts sociaux et la baisse brutale des températures (activités professionnelles, réouverture des écoles) après la pause estivale, a expliqué le Covars. Anne-Claude Crémieux, infectiologue interrogée au Journal du Dimanche indique qu'un "scénario de type endémique, avec de nouvelles vagues d'infections, plus marquées en automne ou en hiver comme pour la grippe ou d'autres virus respiratoires, semble (...) le plus probable". "Cette 8e vague est faite du même variant que celui qui circulait pendant l'été, rappelle-t-elle cette fois au micro de France Inter le 10 octobre. Les spécialistes parlent plutôt d'un rebond de la 7e vague plutôt que d'une véritable 8e vague. Il faut se rappeler qu'on avait eu le même phénomène avec le variant delta l'année dernière. Il y avait eu un rebond également à l'automne 2021." Cette vague, portée par les sous-variants d'OmicronBA4 et BA5 a eu un retentissement hospitalier direct moins important que les vagues antérieures. Voici les prévisions rapportées par le Covars, saisi pour émettre ses hypothèses pour lutter contre la 8e vague de Covid.

► Prévisions à court terme : Selon l'unité Modélisation Mathématique des Maladies Infectieuses de l'Institut Pasteur qui produit des prévisions à court terme des besoins hospitaliers COVID-19 s'appuyant sur un modèle d'ensemble, les projections réalisées avec les données du 17 octobre 2022 anticipaient qu'au niveau national et dans les régions, on allait observer un plateau ou une décroissance des admissions à l'hôpital dans les jours qui suivent. L'analyse des taux de croissance des différents indicateurs épidémiologiques suggère qu'on pourrait être très proche du pic épidémique. Cependant, ces signaux encourageants doivent être tempérés car l'analyse préliminaire des données EMERGEN suggère une croissance rapide du variant BQ.1.1 sur le territoire national. Si cette tendance devait se confirmer, elle pourrait remettre en question la dynamique apparemment amorcée de plateau/décroissance de la vague. C'est un scénario qui a été observé à plusieurs reprises dans le passé, lorsqu'un nouveau variant émerge : l'incidence du variant "historique" diminue alors que celle du variant émergent croît ; tant que le variant émergent ne représente qu'une petite proportion des infections, l'incidence globale des infections SARS-CoV-2 diminue mais 20 octobre 2022 10 à partir du moment où le variant émergent devient dominant, on risque d'observer une remontée de l'incidence.

Prévisions du Covars
Prévisions du Covars © Covars

7ème vague de Covid : juillet 2022

La 7ème vague épidémique de Covid a atteint son pic en juillet 2022 et a été portée par deux sous-variants d'Omicron BA.4 et BA.5. "Probablement grâce à leur capacité à échapper à une immunité acquise par une infection et/ou la vaccination, notamment si celle-ci a diminué avec le temps", rapporte le Centre européen de contrôle des maladies (ECDC) dans un rapport du 13 mai. A la mi-juin, le nombre moyen de cas confirmé tournait autour de 40 000 par jour. 

7e vague de Covid (Nombre de cas par semaine pour 100 000 habitants)
7e vague de Covid (Nombre de cas par semaine pour 100 000 habitants) © Gouvernement.fr

6ème vague de Covid : fin mars - mi avril 2022

Certains épidémiologistes ont suggéré une 6e vague, fin mars 2022, avec un taux d'incidence et un nombre total de cas positifs qui remontaient. Néanmoins, cette vague était de moins grande ampleur que les vagues précédentes (voir la courbe ci-dessous). Selon les chiffres de Santé publique France, le nombre de cas a progressivement diminué autour du 5 avril jusqu'à atteindre un plateau d'environ 20 000 nouveaux cas par jour autour du 20 mai 2022. Fin mai, les contaminations ont commencé à repartir à la hausse. Le pic de la 6e vague était autour du 31 mars 2022. 

5e et 6e vagues de Covid en France
5e et 6e vagues de Covid en France selon le taux d'incidence © Gouvernement.fr
  • Un pic correspond au moment qui précède l'infléchissement d'une courbe de cas, hospitalisations ou décès enregistrés chaque jour.
  • Un plateau désigne la stabilisation du nombre de nouveaux cas, d'hospitalisations ou de décès enregistrés chaque jour.
  • Une décrue signifie la baisse des nouvelles contaminations et des nouveaux décès enregistrés chaque jour. 

5ème vague du Covid : novembre 2021 - février 2022

La cinquième vague de l'épidémie de COVID-19 a démarré début novembre 2021. Le taux d'incidence a fortement augmenté et a dépassé le niveau atteint lors des vagues précédentes. Malgré la hausse de l'incidence observée dans toutes les classes d'âge au début de cette 5e vague, le virus semble avoir majoritairement circulé chez les plus jeunes. Cette vague d'abord véhiculée par le variant Delta, a été ensuite marquée par l'émergence d'un nouveau variant baptisé Omicron. Dans ce contexte inquiétant, le gouvernement a misé sur une campagne de rappel. Le taux d'incidence a atteint son point culminant vers le 24 janvier 2022 (avec 3 800 cas positifs pour 100 000 habitants). Le pic des hospitalisations a été atteint le 7 février 2022 avec plus de 33 000 personnes hospitalisées. Les courbes ont ensuite freiné vers la mi-février. En mars, on peut dire que la France est sortie de la 5e vague.  

4ème vague de Covid : juillet-août 2021

Le 21 juillet 2021, le Premier ministre Jean Castex a confirmé sur TF1 que la France était entrée dans sa quatrième vague épidémique. A cette date la courbe des hospitalisations restait encore basse car on sait qu'il faut en moyenne 2 à 3 semaines pour que la hausse des cas se répercute sur le nombre de personnes hospitalisées. Le pic a été atteint à la mi-août. La généralisation du pass sanitaire a poussé les Français à aller se faire vacciner ce qui a permis de faire redescendre la courbe des hospitalisations. Le pic de la 4e vague a été atteint à la mi-août 2021 (vers le 12 août 2021)

3ème vague de Covid : mars-avril 2021

Après avoir connu une décrue à partir du 16 novembre 2020, l'épidémie est repartie à la hausse à la mi-mars 2021, avec une moyenne de nouveaux cas par jour de 50 000. "Oui la troisième vague est là et elle nous frappe durement" alertait le Premier Ministre, Jean Castex, devant l'Assemblée Nationale le 1er avril 2021. Lundi 29 mars 2021, le nombre de personnes en réanimation a dépassé celui du pic de la deuxième vague en automne. Il s'agit du nombre le plus élevé depuis le 22 avril 2020. La situation sanitaire est particulièrement critique en Ile-de-France où les hôpitaux sont saturés. Le nombre d'admission en soins critiques le plus élevé est atteint le 12 avril 2021 avec 495 nouvelles admissions. Le pic de la 3e vague a été atteint le 12 avril 2021 pour les hospitalisations et le 13 avril 2021 pour les réanimations.

2ème vague de Covid : septembre - novembre 2020 

Le Conseil scientifique a alerté début septembre 2020 de la survenue à la fin de ce même mois d'une deuxième vague épidémique. "La circulation du virus a repris pendant l'été 2020 sur l'ensemble du territoire français, notamment chez les jeunes adultes. Le nombre de cas diagnostiqués chaque jour a atteint les 10 000 au premier septembre", expliquait-il dans une note du 26 octobre. Un tassement des chiffres a été observé lors de la seconde moitié du mois de septembre (en moyenne 15 000 nouvelles infections par jour). Dès le 1er octobre 2020, "on constate une remontée extrêmement rapide du nombre de nouveaux cas, qui fait suite à une baisse généralisée des températures (baisse atteignant 25°C pour les maximales par endroit) qui a débuté entre le 20 et le 25 septembre selon les régions", poursuivait le Conseil Scientifique. L'épidémie a ensuite progressé en France pour atteindre à la mi-novembre [autour du 15 novembre] un nombre de personnes hospitalisées légèrement supérieur au pic de la mi-avril (environ 32 000 personnes hospitalisées chaque jour entre le 11 et le 20 novembre). A la mi-novembre, l'épidémie est en décrue. Le 14 décembre 2020, le nombre quotidien de nouveaux cas tourne aux alentours de 4 000. Le pic de la 2e vague a été atteint entre le 12 et le 19 novembre 2020.

1ère vague de Covid : mars - mai 2020

Depuis les premiers cas officiels enregistrés en France le 24 janvier 2020 par Santé publique France, les nombres de nouveaux cas et de nouveaux décès de Covid-19 ont augmenté de façon croissante jusqu'à la fin du mois de mars. Autrement dit de fin janvier à fin mars, la France était en phase ascendante. A partir du 3 avril 2020, l'impact de l'épidémie était majeur et "la France se situait dans une phase de haut plateau" indiquait Jérôme Salomon, directeur général de la santé le 10 avril. Le nombre de personnes hospitalisées a été le plus élevé le 14 avril (plus de 32 000) pour redescendre progressivement entre le 20 avril et début juin (autour de 15 000). Entre le 15 juin et le 20 septembre 2020, le nombre de patients hospitalisés s'est stabilisé autour de 5 000 et le nombre de personnes en réanimation autour de 400 : la France était alors dans une phase de bas plateau. Les chiffres ont commencé à ré-augmenter fin août, laissant présager le début d'une deuxième vague. Le pic de la première vague a eu lieu, selon les courbes, entre le 6 et le 10 avril 2020.

Courbe en cloche : caractéristique des maladies virales ?

Pour chacune des vagues, la courbe épidémique semble suivre la courbe en cloche (voir les courbes ci-dessus). La forme en cloche (aussi appelée courbe de Gauss en mathématiques) est typique des courbes d'évolution d'une épidémie dite "par propagation", comme c'est le cas de la plupart des maladies à transmission interhumaine (maladies virales). Si on analyse la courbe épidémique d'une maladie virale, on remarque toujours une phase ascendante au début de l'épidémie, puis une forme de cloche qui correspond au pic épidémique, une stagnation du nombre de nouveaux cas et enfin, une phase descendante, où le nombre de cas diminue progressivement. Pour certains scientifiques, cette forme typique "en cloche" représente un indicateur qui annoncerait que le pic de l'épidémie a été atteint et que la maladie est dans une phase très décroissante.

Sources : Point épidémiologique Covid-19, Santé publique France // Courbes Géodès - Santé publique France (données hospitalières) // Note du Conseil Scientifique Covid-19 : une deuxième vague entraînant une situation sanitaire critique - 26 octobre 2020