Coronavirus France : nouveaux départements en alerte, annonces ce jeudi

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"Coronavirus France : nouveaux départements en alerte, annonces ce jeudi"

COVID-19 EN DIRECT - L'aggravation de l'épidémie de Covid-19 en France va imposer le passage en alerte maximale de nouveaux départements et de couvre-feux. Le Premier ministre Jean Castex s'exprimera ce jeudi à 17 heures. Bilan des chiffres des dernières 24 heures.

[Mise à jour du jeudi 22 octobre à 12h42] A nouveau en état d'urgence sanitaire depuis le 17 octobre, la France continue d'affronter la deuxième vague d'épidémie de Covid-19. Face à l'explosion du nombre de cas dans de nombreuses villes comme Saint-Etienne, Clermont-Ferrand et Avignon, et à la saturation des services de réanimation de leurs hôpitaux, le Premier ministre Jean Castex va annoncer ce jeudi à 17 heures en conférence de presse, la bascule d'"un certain nombre de départements" en alerte maximale (Alpes-maritimes, Aube, Ardennes...). D'autres métropoles devraient passer sous couvre-feu comme Clermont-Ferrand. Un couvre-feu est déjà en vigueur dans 9 territoires depuis le 17 octobre pour 4 semaines, mais pourrait être prolongé jusqu'au 1er décembre, interdisant aux Français de sortir de chez eux entre 21 heures et 6 heures du matin sauf cas dérogatoire notifié par attestation. Au 21 octobre, plus de 26 000 nouveaux cas de Covid-19 ont été confirmés en France par test PCR et 2 248 personnes sont en réanimation (+ 71 en 24 heures). 163 nouveaux décès de l'infection ont été recensés à l'hôpital sur les dernières 24 heures. Lors de son point hebdomadaire, le 15 octobre dernier, Santé publique France a indiqué que le nombre de cas avait triplé chez les 65 ans et plus en 6 semaines. Pour l'instant, l'idée d'un reconfinement "serait disproportionnée" a déclaré le président de la République le 14 octobre : "Notre objectif doit être de réduire les contacts privés qui sont les contacts les plus dangereux." Pour mieux accueillir les patients à l'hôpital et en réanimation, le plan blanc est réactivé dans les hôpitaux d'Ile-de-France depuis le 8 octobre. Nombre de cas, décès, personnes en réanimation, clustersR0 en France... Chiffres et infos du jour.

Dernières infos en direct :

  • 30 nouveaux départements sous couvre-feu ? Sur France info, le maire de Dijon François Rebsamen, affirme avoir été "informé hier soir par le préfet que le gouvernement avait décidé de passer nombre de départements, je crois plus de 30 départements, en situation de couvre-feu, dont la Côte-d'Or". Les Ardennes, l'Aube, la Marne et la Haute-Marne vont se voir imposer le couvre-feu dès ce week-end, rapporte France Bleu Champagne-Ardenne. "Le préfet de la Marne nous l'a annoncé ce matin", a affirmé le député Charles de Courson. Selon Nice-Matin, le département des Alpes-Maritimes va passer en zone d'alerte maximale et un couvre-feu va être instauré dès samedi soir. Le maire de Cannes, David Lisnard, à l'issue d'une conférence téléphonique avec le préfet ce matin a confirmé cette information à 20 minutes.
  • Pas de reconfinement prévu pour Noel. Sur LCI, jeudi matin, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a déclaré : "On prend toutes ces mesures pour que les Français puissent fêter Noël en famille". "A ce stade, il n'y a pas de reconfinement prévu du pays." Au sujet des futures mesures envisagées par le gouvernement, il a expliqué qu'il pouvait s'agir de "mesures supplémentaires sans que ce soit du couvre-feu".
  • Clermont-Ferrand bientôt sous couvre-feu. Le maire de Clermont-Ferrand Olivier Bianchi a indiqué sur LCI que la ville se préparait au couvre-feu : "On a eu une première vague plutôt légère (...) Aujourd'hui on est dans un autre ressort, les cas positifs se multiplient. La situation s'aggrave dans notre hôpital depuis 15 jours."
  • Décès d'un volontaire aux tests d'un vaccin anti-Covid. Un volontaire ayant participé aux tests du vaccin élaboré par l'université d'Oxford contre le Covid-19 est mort au Brésil, ont annoncé des sources officielles, sans préciser s'il avait reçu le vaccin ou un placebo. C'est le premier décès de ce type à déplorer à date. Les chercheurs d'Oxford ont néanmoins assuré que la phase 3 des tests de ce vaccin développé avec le laboratoire AstraZeneca allait se poursuivre.
  • Explosion des cas à Roubaix. Le taux d'incidence soit le nombre de nouveaux cas sur sept jours pour 100.000 habitants s'élevait lundi à 1135 à Roubaix. La ville va se doter d'"ambassadeurs covid" pour renforcer la prévention, notamment dans les quartiers les plus défavorisés. 
  • Armement de 96 lits supplémentaires dans les Hauts-de-France. L'ARS Hauts-de-France a demandé aux hôpitaux d'engager sans attendre les déprogrammations et reprogrammations nécessaires pour armer en matériel et personnel 96 lits supplémentaires de réanimation, annonce-t-elle dans un communiqué du 21 octobre. "Cette mesure vise à anticiper l'afflux de patients Covid des prochains jours, en plus du nombre important de patients non Covid déjà pris en charge en réanimation." Les taux d'incidence continuent d'augmenter très fortement dans toute la région. Le nombre de patients hospitalisés et pris en charge en réanimation augmente de façon continue depuis mi-septembre.
  • L'Auvergne-Rhône-Alpes en alerte. C'est dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes que l'épidémie progresse le plus vite. Dans les hôpitaux, les services de réanimation sont presque saturés car 90% des lits sont occupés. Trois départements - le Rhône, l'Isère et la Loire - font partie de ceux où le virus circule le plus actuellement. En une semaine le nombre de cas positifs à doublé dans la région passant de 11.000 à près de 20.000. L'ARS a demandé à tous les établissements publics et privés de la Loire, du Rhône, de l'Ain, de l'Isère et de la Savoie de déprogrammer toutes les opérations non urgentes. La ville de Saint-Etienne est passée en moins de 3 semaines de la dixième à la première place au classement des villes comptant le plus de nouveaux cas par habitant. 
  • Dépistage des étudiants à Bordeaux. A compter du 21 octobre jusqu'au 6 novembre 2020, tous les étudiants peuvent se faire dépister sur le campus de l'université de Bordeaux, gratuitement, sur simple présentation de la carte d'étudiant et de la carte Vitale, annonce l'Université de Bordeaux sur son site.
  • Un couvre-feu à 19 heures pour toute la France ? Selon les informations de RTL, le gouvernement pourrait avancer l'heure du couvre-feu à 19 heures au lieu de 21 heures et le généraliser à toute la France.
  • Pas de marché de Noël à Strasbourg. La maire EELV de Strasbourg, Jeanne Barseghian, a annoncé que la ville renonçait à son marché de Noël traditionnel face à l'aggravation de la situation sanitaire, en supprimant les 300 chalets habituels mais en maintenant des animations.
  • Généralisation du port du masque en Vendée. Face à la progression de l'épidémie dans son département, le préfet de Vendée a publié mercredi un arrêté généralisant le port du masque obligatoire dès vendredi 23 octobre minuit pour les personnes de plus de 11 ans, sur tout le département.
  • Audition d'Edouard Philippe. Auditionné à l'Assemblée nationale sur sa gestion de l'épidémie, l'ancien Premier ministre s'est défendu "Au tout début de la crise sanitaire, beaucoup de médecins disaient que l'on devenait contagieux à partir du moment où l'on déclenchait des symptômes. Il s'est avéré, par la suite, que l'on était contagieux avant. Ce qui change tout dans la gestion à mettre en place". L'ancien chef du gouvernement regrette "nous n'arrivions pas à avoir un débat public, autour des questions médicales et scientifiques, ordonné. C'est, d'une certaine façon, un échec collectif." Concernant les masques, Edouard Philippe questionne : "aujourd'hui tout le monde a un masque. Est-ce qu'en toute conscience je peux dire que dès lors que tout le monde a un masque, on arrive à juguler l'épidémie ? Ca m'a l'air plus compliqué que ça". Et de conclure : "la façon dont le pays a géré la crise a permis de sauver beaucoup de vies (...) ça serait bien qu'on se le dise un petit peu".
  • L'Etat d'urgence sanitaire prolongé. "Le Conseil des ministres a adopté le projet de loi prorogeant l'état d'urgence sanitaire", a indiqué Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, à l'issue du Conseil des ministres mercredi. "Ce décret nous permet de mettre des mesures plus fortes pour protéger les Français." Le gouvernement envisage de proroger l'état d'urgence sanitaire jusqu'au 16 février 2021 inclus. Ainsi l'exécutif s'accorde la possibilité d'appliquer des mesures de restrictions de circulation, de rassemblements ou d'ouvertures des établissements au moins jusqu'au 1er avril 2021, sur tout ou partie du territoire et en fonction de la situation épidémique, selon le projet de loi présenté mercredi matin en Conseil des ministres.
  • 1500 entrées en réanimation la semaine dernière. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a rapporté à l'issue du Conseil des ministres, l'inquiétude du Président de la République face à une "situation épidémique préoccupante, avec une progression forte des entrées à l'hôpital et en réanimation". "Sur la seule dernière semaine, ce sont 1.500 entrées en réanimation supplémentaires" a t-il précisé. 
  • Un vaccin encore possible début 2021 ? Le Pr Jean-Daniel Lelièvre, chef du service d'infectiologie de l'hôpital Henri-Mondor à Créteil (AP-HP), dans Le Parisien qu'un vaccin peut être disponible au premier trimestre 2021. Il explique toutefois qu'il faudra décider qui doit être vacciné en premier.
  • Couvre-feu à venir dans le Vaucluse. L'épidémie de coronavirus s'intensifie dans le Vaucluse à tel point que le Préfet de la région a émis la possibilité de la mise en place prochaine d'un couvre-feu : "Si la circulation du virus continue à être rapide, exponentielle et brutale, oui, on devra passer en couvre- feu" prévenait-il dans un courrier envoyé aux 151 Maires du département samedi 17 octobre. Pour le Grand Avignon, le taux d'incidence se situe désormais à 266 cas pour 100 000 habitants et 246 cas/100 000 habitants pour les plus de 65 ans : "les chiffres ne sont vraiment pas bons à Avignon, exécrables pour le Grand Avignon et Orange" a déclaré un élu local mardi 20 octobre au journal La Provence.
  • Clermont-Ferrand, Tours, Dijon, Orléans bientôt sous couvre-feu. Parmi les villes où les indicateurs épidémiques se sont encore dégradés depuis la semaine dernière, ces 4 villes pourraient imposer un couvre-feu dans les prochains jours. Les annonces pourraient être faites lors du point hebdomadaire du ministre de la Santé, jeudi 22 octobre.
  • Nouvelle liste des personnes vulnérables au Covid-19. Les critères établis le 31 août dernier pour établir la liste des personnes vulnérables au Covid-19 sont suspendus, annonce le site du Service-Public.fr le 20 octobre. Les critères de vulnérabilité permettant d'identifier les salariés présentant un risque de développer une forme grave d'infection au virus de Covid-19 sont à nouveau ceux précisés dans le décret du 5 mai 2020. Les personnes âgées de 65 ans et plus, celles présentant des antécédents cardiovasculaires ou souffrant d'obésité (IMC supérieur à 30) sont de nouveau considérées comme telle.

​​​​​​Quelles sont les nouvelles mesures en France ?

"La deuxième vague est là. Nos services de réanimation sont sous pression" a confirmé le Président de la République, Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée du mercredi 14 octobre au soir. Après avoir placé plusieurs villes en état d'alerte, renforcée ou maximale, le Chef de l'Etat a annoncé de nouvelles restrictions à compter de vendredi 16 octobre minuit pour 9 territoires. Dans ces territoires, un couvre-feu est appliqué du samedi 17 octobre à 0h01 pour une durée de 4 semaines mais pourrait aller jusqu'au 1er décembre. "Dans les autres territoires, des mesures générales s'appliqueront puisque tout le territoire national est placé en état d'urgence" a indiqué Jean Castex le 15 octobre. Parmi ces mesures : 

→ Les fêtes privées (mariages, fêtes étudiantes) dans les salles polyvalentes sont interdites.

→ Les restaurants doivent tous appliquer le nouveau protocole sanitaire.

→ Dans tous les lieux assis (cinémas...), la règle d'un siège sur deux doit s'appliquer.

→ Dans tous les lieux où on est debout (zoo, centres commerciaux...), le nombre de visiteurs est limité à raison de 4m2 par personne.

→ Le télétravail doit être encouragé à raison de 2 à 3 jours.

Couvre-feu : villes, heures, attestation de déplacement

Un couvre-feu est instauré dans 9 territoires depuis le 17 octobre pour une durée initiale de 4 semaines, qui pourrait être prolongée jusqu'au 1er décembre. Il est interdit de sortir de chez soi dans ces zones de 21 heures à 6 heures du matin, sauf si on est muni d'une attestation (les dérogations sont prévues pour des raisons de santé, des raisons professionnelles, aider un proche en situation de dépendance, des raisons de transport et sortir son animal de compagnie dans un rayon de 1 km). La violation du couvre-feu est sanctionnée d'une amende de 135 euros, de 1 500 euros en cas de récidive et jusqu'à 3 750 euros d'amende en cas de multi-récidive, précise le gouvernement sur Twitter

Les 9 zones concernées : Paris et les 7 départements de la région Ile-de-France, Grenoble-Alpes-métropole, Métropole européenne de Lille, Métropole de Lyon, Métropole d'Aix-Marseille-Provence, Métropole de Montpellier, Métropole de Rouen Normandie, Métropole de Saint-Etienne, Métropole de Toulouse.

La règle des 6 : pas plus de 6 personnes chez soi quand on reçoit

Emmanuel Macron a également annoncé le 14 octobre que les rassemblements publics, privés et dans les restaurants ne doivent pas compter plus de 6 personnes, comme c'est aussi le cas chez nos voisins italiens depuis le 13 octobre. Sur Twitter, le gouvernement détaille : "Quand on reçoit des amis, à dîner, quand on fête un anniversaire, quand on mange au restaurant, la règle c'est six maximum." 

En savoir plus sur les rassemblements autorisés ou non : 

Quelles mesures à Paris ?

La capitale française était passée en alerte maximale le 6 octobre. Mais la situation sanitaire s'est dégradée à Paris et la ville est passée en "état d'urgence" le samedi 17 octobre à 0h01. Un couvre-feu oblige les Parisiens à rentrer chez eux à 21h et ne plus en ressortir jusqu'à 6 heures du matin. "Seules les personnes contraintes d'aller travailler le soir, ou celles pouvant prouver de nécessités impérieuses ou d'urgences (familiales, liées à la santé…), pourront sortir mais devront pouvoir le justifier via une attestation dérogatoire" explique la Préfecture de Paris dans un communiqué publié le 15 octobre. Les restaurants, cinémas, salles de spectacles et théâtres ferment leurs portes à 21 heures. Les transports en communs par contre ne seront pas impactés par le couvre-feu, a précisé le Président de la République : "Si vous avez 30 minutes de transport, il faut s'organiser pour être chez soi à 21h."  Ce couvre-feu est en place pour 4 semaines mais pourrait être prolongé jusqu'au 1er décembre.

→ Le port du masque est obligatoire à Paris dans l'espace public, les transports et à l'école (à partir de 11 ans).

→ La vente à emporter et la consommation d'alcool sur la voie publique est interdite à compter de 21 h.

→ La diffusion de musique amplifiée sur la voie publique ou audible depuis la voie publique est interdite à compter de 21 h.

→ Les soirées étudiantes et tous les rassemblements festifs ou familiaux ayant lieu dans des établissements recevant du public sont interdits.

→ Les cérémonies de mariage peuvent avoir lieu en mairie ou dans les lieux de culte, mais les fêtes de mariage ne sont pas autorisées.

→ Fermeture au public des clubs de jeux, salles de danse et salles de jeux.

→ Fermeture des foires et salons (espaces des parcs expos) et des événements se tenant sous des grandes tentes classées en CTS au sens de la règlementation (représentations de cirque sous chapiteau, divers événements…).

→ Les restaurants doivent respecter un protocole sanitaire strict (distance minimale entre les chaises à 1 mètre, pas plus de 6 à une même table...). L'agrandissement ou la création de terrasse a été prolongé jusqu'en juin 2021.

→ La jauge maximale autorisée pour les grands rassemblements est fixée à 1000 personnes dans le strict respect des règles de protection sanitaire.

Pas de rassemblement de plus de 10 personnes sur la voie publique, dans les parcs et les jardins.

Les clubs de sport et de fitness sont fermés.

→ Les gymnases, salles polyvalentes et les piscines sont fermés sauf pour accueillir des mineurs de moins de 18 ans.

→ Les bibliothèques et médiathèques parisiennes restent ouvertes (jusqu'à 21 heures maximum). 

Carte par zone d'alerte

Le ministère de la Santé a mis à jour la carte des zones d'alerte en France suite au passage en état d'urgence sanitaire du pays le samedi 17 octobre. Après avoir réparti les territoires en zone "verte", "rose", "rouge" et "rouge écarlate" le 23 septembre, le gouvernement a publié une carte bicolore de la France le 17 octobre : en gris, les zones en état d'urgence sanitaire et en rouge, celles aussi en état d'urgence sanitaires mais avec un couvre-feu (Paris et la région Ile-de-France, Grenoble-Alpes-métropole, Métropole européenne de Lille, Métropole de Lyon, Métropole d'Aix-Marseille-Provence, Métropole de Montpellier, Métropole de Rouen Normandie, Métropole de Saint-Etienne, Métropole de Toulouse). La décision de répartition des territoires entre les différents niveaux d'alerte s'appuie sur l'appréciation du profil épidémiologique de chaque territoire suite à l'analyse de 3 indicateurs produits par Santé publique France :

  •  Le taux d'incidence : le nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants sur 7 jours glissants.
  •  Le taux d'incidence chez les personnes âgées : le nombre de cas pour 100 000 habitants chez les plus de 65 ans, sur 7 jours glissants.
  •  La part des patients COVID dans les réanimations : le nombre de patients COVID+ sur le nombre total de lits occupés en réanimation.
Carte des villes de france en état d'urgence et avec un couvre-feu au 17 octobre
Carte des villes de France en état d'urgence et avec un couvre-feu au 17 octobre © Ministère de la Santé

Bilan quotidien : les derniers chiffres de l'épidémie en France

En France métropolitaine, la circulation virale se poursuit à un niveau élevé. Les nouvelles hospitalisations et les nouvelles admissions en réanimation poursuivent leur hausse. Le nombre de décès liés au COVID-19 est également en augmentation, notamment dans les établissements de santé. Le nombre de clusters se maintient à des niveaux élevés mais reste très certainement sous-estimé. L'augmentation du nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 se poursuit : chez les personnes de 75 ans et plus, le nombre de cas a été multiplié par quatre depuis la mi-août. Selon les derniers chiffres publiés par le gouvernement au 21 octobre : 

• 957 421 personnes ont été contaminées par le coronavirus (+ 26 676 en 24 heures)

• 34 048 personnes sont décédées en France (+163 en 24 heures)

• 2 248 personnes Covid-19 sont en réanimation (+71 en 24 heures).

• 13 185 personnes Covid-19 sont hospitalisées (+727 en 24 heures).

Où en est-on par rapport à la première vague du mois de mars ? "On a vu que le coronavirus pouvait circuler très vite, a rappelé Olivier Véran lors de sa conférence de presse du 1er octobre. Pendant la première vague, 10 malades en contaminaient 30, qui la semaine d'après en contaminaient 90... Tous les 3 jours environ, le nombre de malades doublaient. L'épidémie allait très vite. Aujourd'hui les choses ont changé, nous avons appris collectivement à lutter contre le coronavirus. Le nombre de malades double tous les 15 jours. 10 malades en contaminent 13." Au niveau national, les nouvelles hospitalisations, les admissions en réanimation pour COVID-19 et les nombres de décès restent à des niveaux modérés en comparaison à la situation observée en mars-avril 2020, mais la poursuite de la circulation du virus chez les personnes les plus âgées, fait craindre la poursuite des hospitalisations et des décès dans les semaines à venir.

 37% des lits en réanimation sont occupés par des patients Covid-19

 

Combien de cas de coronavirus en France ? 

Le nombre de nouvelles contaminations au nouveau coronavirus augmente fortement en France. Au 21 octobre, Santé publique France rapporte un total de 957 421 cas confirmés de coronavirus depuis le début de la pandémie. Sur ces dernières 24 heures, ce sont 26 676 personnes supplémentaires qui ont été dépistées positives au virus. Le nombre de nouveaux cas double actuellement au bout de 18 jours. L'épidémie de Covid-19 continue à se diffuser "des plus jeunes vers les plus âgés", rapportait Santé publique France dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire du 15 octobre. Les 15-44 ans sont les plus concernés, avec 278 nouveaux cas de contamination pour 100.000 habitants, contre 180 pour 100.000 en moyenne toutes tranches d'âge confondues. "Les plus fortes augmentations sont observées chez les personnes de plus de 45 ans" : +66% chez les 45-64 ans et +64% pour les 65-74 ans et les personnes âgées d'au moins 75 ans, a indiqué Sophie Vaux, épidémiologiste à Santé publique France, au cours d'un point de presse. "On observe une diffusion de l'épidémie des plus jeunes vers les plus âgés (...) C'est vraiment dans ces tranches d'âge là que depuis six semaines on a les augmentations les plus importantes". La diffusion du virus chez les personnes âgées est inquiétante car ces personnes sont parmi les plus à risque de complication de COVID-19. Le pic épidémique de la première vague a été observé la semaine du 23 au 29 mars, soit une semaine après la mise en œuvre des mesures de confinement de la population générale, le 17 mars 2020. Depuis mi-juin, le nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 augmente régulièrement. 

Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 10 mai au 11 octobre 2020 (données au 14 octobre 2020)

 Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 10 mai au 11 octobre 2020
Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 10 mai au 11 octobre 2020 © Santé Publique France

Nombre de cas confirmés de COVID-19 chez les résidents et le personnel en ESMS (établissements sociaux et médico-sociaux) par semaine calendaire, du 20 juillet au 11 octobre 2020, en France

courbe cas covid ehpad
Nombre de cas confirmés de COVID-19 chez les résidents et le personnel en ESMS par semaine calendaire, du 20 juillet au 11 octobre 2020, en France © Santé Publique France

Combien de personnes sont en réanimation ?

Les notifications de nouvelles admissions en réanimation continuent d'augmenter en France. Au 21 octobre, 2 248 personnes sont en réanimation à cause du Covid-19 selon le site de données Gouvernement.fr. Sur le territoire, 36.9% des lits de réanimation sont occupés par des patients Covid-19 actuellement, 54% en Ile-de-France. "Les chiffres montent désormais très vite, trop vite", s'inquiète Aurélien Rousseau, le Directeur Général de l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France mardi 20 octobre, alors qu'il a annoncé le 8 octobre, la réactivation du plan blanc dans tous les hôpitaux. Des opérations "non urgentes" sont déprogrammées. "Si la dynamique de l'épidémie se poursuit, il est estimé que le nombre hebdomadaire de nouveaux patients admis à l'hôpital aura doublé dans 27 jours et que le nombre hebdomadaire de nouveaux patients admis en réanimation aura doublé dans 17 jours" prévient Santé Publique France.

Nombre de personnes actuellement en réanimation ou soins intensifs avec un diagnostic Covid-19 (hommes et femmes) 

Nombre de personnes actuellement en réanimation ou soins intensifs avec diagnostic covid-19 - hommes et femmes
Nombre de personnes actuellement en réanimation ou soins intensifs avec diagnostic covid-19 - hommes et femmes © Géodes - Santé publique France

Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, consolidés avec l'Agence Santé Publique France et les ARS (Agences régionales de Santé), voici l'évolution des hospitalisations (dont la réanimation) et des décès en France par région.

Evolution des hospitalisations (dont en réanimation) et décès à l'hôpital du Covid-19 par région au 21 octobre (source : Santé publique France)

Régions Hospitalisations en cours Evolution des nouveaux patients sur les  dernières 24 H Réanimation Soins intensif Evolution des nouveaux patients sur les  dernières 24 H Décès
Île-de-France 3 515 -30 672 -23 8 549
Grand Est 568 -42 81 -1 3 791
Auvergne-Rhône-Alpes 2 534 -75 360 -5 2 248
Hauts-de-France 1 418 -61 231 +8 2 213
Bourgogne-Franche-Comté 414 -15 60 +1 1 134
Provence-Alpes-Côte d'Azur 1 420 -19 250 +12 1 339
Occitanie 944 +39 221 +17 749
Bretagne 235 -3 27 -2 310
Nouvelle-Aquitaine 539 -18 77 +3 601
Normandie 566 +26 86 +6 551
Centre Val-de-Loire 311 +15 61 -9 628
Pays de la Loire 372 -3 50 -5 557
Corse 46 +5 8 +2 69
Martinique 68 +3 16 NC 27
Guadeloupe 156 -12 24 NC 125
La Réunion 37 -1 10 +1 26
Guyane 10 +1 2 +1 65
Mayotte 9 +1 3 NC 30
TOTAL 13 185 -190 2 248 +71 23 048 (+163)

Combien de morts du Covid-19 en France ?

Le nombre de décès du Covid-19 repart à la hausse en France. Le premier était survenu à Paris le 14 février 2020, il s'agissait d'un patient chinois de 80 ans. Au 21 octobre 2020, 34 048 personnes sont décédées en France du Covid-19 (+163 décès en 24 heures). Le nouveau coronavirus aurait causé entre 25 000 et 30 000 décès supplémentaires en France entre le 2 mars et le 31 mai, selon une synthèse publiée par Santé Publique France le 23 juillet.

Hausse de la mortalité en France chez les personnes âgées de 65 à 74 ans.

La proportion de décès chez les hommes est supérieure à celle des femmes depuis le début de la pandémie (55%). 92% des cas de COVID-19 décédés sont âgés de 65 ans ou plus. 

• Carte des décès en France par départements

Carte de l'épidémie en temps réel

Quels sont les régions et départements les plus touchés ?

Paris et la région Ile-de-France, Grenoble-Alpes-métropole, la Métropole européenne de Lille, la Métropole de Lyon, la Métropole d'Aix-Marseille-Provence, la Métropole de Montpellier, la Métropole de Rouen Normandie, la Métropole de Saint-Etienne et la Métropole de Toulouse sont les territoires les plus touchés par la deuxième vague épidémique de coronavirus, au 15 octobre. Il faut par ailleurs noter que les nouvelles hospitalisations progressent dans toutes les régions de France.

Au 21 octobre, 91 départements ont un nombre de cas de Covid-19 au-dessus du seuil d'alerte de 50/100 000 habitants et sont en niveau de vulnérabilité "élevé". 

Niveau de vulnérabilité par département et évolution, France, au 21 octobre 2020

Niveau de vulnérabilité par département et évolution, France, au 8 octobre 2020
Niveau de vulnérabilité par département et évolution, France, au 21 octobre 2020 © Santé Publique France

 

Les clusters en milieu scolaire et universitaire représentent 36% des clusters en cours.

Combien de clusters en France ?

Le nombre de clusters de coronavirus reste élevé en France. Les clusters en cours d'investigation sont principalement en milieu scolaire et universitaire, dans les Ehpad, les entreprises privées ou publiques, et les établissements de santé. Devant l'augmentation de la circulation virale sur l'ensemble du territoire, le nombre de clusters identifié est probablement fortement sous-estimé. Au 21 octobre, 1 852 foyers de contamination sont en cours d'investigation en France (+139 sur les dernières 24 heures). Depuis le 9 mai 2020, un total de 4 570 clusters dont 1111 en établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ont été enregistrés dans la base nationale, au 12 octobre. L'ensemble des clusters inclut 50 550 cas (moins de 10% des cas diagnostiqués).

Quel est le taux de reproduction du virus en France ? 

Le taux de reproduction (R effectif) est évalué à partir de plusieurs observations. Ils sont tous en hausse en 15 octobre : celui calculé à partir du nombre de tests positifs grimpe à 1.35, celui calculé à partir des données d'hospitalisations (SI-VIC) à 1,20 et celui calculé à partir des passages aux Urgences passe à 1,13. Quels sont les départements ou régions où le virus circule le plus ? Comment ce nombre est-il calculé ? Définition, courbe d'évolution et carte par région.

Où se faire dépister du Covid-19 ?

Plus de 13 millions de tests PCR ont été réalisés depuis le début de la pandémie, a indiqué Olivier Véran lors de sa conférence de presse du 1er octobre. Le dépistage du coronavirus est en première ligne de la stratégie du gouvernement pour faire face au rebond épidémique confirmé sur le mois de septembre. 590 laboratoires testent les Français sur l'ensemble du territoire. Si des difficultés d'accès aux tests sont manifestes depuis quelques semaines, la situation s'améliore selon le ministre de la Santé qui annonce le 15 octobre que 91% des tests sont rendus en moins de 48 heures. La France commence à déployer des tests antigéniques, un peu moins fiables que les tests PCR mais avec des résultats en 30 minutes maximum.

Protocole sanitaire : gestes barrières, masques...

Comme il n'y a ni vaccin, ni médicament efficace contre le coronavirus, le meilleur moyen de s'en protéger pour prévenir une deuxième vague est l'application de mesures barrières : respect de la distanciation physique minimale d'un mètre, port du masque, lavage des mains réguliers, réduction des rassemblements. Les personnes âgées ou atteintes de pathologies chroniques (atteintes respiratoire, cardiaque, obésité, diabète…) sont appelées à la plus grande prudence tant que le virus circule.

Symptômes : dans quel ordre apparaissent-ils, que faire ?

Si au début, on ne parlait que de fièvre, toux sèche, rhume, état grippal et de fatigue, les symptômes de l'infection par le coronavirus ont évolué. On sait désormais que le virus peut avoir des effets sur la peau (urticaire, autres affections dermatologiques), la sphère digestive (vomissements, diarrhées...), l'odorat, le goût et même le cerveau. 

  • Si vous présentez des symptômes (toux, fièvre, mal de tête) : éviter les contacts, rester à domicile, prenez du paracétamol si besoin, appeler un médecin pour prendre rendez-vous dans l'éventualité qu'il vous fasse passer un test de dépistage. 
  • Appeler le 15 en cas de difficultés respiratoires : "Si cette toux et cette fièvre s'accompagnent d'une gêne respiratoire qui devient permanente avec souffle court, difficulté à inspirer et à expirer, d'une aggravation importante de la toux, cela peut signifier une évolution de la maladie sous la forme d'une pneumopathie. Il s'agit alors d'une urgence respiratoire potentielle et comme dans tous les cas d'urgence, il faut alors appeler le 15 qui prendra les meilleures dispositions pour répondre à la situation", prévient le Dr Patrick Aubé, médecin généraliste.  
DATES CLÉS DE L'ÉPIDÉMIE EN FRANCE
  • Le 31 décembre 2019, l'Organisation mondiale de la Santé en Chine est informée de plusieurs cas de pneumonies dans la ville de Wuhan. 44 personnes sont infectées entre cette date et le 3 janvier 2020.
  • Le 7 janvier 2020, les autorités chinoises identifient un "nouveau type de coronavirus".
  • Le 13 janvier, un cas importé est recensé en Thaïlande.
  • Le 15 janvier, le virus cause la mort d'une première personne à Wuhan, un homme de 69 ans. 
  • Le 23 janvier, trois villes chinoises dont Wuhan sont placées en quarantaine.
  • Le 25 janvier, trois personnes contaminées sont recensées en France, deux à Paris et une Bordeaux. Ce sont les premiers cas enregistrés sur le continent européen.
  • Le 30 janvier, l'Organisation mondiale de la Santé décrète l'urgence de santé mondiale. Cette mesure n'avait été décrétée que 5 fois depuis sa création (pour Ebola (deux fois), la grippe H1N1, Zika et la poliomyélite). 
  • Le 23 février, la France déclenche le plan ORSAN, un dispositif exceptionnel d'organisation des soins.
  • Le 28 février, la France passe en stade 2 de l'épidémie.
  • Le 11 mars, l'OMS classifie de pandémie la diffusion de la maladie à coronavirus Covid-19 dans le monde.
  • Le 12 mars, le président de la République Emmanuel Macron annonce la fermeture nationale des crèches et établissements scolaires de France à compter du 16 mars et "jusqu'à nouvel ordre".
  • Le 14 mars, la France passe au stade 3 de l'épidémie.
  • Le 16 mars : la France met en place un dispositif de confinement interdisant les déplacements.
  • Le 18 mars le premier transfert de patients Covid-19 en France est réalisé grâce à l'Armée, par voie terrestre et aérienne. 
  • Le 26 mars, un premier cas jeune meurt en France, une adolescente de 16 ans, en Ile-de-France originaire de Morsang-sur-Orge.
  • Le 27 mars, le confinement de la population française est renouvelé jusqu'au 15 avril.
  • Le 13 avril, Emmanuel Macron annonce le prolongement du confinement jusqu'au 11 mai.
  • Le 11 mai, la France commence son déconfinement.
  • Le 15 juin, toute la France passe en zone verte, sauf Mayotte et la Guyane. A Paris, les restaurants et bars peuvent rouvrir complètement.
  • Le 22 juin, les écoles sont de nouveaux obligatoires en France pour tous les élèves. Les cinémas, salles de jeux, casinos rouvrent. Les sports collectifs peuvent être autorisés tout en respectant certaines conditions sanitaires.
  • Le 10 juillet, la France a franchi la barre des 30 000 morts. Dans la nuit du 10 au 11 juillet à minuit, l'état d'urgence sanitaire prend fin en France.
  • Le 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos en France.
  • Le 8 octobre, le plan blanc est réactivé dans les hôpitaux d'Ile-de-France.
  • Le 17 octobre à 0h01, la France repasse en état d'urgence sanitaire et un couvre-feu est instauré dans 9 territoires (Paris-Ile-de-France, Rouen, Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Saint-Etienne, Toulouse).

Cet article est mis à jour quotidiennement par Aurélie Blaize, Anaïs Thiébaux et Samantha Pagès

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