Cancer du poumon : symptômes, espérance de vie, peut-on guérir ?

"Cancer du poumon : symptômes, espérance de vie, peut-on guérir ?"

Jean Pierre-Pernaut a confirmé souffrir d'un cancer du poumon le 22 novembre 2021. C'est le 2e cancer le plus fréquent chez l'homme et le 3e chez la femme. L'âge médian au diagnostic est de 67 ans chez l'homme et 65 ans chez la femme. Symptômes, survie, traitements : tout savoir.

[Mise à jour le 23 novembre 2021 à 11h32] "Il y a eu une fuite dans les médias annonçant que je souffrais d'un cancer du poumon. C'est vrai, a annoncé le journaliste et ex-présentateur du JT de 13h sur TF1, Jean-Pierre Pernaut (71 ans) sur Twitter le 22 novembre 2021. J'ai appris cette maladie en mai dernier, j'ai subi une première opération début juillet et un traitement qui continue depuis quelques semaines". Le cancer du poumon est le 3e cancer tous sexes confondus en France. C'est le 2e plus fréquent chez l'homme et le 3e chez la femme. "Quel que soit l'âge observé, l'incidence de ce cancer est plus élevée chez l'homme que chez la femme, toutefois l'écart se resserre au détriment de ces dernières" explique l'Institut national du cancer. Le tabac constitue de loin la première cause avec plus de 8 cancers du poumon sur 10 qui y sont liés. Le cancer du poumon est dit "de mauvais pronostic". C'est la première cause de décès par cancer en France

Quelle est la définition du cancer du poumon ?

Le cancer du poumon, appelé également "cancer bronchique" ou "cancer broncho-pulmonaire", est une tumeur maligne des cellules des bronches ou, plus rarement, des cellules tapissant les alvéoles pulmonaires. Il existe deux principaux types de cancers du poumon en fonction de l'origine et la typologie des cellules cancéreuses : les cancers bronchiques non à petites cellules et les cancers bronchiques (très agressifs) :

  • Cancer du poumon non à petites cellules : le cancer "non à petites cellules" représente près de 85% des cancers du poumon. Dans cette famille, on y retrouve l'adénocarcinome bronchique (qui prend naissance en périphérie des poumons), le carcinome épidermoïde (au niveau des grosses bronches au centre des poumons) et le carcinome à grandes cellules.
  • Cancer du poumon à petites cellules : les cancers à "petites cellules" constituent les 15% restants. S'ils sont moins nombreux, ils sont toutefois plus agressifs à cause d'une prolifération rapide des cellules cancéreuses qui augmente le risque de métastases.

Quel est l'âge de survenue d'un cancer du poumon ?

Selon les dernières statistiques de l'Institut national du cancer qui date de 2018 l'âge médian au diagnostic d'un cancer du poumon est de 67 ans chez l'homme et 65 ans chez la femme.

Chiffres du cancer du poumon en France en 2018.
Chiffres du cancer du poumon en France en 2018. © INCA

Quels sont les stades ?

Les stades permettent de classer le cancer du poumon en fonction de la taille de la tumeur, de l'étendue du cancer, et de la présence de métastases dans d'autres parties du corps. Le système le plus fréquemment employé pour le cancer du poumon se compose de 5 stades avec un stade 0 suivi de 4 stades. Plus le numéro du stade est élevé, plus le cancer s'est propagé :

  • Le stade 0 si aucun signe de tumeur primitive du poumon n'est retrouvé ;
  • Le stade I, lorsque le diamètre de la tumeur mesure maximum 3 cm et qu'elle reste cantonnée au poumon, il n'y a pas de métastases dans d'autres organes ;
  • Le stade II, lorsque la tumeur atteint les ganglions lymphatiques des bronches ou ceux situés au niveau du hile ;
  • Le stade III, lorsque la tumeur a entraîné des métastases aux ganglions lymphatiques du médiastin c'est-à-dire dans une zone proche des poumons, pas dans d'autres organes.
  • Le stade IV, lorsque la tumeur s'est répandue dans d'autres organes que le poumon (foie, glandes surrénales, os, cerveau...). C'est ce qu'on appelle "un cancer du poumon métastasé" ou "cancers métastatiques".

A savoir : Le stade peut être réévalué après une chirurgie. On parle alors de stade "pathologique". On parle de phase "terminale " lorsqu'aucun traitement curatif n'est possible et qu'il faut passer à des soins palliatifs qui assurent le confort du patient.

Le tabac est responsable de 8 cancers du poumon sur 10.

Quels sont les symptômes ?

Il est possible qu'une personne atteinte d'un cancer du poumon ne présente aucun symptôme. Des signaux doivent toutefois alerter : une toux qui va en s'intensifiant et ne cessant pas, des crachats de sang, une douleur persistante au thorax accentuée lors des quintes de toux, une respiration difficile, une perte de poids, une exposition plus importante aux bronchites à répétition... La perte d'appétit, une fatigue chronique, des maux de tête peuvent également constituer des symptômes. Dans certains cas un ganglion au niveau des clavicules ou à la base du cou et des difficultés à avaler sont possibles.

Quelles sont les causes du cancer du poumon ?

Les facteurs de risque prédominants dans le cancer du poumon sont : le tabagisme actif (80%) et passif, les expositions professionnelles à des substances toxiques, les pollutions environnementales et les antécédents personnels et familiaux.

Quelle est la part des cancers attribuables au tabac ?

Le tabac est responsable de 8 cancers du poumon sur 10. Toutes les formes de tabac sont concernées (cigarettes, cigares, cigarillos, narguilé, cannabis, etc.). La fumée de cannabis contient quatre fois plus de goudrons que celle du tabac et plus de substances cancérigènes. Le principe actif du cannabis, le THC, dilate les bronches facilitant ainsi la pénétration de la fumée et de ses toxiques. Près de 92 % des décès par cancer des poumons chez l'homme résultent d'une consommation de tabac. Le risque s'accroît en fonction de la dose journalière de tabac et de la durée du tabagisme… La durée pendant laquelle on fume semble plus importante que la quantité de cigarettes fumées. Les jeunes fumant de plus en plus tôt, l'âge de survenue de la maladie rajeunit et celle-ci se manifeste parfois dès l'âge de 40 ans.  A cause du tabagisme, le cancer du poumon a été multiplié par 7 ces 30 dernières années et a quasiment doublé entre 2000 et 2012 (Inca).  Le tabagisme passif augmente le risque de cancer du poumon de 30% par rapport à une personne qui évolue dans un entourage indemne de tabac.

Quelles causes chez les non-fumeurs ?

Chez les non-fumeurs, d'autres facteurs extérieurs peuvent être impliqués dans la survenue d'un cancer du poumon. C'est le cas, notamment, d'une exposition prolongée à des substances comme l'amiante, certains hydrocarbures polycycliques aromatiques (gaz d'échappement des moteurs diesels…), les radiations ionisantes (dont rayons X, rayons gamma issus de l'imagerie médicale), le radon, l'arsenic, le nickel, le chrome, la silice, le cadmium… On peut également citer les maladies inflammatoires chroniques des bronches ou encore la pollution atmosphérique.

"Il n'est jamais trop tard pour arrêter de fumer et c'est encore mieux de l'entreprendre, dès le diagnostic." 

Comment savoir si on a un cancer du poumon ?

Les cancers du poumon sont souvent diagnostiqués à un stade avancé. La radiographie du thorax demeure l'examen majeur qu'il faut effectuer lorsqu'un cancer du poumon est suspecté. Lorsqu'une anomalie est détectée, un scanner est proposé. Une biopsie permet ensuite de confirmer s'il s'agit d'un cancer ou pas. Elle peut s'effectuer par la fibroscopie bronchique, la ponction trans-pariétale sous scanner (à travers la paroi du thorax), ou au cours d'une intervention chirurgicale. Si le cancer est confirmé, le cancérologue et le pneumologue proposent de faire un bilan d'extension pour rechercher des métastases ou une invasion des ganglions environnant. Il comprend en général un scanner abdominal, une échographie hépatique et surrénalienne, une IRM ou un scanner cérébral et une scintigraphie en cas de douleurs osseuses. D'autres examens peuvent être réalisés en fonction des résultats des précédents.

Traitement : peut-on guérir du cancer du poumon ?

Le cancer du poumon fait partie des cancers "de mauvais pronostic". C'est la première cause de décès par cancer en France (33 117 décès par cancer du poumon ont été estimés en 2018 (22 761 hommes et 10 356 femmes)). L'arrêt du tabac une des mesures principales à prendre dès l'annonce du diagnostic. Le traitement dépend du type de cancer bronchique, de son extension et de l'existence de métastases. La chirurgie, une radiothérapie ou une chimiothérapie peuvent être proposées. Plusieurs solutions thérapeutiques associent l'un et/ou l'autre de ces traitements. Dans certains cas la chirurgie est possible pour retirer une partie d'un poumon, encore dénommée la lobectomie. Il arrive parfois qu'un poumon entier soit retiré : on parle alors de pneumonectomie. Seul un diagnostic précoce permet une chirurgie curative. En règle générale, l'ablation par voie chirurgicale de la tumeur et des ganglions correspondants est préconisée. Mais si la chirurgie correspond au traitement de première intention en présence d'un cancer "non à petites cellules", elle n'est généralement pas envisageable face à un cancer à "petites cellules" qui s'est métastasé.

Quels traitements en cas de cancer du poumon métastasé ?

La chirurgie n'est généralement pas envisageable face à un cancer à "petites cellules" qui s'est métastasé. Le recours à la chimiothérapie est privilégié afin d'éradiquer les cellules cancéreuses. L'immunothérapie peut être un recours pour traiter un cancer du poumon non à petites cellules qui est avancé ou métastatique après qu'il ait cessé de réagir à la chimiothérapie ou au traitement ciblé.

Le cancer du poumon fait partie des cancers "de mauvais pronostic".

Quelle espérance de vie ?

Selon l'Institut national du cancer, "le taux de survie nette à 5 ans augmente mais reste mauvais". Le cancer du poumon fait ainsi partie des cancers "de mauvais pronostic". C'est la première cause de décès par cancer en France (33 117 décès par cancer du poumon ont été estimés en 2018 (22 761 hommes et 10 356 femmes)).

  • Survie nette standardisée à 5 ans : 17 % (16 % chez l'homme, 20 % chez la femme) ; à 10 ans : 10 % (9 % chez l'homme, 13 % chez la femme)
  • Survie nette standardisée à 5 ans pour les personnes diagnostiquées entre 2010 et 2015 : 20 % (18 % pour les hommes, 24 % pour les femmes)

L'âge médian au moment du décès est de 69 ans chez l'homme et 68 ans chez la femme. Le taux de mortalité entre 1990 et 2018 a diminué d'1.6% chez l'homme en moyenne alors qu'il a augmenté de 3% chez la femme. 

Comment prévenir un cancer du poumon ?

Sachant que dans la majorité des cas, les patients atteints d'un cancer du poumon sont des fumeurs, la première prévention est bien sûr l'arrêt du tabac. Arrêter de fumer ou ne pas commencer à fumer diminuent les risques de survenue d'un cancer du poumon. Mais il semble que ce risque perdure après l'arrêt et reste supérieur à ceux qui n'ont jamais fumé. Les spécialistes (cancérologues, tabacologues) conseillent aux anciens fumeurs de surveiller leurs poumons pendant au moins 2 ans après l'arrêt. Certains spécialistes recommandent de passer un scanner 2 fois par an pendant 2 ans. Le tabagisme passif doit également être évité.

Source : Panorama des cancers en France 2021 - Institut national du cancer.

Merci au Dr Claire Lewandowski pour sa validation médicale.

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