Carcinome spinocellulaire : traitements, aspect, âge, évolution

Quatre fois moins fréquent que le carcinome basocellulaire, le carcinome spinocellulaire est un cancer de la peau qui survient plus souvent après 60 voire 70 ans, et davantage chez les hommes. Plus agressif, il s'agrandit très vite et peut envoyer des métastases dans d'autres parties du corps.

Carcinome spinocellulaire : traitements, aspect, âge, évolution
© Michael Heim -123RF

Définition : qu'est-ce qu'un carcinome spinocellulaire ?

Un carcinome spinocellulaire (aussi appelé "épidermoïde") est un cancer de la peau qui se forme dans les cellules épineuses, responsables de la formation de la kératine, substance cornée de la peau. Le carcinome spinocellulaire (et basocellulaire) est beaucoup plus fréquent que les mélanomes, et ils sont moins dangereux.

Carcinome spinocellulaire : quelles différences avec le carcinome basocellulaire ?

C'est un cancer qui se développe aussi à partir des cellules de l'épiderme, les kératinocytes, mais à partir de cellules plus matures que le carcinome basocellulaire. Contrairement au basocellulaire, le carcinome spinocellulaire est agressif et peut envoyer des cellules cancéreuses dans d'autres parties du corps.

couche de la peau carcinome
Coupe transversale de la peau. © LigueCancer.ch

Quelles sont les causes ?

  • La première cause est le soleil, c'est un cancer qui se développe sur les zones exposées de manière chronique et prolongée.
  • Les cabines de bronzages.
  • Le tabac : "Certains carcinomes spinocellulaires peuvent apparaître sur la lèvre inférieure, on évoque alors le tabac qui est alors un co-facteur" précise le docteure Marie-Estelle Roux, dermatologue.
  • Un virus de la famille des papillomavirus. En effet, dans certains carcinomes les spécialistes retrouvent du papillomavirus qui pourrait être à l'origine de la lésion.
  • Les plaies chroniques, notamment les ulcères chroniques.
  • Les cicatrices de brûlures.
  • La radiothérapie.
  • Déficits immunitaires, "par exemple, les personnes qui ont eu une greffe d'organe et sont sous imuno-dépresseur à vie, sont plus à risques de carcinome spinocellulaire" souligne docteure Roux.

Quels sont les symptômes ?

"Le carcinome spinocellulaire est une petite lésion un peu rugueuse qui grandit très vite sur une peau saine ou une peau sur laquelle il y avait au préalable des kératoses solaires. Il se situe la plupart du temps sur les zones les plus exposées au soleil : le visage, les joues, le dos des mains, les jambes, le cuir chevelu" décrit la dermatologue.

Qui sont les personnes les plus à risque ?

"Le carcinome spinocellulaire survient la plupart du temps chez des personnes de plus de 60 ans, et en majeure partie les hommes. Les personnes qui travaillent en extérieur, comme les agriculteurs, des professeurs de sports nautiques, les gens dans le bâtiment ou sur les routes" explique la dermatologue. Avant d'ajouter que "les personnes au phototype clair (peau claire, yeux clairs, cheveux clairs), ont également plus de risque d'en développer".

Quelle est l'évolution d'un carcinome spinocellulaire ?

"Le carcinome spinocellulaire est agressif et peut évoluer envoyant des métastases dans les ganglions régionaux de drainages, voire dans des organes à distance notamment les poumons" met en garde le docteure Roux.

Qui et quand consulter ?

Dès qu'une lésion rugueuse et grandissante est présente plus de 6 semaines, il faut consulter son dermatologue sans attendre.

Quel est le diagnostic ?

Pour le dermatologue le diagnostic est le plus souvent clinique, à l'oeil. On s'aide également du dermatoscope. S'il y a le moindre doute sur un carcinome spinocellulaire, le spécialiste l'enlève ou fait une biopsie pour confirmer le diagnostic.

Le bilan permet de rechercher d'autres lésions cutanées ou la présence de métastases qui apparaissent lors de la migration des cellules cancéreuses dans le système lymphatique ou sanguin. "Une échographie des ganglions de la zone de drainage lymphatique est systématiquement réalisée. En fonction du contexte, c'est-à-dire de la taille de la tumeur, sa localisation et les symptômes cliniques associés, seront réalisés : une échographie abdominale, un scanner thoracique et abdominal" détaille le docteure Roux.

Quels traitements pour le soigner ?

Le traitement varie selon les critères de mauvais pronostic. L'absence de mauvais pronostic correspond à un risque très faible de récidive et/ou d'apparition de métastases. La présence d'au moins un facteur de mauvais pronostic, comme une épaisseur supérieure à 3 mm de hauteur, est liée à un risque de récidive ou de l'apparition de métastases.

  • Une intervention chirurgicale est le premier traitement conseillé afin d'enlever totalement la tumeur ainsi que les tissus situés tout autour. Une reconstruction est souvent nécessaire et peut s'effectuer dans un second temps.
  • La radiothérapie est proposée lorsqu'une intervention chirurgicale n'est pas possible, en cas d'atteinte ganglionnaire ou en complément de la chirurgie pour des carcinomes spinocellulaires risquant de récidiver. La chimiothérapie peut également faire partie de l'arsenal thérapeutique. Un curage ganglionnaire est envisagé lors de la présence de métastases ganglionnaires.

Quels sont le pronostic et les chances de guérison ?

"Une fois que le carcinome est retiré et qu'il n'y a pas eu d'envahissement ganglionnaire, le pronostic est très bon. En revanche, le pronostic est plus réservé dès que les ganglions sont touchés par les métastases. Une chimiothérapie complémentaire est alors nécessaire" explique docteure Roux.

Prévention : comment éviter les risques ?

La destruction de cellules pré-cancéreuses, les kératoses solaires ou kératoses actiniques qui sont des indicateurs sur la peau de risque de développer un carcinome spinocellulaire, permet de prévenir l'apparition de ce cancer. Le recours à la cryothérapie, à l'azote liquide, à l'application d'une crème comme l'Aldara® ou à photothérapie dynamique peuvent être proposés. Il est préconisé d'arrêter de fumer et d'éviter de s'exposer au soleil sans protection. Chapeau, crème solaire, manches longues sont de rigueur si cela est possible, et particulièrement chez les personnes à risques. Pour finir, le docteure Roux précise que "d'après de récentes études épidémiologiques, l'hydrochlorothazide, médicament très fréquemment utilisé dans le traitement de l'hypertension artérielle, augmente le risque de développer un carcinome spinocellulaire. Il impose donc une protection solaire rigoureuse".

Merci au Dr Roux, dermatologue.

Source : Carcinome basocellulaire, carcinome spinocellulaire; Ligue contre le cancer Suisse. juin 2010.

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