Carcinome : définition, symptômes, traitements

Le carcinome est un cancer de la peau. Dans 90% des cas, il s'agit d'un carcinome basocellulaire. Sinon, il s'agit d'un carcinome spinocellulaire. Comment le reconnaître ? Avec quels traitements le soigner ?

Définition : qu'est-ce qu'un carcinome ?

Le carcinome désigne une tumeur maligne d'origine épithéliale (l'épithélium est la structure histologique constitutive de la peau et de certaines muqueuses). Il s'agit du type de cancer le plus souvent diagnostiqué chez les caucasiens. Néanmoins, on en parle relativement peu, car il entraîne rarement un décès. De plus, il est difficile d'en faire le recensement des cas. "Le carcinome basocellulaire et le carcinome spinocellulaire ou épidermoïde sont les deux formes les plus courantes de non-mélanomes. Ils surviennent habituellement chez les personnes de plus de 50 ans", explique le Dr Marc Perrussel, dermatologue.

Carcinome basocellulaire

Les carcinomes basocellulaires sont les cancers cutanés les plus répandus. Ils constituent à eux seuls environ 90 % des cancers de la peau. Ils se forment dans la couche la plus profonde de l'épiderme. La malignité du carcinome basocellulaire est essentiellement locale (il n'entraîne quasiment jamais de métastases, des tumeurs secondaires qui se forment à distance de la tumeur d'origine, après que des cellules cancéreuses se sont dissociées de celle-ci), ce qui le rend très rarement mortel, cependant son diagnostic trop tardif, notamment sur des zones périorificielles (yeux, nez, bouche…) peut être mutilant, engendrant de larges pertes de substance cutanée.

Carcinome basocellulaire schéma
Schéma du carcinome basocellulaire © designua - 123RF

Carcinome épidermoïde ou spinocellulaire

Les carcinomes épidermoïdes (9% des cancers cutanés) n'ont pas le "côté perlé". Ils peuvent être en relief ou en creux. Ses facteurs de risques sont les expositions solaires chroniques, des antécédents de radiothérapie, les cicatrices chroniques, les états inflammatoires chroniques, les infections papillomavirus en particulier pour les régions génitales. Cliniquement il s'agit d'une lésion infiltrée, sous la forme d'un nodule le plus souvent, qui peut s'ulcérer. Ils sont plus inquiétants que les carcinomes basocellulaires car ils peuvent, parfois, dégénérer en métastases. A noter que le carcinome spinocellulaire est l'autre nom du carcinome épidermoïde. 

Carcinome infiltrant

Lorsque les cellules cancéreuses ont infiltré le tissu qui entoure les canaux et les lobules, on parle de cancer ou carcinome infiltrant. "Pour les cancers cutanés, cela signifie qu'ils se développent sous l'épiderme comme un sous-marin", précise le médecin.

Carcinome hépatocellulaire

Le carcinome hépatocellulaire est le plus fréquent des cancers primitifs du foie. Il touche un nombre croissant de personnes dans les pays occidentaux, présentant généralement une cirrhose ou une autre pathologie hépatique.

Carcinome mammaire

Le cancer du sein (carcinome mammaire) désigne une tumeur maligne de la glande mammaire féminine.

Carcinome urothélial

Le carcinome urothélial (ou carcinome à cellules transitionnelles) est la forme morphologique la plus fréquente de cancer des voies excrétrices (calices, bassinet, uretères, vessie, urèthre). Il représente 90 % des cancers de la vessie.

Carcinome ou cancer ?

Les carcinomes cutanés sont des cancers de la peau.

Les peaux claires sont davantage concernées.

Causes et facteurs de risque

Les carcinomes cutanés apparaissent le plus souvent après 50 ans chez des personnes qui ont largement exposé leur peau au soleil ou au bronzage artificiel en cabine. Les peaux claires sont davantage concernées. Enfin, il faut savoir que les patients immunodéprimés (par exemple, après une greffe d'organe) ont davantage de risque. Les personnes qui ont une kératose actinique (de petites taches rouges et squameuses sur la peau) sont davantage susceptibles de développer un carcinome épidermoïde. Le tabac favorise le développement d'un carcinome spinocellulaire de la lèvre, mais son rôle dans l'apparition des autres types de carcinomes n'est pas connu.

La piste virale est également une cause pointée du doigt : les papillomavirus humains (HPV) pourraient en effet être impliqués dans les carcinomes épidermoïdes, mais surtout des muqueuses. "Enfin, il existe d'autres facteurs de risque de carcinome, comme la radiothérapie, certaines maladies de peau chronique comme les ulcères de jambes ou les cicatrices de brûlures, le contact avec des produits dérivés du goudron ou encore une défaillance de l'immunité induite par une maladie ou la prise d'immunosuppresseurs", précise le dermatologue.

Symptômes et localisation

70 à 80 % des carcinomes basocellulaires siègent sur le visage et le cou, dont environ 30 % sur le nez qui est la localisation la plus fréquente ; les autres localisations fréquentes sont les joues, le front, le pourtour des yeux notamment à l'angle interne.

Le carcinome basocellulaire se manifeste notamment par l'un ou l'autre des signes suivants :

  • une bosse couleur chair ou rosée, d'apparence cireuse ou " perlée ", sur le visage, les oreilles ou le cou ;
  • une plaque rosée et lisse sur la poitrine ou sur le dos ;
  • un ulcère qui ne guérit pas.

Le carcinome épidermoïde prend habituellement naissance sur des surfaces de peau exposées au soleil, mais on peut aussi l'observer sur la peau entourant les organes génitaux et l'anus. Il peut se manifester sur la peau des cicatrices, des lésions, des ulcères et des brûlures. Il peut apparaître sous les formes suivantes :

  • une lésion qui ne guérit pas ou qui réapparaît après avoir apparemment guéri
  • des plaques rouges rugueuses ou écailleuses dont la bordure est irrégulière
  • des masses surélevées dont le centre est renfoncé
  • une lésion qui est encroutée ou qui saigne facilement
  • une masse ou région qui démange, qui est irritée ou endolorie.

Diagnostic

Une tumeur cutanée n'entraîne pas de symptôme clinique particulier. C'est l'examen clinique et surtout la biopsie de la lésion qui permettent de confirmer ou non le diagnostic de cancer.

Traitements : chirurgie, immunothérapie... Dans quels cas ?

La chirurgie est le traitement principal des carcinomes cutanés. La lésion est enlevée sous anesthésie locale. L'hospitalisation n'est pas nécessaire. 

En dehors de la chirurgie, il existe des traitements réservés aux formes superficielles. Il peut s'agir d'une crème appliquée sur la lésion, en général pendant un mois et demi. Pour détruire les cellules cancéreuses, on peut aussi faire appel à une thérapie photodynamique (une crème photosensibilisante réagit à l'exposition à la lumière).

  • Pour les formes inopérables de carcinomes baso-cellulaires (à cause de la taille de la lésion ou de l'état de santé du patient), il existe des thérapies ciblées sous forme de comprimés.
  • Pour les carcinomes épidermoïdes au stade métastatique, il existe une immunothérapie dont de nombreuses molécules sont en cours d'évaluation clinique.

Prévention

Les carcinomes récidivent fréquemment. "Il va donc falloir redoubler de vigilance", insiste le Dr Marc Perrussel :

  • Se protéger du soleil avec un chapeau et de la crème solaire.
  • Surveiller attentivement l'état de sa peau.
  • Consulter un dermatologue une fois par an, "ce qui est permis par une consultation spécifique - consultation de dépistage du mélanome (CDE) - remboursée par la sécurité sociale".

Merci au Dr Marc Perrussel, dermatologue cancérologue libéral, praticien hospitalier attaché CHU de Rennes et vice-président du syndicat des dermatologues.

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