Virus Zika : symptômes, transmission, diagnostic et traitement

Le virus Zika est transmis par un type de moustique tigre. Pour la première fois en France, deux cas de Zika ont été signalés dans le Var. Quels sont les symptômes d'une infection ? Comment la détecter et comment s'en protéger ?

Alerte au virus Zika en France : 2 cas signalés dans le Var

C'est une première en France métropolitaine : deux cas autochtones de Zika ont été signalés à Hyères dans le Var. Les deux personnes qui résident dans le même quartier et qui ont présenté leurs premiers symptômes en août n'avaient pas voyagé et ont été piquées en France métropolitaine. Elles sont aujourd'hui guéries, selon l'agence régionale de santé (ARS) de Provence-Alpes-Côte-d'Azur, qui appelle néanmoins à la vigilance."Les investigations se poursuivent pour détecter d'éventuels autres cas et éviter la propagation de la maladie", ajoute la Direction générale de la santé. Le ministère de la Santé a par ailleurs activé le niveau 3 du plan de lutte des maladies transmises par les moustiques tigres. A savoir qu'un cas autochtone correspond à une infection contractée suite à une piqûre de moustique en France métropolitaine, contrairement à un cas importé d'une personne ayant voyagé et ayant été piqué dans un autre pays.

Définition : qu'est-ce que Zika ?

Le virus Zika est un virus qui a été découvert pour la première fois en Ouganda en 1947. Il est responsable de la maladie à virus Zika et se transmet par la piqûre d'un moustique infecté. Il s'apparente aux virus de la dengue, du Chikungunya ou de la fièvre jaune. Le moustique tigre se distingue par la présence d'une ligne blanche placée au centre du thorax et visible à l’œil nu.

Transmission : comment attrape-t-on le virus Zika ?

Le virus Zika se transmet à l'homme via la piqûre d'un moustique appelé Aedes aegypti ou albopictus, des types de moustique tigre. Le moustique se contamine en prélevant le virus dans le sang d'une personne infectée. Celui-ci se multiplie ensuite dans le moustique, qui pourra, à l'occasion d'une autre piqûre, transmettre le virus à une nouvelle personne.

Contamination par voie sexuelle

La transmission via une piqûre de moustique est le mode de contamination le plus répandu. La transmission du virus par voie sexuelle est de plus désormais prouvée. "On sait que le virus peut se retrouver dans le sperme et être un vecteur potentiel d'infection, précise Marie-Claire Paty, coordinatrice de la surveillance des maladies vectorielles à l'Institut national de Veille Sanitaire (InVS). De plus, on a aussi la preuve d'une possibilité de transmission au sein de couples, de l'homme vers la femme, lorsque le partenaire masculin a voyagé au préalable dans une zone où circulait le virus."  En effet, on a la preuve que le virus peut se retrouver dans le sperme et être un vecteur d'infection. Des cas de transmission au sein de couples, de l'homme vers la femme, lorsque le partenaire masculin a voyagé au préalable dans une zone où circulait le virus, ont été observés. Donc aujourd'hui, on considère que la transmission sexuelle existe, sans aucun doute. Reste à déterminer la part des contaminations sexuelles par rapport au mode de contamination classique.

Se pose donc la question de mesures de précaution. "La recommandation pour un couple dont le partenaire homme aurait séjourné dans une région à risque, c'est d'avoir des rapports protégés pendant toute la durée de la grossesse."  Quant aux couples pour lesquels il n'y a pas de grossesse, toute personne provenant d'un pays touché par le virus Zika doit se protéger lors des rapports sexuels durant les six mois qui suivent son retour dans le pays, qu'elle présente ou non les symptômes du virus (recommandations OMS, juillet 2018).

Contamination par le sang 

"Ce mode de transmission n'est pas prouvé, mais il est possible car le virus a été retrouvé dans le sang, explique l'épidémiologiste. Il pourrait rester dans le sang 5 à 7 jours, voire moins". Pour l'heure, la maladie ne donnant que rarement des symptômes (dans 80% elle est asymptomatique), les autorités de santé recommandent aux personnes ayant voyagé dans une région endémique de reporter leur don de sang à plus tard, soit au moins 1 mois. En dehors des contaminations sexuelles et sanguines, y-a-t-il d'autres modes de transmission connus ? "On étudie la transmission du virus via le lait maternel mais pour le moment il n'y a pas de preuve, ni de recommandation. On sait aussi que l'on trouve du matériel génétique du virus dans la salive, mais cela ne veut pas dire qu'il puisse être transmis par ce biais."

Temps d'incubation

Le temps d'incubation, c'est-à-dire la période entre l'exposition avec le virus et l'apparition des premiers symptômes, est de 3 à 12 jours. Pendant cette période, il faut donc éviter qu'une personne infectée se fasse piquer et qu'elle transmette ainsi le virus à d'autres moustiques afin de rompre le cycle de transmission virale.

Symptômes : comment savoir si on a Zika ?

Les symptômes sont le plus souvent bénins et de type grippal  :

  • maux de tête,
  • courbature,
  • fatigue
  • éruptions cutanées.

Le Zika peut également se manifester par une conjonctivite ou par une douleur derrière les yeux, ainsi que par un œdème des mains et/ou des pieds. La fièvre apparaît peu élevée et transitoire"Il est difficile, sur ces seuls symptômes, de faire un diagnostic, notamment lorsque coexistent dans la même zone géographique d'autres arboviroses telles que la dengue ou le chikungunya", souligne l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes). Surtout que dans la plupart des cas, 70 à 80% des cas, ce virus ne donne lieu à aucun symptôme, ce qui complique sa détection et donc son endiguement.

Diagnostic : comment détecter Zika ?

Dans la plupart des cas, le diagnostic de maladie à virus Zika se fonde sur les symptômes et les antécédents récents de voyage (par exemple le fait d'habiter dans une région où l'on sait que le virus est présent ou d'y être allé). Dans un second temps, le laboratoire peut confirmer le diagnostic au moyen de tests hématologiques (prise de sang ou prélèvements d'autres liquides biologiques comme les urines, la salive ou le sperme).

Il n'existe pas à ce jour de traitement spécifique contre le Zika.

Traitements : comment guérir ?

Il n'existe pas à ce jour de traitement spécifique contre le Zika, ni de vaccin. Le traitement est avant tout symptomatique et repose notamment sur la prise d'antalgiques (comme le paracétamol), et le repos. La personne contaminée doit également bien s'hydrater. En cas d'éruption cutanée avec ou sans fièvre et au moins deux signes évocateurs (douleurs conjonctivales, douleurs musculaires et articulaires, arthralgies, myalgies), il est nécessaire de consulter un médecin sans délai.

Complications : neurologiques, microcéphalies...

La maladie Zika est dite "bénigne" dans la plupart des cas. Mais des complications neurologiques en lien avec l'infection par le virus Zika, de type syndrome de Guillain-Barré, ont été décrites au Brésil, en Polynésie française, mais aussi en Martinique (1 cas). Le syndrome de Guillain-Barré est une affection où le système immunitaire attaque une partie du système nerveux. Les principaux symptômes sont une faiblesse musculaire et des picotements dans les bras et les jambes. "Des manifestations neurologiques sévères ont effectivement été décrites, différentes des syndromes de Guillain Barré, mais elles restent à ce jour très rares. A la différence des microcéphalies, ce n'est pas une réelle surprise car d'autres virus de la même famille provoquent ce type de complications, comme le virus West Nile qui sévit aux USA et en Europe du sud. Pour résumer, c'est donc effectivement une préoccupation, mais ces manifestations rares, qui peuvent être régressives ont déjà été observées avec d'autres virus"  commente la spécialiste.

Par ailleurs, une augmentation inhabituelle des cas de microcéphalie chez les fœtus et les nouveau-nés a été constatée au Brésil depuis novembre 2015. Il s'agit d'une anomalie rare du nourrisson consistant en une petitesse excessive de la tête. Elle est due au développement anormal du cerveau de l'enfant dans l'utérus ou au cours de la petite enfance. Pendant la croissance, les nourrissons et les enfants atteints de microcéphalie présentent souvent des troubles du développement du cerveau. "Le virus Zika a été isolé dans du liquide amniotique et dans le placenta, puis on l'a retrouvé le virus dans le cerveau d'un fœtus décédé in utero. Et enfin, récemment, des preuves expérimentales avec la découverte de chercheurs américains, qui ont montré que le virus Zika peut infecter des cellules souches neuronales humaines situées dans le cerveau et en altérer leur fonctionnement. Aujourd'hui, il n'y a plus de place pour le doute."

Une étude brésilienne publiée dans le British Medical Journal a par ailleurs fait état de 7 cas de nourrissons dont la mère avait été infectée par le virus Zika durant la grossesse, qui présentent des calcifications cérébrales et de l'arthrogrypose, maladie neurologique entraînant de sévères déformations articulaires. Les chercheurs émettent l'hypothèse que le virus Zika engendre des problèmes neurologiques, qui provoquent alors l'apparition d'arthrogrypose.

Prévention : comment se protéger de Zika ?

Comment se protéger des moustiques ? 

Une vigilance particulière doit être apportée aux jeunes enfants, aux femmes enceintes, aux malades et aux personnes âgées. Les voyageurs et les personnes habitant dans des zones touchées par le virus doivent également prendre les précautions de base pour se protéger des moustiques : 

  • Appliquer des produits répulsifs contenant du DEET, de l'IR3535 ou de l'icaridine et bien suivre les instructions sur l'étiquetage du produit.
  • Porter des vêtements de préférence de couleur claire couvrant le plus possible le corps.
  • Dormir sous des moustiquaires. 
  • Vider, nettoyer ou couvrir tous les contenants susceptibles de retenir l'eau même en petite quantité, comme les seaux, les pots de fleurs ou les pneus, de façon à éliminer les endroits où les moustiques peuvent se reproduire. 
  • Installer des obstacles physiques comme les écrans anti-insectes.
  • Fermer les portes et les fenêtres

Il est recommandé aux femmes enceintes (ou ayant un projet de grossesse) de reporter leur voyage dans les zones épidémiques.

Pendant la grossesse

"Le premier trimestre est probablement le plus à risque, mais certaines études menées au Brésil on montré qu'il existait des cas de transmission en fin de 2e trimestre, voire au 3e trimestre. Donc, en l'état actuel des connaissances, toute la grossesse est considérée comme une période à risque" explique Marie-Claire PatyPar précaution, il est donc recommandé aux femmes enceintes (et ayant un projet de grossesse) de différer leur voyage dans les zones épidémiques. Sur place, les femmes enceintes doivent se protéger des moustiques et éviter tout rapport sexuel non protégé pendant toute la durée de la grossesse. Les femmes enceintes doivent se protéger par tous les moyens disponibles contre les piqûres de moustiques (port de vêtements longs couvrant les bras et les jambes jusqu'aux chevilles, si possible imprégnés de répulsifs, moustiquaires imprégnées de répulsifs dans l'habitat, utilisation de répulsifs, etc.) et tout particulièrement au cours des deux premiers trimestres de la grossesse. Et de consulter sans délai en cas de symptôme. Les berceaux et les poussettes doivent être protégés par des moustiquaires imprégnées. 

Faut-il éviter de voyager dans des pays touchés par le virus Zika ?

Il est recommandé aux populations à risque (futures mamans, nouveaux-nés...) de "différer leur voyage en Martinique, en Guyane et dans les territoires d'outre-mer" en raison de "l'épidémie sérieuse" du virus Zika. A noter que contrairement au moustique vecteur du paludisme, l'Aedes a une activité diurne, en particulier le matin et en fin de journée. C'est donc surtout dans la journée qu'il faut se protéger, rappelle le ministère de la Santé.

Les pays touchés par le virus Zika sont : l'Angola, l'Argentine, le Bangladesh, la Bolivie, le Brésil, le Burkina-Fasso, le Cap-Vert, la Colombie, le Costa Rica, la Cote d'Ivoire, Cuba, la Guyane Française, l'Inde, les Maldives, le Laos, le Mexique, le Panama, le Pérou, Saint-Martin, le Sénégal, la Thaïlande, le Viêt-Nam... (liste non exhaustive)

Pour aller plus loin : Site de l'OMS