Scanner des poumons : comment ça se passe ?

Scanner des poumons : comment ça se passe ?

Indiqué pour déceler les anomalies ou pathologies pulmonaires ou artérielles au niveau de la cage thoracique, le scanner thoracique est un examen des poumons relativement fréquent, non invasif et indolore. Faut-il être à jeun pour le passer ? Quand a-t-on les résultats ? Quels sont les risques ?

Définition : c'est quoi un scanner thoracique ?

Comme la radiologie, le scanner utilise les rayons X, grâce à un couple tube/détecteur tournant en "rotation continue" autour du patient. Les images sont ensuite traitées et reconstruites pour donner des images des structures explorées. Il s'agit d'une imagerie volumique 3D retraitée "en coupes" dans les 3 plans (voire en oblique). L'examen du thorax ne prend que quelques secondes, plusieurs centaines de coupes de 1 millimètre peuvent être obtenues, permettant une analyse très fine. C'est un examen simple, rapide et non invasif. Un produit de contraste à base d'iode peut-être injecté par voie intra-veineuse afin de bien différencier les vaisseaux des autres tissus, ou de révéler des structures anormales. Les organes étudiés avec un scanner thoracique sont :

  • les poumons,
  • le médiastin : l'axe central de la cage thoracique, situé entre les deux poumons, qui relie le cou et l'abdomen, contenant entre autres,
  • la thyroïde,
  • les vaisseaux,
  • le cœur,
  • l'œsophage,
  • la trachée
  • les deux bronches souches.

Indications

On peut effectuer un scanner thoracique lors :

  • D'une infection comme une pneumonie, une bronchite, une pneumopathie
  • De maladies du tissu de soutien du poumon : fibrose, sarcoïdose...
  • D'emphysème (quand l'air qui reste "coincé" dans le poumon)
  • De dilatation des bronches
  • D'exposition à l'amiante ou à d'autres polluants
  • De pathologies pleurales, en particulier le mésothéliome
  • De dépistage (protocoles en cours de validation), le diagnostic et le bilan d'extension de toutes les tumeurs thoraciques malignes ou bénignes. l'étude des éventuelles métastases au niveau des poumons.
  • De recherche d'une embolie pulmonaire ou d'une dissection de l'aorte, l'étude des artères coronaires.
  • D'un bilan d'un traumatisme : fracture de côtes, contusion thoracique, épanchement de sang (hémothorax), lésion vasculaire...

Comment se passe un scanner des poumons ?

Le patient est allongé, les bras derrière la tête, afin d'éviter les artefacts osseux gênants, sur un lit qui se déplace dans un large anneau, le plus souvent sur le dos (on peut être amené à faire une acquisition sur le ventre dans de rares cas). Le patient est seul dans la salle d'examen, l'équipe médicale se trouve tout près de lui, derrière une vitre. Elle le voit et l'entend, pendant tout l'examen et communique avec lui par un micro et peut ainsi intervenir à tout instant si besoin. L'examen est généralement rapide (moins de 10 minutes). La coopération du patient est primordiale : il doit essayer de rester immobile, il lui sera précisé lorsqu'il vous doit s'abstenir de respirer pendant quelques secondes. Si l'examen nécessite une 'injection de produit de contraste", celle-ci se fait par voie intra-veineuse pendant l'examen, à l'aide d'une injecteur automatique. La seule douleur susceptible d'être ressentie est celle de la piqûre, qui est légère et transitoire. "Mais, il n'est pas rare de ressentir une sensation de chaleur au moment de l'injection, une envie ou une impression d'uriner, ou encore un goût bizarre dans la bouche. Avec les derniers produits de contraste, ces sensations sont de moins en moins présentes" prévient le Dr Franck Clarot, radiologue.

Appareil du scanner
Appareil du scanner © 123rf

Avec ou sans injection ?

"Il y a injection d'iode (produit de contraste) dans le cas des pathologies vasculaires, lorsque l'on suspecte par exemple une embolie pulmonaire ou lorsque l'on souhaite faire un bilan des artères coronaires (coroscanner) ; et dans les pathologies cancéreuses, afin de visualiser les masses, ganglions, et tumeurs" explique le Dr Clarot. Pour les autres indications, le scanner thoracique se fait en général sans injection. "Néanmoins, le radiologue peut décider d'une injection dans certains cas afin de faciliter la lecture d'images douteuses." précise le radiologue.

Interprétation et remise des résultats

Les images du scanner sont disponibles tout de suite après l'examen mais le radiologue doit absolument les analyser en totalité, coupe par coupe, afin de pouvoir interpréter l'examen. Cela peut prendre un peu de temps. Les résultats sont rédigés sous la forme d'un compte-rendu, remis au patient ou envoyé  au médecin demandeur de l'examen, accompagné d'un CD ou DVD comprenant les images de l'examen. "Certaines images dites "clés" peuvent aussi être reproduites sur un film ou sur papier ; L'examen peut ensuite être relu soit sur une console dédiée, soit à l'aide d'un viewer léger fourni en général sur le support CD/DVD. " explique le Dr. Clarot.

Faut-il être à jeun ?

Il n'est pas nécessaire d'être à jeun pour passer un scanner thoracique. Il est cependant préférable de manger léger au précédent repas lorsque le scanner se fait avec injection : cela évitera les éventuelles nausées. En revanche, il conviendra ensuite de bien boire afin d'évacuer le produit. Le patient devra également s'abstenir de fumer avant l'examen. Dans tous les cas, sauf avis contraire du médecin traitant ou du radiologue : il faut s'hydrater avant et après un scanner (au moins 1,5 litre d'eau par jour).

Contre-indications du scanner thoracique

  • En cas d'insuffisance rénale, même modérée : il faut impérativement le signaler au radiologue, qui pourra décider de ne pas pratiquer d'injection iodée. Une prise de sang récente (moins de 3 mois) comprenant la clairance de créatinine est demandée systématiquement après 60 ans.
  • En cas de diabète traité par cachets de Metformine (Glucophage®, Glucinan®, Stagid® et génériques),  le médicament doit être interrompu durant les 2 jours qui suivent le scanner, et repris après dosage de la créatinine car il y a un risque d'acidose lactique
  • En cas de grossesse ou de risque de grossesse, l'examen sera différé, sauf urgence vitale

Effets secondaires à un scanner thoracique

Le scanner thoracique en lui-même ne provoque pas d'effets secondaires. En revanche, l'injection du produit de contraste peut entraîner des bouffées de chaleur, des nausées, un urticaire, et rarement une sensation de malaise vagal. Exceptionnellement, une baisse brutale de la tension artérielle peut être constatée, nécessitant alors une thérapeutique adéquate.

Prix et remboursement

Un scanner thoracique est coté ZBQK001 (ou ZBQH001) dans la nomenclature de la SS, pour un coût de 25,27€ (ce qui correspond à l'acte intellectuel d'interprétation), auquel s'ajoute un forfait technique correspondant au matériel (de valeur variable selon la zone géographique, de la classe du matériel, le nombre d'examen fait, etc.). Le forfait technique est pris en charge à 100%, et il est souvent "transparent" et inconnu du patient (entre 50 et 90€ en général) Le remboursement varie selon plusieurs critères : prise en charge 100% ou non, CMU, régime général, parcours de soin ou non, etc. A ces sommes peut s'ajouter un dépassement éventuel d'honoraire.

Merci au Dr. Franck Clarot, radiologue. Propos recueillis en 2020.