Cancer de la plèvre : causes, symptômes, traitement, espérance de vie

Le cancer de la plèvre, aussi appelé "mésothéliome", figure parmi les cancers les plus agressifs. Affectant l'enveloppe des poumons, il est généralement dû à une exposition à l'amiante. Facteurs de risque, symptômes, diagnostic, traitements… Le point avec le Dr Mathieu Larrousse, pneumologue. 

Cancer de la plèvre : causes, symptômes, traitement, espérance de vie
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Définition : qu'est-ce que la plèvre ?

La plèvre est une membrane composée de deux feuillets : l'un tapisse la cavité pulmonaire, l'autre entoure et protège les poumons. "Elle joue un double rôle : maintenir le poumon collé à la paroi thoracique et résorber une importante quantité de produits toxiques qui pourraient affecter le fonctionnement de l'organe noble", précise le Dr Mathieu Larousse.

Quels sont les symptômes d'alerte d'un cancer de la plèvre ?

Au début de l'évolution, le mésothéliome n'est responsable d'aucun symptôme pouvant entrainer un important retard diagnostic. Il peut néanmoins se révéler par un épanchement pleural, liquide qui se répand dans la cavité pleurale entre les deux feuillets pleuraux. Ce liquide est fréquemment inflammatoire et parfois composé de sang et peut donner lieu à de fortes douleurs. L'essoufflement et les douleurs thoraciques sont des symptômes possibles associés à l'épanchement.
Il faut noter que le mésothéliome peut aussi se développer sur d'autres séreuses (péricarde, péritoine) mais c'est beaucoup plus rare. 

Quelles sont les causes ?

Le cancer de la plèvre a une origine bien déterminée : une exposition l'amiante. Il s'agit d'un cancer primitif touchant la membrane qui tapisse la cavité pulmonaire et les poumons eux-mêmes. De fortes douleurs thoraciques, dues à un épanchement pleural, et un essoufflement en sont les signaux d'alerte. 

Quels sont les facteurs de risque ?

On distingue deux types de cancers de la plèvre : 

  • Le mésothéliome (cancer primitif) : "le facteur de risque le plus connu est l'exposition à l'amiante. Elle est reconnue comme une maladie professionnelle et figure au régime général tableau 30, concernant les affections professionnelles consécutives à l'inhalation de poussières d'amiante. Il existe également des facteurs de risque classiques d'atteinte pulmonaire avec notamment le tabac ", indique le Dr Mathieu Larrousse. 
  • Le cancer de la plèvre secondaire : il existe aussi des métastases pleurales (qui se situent dans la plèvre) issues d'un autre cancer. Les facteurs de risques sont liés au cancer primitif (cancer du sein, du colon etc).

A quel âge survient-il en moyenne ?

"Le cancer de la plèvre survient en moyenne dans les 20 à 30 ans après l'exposition à l'amiante. La moyenne d'âge est de 50 ans", observe le pneumologue. 

Comment se passe le diagnostic ?

L'épanchement pleural peut être mis en évidence au cours d'une radiographie thoracique. Une ponction du liquide est possible, mais n'est pas toujours très contributive. Le diagnostic de certitude du cancer de la plèvre se fait par une thoracoscopie : cet examen visuel de la cavité thoracique réalisé à l'aide d'une caméra permet notamment de pratiquer une biopsie. En cas de positivité, le bilan d'extension est alors nécessaire, qui correspond à l'ensemble des examens permettant de rechercher des métastases, localisations secondaires du cancer. 

Quels sont les traitements d'un cancer de la plèvre (palliatifs, chirurgie...) ?

Si le cancer est diagnostiqué à un stade précoce (comme c'est parfois le cas dans le cadre de la surveillance des personnels exposés à l'amiante), le recours à la chirurgie peut être nécessaire ; est alors pratiquée une pleuro-pneumonectomie, c'est-à-dire une ablation de la plèvre et de la totalité d'un poumon. Malheureusement la découverte est souvent tardive au stade de l'épanchement ou l'altération de l'état général ne permet plus d'envisager la chirurgie. On pratique alors un talcage de la plèvre (colle chimique des deux feuillets) pour éviter la récidive du liquide et l'essoufflement. Ensuite, la chimiothérapie est généralement indiquée mais d'importants progrès ont été observés récemment avec l'immunothérapie.

Quels pronostic et espérance de vie ?

Le mésothéliome est une tumeur agressive et son pronostic est sombre si l'on ne peut l'opérer. Son évolution se fait vers l'envahissement des autres séreuses (péricarde autour du cœur et péritoine autour des organes digestifs). Souvent l'épanchement pleural et la dyspnée conditionne la qualité et la longueur de la survie. "Le pronostic n'était malheureusement pas très bon parce que rares étaient les formes opérables : il fallait enlever la plèvre et le poumon en entier systématiquement, ce que peu de patients étaient en état de supporter. Aujourd'hui le pronostic des patients inopérables s'est amélioré avec le développement de nouveaux traitements immunothérapiques qui fonctionnent plutôt bien sur ces cancers spécifiques", commente le Dr Mathieu Larrousse.

Merci au Dr Mathieu Larrousse, pneumologue.

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