Scanner abdominal : faut-il être à jeun, que voit-on ?

Un scanner abdominal est une technique d'imagerie médicale qui permet d'obtenir des images en coupe de l'appareil digestif, des vaisseaux sanguins et des organes de la région abdominale. Comment ça se passe et que voit-on sur l'imagerie ? Quels sont les dangers de l'irradiation ? Faut-il être à jeun ?

Scanner abdominal : faut-il être à jeun, que voit-on ?
© Tyler Olson - 123RF

Définition : qu'est-ce qu'un scanner abdominal ?

Le scanner abdominal est un examen réalisé par rayons X, qui permet une reconstruction spatiale. Le radiologue réalise sur chaque coupe une série de radiographies ultra-rapides. Cette technique a connu son essor grâce aux possibilités fournies par des capteurs de rayons X à grande vitesse, et la montée en puissance depuis les années 1990. L'ancêtre de cet examen était appelé une tomographie, et l'autre nom du scanner médical est une tomodensitométrie (TDM). L'intérêt du scanner est de pouvoir réaliser des coupes (comme des "tranches") de notre corps. Ces coupes peuvent être horizontales, ou verticales.

Comme son nom l'indique, le scanner abdominal "balaie" la région abdominale de manière à pouvoir visualiser les organes de cette zone : le foie, l'intestin grêle, l'estomac, le pancréas, le côlon, la rate, les reins, etc.

Indications : quand faire un scanner abdominal ?

"Il existe de nombreuses indications pour le scanner abdominal. Cet examen est réalisé en général en deuxième intention, après un examen préalable plus simple, le plus souvent une échographie. L'échographie utilise des ultra-sons, ce qui évite une exposition inutile aux rayons X", explique le Dr Christian Bredin, gastro-entérologue.

Toutefois, le scanner est plus performant dans certaines circonstances comme lorsque les gaz digestifs gênent la qualité de l'échographie. En outre, les organes profonds comme le pancréas, selon la morphologie des patients, sont mieux visualisés. Enfin, le scanner permet de visualiser la vascularisation des organes ou des lésions constatées, ce qui peut être utile pour rechercher des lésions très vascularisées comme les zones inflammatoires, infectieuses ou tumorales. L'examen peut être notamment réalisé pour rechercher :

  • la cause d'une douleur abdominale ou d'un gonflement
  • une hernie
  • la cause d'une fièvre persistante
  • la présence de tumeurs
  • des calculs rénaux (uroscanner)
  • une appendicite...

Cet examen est donc particulièrement indiqué pour rechercher une anomalie du foie, de la vésicule biliaire, des intestins, des voies urinaires,... L'IRM peut être un bon complément pour certains organes spécifiques comme les voies biliaires, le foie. L'échographie est un meilleur examen de débrouillage pour des examens répétés par exemple pour les patients atteints de cirrhose qui doivent faire un examen tous les 6 mois), par ailleurs, cela limite l'exposition aux rayons X.

Préparation

"En règle générale, un simple scanner abdominal ne nécessite pas de préparation. Cependant, pour mieux visualiser certains organes creux (estomac, rectum, intestin), on peut être amené à avoir un balisage à l'aide d'eau, ou de produit de contraste, que l'on va boire pour un examen de l'estomac, duodénum ou intestin grêle, ou que l'on va administrer par une canule rectale (rectum, intestin)".

Faut-il être à jeun ?

Pour un examen programmé (hors urgence), il est préférable d'être à jeun depuis 6 heures. Cependant, on le demande de moins en moins aux patients. Pour un examen en urgence, le fait d'être à jeun n'est pas déterminant. "Pour un examen avec injection, il est préférable de bien s'hydrater dans les 12 heures qui précèdent et qui suivent le scanner" recommande le Dr  Bredin

Comment se passe un scanner abdominal ?

Un simple scanner abdominal est un examen dont la réalisation est très courte, de l'ordre de 10 à 15 minutes selon l'appareil.

  • Le patient est installé dans le scanner, qui est un tunnel ouvert au dessus d'une table coulissante.
  • S'il y a une injection, on vérifie l'absence d'allergie aux produits de contraste iodé, la fonction rénale avec le dosage de la créatininémie, et la prise de Metformine en cas de diabète.
  • Le radiologue (ou le manipulateur radio) pose une perfusion qui va être reliée à un perfuseur automatique qui injecte le produit automatiquement durant la séquence d'injection.

L'examen n'est pas douloureux. "Il peut être angoissant chez les patients souffrant de claustrophobie sévère. L'injection du produit de contraste peut engendrer une sensation de chaleur qui va parcourir le corps, c'est normal." explique le Dr Bredin.

Le résultat est conditionné par le temps nécessaire à lire les images. En fonction du lieu de réalisation, le radiologue peut remettre les résultats en 30 minutes environ, le temps d'interpréter les images, dicter son compte rendu et l'imprimer, dans le même temps, assez souvent, un CD avec les images et un petit logiciel pour les lire est gravé.

Avec ou sans injection ?

L'injection d'un produit de contraste permet de visualiser les vaisseaux et la vascularisation des organes examinés. L'injection est déterminante pour définir la façon dont une zone suspecte va "prendre" le produit de contraste : selon l'importance de la vascularisation, mais aussi de sa cinétique (la façon dont le sang va "entrer", puis "sortir" d'une zone suspecte, on va pouvoir définir le caractère hypervasculaire ou non d'une lésion, ce qui peut orienter vers une pathologie infectieuse, inflammatoire ou tumorale.

"L'effet secondaire le plus fréquent est une sensation de chaleur qui parcourt le corps et est tout à fait normale, explique le Dr Bredin. Parfois, les produits de contraste peuvent être à l'origine d'allergies, qui peuvent être graves (choc anaphylactique, œdème, asthme,...). Un antécédent connu d'allergie aux produits de contraste, ou un terrain allergiques peuvent contre-indiquer une injection au cours d'un scanner. Dans certaines formes mineures d'allergie, on peut proposer une prémédication par antihistaminiques ou corticoïdes à prendre pendant 1 à 3 jours avant l'examen".

  • Attention, en cas d'insuffisance rénale, même modérée : il faut impérativement le signaler au radiologue
  • en cas de diabète traité par cachets de Metformine : le médicament doit être interrompu durant les 2 jours qui suive le scanner, car il y a un risque majeur d'acidose lactique
  • dans tous les cas, sauf avis contraire du médecin traitant ou du radiologue : il faut s'hydrater après un scanner (au moins 1,5 litre d'eau par jour)

Que voit-on sur un scanner abdominal ?

Les avantages d'un scanner par rapport aux examens usuels (radiographie de l'abdomen, échographie) :

  • visualisation de l'ensemble de l'abdomen et du pelvis
  • absence d'influence des gaz sur la qualité des images
  • possibilité de reconstruction des images en 3D
  • visualisation des vaisseaux, et de la vascularisation des organes ou des anomalies constatées

Irradiations

Le scanner utilise les rayons X, c'est donc un examen qui irradie. Toutefois, les différentes réglementations depuis les 20 dernières années, et l'amélioration des appareils permettent de limiter les doses administrées :

  • les scanners sont dits multibarettes, car il enregistrent en un temps plusieurs plans de coupe
  • le radiologue procède à des "tranches" non jointives, un peu comme un examen en pointillés, qui, grâce à la diffusion des rayons X permet un bon rapport entre qualité d'image et dose administrée
  • La dose reçue au cours de l'examen est réglementairement notée sur le compte rendu.
  • La dose reçue au cours d'un scanner abdominal est de l'ordre de 6 à 15 mSv. L'irradiation naturelle en France (en moyenne) est de 3,5 mSv par an.
  • Le scanner abdominal est à éviter durant la grossesse. Toutefois, l'intérêt du scanner doit être évalué au cas par cas.

Prix et remboursement

Le prix d'un scanner abdominal est de 25,27 € (scanner abdomen)  à 50,54 € (scanner abdomino-pelvien). Il est remboursé 70 % par l'Assurance maladie, et 30 % par la mutuelle (100 % Assurance maladie si ALD30). A ce prix peut s'ajouter celui du produit de contraste.

Merci au Dr Christian Bredin, gastro-entérologue.