Test HPV : c'est quoi, comment le faire, remboursement, résultats...

Le test HPV permet de rechercher une infection par des papillomavirus, pouvant entraîner un cancer du col de l'utérus, du vagin, de l'anus, de la bouche ou de la gorge. Ce test est désormais remboursé pour les femmes de 30 à 65 ans. Quand et où le réaliser ? Que signifie un résultat positif ?

Test HPV : c'est quoi, comment le faire, remboursement, résultats...
© Jarun Ontakrai - 123RF

[Mis à jour le mercredi 3 juin 2020 à 18h15] Le virus HPV (Human Papilloma Virus) est un virus lié à des infections génitales et au cancer du col de l'utérus ainsi que de la vulve, du vagin, du pénis, de l'anus, de la bouche et de la gorge. Il touche la peau et les muqueuses et est généralement transmis lors des relations sexuelles. Sa recherche constitue un moyen de dépistage précoce permettant, s'il est positif, une prise en charge adaptée : examens complémentaires, traitements des premières lésions… La Haute Autorité de Santé recommande le test HPV en dépistage primaire du cancer du col de l'utérus. Depuis le 24 mars 2020, le test HPV est remboursé par l'Assurance maladie pour les femmes de 30 à 65 ans. Les femmes de moins de 30 peuvent quant à elle se faire dépister d'une infection au papillomavirus auprès de leur gynécologue, leur sage-femme ou de leur médecin en réalisant un frottis remboursé par l'Assurance maladie.

Qu'est-ce que le test HPV ?

Le test HPV recherche une infection par des papillomavirus. Il cible l'ADN viral du HPV dans les cellules du col de l'utérus et peut ainsi révéler le type d'HPV retrouvés. Plus d'une centaine de virus HPV sont identifiés à ce jour comme responsables d'une infection génitale. Mais, tous ne sont pas associés au cancer du col de l'utérus. Seuls les HPV dits "à risque" (on les appelle "oncogènes") le sont : on en dénombre aujourd'hui plus d'une dizaine. 

  • Les HPV de type 6 et 11 causent par exemple des verrues génitales.
  • Les HPV de type 16, 18, 31, 33 et 36 ont un risque plus élevé d'évolution vers un cancer.

Quelles différences avec le frottis ?

  • Le frottis est l'examen au microscope de cellules du col de l'utérus pour rechercher d'éventuelles anomalies.
  • Le test HPV vise à détecter par biologie moléculaire la présence du virus HPV dans les cellules du col de l'utérus, soit à partir du même prélèvement (frottis en couche mince/ monolayer), soit à partir d'un nouveau prélèvement (frottis conventionnel ). On recherche habituellement les virus HPV qui sont considérés comme directement associés au cancer du col de l'utérus.

Test HPV chez la femme

Le test HPV chez la femme, entre 30 et 65 ans, représentera une alternative au frottis conventionnel afin de dépister précocement la présence du virus HPV potentiellement responsable de lésions cancéreuses. Il est désormais l'une des clés de voûte du dépistage du cancer du col de l'utérus qui touche 3000-4000 femmes chaque année.

Test HPV chez l'homme

Contrairement aux idées reçues, un dépistage du virus HPV peut également se faire chez l'homme. Pour se faire, celui-ci se rendra chez un urologue qui procédera à une péniscopie : c'est-à-dire à un examen du pénis à l'aide d'une loupe binoculaire avec application d'acide acétique diluée pour détecter certains types d'anomalies comme les condylomes. En cas de suspicion, un petit grattage du site est réalisé et le matériel est envoyé pour analyse en laboratoire. Des tests (biopsies) peuvent également être réalisés lorsqu'il y a des lésions dans la bouche ou la gorge évocatrices.

Quand le faire ?

"Aujourd'hui, la seule indication dans laquelle le test HPV est remboursé est en complément d'un frottis ASCUS (porteur d'anomalies de signification indéterminée). Il est aussi réalisé en surveillance de lésions de bas grade, c'est-à-dire de lésions du col avec peu de risque de transformation cancéreuse" explique le Dr. Wautier.

  • Avant 30 ans : la réalisation d'un test HPV n'est pas recommandée car les infections à HPV transitoires sont très fréquentes chez les femmes jeunes. Leur détection exposerait à des traitements inappropriés, augmentant ainsi les risques de complications lors de grossesses ultérieures.
  • A partir de 30 ans : les dernières recommandations de la HAS concernant le test HPV datant de juillet 2019 préconisent de remplacer le frottis par un test HPV chez les femmes à partir de 30 ans. Il serait ainsi réalisé 3 ans après le dernier examen cytologique dont le résultat était normal. Puis il doit être renouvelé tous les 5 ans. Ces recommandations concernent les femmes éligibles au dépistage du cancer du col de l'utérus, immunocompétentes, n'ayant pas eu d'hystérectomie totale. En l'état actuel des connaissances, la conduite à tenir est la même pour les femmes vaccinées ou non contre les HPV.

En quoi consiste-t-il ?

Le test HPV peut être fait par prélèvement cervical et en auto-prélèvement vaginal sous la forme d'un petit kit disponible en laboratoire (des essais sont en cours pour les envoyer directement à des femmes en situation de précarité qui consultent peu ou pas). Il est le plus souvent pratiqué en même temps que le frottis, sous réserve qu'il soit fait en phase liquide (et non sur lame) avec un milieu de transport validé pour la biologie moléculaire. La brosse chargée de cellules est, aussitôt après le prélèvement, plongée dans le milieu liquide de conservation cellulaire. Le tout (flacon + brosse) est ensuite envoyé, à température ambiante, au cabinet d'anatomie et cytologie pathologiques ou au laboratoire pour analyse.

Où le faire ? 

Le prélèvement cervical pour réaliser un test HPV est généralement fait par un gynécologue, parfois par un médecin généraliste ou une sage-femme. Néanmoins, les nouvelles recommandations spécifient que l'auto-prélèvement vaginal (APV), qui représente une alternative au prélèvement cervical doit être proposé, à partir de 30 ans, aux femmes non dépistées ou insuffisamment dépistées : il permet de faciliter le dépistage des femmes qui ne se font jamais dépister ou qui ne se font pas dépister selon le rythme recommandé.

ans 30% des cas, le frottis ne permet pas de détecter la présence de lésions précancéreuses. Le test HPV repère les virus HPV dans 99 % des cas.

Test HPV positif : et après ?

"Dans le cas d'un frottis ASC-US si le test HPV est positif il conduit à réaliser une colposcopie (examen du col à la loupe)" explique le Dr. Wautier. 

Ce n'est pas parce que le résultat du test HPV est positif qu'il y a un cancer du col de l'utérus.

Test HPV négatif : et après ?

Lorsque le test est négatif, "il n'est pas nécessaire d'aller plus loin" explique la gynécologue. Il faudra renouveler le test HPV 5 ans après.

Prix et remboursement du test HPV

Avant le 24 mars, le test HPV coûtait 27 euros et n'était pas remboursé par l'Assurance maladie. Depuis le 24 mars 2020 (loi parue au Journal Officiel), le test HPV est remboursé par l'Assurance maladie pour les femmes de 30 à 65 ans. Ce test est également remboursé pour toutes les femmes traitées pour une lésion précancéreuse et aussi dans les situations de doute diagnostique, après un frottis anormal. Le remboursement du test HPV permet ainsi à toutes les femmes de bénéficier d'un dépistage optimal, qui était jusqu'à présent réservé à celles qui en avaient les moyens, indique la Société Française de Colposcopie et de pathologie cervico-vaginale dans un communiqué. Avant 30 ans, on rappelle que la femme peut se faire dépister grâce  à un prélèvement cervico-utérin dénommé jusqu'à maintenant "frottis" en milieu liquide qui permet de faire un examen cellulaire dit cytologique. Le coût du frottis comprend le prix de la consultation, variable en fonction du professionnel consulté, le prix du prélèvement (4,82 euros) et le prix de l'analyse (15,40 euros). La prise en charge par l'Assurance maladie d'un frottis est de 70%.

Merci au Dr Anne Wautier, gynécologue.

Analyses de sang