Gram négatif : définition, couleur, espèces représentatives

Les bactéries à Gram négatif sont mises en évidence lors d'un processus appelé coloration de Gram. Couleur, rôle dans l'organisme, espèces représentatives...Explications avec Gaël Saintenoy, biologiste.

Gram négatif : définition, couleur, espèces représentatives
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Définition : c'est quoi un gram négatif ? 

On désigne comme étant Gram négatif les bactéries qui apparaissent colorées en rose lorsqu'on utilise la technique de coloration de Gram. La coloration de Gram peut se faire sur tous types de prélèvements : sanguin, urinaire, vaginal, digestif, articulaire... Grâce à la différenciation qui s'effectue entre bactéries à Gram négatif et celles à Gram positif, on peut classer les différentes bactéries. Les bactéries à Gram négatif possèdent une double membrane et contiennent de nombreuses protéines. Entre les deux membranes se trouvent d'importantes quantités d'enzymes et de nutriments qui interviennent notamment dans la synthèse des protéines et dans le métabolisme.

Quelle différence entre un gram positif et un gram négatif ?

"La coloration de Gram est une technique de bactériologie qui permet de différencier de manière visible et rapide les bactéries entre elles", explique Gaël Saintenoy, biologiste. Les bactéries Gram positives gardent la couleur bleue après le processus de coloration, tandis que les bactéries Gram négatives se colorent en rose. "La différence entre les bactéries Gram positives et Gram négatives réside dans la composition de la membrane et de la paroi s'il y en a une. Les bactéries Gram positives ont une paroi plus épaisse parce qu'elles contiennent beaucoup de peptidoglycane, des protéines sucrées, ce qui n'est pas le cas des bactéries Gram négatives dont la membrane et les parois sont beaucoup moins épaisses, ce qui explique que la décoloration recoloration fonctionne sur les Gram négatifs qui prennent une couleur rose-rouge mais pas sur les Gram Positifs qui restent bleus. Les Gram Positifs et Gram Négatifs ne sont pas responsables des mêmes types d'infections", continue-t-il. En terme d'aspect, on distingue trois formes de bactéries : des bacilles qui correspondent à des bactéries allongées, des coccus qui sont des bactéries de forme sphérique ramassées comme des grappes de raisin, et les cocobacilles. 

Quelle est la couleur du gram négatif à la coloration ?

Les bactéries à gram négatif apparaissent en rose.

Quel est le rôle des gram négatifs dans l'organisme ?

Qu'elles soient Gram positives ou Gram négatives, les bactéries arrivent à se multiplier dans notre organisme. Certaines nous protègent contre les infections et participent à la régulation de notre système immunitaire tandis que d'autres provoquent des infections. 

Quelles sont les espèces représentatives des grams négatifs ?

Les principales espèces représentatives des Gram négatifs sont les entérobactéries : Escherichia, Salmonella, Shigella, Klebsiella, Enterobacter, Serratia, Proteus, Morganella et Yersinia. Citons également la legionella pneumophila, responsable de la légionnelose, Pseudomonas aeruginosa, Brucella, Campylobacter, Haemophilus influenzae. 

Quelles sont les bactéries à gram négatif qui sont responsables d'infections ?

Toutes les bactéries à Gram négatives peuvent être responsables d'infections telles que pneumonie, péritonite, méningite, infections du sang, salmonellose, infections pulmonaires ou encore fièvre typhoïde. Gaël Saintenoy explique que les deux plus fréquents types d'infections dues aux bacilles Gram négatif sont : 
► Les infections du tractus urinaire qui vont de l'infection urinaire jusqu'à la pyélonéphrite, voire plus s'il y a un passage sanguin avec des hémocultures positives. Les bactéries les plus fréquemment retrouvées chez la femme sont Escherichia coli et Klebsiella pneumoniae. 
►  Les diarrhées infectieuses avec un autre groupe de bactéries que sont les salmonelles et les shigelles, qui peuvent entraîner des infections des voies digestives. 

Sont-elles résistantes aux antibiotiques ?

Les bactéries Gram négatives sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques, soit de manière naturelle, soit acquise. "Escherichia coli est sensible à tous les antibiotiques, même si des mécanismes de résistance acquise peuvent apparaître. L'autre grande espèce est Klebsiella pneumoniae, une bactérie qui possède une résistance naturelle à certaines bêta-lactamines car elle comporte une enzyme appelée penicillinase qui est capable de détruire certains types d'antibiotiques. Citons également les enzymes acquises comme les céphalosporinases, une enzyme responsable de la résistance aux céphalosporines, les bêtalactamases à spectre élargi (BLSE) sont également capables de détruire beaucoup d'antibiotiques utilisés. Ces dernières années, on a aussi isolé des carbapénèmases qui sont capables d'altérer les dernière génération d'ATB", précise le spécialiste. 

Quel traitement contre les gram négatif ?

De nombreux antibiotiques peuvent être utilisés contre les Gram négatifs. Plusieurs critères vont permettre de déterminer le traitement adéquat : le sexe, la localisation de l'infection et son intensité. "Par exemple, on ne va pas utiliser le même antibiotique pour une infection urinaire légère chez la femme que pour une prostatite chez l'homme. Il y a aussi l'intensité de l'infection qui va entrer en compte. De la même manière, entre une infection urinaire et une pyélonéphrite, on n'utilisera pas les mêmes antibiotiques. On peut utiliser les bêta-lactamines (la grande famille des pénicillines, cephalosporines, fluoroquinolones, le bactrim, les furanes)", informe notre interlocuteur. En général, la stratégie thérapeutique est la suivante : un antibiotique est mis en probabiliste, c'est-à-dire que l'on suppose, au vu de l'infection et des signes de l'infection, que l'on fait face à une entérobactérie par exemple. Un traitement antibiotique est alors instauré, dont le bien-fondé sera confirmé ou non par l'examen qui va être fait, comme un ECBU pour une infection urinaire. Au cours d'un examen cytobacteriologique des urines, l'espèce responsable de l'infection va être isolée et contrôlée. Un antibiogramme est alors effectué pour déterminer la sensibilité des différents antibiotiques à cette bactérie et selon le résultat, le médecin peut décider de réajuster le traitement ou de maintenir le traitement initial. 

Merci à Gaël Saintenoy, biologiste.

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