Analyse bactériologique des sécrétions broncho-pulmonaires

L'analyse bactériologique des sécrétions broncho-pulmonaires (examen cyto-bactériologique des crachats ou ECBC) permet de dépister des infections des voies aériennes supérieures, d'identifier les bactéries pathogènes et d'établir un antibiogramme. Indications, déroulement, normes et interprétation des résultats.

Analyse bactériologique des sécrétions broncho-pulmonaires
© alexaphoto - 123RF

Indications : quand faire cette analyse ?

Le diagnostic des infections des voies aériennes supérieures est la plupart du temps fait au cabinet du médecin et ne nécessite pas d'analyse pour les patients qui n'ont pas un terrain fragile. "Le médecin peut avoir besoin de faire une analyse bactériologique des sécrétions broncho-pulmonaires notamment en cas de doute, pour des patients avec des comorbidités, ou en cas d'échec du traitement antibiotique probabiliste de première intention, explique le Dr Sofiane Inal, biologiste médical. L'analyse bactériologique des sécrétions broncho-pulmonaires permettra de rechercher et d'identifier des bactéries responsables d'infections des voies aériennes". L'analyse a également un but thérapeutique. "En effet, l'antibiogramme, qui permet de vérifier la sensibilité d'une bactérie à un panel d'antibiotiques, pourra aider le médecin à adapter sa prescription d'antibiotiques".

Comment se déroule le prélèvement ?

Il doit être effectué le matin, au réveil, après un rinçage bucco-dentaire à l'eau du robinet et lors d'un effort de toux

Les bronches sont les conduits qui transportent l'oxygène depuis la trachée jusque dans les parties basses des poumons. L'analyse bactériologique des sécrétions broncho-pulmonaires consiste à recueillir dans un pot stérile les expectorations (crachats) du patient. "Le recueil doit se faire selon un protocole rigoureux, poursuit le Dr François Robert, biologiste médical : il doit être effectué le matin, au réveil, après un rinçage bucco-dentaire à l'eau du robinet et lors d'un effort de toux, aidé si besoin d'une kinésithérapie. Le recueil se fait dans un flacon stérile (type flacon pour examen d'urine) et doit être acheminé à température ambiante rapidement au laboratoire. Il doit être dépourvu de salive qui pourrait contaminer le prélèvement".

Quelles sont les valeurs normales ?

Il est normal de retrouver une faible quantité de bactéries dans les crachats. "Cela correspond à la flore bactérienne naturellement présente dans les muqueuses des voies aériennes, affirme le Dr Robert. En revanche les bactéries doivent être retrouvées en faible quantité, soit inférieur à 106 /mL".

Que signifie un taux élevé ?

Toute bactérie retrouvée en quantité supérieure à 106/ml doit être considérée comme pathologique. "Cependant l'interprétation du résultat tient compte d'autres paramètres tels que le nombre de cellules épithéliales et de globules blancs afin de s'assurer de la bonne exécution du recueil, reconnait le Dr Robert. L'ECBC est donc un examen difficile à interpréter car les expectorations peuvent être contaminées par des germes présents dans la bouche, la salive, le pharynx…". Lorsque le taux de germes (dont les plus connus pour ces pathologies sont le Pneumocoque et l'Haemophilus influenzae) augmente, il y a infection. "Le médecin pourra alors, en plus de son diagnostic clinique et éventuellement radiologique, traiter avec l'antibiotique le plus efficace à la dose la plus adaptée". Attention : les normes diffèrent selon les techniques utilisées par les laboratoires.

Quand et qui consulter ?

"En cas de taux anormalement élevé de bactéries, le patient devra rapidement consulter le médecin qui a prescrit cet examen, conclut le Dr Inal. En cas de récidive, le médecin généraliste peut ensuite éventuellement orienter vers un spécialiste (pneumologue)".

Merci aux Docteurs François Robert et Sofiane Inal, Biologistes médicaux, co-responsables du laboratoire MEDILAB-Group, à Niort (79), membre du réseau LES BIOLOGISTES INDEPENDANTS.

Autour du même sujet

Autres analyses