Drogue : douce, dure, liste, types, effets, dépendance

Cannabis, cocaïne, ecstasy, héroïne... Les drogues sont des substances qui modifient la manière de percevoir les choses, de penser et de se comporter. "Douce" ou "dure", elles présentent toutes des risques pour la santé physique et mentale du consommateur. Leurs signes de dépendance aussi. Découverte.

Drogue : douce, dure, liste, types, effets, dépendance
© Marian Vejcik

Qu'est-ce qu'une drogue ? 

"On appelle "drogue" toute substance psychotrope ou psychoactive qui perturbe notre système nerveux central, et donc notre perception, nos pensées, notre comportement", informe Jocelyne Arditti, biologiste-toxicologue. Cette dernière précise que l'on distingue trois grands groupes de drogues : les dépresseurs (comme l'héroïne), les stimulants (comme la cocaïne ou l'ecstasy), et enfin les perturbateurs, comme le cannabis, le diéthyllysergamide (LSD), ou encore, les champignons hallucinogènes.

Drogues douces, c'est quoi ? 

"Les drogues douces n'existent pas, puisque toute drogue va créer une dépendance", tient à souligner cette ancienne directrice d'un Centre d'Évaluation et d'Information sur la Pharmacodépendance (CEIP). "Le cannabis est la drogue considérée par l'opinion comme "douce", parce qu'elle détend. Mais le cannabis est beaucoup plus dosé qu'autrefois. Selon son pays d'origine, sa concentration peut être conséquente", alerte-t-elle.

Drogues dures, c'est quoi ? 

L'ecstasy, l'héroïne, la cocaïne, et son dérivé, le crack, ainsi que le GHB, sont, quant-à-elles, classées dans ce que l'on nomme les "drogues dures."

Liste des drogues

Quels sont les effets des drogues selon leur type ? 

  • Le plus souvent inhalée, la cocaïne est un puissant stimulant, qui donne l'impression d'être en forme. Le consommateur ressent une baisse voire une indifférence à sa fatigue. Cette drogue provoque aussi en lui un sentiment de puissance (physique et intellectuelle), il est désinhibé.
  • Comme la cocaïne, l'héroïne peut provoquer une montée d'excitation et de rêverie. 
  • "L'ecstasy, c'est la drogue de l'empathie, de l'agitation, et de l'excitation", indique ensuite la spécialiste.
  • Quant au GHB, surnommée" la drogue du viol", puisque la personne la prend souvent malgré elle, lorsqu'un prédateur la verse à son insu dans son verre, elle a "un effet anesthésiste", explique Jocelyne Arditti, "qui nous fait nous souvenir de rien et nous désinhibe."
  • Le LSD, comme les champignons hallucinogènes, provoquent des hallucinations, qui durent plusieurs heures.

Quelles sont les drogues les plus dangereuses ? 

"Leur dangerosité dépend du produit, de la dose, de la fréquence et du moyen de consommation, et enfin, du consommateur et de sa sensibilité", dit en préambule l'interrogée. Ce qui signifie que toutes les drogues, selon ces différents facteurs de consommation, peuvent être classés parmi "les plus dangereuses."

  • L'héroïne, d'abord, parce qu'après l'excitation vient la chute. "Le consommateur a perdu l'appétit, le sommeil, il ressent un anéantissement moral, mais aussi physique, puisqu'il éprouve une fatigue extrême", décrit la biologiste-toxicologue. "Quand les individus se partagent des seringues, il y a un risque de transmission de virus et notamment du VIF", rappelle-t-elle. L'ultime danger de cette "drogue du manque et de la dépendance" est l'overdose. "D'une overdose, on n'en sort pas. On oublie de respirer une seule fois et c'est fini." 
  • La cocaïne peut aussi être comprise parmi les drogues "les plus dangereuses", puisqu'en plus de la perte de la faim, de la soif, des problèmes de paroi nasal lorsqu'elle est "sniffée", mais aussi des risques de psychose et de dépression, elle peut tuer par arrêt cardiaque.
  • La spécialiste explique aussi que "la poly-consommation est beaucoup plus dangereuse que la consommation d'un seul produit."

Quels sont les risques pour la santé ?

Ces drogues, et pas seulement celles citées ci-dessus, présentent toutes des risques "redoutables" et multiples pour la santé du consommateur, à court ou moyen terme. Le cannabis, par exemple, "détruit peu à peu", insiste Jocelyne Arditti. Consommé à l'adolescence, il peut avoir des conséquences dramatiques sur la santé du jeune fumeur : "Le cerveau de l'adolescent n'est à cet âge pas terminé, puisqu'il doit atteindre vingt ans pour avoir son cerveau mature, d'adulte." L'interviewée énumère les risques d'isolement, de rupture sociale, de perte de motivation, d'appétit, de diminution grave de la concentration et des réflexes. Elle évoque aussi des problèmes de gencives, et parfois, des cas de psychoses très sévères, qui conduisent à l'hospitalisation psychiatrique de l'adolescent. Quant à l'ecstasy, il provoque des nausées, des vomissements, une déshydratation. Celui qui en consomme, excité, s'agite sans rien ressentir. Jocelyne Arditti a déjà constaté des brûlures de plantes des pieds de consommateurs qui avaient dansé euphoriquement sans avoir mal sur l'instant. Il y a aussi, pour cette raison, un risque des douleurs musculaires très importantes. L'interrogée évoque enfin un risque de crises graves de tachycardie.

Merci à Jocelyne Arditti, biologiste-toxicologue, praticienne, ex-directrice du Centre d'Évaluation et d'Information sur la Pharmacodépendance (CEIP), à Marseille.