Spondylarthrite ankylosante : symptômes, diagnostic et traitements

La spondylarthrite ankylosante est le deuxième rhumatisme inflammatoire le plus fréquent en France. Le point sur les douleurs caractéristiques et l'ensemble des traitements disponibles avec le Dr Bertrand Moura, rhumatologue.

Spondylarthrite ankylosante : symptômes, diagnostic et traitements
© 123RF-Anna Bizoń

Définition

"La spondylarthrite ankylosante est un rhumatisme inflammatoire qui touche les gros ligaments de la colonne vertébrale" informe le Dr Bertrand Moura, rhumatologue à Paris et consultant au CHU Ambroise Paré (Boulogne). La spondylarthrite ankylosante appartient à la famille des spondylarthropathies qui sont des rhumatismes inflammatoires chroniques. "Il existe 4 entités. La principale est la spondylarthrite. Il existe aussi le rhumatisme du psoriasis qui donne des atteintes périphériques des grosses articulations, les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (Crohn, rectocolite hémorragique) qui peuvent s'associer à des atteintes périphériques, des atteintes réactionnelles dans un contexte infectieux global qui entraînent des atteintes articulaires axiales ou périphériques" décrit le rhumatologue. "Ce groupe assez hétérogène est sous-tendu par un terrain génétique."

Prévalence : La spondylarthrite ankylosante touche environ 0,1 à 0, 3% de la population. Elle prédomine davantage chez les hommes, dans une proportion de deux hommes pour une femme. La spondylarthrite ankylosante affecte plutôt les jeunes adultes. Elle débute entre 20 et 40 ans environ. 

Symptômes : "Des douleurs lombaires qui réveillent la nuit"

La spondylarthrite ankylosante débute souvent chez l'adulte jeune, et l'évolution se fait vers l'aggravation des symptômes en l'absence de traitement. "La forme principale de spondylarthrite ankylosante entraîne des douleurs au niveau des lombaires. Ce sont des douleurs qui réveillent la nuit. Elles s'accompagnent d'un enraidissement le matin" décrit le Dr Bertrand Moura. D'autres localisations peuvent être touchées de manière inconstante, notamment au niveau du talon. Dans quelques cas, l'œil peut être atteint d'une uvéite, avec baisse de l'acuité visuelle, rougeur et douleurs. La spondylarthrite ankylosante évolue sous la forme de poussées douloureuses interrompues par des périodes où les symptômes sont absents ou tout au moins, moins prononcés.

"En cause, un emballement du système immunitaire"

Causes et évolution

"Les causes de spondylarthrite ankylosante sont à l'instar des autres maladies inflammatoires un emballement du système immunitaire" explique le Dr Bertrand Moura. Il existe un terrain génétique. 8 malades sur 10 souffrants de spondylarthrite ankylosante portent le gène d'histocompatibilité HLA B27. Son association à des facteurs environnementaux (tabagisme, flore intestinale perturbée…) explique le développement de la maladie. La spondylarthrite ankylosante se développe par poussées. Aussi en période de crise, la personne touchée peut se retrouver handicapé. En dehors de ces périodes, sa qualité de vie s'améliore nettement.

  • La spondylarthrite peut évoluer rarement vers l'ankylose en l'absence de traitement, provoquée par l'ossification des ligaments et des articulations qui entourent les vertèbres. Apparaissent alors progressivement une perte de la souplesse de la colonne vertébrale évoluant vers une mauvaise attitude appelée, attitude vicieuse, une raideur lors de la pratique de différents mouvements, une perte de la cambrure des reins et une tendance à la position penchée en avant du dos. "Une fragilisation des os peut s'observer aboutissant parfois à des fractures de vertèbres. Apparaît alors une ankylose des articulations sacro iliaques accompagnée de la formation d'un pont osseux entre les deux versants de l'articulation" précise le rhumatologue.

En cas de grossesse : Aucune modification du déroulement de la grossesse n'est constatée chez les femmes présentant une spondylarthrite ankylosante. Le pourcentage de fausse couche spontanée, de malformation ou d'accouchement prématuré est identique à celui de la population générale. Les conséquences de la spondylarthrite ankylosante sur la grossesse sont variables : la maladie peut s'améliorer ou s'aggraver. Une absence de modifications des manifestations est une autre possibilité. Lorsque le diagnostic de grossesse est confirmé chez une femme présentant une spondylarthrite ankylosante, il est nécessaire de consulter son médecin afin de s'assurer de la nécessité de poursuivre ou d'interrompre certains traitements. Une femme présentant une spondylarthrite ankylosante souhaitant envisager une grossesse doit en parler avec son médecin car il est parfois indispensable d'interrompre certains médicaments avant la conception.

"Les radiographies sont le plus souvent normales"

Diagnostic

"Le diagnostic de la spondylarthrite ankylosante est clinique : le médecin fait le diagnostic sur les symptômes et l'examen clinique" indique le rhumatologue. "Nous disposions avant des critères d'AMOR, un arbre décisionnel clinique et maintenant des critères européens de l'ASAS (Assessment of SpondyloArthritis international Society). Une réponse aux anti-inflammatoires stéroidiens est également un des moyens de faire le diagnostic" précise le rhumatologue. "L'inflammation ne se voit pas toujours au niveau biologique et les radiographies sont le plus souvent normales au début de la maladie. En revanche, une IRM montre des signes précoces d'inflammation au niveau des articulations sacro-iliaques ou du rachis lombaire" ajoute-t-il.

Quand consulter et qui ?

"Il faut consulter si vous avez des douleurs du dos qui vous réveillent la nuit" conseille le Dr Bertrand Moura. Le médecin généraliste peut faire le diagnostic ou envoyer son patient directement vers un rhumatologue. C'est ce spécialiste qui assure le suivi des personnes ayant une spondylarthrite ankylosante. "Une fois qu'un traitement est instauré, le rhumatologue voit son patient tous les 6 mois, une fois par an lorsque tout va bien."

Traitements : d'abord des anti-inflammatoires

"Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont le traitement de première intention. Ils traitent la cause et les symptômes" informe le Dr Bertrand Moura. Des infiltrations locales de corticoïdes sont également possibles en regard des articulations trop douloureuses comme la sacro iliaque. "Si le traitement par anti-inflammatoires non stéroïdiens ne suffit pas à soulager les douleurs, s'il y a une progression radiologique de la maladie ou si ces médicaments sont mal supportés, le traitement de deuxième intention constitué par les biothérapies (les anti-TNF-alpha et depuis quelques années les anti-IL12/13, anti-L17) est mis en place" explique le rhumatologue.

Les traitements physiques permettre de prévenir les déformations rachidiennes. Des séances de kinésithérapie vertébrale et respiratoire sont prescrites et fortement conseillées ainsi que la pratique d'exercices quotidiens. La position couchée à plat sur le dos est également recommandée. "Le recours aux corsets plâtrés ainsi qu'à des attelles de postures sont rarement utiles pour diminuer les attitudes vicieuses et notamment la cyphose dorsale car le traitement anti-inflammatoire prévient ces rares évolutions" précise le Pr Bertrand Moura.

Merci au Dr Bertrand Moura, rhumatologue.

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Spondylarthrite ankylosante : symptômes, diagnostic et traitements

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