Arthrose de la hanche : conseils, que faire en cas de crise ?

"Arthrose de la hanche : conseils, que faire en cas de crise ?"

La coxarthrose ou arthrose de la hanche toucherait 10% des 65-75 ans et davantage de femmes. Lorsque le diagnostic est posé de façon certaine, le traitement vise surtout à diminuer la douleur et soulager le patient.

La prévalence de l'arthrose de la hanche augmente avec l'âge. Elle toucherait 10% des personnes âgées de 65 à 75 ans, surtout les femmes.

Qu'est-ce que la coxarthrose ?

La coxarthrose est le terme spécifique désignant l'arthrose de la hanche, au niveau de l'articulation dite coxo-fémorale entre le bassin et le fémur. Après l'arthrose du genou, il s'agit de la localisation de l'arthrose la plus fréquente. L'arthrose est une pathologie dégénérative du cartilage responsable d'une diminution de la surface articulaire située entre deux os. Le vieillissement normal du cartilage au cours de la vie ne peut pas provoquer à lui seul une arthrose. On distingue :

► la coxarthrose primaire ou primitive,  qui survient en règle générale après 60 ans et représente près de la moitié de l'ensemble des coxarthroses. Elle n'a pas de cause décelable, et apparaît sur une hanche ne présentant pas de malformation.

► la coxarthrose secondaire qui représente l'autre moitié des cas et est la conséquence d'une autre maladie. Elle survient plus précocement (vers 45 ans), est plus grave et plus rapidement évolutive que la coxarthrose primitive. Elle est surtout associée à des anomalies morphologiques de la hanche. La dysplasie de la hanche, à l'origine de certaines malformations des os du bassin, ou bien une malformation de l'extrémité du fémur, peuvent provoquer une arthrose de la hanche. Les malformations des os du bassin peuvent déclencher une luxation congénitale de hanche dépistée la plupart du temps dans la petite enfance ; mais il arrive parfois que l'arthrose de la hanche soit provoquée par une luxation congénitale et ne soit découverte qu'à l'âge adulte.

Schéma d'arthrose de hanche
Schéma d'arthrose de hanche ©  blueringmedia-AdobeStock/JournaldesFemmes

Quels sont les symptômes de l'arthrose de hanche ?

L'arthrose de la hanche n'entraîne souvent aucun symptôme pendant de longues années ou, alors, uniquement des douleurs peu intenses, mais elle devient invalidante à un stade plus avancé de son évolution. Les douleurs sont localisées au niveau du pli de l'aine ou de la fesse qui peuvent irradier sur le devant de la cuisse parfois même jusqu'au genou. Elles sont habituellement déclenchées par les mouvements (la marche, la montée ou descente d'escaliers par exemple) et calmées par le repos de la hanche. Une sensation de raideur douloureuse le matin au réveil, diminuant en quelques minutes, peut apparaître. La coxarthrose entraîne le plus souvent une boiterie. L'évolution de l'arthrose de la hanche s'effectue lentement pendant 15 à 20 ans. Les douleurs au niveau de l'aine, des fesses, ou la cuisse sont de plus en plus violentes rendant la marche très difficile.

Quelles sont les causes d'arthrose à la hanche ?

L'arthrose de la hanche survient princiapalement avec l'âge et davantage chez les femmes. Certaines professions, comme les agriculteurs ou les ouvriers du bâtiment provoquent une usure prématurée de ces articulations. Certains sports pratiqués intensivement et un peu violemment depuis l'enfance peuvent aussi être un facteur favorisant. C'est le cas notamment du football, du rugby, du judo et de la danse. Lorsque le diagnostic d'arthrose est confirmé, il reste possible de pratiquer des sports moins violents comme la natation, le vélo ou le jogging. Pour le running il est conseillé d'utiliser de bonnes chaussures et d'éviter de courir sur des sols trop durs.

Diagnostic

L'examen clinique du médecin permet déjà d'envisager le diagnostic : debout, couché et à la marche il vérifie la présence de points douloureux de l'articulation de la hanche, la diminution de l'amplitude des mouvements de la hanche malade par rapport à l'autre côté et la trophicité musculaire. L'examen permet également de rechercher une boiterie au cours de la marche. Il arrive parfois que le diagnostic soit plus difficile en raison d'une douleur atypique du genou ou de la cuisse évoquant une névralgie. La confirmation sera apportée par une radiographie du bassin et de la hanche. La radiographie des hanches demeure l'examen principal permettant de confirmer le diagnostic de l'arthrose de la hanche mais également d'en préciser son origine, primitive ou secondaire. La radiologie met en évidence une perte de hauteur de l'interligne articulaire et une perte de la hauteur et du parallélisme des surfaces articulaires. La coxométrie permet de prendre des mesures à partir de radiographies du bassin entier, les jambes étant placées en rotation interne. Elle permet de détecter les lésions et les anomalies de la hanche, en particulier les dysplasies (malformations) du cotyle, cavité articulaire du bassin dans laquelle s'emboîte la tête du fémur.

Quand consulter ?

Dès l'apparition d'une douleur et d'une gêne au niveau de la hanche ou d'un membre inférieur, il faut consulter en premier lieu le médecin traitant. Grâce à l'examen clinique et à certains examens complémentaires comme une radiographie de la hanche, il peut confirmer le diagnostic de coxarthrose. Si cela s'avère nécessaire, le médecin traitant peut orienter vers certains spécialistes comme un rhumatologue et un kinésithérapeute pour confirmer le diagnostic, ponctionner un épanchement articulaire éventuellement et mettre en place un traitement.

Quels traitements pour soulager la douleur ?

Lorsque le diagnostic est posé de façon certaine, le traitement vise surtout à diminuer la douleur et soulager le patient. Il s'agit aussi de diminuer les risques de mouvements douloureux, en s'aidant d'une canne, ou en évitant de façon raisonnée certains mouvements. Des médicaments antalgiques ou des anti-inflammatoires dans les périodes de poussées douloureuses sont utiles, de même que la rééducation avec un kinésithérapeute. La prise en charge chirurgicale d'une malformation peut ralentir ou éviter l'évolution vers l'arthrose. On peut aussi en l'absence de contrôle de la douleur et dans les cas d'arthrose avancée, envisager une opération avec la mise en place d'une prothèse totale de hanche. Sans oublier de "'Bouger ! " rappelle le Dr Claire Lewandowski. "C'est grâce au mouvement quotidien que vous allez prévenir l'apparition de l'arthrose de hanche, mais aussi limiter son aggravation. En cas de malformation ou de douleurs chroniques, n'hésitez pas à consulter régulièrement votre médecin".

► Les médicaments : Même s'il n'existe pas de traitements médicamenteux spécifiques pour une articulation, plusieurs médicaments peuvent être utilisés pour soulager les symptômes, en particulier la douleur :

  • Les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les antalgiques (paracétamol, tramadol, codéine...), utiles en particulier au moment des poussées.
  • Les anti arthrosiques symptomatiques d'action lente qui permettent de diminuer l'intensité des douleurs.
  • Les infiltrations de corticoïdes dans l'articulation, le plus souvent en complément des traitements médicamenteux par voie orale quand ils ne sont pas suffisamment efficaces. 

► L'opération chirurgicale : Lorsque les traitements médicamenteux et non médicamenteux ne suffisent pas, on a parfois recours aux traitements chirurgicaux :

  • L'arthroscopie de la hanche qui permet de nettoyer les débris de cartilage grâce à un petit tube rigide relié à une caméra.
  • La chirurgie correctrice qui corrige certains défauts des os responsables d'une morphologie anormale ou d'une fracture mal consolidée. Elle permet dans certains cas de corriger l'axe de la hanche.
  • La pose d'une prothèse totale de hanche pour remplacer l'articulation très abîmée par l'arthrose. Elle doit se faire sans urgence mais après une concertation avec le chirurgien.

► Les traitements non médicamenteux : En complément de la prise en charge médicale et chirurgicale, une perte de poids chez les personnes obèses ou en surpoids permet de limiter l'aggravation de l'arthrose. Le maintien d'une activité physique régulière, adaptée à la douleur et à la gêne fonctionnelle est aussi recommandée, comme le vélo ou la natation. Dans certains cas, une aide à la marche au moyen de chaussures, semelles, orthèse ou cannes peut être proposée.

► La kinésithérapie permet, par des techniques de massage et assouplissement, d'entretenir ou d'améliorer l'amplitude des mouvements, mais aussi de renforcer la musculature et la stabilité articulaire de la hanche.

► Le repos doit être ponctuel en cas de poussée inflammatoire seulement, c'est-à-dire en cas de crise très douloureuse. En dehors de ces moments, il est impératif d'avoir une activité physique régulière comme la marche, pendant environ une heure trois fois par semaine.

Rhumatologie