Phosphore : rôle, bienfaits, aliments

Ce sel minéral est, comme le calcium ou le magnésium, essentiel à la vie tant il participe à de nombreuses réactions chimiques dans le corps. Quels sont les bienfaits du phosphore ? Où le trouver dans l'alimentation et que faire quand il vient à nous manquer ? Explications.

Phosphore : rôle, bienfaits, aliments
© Diana Ivanova - 123RF

Définition : qu'est-ce que le phosphore ?

Le phosphore est un sel minéral. Il est très abondant dans le corps humain. "85 % du phosphore se situent dans les dents et les os. Dans l'organisme, il fonctionne en binôme avec le calcium. D'ailleurs, on parle souvent du couple calcium-phosphore", indique Marie-Laure André, diététicienne-nutritionniste.

Quels bienfaits pour la santé ?

"Le premier rôle du phosphore est d'aider à la formation des os et des dents, et d'en assurer ensuite la solidité", indique Marie-Laure André. Il participe également à plusieurs réactions chimiques au sein des cellules, il active de nombreuses enzymes. Il contribue à l'équilibre acido-basique dans le sang. Il intervient également dans le métabolisme énergétique. "Enfin, il est un constituant des membranes cellulaires, il est notamment présent dans les molécules d'ADN du corps humain, et contribue à leur bon fonctionnement", précise l'expert.

Comment doser le phosphore dans le sang ?

Le dosage sanguin du phosphore est indiqué en cas de troubles osseux chez les adultes ou de retard de croissance chez les enfants. Il est toujours associé au dosage du calcium. Il se fait par prélèvement sanguin. Le résultat est dit normal lorsque la concentration en phosphore se situe entre 0,8 et 1,5 mmol/L chez l'adulte et entre 1,5 et 2 mmol/L chez l'enfant.

Quelle dose par jour ?

En moyenne, jusqu'à 10 ans, les besoins quotidiens s'élèvent entre 500 et 600 mg par jour, avant de grimper entre 700 à 800 mg chez l'adolescent et l'adulte. Chez le sportif, ils se montent à 2,5 g/jour (source : IRBMS). 

Dans quels aliments le trouver ?

Le phosphore est présent dans presque tous les aliments. Mais il est particulièrement abondant dans les oléagineux et les graines (graines de tournesol grillées : 1160 mg ; les graines de chia : 860 mg ; les graines de pavot : 860 mg ; la Noix du Brésil : 658 mg), les fromages (la Fourme d'Ambert : 1040 mg ; le fromage fondu en tranchettes : 840 mg ; le Beaufort : 788 mg ; le fromage de chèvre sec : 729 mg ; le comté : 681 mg), la viande (le riz de veau : 627 mg ; le jambon de Paris : 426 mg ; le foie d'agneau cuit : 424 mg) le poisson (les sardines à l'huile d'olive appertisées : 530 mg ; la lotte : 368 mg ; les coquilles St Jacques : 357 mg) et les œufs (200 mg). 

"On le trouve également sous forme de phosphates dans certains aliments, ajoutés sous forme d'additif (dans les charcuteries par exemple)", précise la diététicienne.

Carence en phosphore : conséquences, que faire ?

La carence en phosphore est très rare car ce nutriment se trouve dans de nombreux aliments. Une alimentation diversifiée suffit donc à couvrir les AJR. La carence peut survenir à la suite de la prise au long court d'un traitement anti-acide à base d'aluminium, de malnutrition sévère ou d'alcoolisme. Lorsqu'elle survient, elle se manifeste par une faiblesse musculaire, une plus grande fatigabilité à l'effort et des répercussions osseuses (retard de croissance, ostéomalacie…).

Quand se supplémenter en phosphore ?

En présence de symptômes évocateurs comme des fourmillements au niveau des extrémités, une faiblesse musculaire, de la fatigue ou encore des douleurs osseuses, un dosage peut être réalisé. S'il indique une carence, un rééquilibrage alimentaire sera mis en place. "Mais en fonction de l'importance de la carence, une supplémentation sera associée.  Elle se présente sous forme de comprimés ou de gélules, le plus souvent associée au calcium, à prendre durant un mois. Au terme de ce mois, un nouveau dosage sera réalisé", indique Marie-Laure André.

Phosphore trop élevé : conséquences, que faire ?

L'apport élevé de phosphore présente des risques plus inquiétant que sa carence. "Ce taux étant régulé par les reins (élimination du surplus par voie urinaire), l'hyperphosphorémie se retrouve principalement en cas d'insuffisance rénale au stade terminal (elle est fréquente et dangereuse chez les personnes dialysées)", explique Marie-Laure André. Elle entraine différents maux comme des troubles du rythme, une malabsorption des autres minéraux, une déminéralisation osseuse ainsi que des troubles rénaux. "En cas d'hyperphosphorémie, des médicaments appelés chélateurs de phosphore permettent de réduire l'absorption du phosphore et la dialyse permet d'éliminer l'excès dans le sang", précise l'expert.

Merci à Marie-Laure André, diététicienne-nutritionniste.

Source : Table Ciqual.

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