Marronnier d'Inde : hémorroïdes, bienfaits, effets secondaires

Le marronnier d'Inde est célèbre dans le traitement des hémorroïdes, des varices, de l'insuffisance veineuse et de la fragilité des petits vaisseaux capillaire. Mais réputé toxique, sa prise doit être de courte durée. Conseils et précautions d'usage avec Amélie Mounier, naturopathe.

Marronnier d'Inde : hémorroïdes, bienfaits, effets secondaires
© Dusanka Visnjican - 123RF

Nom de la plante

Le marronnier d'Inde (Aesculus hippocastanum), également appelé châtaignier de cheval ou marron d'Inde, faux châtaignier, est une des 15 espèces d'arbre de la famille des Hippocastanacées. Il est reconnaissable par ses feuilles palmées, pétiolées et ses fleurs odorantes composées de pétales blancs groupées en grappes de cyme. Le fruit est une capsule épineuse contenant une grosse graine, le marron. Originaire d'Asie, et importé en Europe, cet arbre pousse dans tous les types de sol, et se rencontre fréquemment dans les jardins, les parcs, au bord d'allées ou de routes.

Parties utilisées de la plante

Les parties utilisées de l'arbre sont l'écorce de la tige et les graines, ou marrons.

Bienfaits

La graine et l'écorce du marronnier d'Inde renferment des principes actifs différents et ont des propriétés complémentaires efficaces dans le traitement de l'insuffisance veineuse et de la fragilité capillaire. En phytothérapie, le marronnier d'Inde est utilisé pour son action anti-inflammatoire et anti-œdémateuse et pour son action sur la circulation veineuse (propriétés dites vasoconstrictices et veinotoniques). De récentes études ont mis en évidence l'action de l'aescine (anti inflammatoires et anti oedémateuses) en tant qu'anti-inflammatoire et facteur augmentant le tonus veineux. L'esculoside (vasculoprotecteur) contenu dans l'écorce diminue la perméabilité des capillaires et augmente leur résistance. Selon l'Agence européenne des médicaments (EMA), l'usage traditionnel du marronnier d'Inde est reconnu pour soulager les symptômes d'inconfort et la sensation de "jambes lourdes" liés à des troubles bénins de la circulation veineuse et capillaire, et pour traiter les symptômes associés aux hémorroïdes. Le marronnier d'Inde est inscrit à la Pharmacopée française. Il est souvent associé à d'autres plantes veinotoniques telles l'hamamélis, la vigne rouge.

Perte de poids

Le marronnier d'Inde n'a pas d'indication reconnue pour perdre du poids. "Son action sur la circulation sanguine et ses propriétés anti-oedemateuses sont efficaces pour stimuler et tonifier la circulation, précise Amélie Mounier, naturopathe. Il permet ainsi "un désengorgement des jambes et de soulager les jambes lourdes, les gonflements." Son intérêt réside dans son action sur "la rétention d'eau en augmentant la perméabilité des vaisseaux capillaires."

Hémorroïdes

L'usage traditionnel du marronnier d'Inde est reconnu par l'Agence européenne des médicaments (EMA), pour traiter les symptômes d'irritation et de brûlures associés aux hémorroïdes, lorsque toute cause sérieuse est écartée par un médecin.

Utilisation et posologie : gélule, extrait de bourgeons...

  • En infusion en cas d'hémorroïdes: mettre 40-50g g de marron d'Inde concassé dans un litre d'eau froide, laisser bouillir 10 minutes. Retirer du feu et laisser infuser 10 minutes. Utilisation en externe comme lotion pour les lavements contre les hémorroïdes.  
  • En tisane ou décoction pour favoriser la circulation sanguine (attention le gout est très âpre). La décoction, plus concentrée que l'infusion s'effectue avec 1 cuillère à café de plante sèche pour 1 tasse d'eau froide, faire bouillir 5 min et laisser infuser 10 min à couvert hors du feu. Boire 1 à 2 tasses entre les repas, pendant 21 jours.
  • En gélule : dosées à 75 mg d'extrait sec. En prendre 2 ou 3 par jour, au moment des repas.
  • En extrait soluble stabilisé : 50 gouttes dans un verre d'eau, 3 fois par jour.
  • En macérât ou bourgeons : 15 gouttes dans un peu d'eau hors des repas pour le macérât et avant ou après un repas pour les bourgeons, matin et soir.
  • En pommade, crème, gel pour un usage externe : à raison de 2 ou 3 applications par jour sur les zones concernées. Le mieux c'est de le prendre sous forme de gélules par rapport au goût ou alors dans un complexe de plantes où le dosage est plus léger.

Précautions d'emploi et contre-indications

  • Le goût de l'infusion amère est assez "mauvais", il est possible de la sucrer au miel, ou encore de choisir une autre forme galénique.
  • Le marronnier d'Inde est déconseillé aux femmes enceintes ou qui allaitent, et aux enfants de moins de 18 ans.
  • La cure doit toujours être de courte durée, 21 jours maximum, avec une pause d'une semaine si on souhaite la renouveler. Il est impératif de toujours redemander les recommandations de posologie et contre-indications lors de l'achat d'un produit.
  • Il est recommandé de demander conseil auprès de son médecin traitant si les symptômes suivants apparaissent avant ou pendant la prise de marronnier d'Inde en phytothérapie : Inflammation de la peau, inflammation des veines, varices, enflure soudaine des jambes et insuffisance cardiaque ou rénale.
  • Si vous êtes sous traitement médicamenteux, prenez soin de le préciser à votre médecin ou à votre pharmacien avant de vous faire prescrire un traitement phytothérapeutique. Il existe une interférence avec les fluidifiants sanguins (aspirine, anticoagulants), ne pas en prendre de marronnier d'Inde avec ces autres traitements.
  • Un avis médical est recommandé pour les personnes souffrant d'insuffisance cardiaque ou rénale.

Grossesse

Le marronnier d'Inde est déconseillé aux femmes enceintes ou qui allaitent, en usage interne. Il est réputé toxique, du fait de sa teneur en saponosides, présent en mélange sous le nom d'escine.

Effets secondaires indésirables

Dans de rares cas, le marronnier d'Inde peut entrainer des nausées et troubles gastriques. Aucun effet secondaire n'a été rapporté en lien avec la prise de marronnier d'Inde. En cas d'apparition et de persistance de tout symptôme, il convient de consulter rapidement son médecin traitant.

Prudence

Ces conseils ne remplacent pas l'avis d'un médecin ou d'un pharmacien. Si les symptômes persistent ou s'aggravent, il convient de consulter rapidement son médecin traitant.

Merci à Amélie Mounier, naturopathe certifiée FENA, à Vincennes.

Phytothérapie