Goitre : symptômes, causes, opération pour le faire diminuer

Le goitre se caractérise par l'augmentation du volume de la thyroïde, une glande dont le rôle est de réguler l'organisme. Comment reconnaître un début de goitre ? Quels sont les causes de ce gonflement et quels traitements pour le faire diminuer ?

Goitre : symptômes, causes, opération pour le faire diminuer
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Définition : qu'est ce qu'un goitre ?

Le goitre correspond à l'augmentation de volume de la thyroïde. "Il s'agit d'une glande endocrine, en forme de papillon et situé à la partie antérieure du cou, dont le rôle est d'assurer la sécrétion des hormones thyroïdiennes, explique le Dr Monique Quillard, médecin généraliste. Ces dernières exercent un rôle régulateur au sein de l'organisme, notamment au niveau de la croissance et de l'activation du métabolisme".

On distingue plusieurs types de goitre : 

  • goitre endémique (fréquent dans les régions montagneuses),
  • goitre multinodulaire,
  • goitre épidémique,
  • goitre compressif (qui comprime les organes situés à proximité)
  • goitre métastatique (tumeur)
  • goitre plongeant.

Symptômes : reconnaître un début de goitre

Il se reconnaît au fait que le cou commence à prendre du volume. Mais lorsqu'il est vraiment enflé, c'est que le goitre est déjà à un stade avancé. A cela s'ajoute que ce gonflement peut provoquer, par compression des organes voisins, une gêne respiratoire, une difficulté à avaler (dysphagie) ainsi que des troubles de la voix.

Photo d'un goitre

photo d'un goitre
Photo d'un goitre à un stade avancé © chatuphot - Adobe Stock

Causes : le signe de quoi ?

Le goitre peut être dû à :

  • un déséquilibre dans la synthèse des hormones thyroïdiennes,
  • une carence en iode, un oligo-élément nécessaire à la synthèse des hormones thyroïdiennes et que l'on trouve principalement dans les coquillages et le sel marin,
  • une affection de la glande (thyroïdite, maladie de Basedow…)
  • une tumeur.

Complications

Certaines complications peuvent être les conséquences de sa prise de volume : modification de la voix avec paralysie d'une corde vocale, trouble de la déglutition et de la respiration, compression veineuse… "A cela s'ajoutent les complications liées au dysfonctionnement hormonal de la thyroïde : amaigrissement, tachycardie, tremblement, anxiété, diarrhée en cas d'hyperthyroïdie ou prise de poids, dépression, fatigue et constipation en cas d'hypothyroïdie", indique le Dr. Quillard.

Quand et qui consulter ?

Dès que vous remarquez un épaississement de votre cou, prenez rendez-vous chez votre médecin traitant. Au besoin, celui-ci vous orientera vers un endocrinologue.

Diagnostic

Le diagnostic est posé suite à l'observation et à la palpation du cou. Le médecin va ensuite prescrire des examens complémentaires afin de le confirmer et d'en rechercher la cause. Une scintigraphie et une échographie thyroïdiennes seront effectuées. Le dosage sanguin des hormones thyroïdiennes est réalisé au cours de ce bilan. Le dosage sanguin d'anticorps pouvant évoquer une maladie auto-immune est également effectué, comme celui des anti-TPO, marqueurs les plus signifiants de l'auto-immunité thyroïdienne.

Quels traitements pour faire diminuer son goitre ?

Le traitement va dépendre de l'origine de la formation du goitre. Si une carence en iode est en cause, l'administration de cet oligo-élément permettra de réamorcer la synthèse des hormones ; un traitement par des antithyroïdiens de synthèse en cas d'excès de sécrétion sera prescrit ; parfois, un traitement plus radical avec utilisation d'iode radioactif pour détruire une partie de la glande hypersécrétante sera proposé. Dans certaines hyperthyroïdies, une ablation partielle ou totale de la glande thyroïde sera nécessaire. Enfin, des traitements substitutifs (hormones de synthèse), en cas de défaut de synthèse des hormones thyroïdiennes pourront être proposés.

Opération : dans quels cas ?

En cas d'échec des traitements ou si le volume est très important, une intervention chirurgicale pourra être proposée. Elle consiste en l'ablation partielle ou totale de la thyroïde. Cette chirurgie se pratique sous anesthésie générale et dure environ 1h30. Le chirurgien pratique une petite incision à la base du cou et procède à la résection de l'organe. "Les suites opératoires sont peu douloureuses et facilement calmées par un traitement antalgique, une modification passagère de la voix (enrouement) peut être constatée, précise le Dr. Quillard. En revanche, le cou peut rester gonflé quelques jours, gênant les mouvements de la tête." L'alimentation peut être reprise dès le lendemain de l'intervention. "Un traitement hormonal sera souvent nécessaire dans les semaines qui suivent, en particulier en cas d'ablation totale de la thyroïde", ajoute notre experte.

Merci au Dr Monique Quillard, médecin généraliste.

Endocrinologie