Hypogonadisme : féminin, masculin, c'est quoi, quels traitements ?

Aussi appelé "déficit gonadotrope", l'hypogonadisme se traduit par une dysfonction de l'appareil reproducteur. De quelles anomalies est-il responsable ? Est-il congénital ou acquis ? Comment le traiter ? Réponses avec le Dr Charlotte Methorst, chirurgien urologue.

Hypogonadisme : féminin, masculin, c'est quoi, quels traitements ?
© Katarzyna Białasiewicz-123RF

Définition

L'hypogonadisme désigne une perte des fonctions de l'appareil reproducteur et plus particulièrement des testicules et des ovaires appelés aussi gonades dont la fonction est de produire gamètes et hormones. "Il existe deux grands types d'hypodonadisme : les HypoG hypogonadotrope, découverts le plus souvent dans l'enfance sur une absence de signes de puberté ; les HypoG secondaires découverts plus tard, souvent en rapport avec une pathologie liée à l'âge, mais aussi en rapport avec certaines prises médicamenteuses, l'exposition à certains toxiques, en cas d'anorexie, de malnutrition ou encore de maladie chronique ", commente le Dr Charlotte Methorst. L'hypogonadisme peut aussi être dû à une consommation de végétaux issus d'un sol riche en cadmium. L'hypogonadisme peut être responsable d'une absence de développement sexuel d'un individu, voire d'une stérilité masculine ou féminine. 

Quels sont les différents types d'hypogonadismes ?

  • Hypogonadisme féminin : la gonade fonctionne mal et va sécréter moins d'œstradiol. 
  • Hypogonadisme masculin : la gonade fonctionne mal et va sécréter moins de testostérone. 
  • Hypogonadisme hypogonadotrope : "acquis dès l'enfance, cette forme d'hypogonadisme entraîne une mauvaise sécrétion de LH et de FSH par l'hypophyse, des neuromédiateurs sécrétés au niveau du cerveau. Résultat, cela va avoir une influence sur la gonade qui va moins sécréter de testostérone chez l'homme et d'œstradiol chez la femme", explique le Dr Charlotte Methorst.
  • Hypogonadisme hypergonadotrope : est aussi appelé insuffisance ovarienne précoce puisque les ovaires ne fonctionnent pas suffisamment. Pour essayer de stimuler ces derniers, des hormones sont sécrétées en excès, d'où le terme d'hypergonadotrope. 

"La forme la plus fréquente d'hypogonadisme est l'hypogonadisme du vieillissement, à savoir la ménopause et la péri-ménopause chez la femme. Chez l'homme, c'est ce que l'on appelle le déficit androgénique lié à l'âge", précise la chirurgien urologue. 

Quels symptômes ?

Chez l'homme : fatigue, asthénie, troubles de la concentration, syndrome dépressif, troubles de la sexualité avec diminution de la libido, diminution des érections nocturnes, diminution de la qualité érectile, moins bonne qualité orgasmique et diminution du volume éjaculatoire. "La testostérone étant impliquée dans le métabolisme musculaire, certains hommes vont avoir un hypogonadisme accompagné d'une sarcopénie, c'est-à-dire une moins bonne densité musculaire et une ostéoporose ", ajoute la spécialiste. 

Chez la femme : on retrouve sensiblement les mêmes symptômes que chez l'homme, à savoir une moins bonne qualité orgasmique, une lubrification qui se fait moins bien, une augmentation du risque d'ostéoporose et de sacropénie à la ménopause : au-delà de 55 ans, les femmes ont davantage de difficultés à maigrir, elles accumulent de la masse grasse au niveau abdominal, communément appelée gras androgénique. 

"L'hypogonadisme féminin survient chez toutes les femmes puisque la ménopause arrive à un âge à peu près fixe entre 50 et 55 ans. Tandis que chez l'homme il n'y a pas d'âge fixé puisque ce n'est pas systématique", indique le Dr Charlotte Methorst.  

Quels traitements ?

Les traitements sont multiples, ils vont dépendre de l'âge et du sexe de la personne. 

  • Concernant les hypogonadismes liés au vieillissement, qui sont les plus fréquents, le traitement chez l'homme repose sur la prise de testostérone. Aujourd'hui, il existe 4 traitements à base de testostérone sur le marché : 
  • La pantestone qui est un traitement pas facile à gérer parce qu'il faut prendre 9 comprimés par jour au cours de repas qui doivent être riches en graisses. 
  • L'Androtardyl qui est un traitement par injections intramusculaires ou sous-cutanées que l'on fait environ toutes les trois semaines. Il est remboursé par la sécurité sociale. "Le problème, c'est que lors de l'injection, on a un fort taux de testostérone et en fin de dose, on a à nouveau une nette diminution de la testostérone et la fatigabilité réapparaît ", nuance la chirurgien urologue.
  • Le NEBIDO : il s'agit d'un implant qui va avoir une efficacité sur trois mois en amenant une libération prolongée de doses fixes de testostérone. "L'avantage, c'est qu'il n'y a pas de pics ni de creux donc c'est beaucoup plus confortable pour le patient. En revanche ce n'est pas pris en charge par l'assurance maladie, il faut compter 150 euros par trimestre", se réjouit la spécialiste.
  • Les gels de testostérone : "cette formule est assez agréable car elle reproduit la pulsativité de la testostérone (normalement on a plus de sécrétion le matin que le soir). Grâce au passage transcutané, la dose est rapidement bonne et occasionne moins d'effets secondaires au niveau hépatique", note le Dr Charlotte Methorst.
  • Chez la femme, le traitement de l'hypogonadisme est celui de la ménopause : un œstroprogestatif en comprimés ou en crème. 

Contre-indications 

"Ces traitements doivent être administrés en l'absence de contre-indications, prévient la chirurgien urologue. Chez l'homme, elles sont assez peu nombreuses : cancer de la prostate en cours de traitement et polyglobulie (trop de globules rouges dans le sang). Chez la femme, la contre-indication majeure est le cancer du sein car il s'agit d'un cancer hormono-dépendant". Ces traitements améliorent de façon importante la qualité de vie des patients en réduisant les principaux symptômes très rapidement : qualité du sommeil, asthénie, amélioration de la libido et de la qualité érectile ou de la lubrification, amélioration du capital osseux et musculaire.

Merci au Dr Charlotte Methorst, chirurgien urologue.

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