Position PLS : indications, étapes, gauche ou droite ?

La position latérale de sécurité ou "PLS" est une manœuvre permettant de protéger les voies respiratoires d'une personne présentant des troubles de conscience. Elle consiste à placer un sujet inconscient qui respire normalement sur le côté. Voici comment faire avec le Docteur Yohan Altervain, médecin urgentiste.

Position PLS : indications, étapes, gauche ou droite ?
© 123RF-rh2010

Définition : qu'est-ce que la position latérale de sécurité (PLS) ? 

"La position latérale de sécurité ou "PLS" est une manœuvre de positionnement permettant de protéger les voies respiratoires d'un patient présentant des troubles de conscience. En d'autres termes, la PLS consiste à placer un sujet inconscient qui respire normalement sur le côté", introduit le Docteur Yohan Altervain, médecin urgentiste. 

Indications : quand mettre une personne en PLS ? 

L'interrogé réfute tout de suite une fausse idée reçue parfois entendue sur les terrains de sport : "Un patient comateux ne risque pas d'avaler sa langue". "Il ne faut ne jamais mettre les doigts dans sa bouche pour l'attraper", alerte-t-il, "mais le placer en PLS". En positionnant le sujet sur le côté, on empêche en réalité, "par un phénomène de gravité", "l'obstruction des voies respiratoires", par sa langue ou ses sécrétions. Lorsqu'une personne tombe dans un coma plus ou moins profond, certains de ses muscles peuvent se relâcher, y compris ceux de la sphère orale tractant la langue vers l'avant. La PLS permet d'éviter à sa langue de chuter au fond de la cavité buccale (glossoptose), ce qui pourrait obstruer ses voies respiratoires. "Si le patient se mettait à régurgiter, ou à vomir, on limiterait également le risque d'une inhalation des sécrétions dans ses voies respiratoires qui s'évacueraient à l'extérieur de sa cavité buccale", complète le spécialiste.

"Chaque minute sans massage cardiaque, c'est 10% de survie en moins"

Quelles sont les étapes ? 

Avant de positionner la personne sur le côté, deux points sont à vérifier.

  • Est-il possible de la stimuler, réagit-elle ? "Ne prenez pas le risque de placer en PLS une personne qui faisait simplement sa sieste dans un parc" sourit le médecin.
  • Respire-t-elle normalement ? "Si la personne est inconsciente et qu'elle ne respire pas ou de façon anormale, elle est considérée comme étant en arrêt cardiaque", insiste l'urgentiste. Il ne faut pas la mettre en PLS. Voici la marche à suivre : on est plusieurs, "une personne compose le 15 pendant qu'une autre initie le massage cardiaque." Si on seul : "Composez vous-même le 15 et mettez-vous sur haut parleur pour commencer dans le même temps le massage cardiaque. Chaque minute sans massage cardiaque, c'est 10% de survie en moins". 
pls
Mise en PLS © 123RF- highwaystarz

Si la personne inconsciente respire normalement, le témoin peut la mettre en PLS :

  • "S'il est parfois conseillé de dégrafer une cravate ou une ceinture avant de mettre une personne en PLS, pour son meilleur confort, il ne faut jamais perdre de temps avec cette étape en cas d'arrêt cardiaque. Seul le massage cardiaque prime", souligne l'interviewé.
  • Se positionner d'un côté du sujet inconscient et retirer tout objet au sol ou sur le patient (lunettes, casquette et sa visière) qui peuvent gêner la procédure.
  • Placer "le bras du côté du témoin à angle droit de l'axe du corps, le coude fléchi à 90° également". Avec la main la plus proche de la tête du patient, attraper son bras opposé et prendre sa main dans la sienne, paume contre paume, et positionner alors le dos de cette main contre sa joue opposée. "Tout en gardant cette position de paume contre paume, avec son autre main (celle qui est la plus proche des jambes de la victime), le témoin doit attraper le genou opposé du sujet en le pliant légèrement, afin d'avoir une prise suffisamment solide pour la retourner sur le côté en le basculant vers vous", développe le Docteur Yohan Altervain. Cette action doit être réalisée délicatement surtout si la personne inconsciente vient de subir un traumatisme, "un accident sur un terrain de sport, par exemple"
  • Retirer délicatement la main qui se trouve sous la joue du sujet qui doit alors être positionné sur le côté. On peut aussi plier légèrement sa hanche et son genou du dessus, pour plus de stabilité dans cette position et pour qu'elle ne retombe pas sur le dos. 
  • "Si possible, il faut ouvrir délicatement sa bouche en appuyant sur son menton pour faciliter l'écoulement des sécrétion à l'extérieur", ajoute-t-il. 
  • Attendre les secours appelés, en surveillant que le malade respire toujours.

Dans un contexte traumatique, et s'il existe plusieurs témoins, le positionnement en PLS pourra se faire à deux. L'un des deux sauveteurs observera les mêmes étapes tandis que le deuxième pourra se placer à la tête de la victime en lui maintenant fermement la tête à deux mains et accompagnera le mouvement tout en gardant un axe droit entre sa tête et son tronc. Cela, pour "limiter le risque de déplacer une fracture d'une vertèbre cervicale", précise le médecin.

Quel côté : gauche ou droite ? 

"Dans de nombreux cas, que le patient soit mis en PLS sur le côté gauche ou droit, n'a pas d'importance. Cela dépendra aussi de la position dans laquelle on le trouve, de la configuration des lieux, de ce qui sera le plus pratique pour le sauveteur", explique l'urgentiste.

PLS chez la femme enceinte : quelles précautions ?

Il existe une exception, cruciale à connaître, et pour laquelle le côté choisi pour la PLS importe : les femmes enceintes, surtout celles qui ont entamé leur troisième trimestre de grossesse, à positionner sur le côté gauche, "car la veine cave inférieure, qui est un gros tronc veineux intra-abdominal s'abouchant directement dans le cœur, est latéralisée à droite." "En positionnant la femme enceinte sur le côté gauche, on évitera la compression de sa veine cave inférieure par l'utérus (d'autant plus importante que le terme est avancé), qui limiterait le retour veineux au cœur de celle-ci. Ainsi, en optimisant le retour veineux dans le cœur de la patiente, nous améliorons son débit cardiaque. Cela permet à la fois une meilleure perfusion sanguine de ses organes mais aussi de son placenta, et donc, du foetus. Ce réflexe est bon pour la mère comme pour son futur bébé", détaille le Docteur Yohan Altervain.

PLS chez le bébé, l'enfant

Chez l'enfant, les indications et la procédure sont les mêmes que chez l'adulte. Concernant le nourrisson, le médecin rappelle de ne "jamais le secouer" même pour tenter de le stimuler, et de la placer sur le côté, au mieux dans les bras du sauveteur en faisant toujours "attention à ne pas mobiliser son cou en empaumant délicatement sa tête". Un geste à reproduire d'autant plus soigneusement "en cas de troubles de conscience après un traumatisme crânien".

Merci au Docteur Yohan Altervain, médecin urgentiste et SMURiste au Centre Hospitalier Sud Francilien (CHSF), à Corbeil-Essonnes

Symptômes et questions diverses