Automédication : définition, risques, en France

Se soigner seul, sans ordonnance ni avis médical, tel est le principe de l'automédication. Mais si cette pratique permet de soulager des pathologies bénignes, elle n'est pas dénuée de risques. Dans quels cas y-a-t-on le plus recours ? Quels sont les médicaments les plus pris en automédication ? Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Automédication : définition, risques, en France
© Iurii Maksymiv

Définition

L'automédication désigne le fait d'utiliser des médicaments disponibles sans ordonnance pour se soigner, sans avoir demandé d'avis médical au préalable. Elle peut consister à consommer un médicament acheté en pharmacie ou à réutiliser un médicament qui nous avait été prescrit dans un autre contexte. 

Chiffres de l'automédication en France

Selon un sondage Harris Interactive pour l'Afipa, la fédération des fabricants de produits d'automédication, 8 Français sur 10 ont eu recours à l'automédication en 2018. Cette pratique concernerait davantage les femmes (85%) que les hommes (75%), et serait plutôt réservée aux adultes puisque seuls 32% d'entre eux achètent des produits en automédication pour leurs enfants. Si l'Afipa décrit une "consommation stable et dont les contours sont bien définis", l'organisme constate aussi que l'automédication évolue en fonction de la "saisonnalité." Ainsi, les français sont plus de 79% à y avoir recours en hiver, contre 40% au printemps et 49% l'été. Dans le détail, 43% des français a recours à l'automédication au début des symptômes et 39% attendent quelques jours après le début des symptômes. La grande majorité d'entre eux (59%) choisissent un produit d'automédication sur les conseils de leur pharmacien tandis que le choix de 22% est motivé par la publicité. Des chiffres qui devraient continuer de progresser puisque, toujours selon cette étude, 22% des français estiment qu'ils vont augmenter leur consommation de produits vendus à la pharmacie alors que 9% envisagent de la diminuer. 

Médicaments les plus utilisés en automédication en France

Les médicaments pour le rhume, les maux de gorge, les maux de ventre (diarrhée, constipation), les maux de tête, les douleurs et l'allergies sont ceux qui sont le plus souvent utilisés en automédication. Dans un communiqué du 17 décembre 2019, l'Agence du médicament (ANSM)  annonçait qu'à compter du 15 janvier 2020, les médicaments contenant du paracétamol et certains anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène et aspirine) devraient être placés derrière le comptoir du pharmacien. Le but ? Sécuriser l'utilisation de ces médicaments qui sont loin d'être anodins. Depuis cette date, il est toujours possible de se procurer des antidouleurs sans ordonnance mais pas sans l'avis du pharmacien. L'ANSM rappelle qu'il vaut mieux privilégier le paracétamol, en prenant toujours la dose la plus faible et en respectant la durée maximale de traitement recommandée, à savoir 3 jours en cas de fièvre et 5 jours en cas de douleur. 

Pour quelles indications surtout ?

Les pathologies pour lesquelles les français ont recours à l'automédication sont : 

  • Le rhume/état grippal (51%)
  • Les maux de tête (46%)
  • Les maux de gorge  (41%) 
  • La toux (34%)
  • Les maux de ventre (21%)
  • La fatigue (20%)
  • Les douleurs musculaires (19%) et articulaires (18%)

Quels sont les avantages de l'automédication ?

Les médicaments disponibles sans ordonnance permettent de soigner des maux connus et bénins sans avoir besoin de demander un avis médical. Cela permet de gagner du temps et de soulager rapidement certains maux et douleurs. Selon un sondage Harris Interactive pour l'Afipa, 51% des français ont recours à l'automédication pour gagner du temps et 43% pour réduire les dépenses de santé pour la collectivité. 

Quels sont les risques de l'automédication ?

Selon le Dr Patrick Aubé, médecin généraliste, l'automédication présente plusieurs risques à ne pas négliger : 

  • En masquant certains symptômes utiles au diagnostic, l'automédication peut entraîner un retard dans la prise en charge d'une affection.
  • Par la méconnaissance des effets secondaires et de la composition du ou des médicaments en cause, elle peut être à l'occasion d'intolérance, d'allergie ou d'interactions médicamenteuses.
  • Dans les soins familiaux, elle peut entraîner des surdosages chez les enfants ou les nourrissons.
  • Elle peut fausser, si elle n'est pas signalée, l'interprétation de certains résultats biologiques.

Ces risques sont à prendre en considération en particulier au cours d'affections chroniques déjà soumises à une médication. "L'automédication doit être raisonnée en étant réservée aux pathologies bénignes et s'effectuer sur de courtes périodes, en respectant la posologie et les précautions d'emploi des médicaments absorbés. Il est également important de veiller à l'absence d'interactions médicamenteuses avec un traitement en cours et d'interroger à l'occasion son professionnel de santé sur ses possibilités individuelles à s'automédiquer", prévient le Dr Patrick Aubé.

Merci au docteur Patrick Aubé, médecin généraliste.

Sources :

Automédication : marché mature ou marché d'avenir ?, Etude AFIPA HARRIS, 2019

Bon usage du paracétamol et des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) : ces médicaments ne pourront plus être présentés en libre accès - Point d'Information, ANSM, 2019 

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